En vacances !

En juillet et août, nos lectrices et lecteurs partent en vacances, visiblement, et la fréquentation de notre blog s’en ressent.

Alors, en cette année où nous avons tant à faire avec nos divers projets, nous avons décidé, pour la première fois, de mettre notre blog en vacances pour l’été, ce qui nous permettra de siroter un spriz, par exemple face à San Giovani e Paolo en pensant à nos futurs articles.

Spritzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Vous nous trouverez donc plus facilement dans le jardin de la maison, occupés à choyer fleurs et légumes, ou, lors des grandes chaleurs, sur la plage du Lido, mais cela, surtout le soir, quand les touristes sont partis…

Olia & Klod sur la plage du Lido de Venise

… dans la journée il y a trop de monde.

Plage du Lido de Venise

Ainsi, nous pourrons perpétuer une tradition plus que centenaire.

Venise et le Lido - Affiche de Vittorio Grassi, 1920

N’oubliez-pas, cet été, la balade sur les zaterre où vous aurez aussi quelques chances de nous croiser (surtout à proximité de chez Nico ou sur la terrasse de La Piscina)…

Zaterre

Bonnes vacances à toutes et tous

et rendez-vous dès les premiers jours de septembre

pour découvrir un blog « nouvelle version »…

Vucumprà

VuCompra-1900

Ce néologisme typiquement vénitien est de nos jours passé dans le langage courant dans toute l’Italie. Toutes celles et tous ceux qui sont allés à Venise connaissent des africains qui tentent de vendre des contrefaçons, mais désormais, c’est dans toute l’Europe, même dans les villes moins touristiques, que ce phénomène s’est propagé, sans que les autorités ne fassent quelque chose d’efficace.

Avant d’essayer de savoir pourquoi on ne lutte pas contre ce commerce abusif, revenons à ses origines.

Les premiers vendeurs à la sauvette sont apparus à Venise dans les années 1970, et à cette époque, il s’agissait d’immigrés venus d’Afrique du nord francophone. Ne maîtrisant pas la langue locale, ils proposaient leurs produits en demandant « Vous, compra ? » … ainsi est née l’expression vénitienne, d’une version franco-italienne peu élégante du « Voulez-vous acheter ?« 

Plus tard, ce sont des vendeurs venus d’Afrique subsaharienne qui ont pris le relais, venus du Sénégal encore francophone, puis, plus récemment , d’Erithée et enfin d’Afrique noire anglophone. Les derniers arrivés de vendeurs à la sauvette viennent du Pakistan.

Chaque ethnie propose des produits différents, si les pakistanais proposent des fleurs, des produits de jeu et les fameux cadenas de l’amour, les africains sont plus spécialisés dans les contrefaçons de sacs, maroquinerie, lunettes, montres… que beaucoup de celles et ceux qui savent qu’ils s’agit de contrefaçons pensent qu’elles sont importées d’Asie.

Alors qu’en fait, et c’est pourquoi la police pourchasse si peu ces vendeurs, c’est l’Italie qui est le premier producteur mondial de produits de contrefaçons. De véritables usines existent dans le sud où elles sont tolérées par des autorités peu regardante car cette économie est extrêmement florissante.

Vucompra pont de la paille01

Certaines des usines qui fabriquent les produits contrefaits sont, paraît-il, les mêmes qui fabriquent les produits pour les grandes marques, utilisant les mêmes procédés et les mêmes matériaux. Mais en règle générale, la qualité des produits contrefaits est nettement moins bonne, et parfois elle représente un danger réel pour les utilisateurs.

L’achat, la vente et le recel de produit contrefaits vous expose, en Italie, à des amendes jusqu’à 10.000 €uros (et si un italien, en règle générale ne risque pas grand chose, un touriste peut, de temps en temps, servir de bouc émissaire et d’exemple). En France, outre la destruction des produits contrefaits et de lourdes amendes (jusqu’à 500 000 euros et d’une peine de prison de cinq ans), vous risquez aussi la rétention douanière de votre véhicule.

Quand on sait que la contrefaçon est généralement liée au crime organisé et aux réseaux de travail clandestin et d’immigration illégale, qu’elle nuit au développement durable en marginalisant les produits artisanaux locaux au profit de copies importées et qu’elle elle est fréquemment liée à l’exploitation humaine (dont le travail des enfants), la meilleure lutte contre ce fléau dépends de chacun-e d’entre nous et consiste à ne jamais rien acheter de la sorte.

Si la demande n’existait pas, les contrefaçons disparaîtraient.

Venise Vu Compra Vuitton

Fuorirotta. L’autre Plan de Venise

Pour de nombreux touristes qui viennent un jour à Venise, se retrouver dans ce labyrinthe de ruelles étroites relève de l’impossible.  Pour beaucoup d’amateur de la Sérénissime, par contre, c’est en se perdant dans Venise que l’on peut encore découvrir quelques trésors cachés.

C’est pour les touristes qui se perdent que la Mairie de Venise a, pour la deuxième année consécutive, fait éditer la carte de la ville : Fuorirotta. L’altra Mappa di Venezia.

L’autre carte de Venise est une carte de la ville inhabituelle qui rassemble des informations, des conseils, des idées pour vivre à Venise dédiée à un mode de vie durable.

Fuorirotta concentre des informations et des idées pour tous ceux qui veulent marcher dans une Venise insolite et conscience, en profitant des opportunités offertes par la lagune et le continent, à la différence des cartes touristiques communes, destinée à suggérer des modes de vie et les habitudes de consommation originales et responsable, respectueuses de l’environnement et qui soutiennent, à travers la promotion du développement économique et culturel, la durabilité et le respect de l’identité locale.

C’est un guide avec des informations alternatives au tourisme de masse, qui suggère quelques règles simples pour se conformer à la ville et profiter des meilleurs aspects : d’une part le guide vous apprend à utiliser les transports en commun ou comment ne pas dégrader les ponts en traînant vos valises. D’autre part, il vous indique où vous pouvez profiter de la verdure des parcs et des jardins publics, trouver de nouveaux lieux et des itinéraires, parcourir les marchés de produits frais locaux, manger une cuisine bio locale, faire des achats dans les magasins du commerce équitable. Et, important dès qu’il fait un peu chaud, la carte indique les points d’eau potable publics et les fontaines de la ville, ainsi, vous ne serez pas la proie des vendeurs à la sauvette qui multiplient par dix, les jours de grosse chaleur, le prix de la bouteille d’eau minérale en provenance directe du supermarché voisin.

L’autre est un plan de Venise a été coordonné par le Settore Turismo della Città di Venezia, avec la participation de la Direzione Ambiente e Politiche giovanili, du Settore Sviluppo economico, Politiche comunitarie e Processi partecipativi, et de l’Osservatorio Politiche di Welfare.

Cette nouvelle édition de la carte, le contenu a été mis à jour et élargi par rapport à la précédente édition (2012-13) , est disponible en italien et en anglais et sera distribué à Venise et Mestre en vingt mille exemplaires, imprimés sur du papier recyclé ; la version en ligne est disponible directement sur ​​le site institutionnel de la ville de Venise à l’adresse : Fuorirotta. L’altra Mappa di Venezia

Venise en ses parcs et jardins

Giardino Arsenale

Le touriste qui n’est jamais venu à Venise imagine une ville très minérale, où toute végétation serait absente. Même celles et ceux qui sont souvent venus et revenus dans la cité lagunaire imaginent avec difficulté l’étendue des jardins dans toute la cité.

Giardino Arsenale

Pourtant, Venise est une ville de jardins, publics ou privés, grands parcs ou minuscule lopin entre les murs.

Jardin du Patriarcat de Venise

Parfois, certains jardins se réduisent à quelques plantes accrochées à un mur, une fenêtre, que leurs propriétaires continuent à cultiver avec amour malgré les pressions d’une commune dirigée par un maire qui se dit écologiste (la culture de fleurs sur le domaine public est désormais interdite dans le centre historique).

Parcs et jardins de Venise

Venise côté jardin se mérite, car elle se cache des regards peu discrets.

Les parcs publics sont à la portée de tous, encore faut-il savoir où ils se trouvent. Presque tous sont des havres de paix, ou, à certaines heures le refuge des enfants de Venise qui les animent alors de leurs jeux et de leurs cris.

Les jardins privés sont presque toujours cachés derrière de hauts murs.

Giardino S. Elena

Certains sont libres d’accès à des heures d’ouverture, d’autres peuvent être visités sur rendez-vous, d’autres par le biais de visites guidées à thème, ou grâce à des associations.

Enfin, certains jardins restent et resteront du domaine privé, réservés uniquement aux amis, et aux amis de leurs amis, des portes qui s’ouvrent rarement.

Le moi de mai est traditionnellement le moi des fleurs et des jardins.

Pendant tout ce mois, donc, nous vous emmènerons derrière les murs à la découverte des parcs et des jardins de Venise.

S. Francesco della Vigna

Nous vous indiquerons comment profiter vous aussi de ces endroits plein de charme et si paisibles, même quand la foule des touristes envahit la ville.

Et puis, exceptionnellement, nous vous emmènerons derrière quelques portes, à la découverte de jardin secrets que leurs propriétaires nous ont dévoilés, spécialement pour vous.

Un jardin bien caché dans Dorsoduro

L’Atlantique noir de Nancy Cunard

Avec L’Atlantique noir, le musée du Quai Branly fait le portrait d’une poétesse anti-coloniale, amoureuse des noirs de Harlem à l’Afrique en passant par les Caraïbes et qui leur a donné l’occasion de parler de leurs pays, de leurs arts, de leurs traditions et de leurs histoires dans une Anthologie nègre.

« Je suis l’inconnue, l’étrangère
Hors la loi, rejetée par les règles de la vie
Fidèle à une loi unique, une logique personnelle
Qui ne se mêle à rien et refuse de s’incliner
Devant les règles générales. »

L’Atlantique noir de Nancy Cunard

Mais nous vous parlons de Nancy Cunard, dans un blog qui ne parle QUE DE VENISE, un autre nom célèbre nous vient alors aussitôt à l’esprit : Louis Aragon.

Il faut remonter aux années 1920. Louis Aragon, jeune poète surréaliste sans le sou, se lie avec Jacques Doucet, élégant couturier de la Belle Époque et mécène amoureux des lettres.

De 1926 à 1928, Louis Aragon vivra avec Nancy Cunard.

Commencement : Le 10 mars 1896, Nancy Cunard naît dans un château médiéval, Nevill Holt, dans la campagne anglaise, entre un père un peu effacé, Sir Bache, héritier d’une riche famille américaine installée en Angleterre depuis le milieu du XIXe siècle, et Maud, sa mère, jeune Américaine originaire de San Francisco, fantasque et beaucoup plus extravertie, qui fait de Nevill Holt un lieu de haute mondanité et de culture. Vers 1910, Lady Cunard quitte son mari et le château pour s’installer à Londres avec sa fille. Les relations de la mère et de la fille se dégradent. Au début des années 1930, Nancy Cunard rendra même publique une lettre-pamphlet contre Maud, Le Nègre et Milady : elle y dénonce le racisme de sa génitrice. Depuis 1920-1921, la jeune femme est installée à Paris.

A partir de 1924, son appartement de l’île Saint-Louis devient un lieu des mieux fréquentés : Man Ray et William Carlos Williams, Walter Berry, Edith Wharton, Léon-Paul Fargue, Drieu la Rochelle,  la bande qui gravite autour de Jean Cocteau et celle d’André Breton, Beckett, Nijinski, Rubinstein, les Fitzgerald, et cent autres écrivains et artistes dans la famille desquels elle était entrée en publiant plusieurs recueils de poésie et en éditant elle-même les livres qui lui plaisaient.

Tristan Tzara, le fondateur de Dada devient son compagnon, René Crevel sera aussi, jusqu’à son suicide, l’un de ses proches… Le jeune Marcel Jouhandeau la décrit en « une ogresse maigre dont le long corps a la froideur envoûtante des serpents. »

Aragon rencontre Nancy en 1926, à Paris, elle n’en fera qu’une bouchée. 

Coup de foudre dans un ciel d’orage.

Nancy Cunard semble beaucoup mieux maîtriser la relation que le jeune poète, qui écrit à Jacques Doucet en avril : « Je suis le prisonnier de l’amour je pense d’une façon définitive. » Voyages. Dépenses. Crises. Le Paysan de Paris sort en juillet et Aragon travaille à son grand projet romanesque, La Défense de l’infini.

Nancy Cunard

Nancy Cunard fut-elle le grand amour d’Aragon?

Aragon fut-il l’homme le plus aimé de la blonde, mince, belle et irrésistible Anglaise? La concurrence fut innombrable. Aidée par sa fulgurante beauté archétype de cette époque, un célibat , surtout une ablation de l’utérus (dont  on ne sait si cela fut du à la conséquence d’une maladie vénérienne) sa position sociale, Nancy fit tourner bien des têtes et collectionna les amants. Décidait-elle de s’emparer d’un homme? Aucun ne résistait. Elle collectionna les amants comme elle collectionnait les bracelets d’ivoire dont elle avait l’habitude de couvrir ses bras.

Longiligne, un port et une grâce évidente, une coupe à la garçonne, sa vie sexuelle ne fut pas le moindre de ses talents.

Un an plus tard, dans une chambre de l’hôtel de la Puerta del Sol, il fait une tentative de suicide auprès d’elle après avoir brûlé dans la cheminée les 1 500 feuillets du manuscrit de La Défense de l’Infini (dont seul un chapitre sera sauvé, Le Con d’Irène, livre érotique où Aragon a mis beaucoup de Nancy). Mais les circonstances de cet autodafé sont plus qu’obscures, et la confession d’Aragon, comme toujours, suspecte.

Nancy, Aragon l’a aimée ou plutôt, il l’a adorée, ce qui n’est pas pareil. Dans l’adoration, l’amour cesse d’être une quête ou un mystère, c’est un joug sacré. Pour une fois, Arangon est explicite : « J’étais amoureux d’une femme extraordinairement belle. D’une femme en qui j’avais cru comme en la réalité des pierres. D’une femme que j’avais cru qui m’aimait. Je suis un chien, c’est ma façon« .

Au cours de l’été suivant, Nancy organise un séjour en Italie. Avant une première étape à Venise, elle envoie une longue lettre à Janet Flannet où elle explique qu’Aragon est vraiment un garçon délicieux, « une personne douce et délicate, un compagnon idéal, mais moi, je suis toujours insupportable« . Lors d’une halte Florence, Nancy tient à présenter Aragon à Norman Douglass. Les crises atteignent, à Venise, leur point culminant.

Nancy trompe Aragon avec celui qui deviendra un de ses grands amants, l’afro-américain Henry Crowder, originaire d’Atlanta, Georgie, pianiste de l’orchestre de jazz d’Eddie South, qui se produisait alors à l’hôtel Luna. Nancy est folle de jazz et de jazzmen noirs. Ce sont, pour elle, les vrais révolutionnaires, comme le seront plus tard à ses yeux les combattants de la guerre d’Espagne… Aragon ne fait pas le poids et ne supporte plus son rôle de « gigolo« .

Vers la fin de la première semaine de septembre 1928, dans sa chambre de l’hôtel Danieli, Louis Aragon se gave de barbituriques. Il est sauvé de justesse une fois de plus… suicide d’opérette diront les mauvaises langues.

La vie reprend son cours. Louis Aragon rencontre le poète russe Maïakovski

Le mercredi 7 novembre 1928, Louis Aragon et Elsa Triolet se réveillent pour la première fois dans les bras l’un de l’autre. Elle se pelotonne amoureusement contre lui. Il serre dans ses bras ce minuscule corps dont il a tiré tant de plaisir. Les deux amants se regardent, encore étonnés de la passion de la nuit. Voilà douze heures, ils ne se connaissaient pas. Et maintenant, ils ont fait l’amour comme des bêtes. Elle a 32 ans, il en a 31 et c’est le début d’un mythe largement mis en scène. Les yeux d’Elsa n’effacèrent vraiment jamais la cicatrice laissée par Nancy. Elsa Triolet Elsa Triolet, reste lucide sur la nature du lien qui attache encore son compagnon à celle pour qui « toute respiration tourne à la tragédie ». Elle parlera même d’une « initiation à la jalousie ». Maintes pages d’Aragon garderont les traces de cette passion, dans Le Roman inachevé et dans La Mise à mort notamment.

Nancy Cunard, elle, oublie vite Aragon. Ou du moins place-t-elle sa liberté plus haut.

Nancy Cunard est morte le 16 mars 1965, dans une salle commune de l’hôpital Cochin. On l’avait ramassée dans la rue, effroyablement maigre, l’esprit en déroute.

Nancy Cunard

Bibliographie :

Nancy Cunard, de François Buot, Éditions Fayard

Aragon, la seule façon d’exister, Grasset, 1997

Aragon, un destin français, Pierre Juquin, Éditions de La Martinière

Exposition :

« L’Atlantique noir » de Nancy Cunard Negro Anthology (1931-1934), commissaire Sarah Frioux-Salgas, du 4 mars au 18 mai 2014, Mezzanine Est, Musée du Quai Branly, 222, rue de l’Université, Paris 7e. Tel. 01. 56 61 70 00

Les quais sous la Pescheria

Fouilles archéologiques au Rialto

L’île de Rialto est l’une des plus anciennes zones de peuplement du centre historique de Venise. Ici, depuis les origines de la ville, se sont concentrées les activités commerciales et économiques importantes.

La zone se caractérise ainsi par couches successives, produites par des adaptations et transformations fréquentes.

Lors de travaux pour l’aménagement d’un station d’épuration, en 1999, des fouilles ont dévoilé de nombreux témoignages de l’activité humaine : pièces de monnaies, poteries, poids.

Les travaux de terrassement ont également mis au jour deux anciens quais. Le plus ancien réalisé en 1398, et l’autre en 1456.

Paradoxalement, la construction la plus ordonnée et homogène est la plus ancienne, ce qui démontre que la qualité d’un produit dépend non seulement des techniques de construction utilisées à une époque particulière, mais aussi par la disponibilité des matières premières ou des ressources économiques.

Pour le quai de 1456, ont été utilisés des pierres plus petites, irrégulières et non façonnées, donc moins coûteuses.

Quai de 1390

Quai de 1390

Quai de 1450

Quai de 1450

Venise autrement

Arte nous a gratifié d’une série en trois épisodes sur Venise, celle que nous aimons, avec des visites sensationnelles et des rencontres avec celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre font vivre et revivre la cité lagunaire.

Venise Autrement sur Arte

Venise autrement (1/3)

Sols en mosaïque, chandeliers en verre de Murano, tapisseries murales : Francesca Bortolotto Possati nous guide dans les splendides intérieurs de son palais, dont l’entretien requiert une petite armée de restaurateurs. L’Arsenal, où la puissante république fabriquait jadis ses navires, abrite aujourd’hui l’Institut des sciences marines. Ses chercheurs tentent de protéger la cité des inondations et d’un redoutable ver à bois qui ronge ses piliers. Et dans ce même bâtiment, le danseur et chorégraphe brésilien Ismael Ivo assure la direction artistique de la Biennale de la danse : l’énergie créatrice a remplacé la poudre.

(Allemagne, 2012, 43mn)
ZDF

Date de première diffusion : Mer., 2 janv. 2013, 17h49
Date(s) de rediffusion : Lundi, 7 janvier 2013, 12h05
Samedi, 19 janvier 2013, 14h35

Voir Venise autrement 1ère partie

Voir aussi l’article de Lorenzo dans TraMeZziniMag : Venise autrement sur Arte

Construit au XVe siècle, le Palazzo Pisani Moretta a connu de multiples restaurations. Son propriétaire, le comte Maurizio Sammarti, nous présente la splendeur baroque de la salle de bal, où ont valsé Joséphine de Beauharnais et l’empereur Joseph II d’Autriche. Dans le Palazzo Malipiero, la comtesse Anna Barnabo nous ouvre son jardin – une rareté à Venise, et le seul de la ville à donner sur le Grand Canal. Mais la lagune vit également au rythme de la création contemporaine, comme lors de l’Art Night Venezia, une nuit blanche dédiée aux arts où toutes les institutions culturelles de la ville s’ouvrent au public.

(Allemagne, 2012, 43mn)
ZDF

Date de première diffusion : Jeu., 3 janv. 2013, 17h47

Date(s) de rediffusion : Mardi, 8 janvier 2013, 12h05
Samedi, 19 janvier 2013, 15h20

Voir Venise autrement 2ème partie

Le peintre français Roger de Montebello et deux de ses amis collectionneurs nous font assister aux préparatifs de la Cavalchina. Ce somptueux bal masqué donné au Théâtre de la Fenice marque le point culminant du carnaval. Brocarts rehaussés d’or, tissus damassés, satins, velours : les six tisserandes de la manufacture familiale de Bevilacqua travaillent selon des techniques vieilles de deux cents ans, pour la plus grande splendeur des palais vénitiens, comme le Palazzo Reale, actuellement en rénovation. Sur l’île de Murano, c’est la verrerie qui est de tradition. Justement un cheval de verre doit faire son apparition au gala de la Fenice.

(Allemagne, 2012, 43mn)
ZDF

Date de première diffusion : Ven., 4 janv. 2013, 17h46

Date(s) de rediffusion : Mercredi, 9 janvier 2013, 12h05
Samedi, 19 janvier 2013, 16h05

Voir Venise autrement 3ème partie

Ces programmations étaient annoncées sur le Forum Venezia, depuis le 23 décembre 2012, dans la rubrique Venise à la télé ce soir !Venise autrement sur Arte

In memoriam – Bruno Tosi

Venise pleure aujourd’hui l’un des piliers du Carnaval, depuis vingt-cinq ans. Bruno Tosi avait su maintenir la tradition lagunaire dans le renouveau du Carnaval.

Homme de culture, journaliste et historien de la musique, il vouait un véritable culte à « La Callas ». Pour la « divine » il avait créé l’Associazione Maria Callas.

Pour le Carnaval, nous lui devons la fête des Marie, où chaque année nous avions plaisir de le retrouver entouré des plus belles filles de Venise.

Il s’est éteint, ce jeudi 13 septembre 2012, des suites d’une longue maladie.

Ciao signore Bruno et grazie per tuto !

La naissance de Venezia

L’Adriatique, rencontrant plusieurs fleuves de la plaine du Pô, avait formé un dédale de lagunes, de rivages, d’îles et de terrains vagues couverts de roseaux qui à marée basse émergeaient des fonds boueux, alors qu’à marée haute, ils étaient recouverts part des eaux saumâtres chargées d’un limon boueux…

Un peuple, jaloux de sa liberté, et repoussé là par la terreur des hordes barbares qui dévastaient la région y chercha refuge, acceptant dès lors d’affronter cette terre incertaine. Ces populations italiques trouvèrent refuge dans des lagunes d’où nul ne viendrait les déloger. Nul n’oserait s’aventurer dans ce lacis de chenaux, de vasières, de joncs masquant la vue.  Ce monde aquatique inhospitalier où terre et eau se fondaient et se confondaient. On commença par signaler, dans les eaux, les lieux possibles d’accostage et les passages sûrs en y plantant des milliers de poteaux, les « bricoles. »

Le milieu le plus accueillant, bien égoutté, protégé du large par les dunes de sables était la longue langue de terre étroite, sableuse, qui signait la limite entre la mer et la lagune. Les premiers réfugiés construisirent là les huttes colonisatrices qui deviendraient, bien plus tard, des villages de pécheurs. Ensuite, sur les eaux calme de la lagune, autour de ces iles, cette poignée de réfugiés commença, sans le savoir, probablement, à construire ce qui serait une civilisation. Ils posèrent alors les premières pierres, le premiers pieux d’une cité merveilleuse dont ils avaient rêvés. Une cité paisible tournée vers le hommes et la beauté, sortie de leurs rêves et de leur imagination, comme d’un de ces épais brouillards qui enveloppent la lagune.

Dédale de passes et d’ilots, ce refuge stratégique apportait quelque chose de plus, une protection comme maternelle dans cet élément pâteux, empli d’une eau consistante, substantielle, une eau propre à engendrer la vie, la matière première de la ville naissante. Dans ces longues étendues plates de la lagunes, les premiers habitants inventèrent un mode d’exploitation original, genèse de la richesse de Venise pendant des siècles. Combien fallu-il de tâtonnements pour inventer les marais salant, combien d’échec, combien de ruines, combien de tempêtes hivernales détruisant le travail inachevé à cause des pluies de l’automne.

Ainsi, pierre après pierre, pieux après pieux, vie après vie, pendant des siècles allait se bâtir une œuvre qui dépasse les hommes et qu’il est de notre devoir de respecter et protéger désormais : La Sérénissime.

Ces quelques lignes nous ont été inspirées par les sublimes photos de Fulvio Roiter (né à Meolo, près de Venise), que nous avons extirpées de son très bel album « Vivre Venise » publié en novembre 1978.

Veneto – Terremoto (tremblement de terre)

Depuis 5 heures ce matin, de nombreuses secousses sismiques ont été ressenties dans la région vénète. D’après les enregistrements, c’est une région comprise entre Ferrare et Modène qui serait touchée. Soit un petit peu plus au sud est que le séisme du 20 mai dernier (mais dans la même région).

Les secousses ressenties sont liés à des évènements qui ont lieu à une profondeur comprise entre 5 et 16 kilomètres, toujours sur la partie émilienne de la faille qui court sous l’Italie. Les communes les plus proches, de ce qui n’est pas encore un séisme, mais qui peut en être les signes annonciateurs, sont : Mirandola, Cavezzo, San Felice sul Panaro.

En tout début de matinée, une secousse de magnitude 5,7 à été ressentie jusqu’à Venise, suffisamment forte pour affoler la population. Voici que que nous écrit Luca Flavia : « 9h05 : Mes amis, la terre vient de nouveau de trembler à Venise, c’est terrifiant… une secousse très forte à dresser les cheuveux sur la tête… une pensée à ceux de l’Emilie-Romagne qui se trouvent sur l’épicentre (Ferrare, Mirandola et Finale-Emilia)/Amici, la Terra trema di nuovo a Venezia e forte, da dare i capelli bianchi: pensate agli amici dell’Emilia, stringiamoci forte in questi tempi…« 

Nous avons reçu des nouvelles plus précises à propos de l’épicentre qui serait Mirandole et de la magnitude 5.8 localisé à une profondeur de 8 km à partir du sol. De nouveaux effondrements ont été signalés dans Mirandole, Finale Emilia et San Felice sul Panaro, les pays déjà touchés par le séisme du 20 mai.

Les vigili del fuego sont venus vérifier la stabilité de la statue vosine ce celle qui est tombée. De nombreux curieux viennent voir la « victime du terremoto »

A Bologne, la population à quitté maisons et magasins pour se protéger dans les rues.

Dans la mesure de nos moyens et de nos liens sur place, nous essaierons de vous tenir informés à propos de cette nouvelle alerte.

Un article vient de paraître sur le site du Corriere del Veneto, en voici une traduction partielle :

L’ampleur était de 5,8 sur l’échelle de Richter, ressenti dans la région. Ecoles évacuées à Padoue. Les retards sur les lignes de chemin de fer.
VENISE– Nouveau tremblement de terre, un puissant séisme d’ampleur 5,8 à été ressenti dans toute la région, à neuf heures du matin. L’épicentre du séisme dans la région de Modène. Les gens, vennaient d’arriver au travail, immédiatement tous sont descendus dans les rues de Padoue, Venise, Trévise, Vicence et d’autres villes de la Vénétie. Les bureaux de la Région dans le centre historique de Venise ont été vidés en quelques minutes. Toujours dans la capitale, Venise, une statue effondrée dans le jardin de Tolentini (près de la piazale Roma – photo ci-dessus). La peur dans les écoles avec les enfants qui ont été mis à l’abris dans les jardins, de peur de répliques. Un travailleur a été heurté par un morceau de corniche alors qu’il installait un échafaudage pour la sécurité de l’église de Salara (Rovigo), déjà endommagé par le tremblement de terre du 20 ami. L’homme a été transporté à l’hôpital pour des tests, mais ses jours ne semblent pas menacés.

À Padoue les écoles ont été évacuées par mesure de précaution après le nouveau choc. Surtout chez les enfants des écoles élémentaires et leurs enseignants sont sortis dans la cour, après s’être protégés sous leurs pupitres, comme ils l’avaient appris dans les exercices anti-tremblement de terre, qu’ils ont répété ces derniers jours après le premier séisme du 20 mai. Peu de temps après on a pu observer des scènes de course effrénée des parents qui voulaient s’assurer que leurs enfants étaient sains et suafs. Après les premiers moments de peur, les élèves sont en grande partie déjà retournés dans leurs salles de classe.

En direct à la télévision de Padova, Damiana Schirru, la présentatrice, a quitté le studio devant les caméras

Quelques dégâts également dans la basilique Saint-Antoine de Padoue où deux mètres carrés de décorations sont tombés.

Dans la région de Rovigo, il y a eu des dégâts postérieurs aux secousses antérieures. Dans le domaine de Ficarolo (Rovigo) des effondrements ont été enregistrés avec des dommages importants à des bâtiments déjà endommagés par le séisme de dimanche dernier.

Il se dresse le clocher de Ficarolo mai 20 blessés, l’un des plus élevés de la Vénétie. Selon la protection civile de la Vénétie, il ya des personnes blessées ou touchées par le tremblement de terre. Par mesure de précaution, les écoles et les bureaux publics de Rovigo, ainsi que de Padoue, ont été évacuées. Pour la protection civile, dans le reste de la Vénétie, il y avait aucun rapport de dommages ou de dégats importants. Mais de graves retards sur les lignes de chemin de fer, en particulier sur la Padova-Rovigo, où les contrôles techniques sont effectués sur les lignes.

.
.
Un autre article en ligne sur Venezia Today

Un bruit sourd, puis, la terre a tremblé une dizaine de secondes. On l’a ressenti dans tous les étages supérieurs des maisons (effectivement, un ami nous a signalé qu’il n’avait presque rien ressenti au niveau du sol).

Ce journal déplore que, par le biais des réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, la panique se propage auprès des habitants de façon démesurée : « Terremoto oggi Venezia: 29 maggio 2012
« Inizia a serpeggiare un po’ di paura tra le persone più sensibili a questo tipo di fenomeni, soprattutto tramite Facebook e Twitter. In questi casi il « canale » privilegiato per veicolare emozioni e sensazioni comuni. »

Seguici su Facebook: http://www.facebook.com/pages/VeneziaToday/252463908142196« 

.

Aux informations de TF1 à 13:00 heures :
Il y aurait 6 morts aujourd’hui, dont deux ouvrier ensevelis sous les décombres de leur usine.
Une nouvelle réplique, longue et forte vers 13 heures, ce que confirment nos amis à Venise :

Grazie Luca Flavia per questo directo :
« une autre secoussse. terrible. je sors.
Un altra scossaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa« 

Dino Simionato : « 12.56 forte scossa a Venezia. »
et puis : « venezia, scossa doppia alle 13.01« 
.
En fait il vient de se produire deux secousses en peu de temps, une première, forte mais brève, et une seconde, 5 minutes plus tard, aussi puissante et qui a duré une vingtaine de secondes.

.

D’après la Nuova, il y aurait 12 ou 13 victimes à déplorer pour l’instant. Les secousses se succèdent à un rythme rapide.

40 tremblements vers Modène depuis ce matin, plus de 400 depuis le 20 mai. La secousse de 13 heures avait une magnitude de 5,4. A Venise, 15 écoles vont être vérifiées par les services techniques avant que les enfants puissent revenir en classe.

La Mairie de Venise communique : en cas de dégâts sur vos habitations dans la ville, contactez immédiatement le centre opérationnel de la Polizia Municipale (fax n. 0412747331 – tel. 0412747070) « in maniera che si provveda all’immediato invio di tecnici per la verifica« .

Lire en français l’article paru dans 20 Minutes.

Petit à petit, les vénitiens découvrent quelques traces laissées par les deux derniers séismes :

Calle delle Bande c’est une fissure qui a grossi…

Mario Monti, le banquier nommé à la place de Silvio Berlusconi (sans élection populaire) n’a pris aucune mesure en faveur des sinistrés, et il n’a rien fait pour mettre des moyens dans la région. Il a invoqué la crise financière et le manque de moyens. Mais il n’est pas question, pour lui, de minimiser la démonstration de force des fêtes du 2 juin, où l’armé paradera alors qu’on en a besoin en Emilie Romagne, pour un coût global de plus de 10 millions d’€uros. L’armé au service du pouvoir absolu, mais pas du peuple… c’est cela que veulent les banquiers et le FMI. Les italiens sont révoltés, car ce manque d’aide de l’État vient s’ajouter à la panique provoquée par 10 jours de séismes sans interruption.

Si vous séjournez dans la région, vous pouvez trouver les règles de base sur l’attitude à tenir pendant un tremblement de terre en suivant ce lien .

Potete trovare le regole fondamentali sul comportamento da seguire durante un sisma in questo link.

La danseuse aux pieds nus

Elle dansait pieds nus, refusait le mariage, méprisait les conformismes, entendait vivre libre et “sans limites” selon sa devise.

Elle dansait pieds nus avec le désir de rendre la danse à son essence naturelle, sans technique stricte ; enfin elle tenta de faire revenir la danse à une forme artistique capable de représenter librement toutes sortes de sentiments. C’est la première artiste qui dansa sur les musiques de Bach, Glück, Beethoven, Schubert, Chopin, Wagner et Beethoven, à ses débuts accompagnée seulement par un piano, puis plus tard par un orchestre.

Isadora Duncan naquit au numéro 55 Geary Street à San Francisco, benjamine d’une famille de 4 enfants dont les parents étaient le banquier Charles Duncan et Mary Dora Gray, elle aussi la benjamine de Thomas Gray, un sénateur californien. Peu après la naissance d’Isadora, son père perdit sa banque et tomba publiquement en disgrâce.

Isadora mènait une vie dissolue. En 1912, elle fut prise en flagrant délit dans les bras d’Henry Bataille. L’’Américain Paris Singer, héritier fortuné de l’entreprise de machines à coudre, la quitte sur le champ. L’année suivante un nouveau drame se produit, ses deux enfants partent en voiture avec leur nourrice. La voiture fait un écart pour éviter une collision. Le chauffeur sort de la voiture, mais oublie de mettre le frein à main. La voiture finit sa course dans l’eau. Les enfants et la nourrice meurent noyés.

Isadora va se consoler en Italie chez l’actrice Eleonore Duse. La rumeur grandit : les deux femmes auraient une liaison. Mais quand Isadora revient à Paris elle est enceinte d’un Italien inconnu. Isadora accouche d’un garçon mort-né…

Elle faisait partie des clientes fidèles de Fortuny… Isadora Ducan, Eleonora Duse, Mario Fortuny, Venise… que de choses à vous compter !

Gustav Klimt à Venise

Une extraordinaire exposition se tiendra à Venise, au Museo Correr, du 24 mars au 8 juillet, à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Gustav Klimt.

Un siècle après sa participation exceptionnelle à la Biennale de Venise en 1910, Gustav Klimt revient dans la lagune en tant que protagoniste d’une extraordinaire exposition, qui se tiendra dans les salles du Musée Correr. Et ce sera là une formidable occasion de fêter le 150ème anniversaire de sa naissance (1862-1918).

Gustav Klimt est né le 14 juillet 1862 à Baumgarten dans la banlieue de Vienne en Autriche. Il est le second d’une famille de sept enfants, dont le père Ernest Klimt exerce le modeste métier d’orfèvre ciseleur, et dont la mère Anna Finster est chanteuse lyrique. Gustav Klimt démontre son réel goût pour les arts et pour la décoration, et entre dès 1876 à l’École des Arts Décoratifs de Vienne où il suit les cours de peinture du professeur Laufberger.

L’exposition, intitulée « Gustav Klimt sous le signe de Hoffmann et de la Sécession » présentera des tableaux, des dessins rares et précieux, des meubles et des bijoux raffinés, mais également des documents historiques intéressants, en témoignage de la genèse et l’évolution de l’œuvre de Klimt et de ceux qui avec lui donnèrent vie à la Sécession viennoise.

Dans les salles du Museo Correr, à côté des cycles déjà mentionnés, seront réunies pour la première fois Judith I et Judith II, mais aussi d’autres chefs-d’œuvre tels que la Dame à la cheminée et Les amants, Hermine Gallia et Le tournesol.

En témoignage de la force de l’influence de Klimt sur la culture figurative italienne de l’époque, le grand cycle décoratif de Vittorio Zecchin, Les mille et une nuits, ainsi que le tout autant extraordinaire Printemps de Galileo Chini seront exposés dans les salles du Palais Ca’ Pesaro

Previous Older Entries

Tous les articles des derniers mois…