L’or du Vénitien

Qui a cassé le nez de la statue du Maure de Venise, au coin de la maison du célèbre peintre, le Tintoret ? Et qui a bien pu achever son tableau Saint Georges au dragon ? C’est peut-être le même homme.

L’histoire a désormais oublié son nom, et pourtant il a joué un rôle étonnant dans la vie et dans l’œuvre du Tintoret. Cet homme était originaire d’un petit village suisse, Altdorf, et il rêvait de séduire Véréna, la plus belle fille de la vallée. C’est dans ce dessein qu’il est parti chercher fortune au-delà des Alpes. Son naturel et sa présence d’esprit charment le vieux peintre, ses récits imagés de la vie des bergers nourrissent les tableaux du maître… et c’est ainsi que Sebastian Casser accomplit son destin.

L'Or du Vénitien

L’or du vénitien
Le peintre Jacopo Robusti, dit le Tintoret,
et son assistant Sebastian Casser

Jean Binder (Auteur), avec la contribution de Nicole Pommaux, Ingrid Sissung (Traduction), Christina Buley-Uribe (Documentation)

  • Relié: 45 pages
  • Editeur : L’Ecole des Loisirs (23 avril 2010)
  • Collection : Archimède
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2211200753
  • ISBN-13: 978-2211200752
  • Dimensions du produit: 28,2 x 21,6 x 1 cm

***

Basé sur le testament d’Ottavia Robusti, la fille du Tiintoreto, qui atteste de son mariage avec le « peintre capable » Sebastian Casser, cette Bande Dessinée raconte de façon romanesque la vie d’une garçon vacher qui quitte son village du sud de l’Allemagne actuelle, pour devenir, à Venise, apprenti du Tintoret. Les dix dernières pages de l’album constituent une partie documentaire rédigée par Christina Buley-Uribe, pour mieux comprendre ce qui a été évoqué dans l’histoire qui vient de nous être racontée.

Les dessins, à la manière de gravures est dynamique, et l’histoire rondement menée, bien que l’on puisse déceler des failles, font de cet album un livre agréable à parcourir. Mais la vie de ce Sebastian Casser étant un immense mystère (de lui on sait très peu de choses), cela pouvait permettre toutes les fantaisies. C’est fait de façon intelligente.

Le testament d’Ottavia dite Tentoretta

Nous avons fait, récemment, allusion dans notre article L’or du Vénitien au testament de la fille du Tintoret, Ottavia Robusti.

Le Tintoret, Le péché originel, 1575/1581

Voici ce testament signé de sa main le 8 octobre 1645 à Venise.

« Nella Casa, dove abito un Contrà de S. Marcilian ritrovandomi mi Ottavia Robusti Tentorreta sana della mente …

… perchè mi ritrovo ligata in Matrimonio con Messer Sebastian Casser Pittor, e questo per ordene et comandamento de mei Fratelli Domenico e Marco, li quali innanzi la sua morte me li fer prometter, che mi parova, che detto Mess. Sebastian si portasse benne nella Pitura, dovese tuorlo per Marito, attesochè con la sua virtù il mantegnisse il nomme della Cha Tentoretto, cui sono stata parecchi anni suspesa, ma ha poi visto, che nella Pittura il puol star al par de ogni buon Pittore, e di Ritratti pichi li va innanzi, mi ho risolto, e l’ho toldo per marito. Lasso al detto Mess. Sebastian tutto il mio …

… Lasso al sig. Antonio Cosali mio carissimo amico… il Ritratto del Nonno di mio Padre du sua mano…

Et hic est finis dictae Cedulae de verbo ad verbum ut supra registratae, volentes, et firmiter statuentes, etc, etc.

Ego Angelus Alexandris Sereniss. Ducis Vent. Canc. exemplari feci, et subscripsi sub die 12 Mensis Junii 1652.« 

Pour celles et ceux qui n’auraient pas réussi à comprendre :

Ottavia Robusti, dite Tentorreta, saine d’esprit, affirme qu’elle est liée par le mariage à Monsieur Sebastian Casser, peintre, et cela suite à la volonté de ses frères Domenico et Marco, qui le lui ont fait promettre avant leur mort. Si Sebastian était un bon peintre, ils lui ordonnaient qu’elle le prenne pour mari, afin que, pas sa vertu, il maintienne le nom de la maison Tintoret.

Ensuite, elle dit léguer le portrait de l’aïeul du Tintoret, fait de la main de son père à son cher ami Antonio Cosali.

Suivent deux inscriptions en latin, l’une d’un scribe qui atteste avoir transcrit fidèlement ce qu’on lui a dicté, et une autre, lors de l’enregistrement aux archives ducales le 12 juin 1652.

Tous les articles des derniers mois…