Max Liebermann

Max Liebermann, né le 20 juillet 1847 à Berlin, est le fils du riche industriel juif Louis Liebermann et de son épouse Philippine Liebermann (née Haller).

Son grand-père était Josef Liebermann, un important fabricant de textiles qui avait bâti la fortune des Liebermann. Trois jours après la naissance de Max entre en vigueur le « Décret sur le statut des Juifs » qui octroie plus de droits à la population juive. En 1851, les Liebermann emménagent dans la Behrenstraße et Max fréquente l’école enfantine située à proximité.

Le 22 janvier 1868, il est radié de l’université pour « manque d’assiduité aux cours« . Après une importante dispute avec son père, il obtient de ses parents le soutien nécessaire pour intégrer l’Académie des Beaux-arts (Großherzoglich-Sächsische Kunstschule) de Weimar. Il y devient l’élève du peintre d’histoire belge Ferdinand Pauwels qui l’initie à Rembrandt au cours d’un voyage de classe au Fridericianum de Cassel. Cette rencontre avec Rembrandt va avoir une influence durable sur le style du jeune Liebermann.

En 1878, Liebermann fait le voyage en Italie. Il désire contempler à Venise des œuvres de Vittore Carpaccio et de Gentile Bellini pour y puiser une nouvelle inspiration. Il fait, à cette occasion, la connaissance d’un groupe de peintres munichois, parmi lesquels se trouve Franz von Lenbach en compagnie duquel il reste à Venise pendant trois mois. Puis, il suit le groupe dans la capitale bavaroise qui, avec l’école de Munich, constitue le centre allemand de l’art naturaliste.

 

Venezianische Gasse nach rechts - 1878

Maurice Brazil Prendergast

Maurice Brazil Prendergast a découvert les scènes peintes par Vittore Carpaccio, lors d’un voyage à Venise en 1898.

Alors qu’il travaillait principalement à l’aquarelle depuis plusieurs années, la rencontre avec la peinture du Carpaccio l’encouragea à expérimenter des arrangements encore plus complexes et rythmés.

Ses aquarelles, inventives, de Venise, figurent parmi ses œuvres les plus apprécies de nos jours.

Ombrelles sous la pluie - Maurice Prendergast

Duncan Phillips, qui a acheté son Ponte della Paglia, huile sur toile, ci-dessous, pour son musée, le Phillips Collection, décrit la technique unique de Prendergast :

« Prendersgast a posé des touches rondes de couleur, l’une sur l’autre, permettant aux couleurs du dessous de remonter au travers des touches. Ainsi, il a créé un scintillement de tons, et sa peinture, qui ressemble à une tapisserie n’est pas plate et sans relief, mais un monde d’espace incandescent.« 

Le Ponte della Paglia a valu de nombreuses années de travail à l’artiste, puisque l’œuvre débutée en 1898-1999 lors de son voyage à Venise, ne fut achevée qu’en 1922.

Pont de la paille - Maurice Prendergast

Maurice Prendergast est né le 10 octobre 1858 à Saint-John’s, une ville de Terre-Neuve, au Canada. Cet aquarelliste postimpressionniste appartenait, sur le plan technique, à l’école d’Ashcan, mais ses composition délicates n’ont rien en commun avec la philosophie de ce groupe.

Venise - Maurice Prendergast

Canal à Venise - Maurice Prendergast

Canal Grande - Maurice Prendergast

Procession pascale - Maurice Prendergast

San Marco - Maurice Prendergast

San Marco sous la pluie et le soleil - Maurice Prendergast

Santa Maria Formosa - Maurice Prendergast

D’un tempérament timide, il est resté célibataire toute sa vie. Maurice Prendergast est mort le 1er févier 1924.

Motte di Volpego

Les Motte di Volpego sont de petits affleurement qui émergent des eaux de la lagune méridionale de Venise, au sud de Fusina.

Motte, en vénitien, signifie petite colline, dos.

A proximité se trouve une station d’étude des marées de l’ISPRA (ex APAT).

 Volpadego

La dénomination ancienne, Vulpegus qui devint, au moyen âge Volpadego nous indique que c’était, dès l’Antiquité un lieu destiné à la chasse. Près de là existait un bosquet connu sous le nom de Ponte del Lovo.

Près de ce lieu on désigne une fosse sous le nom de Tajada delle Gambarare, qui communique avec le canal Volpadego avant son débouché dans la lagune. Il y avait alors, une église dédiée à S. Lunardo di Fossa mala.

Tout près de ces affleurements se trouve l’île, désormais immergée de San Marco in Boccalama dont nous vous avons déjà parlé.

Il est possible que, vers 1013, lorsque la première église San Marco de Lama a été construite, tout une vaste île réunissant ces divers affleurement émergeait dans la lagune. Un colonie s’était installée en ce lieu, où certains historiens attestent de la présence d’une église dédiée à Marie dès 960.

V. Piva écrivait à ce propos : «  S. Maria (Assunta) de Boccalama (in isola), fondata nel 960 su di una delle tre isole, vicina l’una all’altra, site alle foci di un ramo del Brenta, detto Lama come si ricava da un antico codice manoscritto da anonimo cronologo del sec. XV. Era officiata da Regolari di ignoto istituto, che alla fine del 1300 dovettero abbandonare il luogo, divenuto insalubre.« 

Vittore Carpaccio

La Scuola dei Laneri

La Scuola dei Laneri ou de Santo Stefano est située sur le campiello Santo Stefano dans le sestiere de San Marco.  C’était une école de l’artisanat et un lieu de dévouement de Venise. Le bâtiment, très remanié au cours des siècles, abrite aujourd’hui un restaurant.

La confrérie des marchands et des artisans de la laine (« Laneri ») a été fondée le 3 Mars 1248 et pour les réunions et les célébrations liturgiques avaient lieu dans la  sacristie de l’église de Santo Stefano. En 1437 la scuola a reçu des terres des moines, où ils ont construit une maison, agrandie en 1476.

En 1506, après des adhésions massives à la confrérie, les moyens permirent de décorer la grande salle du conseil avec plus de cinq toiles commandées à Vittore Carpaccio avec les histoires de Saint-Étienne, patron de l’école. Les travaux ont été achevés entre 1511 et 1520.

Au XVIIIème siècle l’école a connu une période de crise profonde, et les responsable ont du prendre des décisions nécéssaires pour la survie de la confrérie, comme la mise en location de la chapelle, où un marchand de fromages fait son entrepôt.

Avec la suppression napoléonienne de 1806 les meubles et les décorations ont été dispersés. Une toile a été perdue à jamais, tandis que les quatre autres sont maintenant dans plusieurs musées.

Le cycle de Carpaccio :

Storie di santo Stefano, 1511-1520, huiles sur panneaux de bois
Processo di santo Stefano, perdu
Santo Stefano e sei suoi compagni consacrati diaconi da san Pietro, 1511, 148×231 cm, Berlin, Gemäldegalerie
Predica di santo Stefano, 1514, 152×195 cm, Paris, Louvre
Disputa di santo Stefano, 1514, 147×172 cm, Milan, Pinacoteca di Brera
Lapidazione di santo Stefano, 1520, 142×170 cm, Stoccarda, Staatsgalerie

La Venise de Vittore Carpaccio

Ceci est un document caractéristique de la vie vénitienne à l’époque de Carpaccio, il représente le Grand Canal au Rialto.

Un miracle de la relique de la vraie croix, Vittore Carpaccio, 1494

Selon une pieuse légende, le corps de Saint-Marc l’Évangéliste avait été dérobé par des marins vénitiens à la ville musulmane d’Alexandrie et transporté à Venise en 829. Les mots écrits sur les pages du livre grand ouvert disent l’agrément divin à son lieu de repos définitif (repose-toi ici, sur cette terre qui est tienne désormais).

Lion de Saint Marc, Vittore Carpaccio, 1516

Il nous ouvre les portes de la cité magique, comme il nous ouvre l’évangile de Saint Marc qu’il nous présente d’une patte griffue pour attirer notre attention. « Pax tibi Marce Evangelista meus » : « Paix à toi Marc, mon évangéliste », lit-on clairement. Le lion ailé, emblème traditionnel de l’évangéliste Marc, était aussi le symbole de la République de Venise qui avait choisi le saint pour patron, dès le IXème siècle. Dans cette merveilleuse toile, que l’on peut admirer au Palazzo ducale, on retrouve l’iconographie traditionnelle suivie par Carpaccio. Le lion ailé, un des symboles familiers de Venise, occupe majestueusement l’espace. Son corps puissant, à moitié dans l’eau, à moitié sur la terre ferme, symbolise la domination de Venise sur ces deux éléments. À l’arrière plan à gauche, on reconnaît une vue fidèle de la Piazza – telle qu’on peut la voir de l’île Saint Giorgio Maggiore. On voit clairement la basilique San Marco, le palais des Doges et le campanile avec sa flèche pyramidale restaurée. À droite, les navires sortent de l’Arsenal : ils ont fière allure et parlent de conquêtes. Au premier plan, le beau lion ailé nous parle ; sa présence s’impose. Ses ailes effilées, striées de pourpre et d’argent le hissent vers les cieux pommelés et protègent les navires marchands ; son mufle apaisé d’animal habité par l’Esprit s’orne d’une auréole rougeoyante : d’elle, il reçoit le don de parole et nous transmet le récit de Marc auquel il sera toujours associé. Son élégance et sa force maîtrisée sont celles de la République de Venise. L’aspect sauvage et désordonné du plan de gauche est comme éclairé et apaisé par la blancheur du Livre Saint ; la végétation dessine des lettre obscures que l’évangile dévoile. Les cinq blasons au bas de la toile rappellent les 5 magistrats qui commandèrent le tableau.

Nous voilà introduits dans la ville et prêts à goûter ses mystères, son charme prenant et les milliers d’histoires qu’elle nous raconte.

Tous les articles des derniers mois…