La valigia dei sogni

Issue d’une famille de comédiens, Eleonora Duse joue dans la troupe de ses parents dès sa plus tendre enfance.

Ses talents sont révélés lorsqu’elle incarne Juliette dans « Roméo et Juliette » de Shakespeare à l’âge de quatorze ans, mais c’est le rôle titre de « Thérèse Raquin« , adapté du roman d’Emile Zola, qui fait d’elle la rivale de Sarah Bernhardt. Quoique sa concurrente, la Duse voue sa vie durant une profonde admiration à la grande actrice.

Eleonora Duse affectionne particulièrement les répertoires d’Alexandre Dumas fils, de Victorien Sardou, d’Henrik Ibsen et entreprend des tournées en Égypte, en Russie, aux États-Unis et en Amérique du Sud.

Elle est la première femme ayant fait la couverture du magazine Time en 1923 et un film lui a été consacré en 1953 : « La Valigia dei sogni« , du réalisateur Luigi Comencini.

Son jeu tout en retenue et sans artifices a fait d’Eleonora Duse l’une des plus grandes actrices de son temps.

La danseuse aux pieds nus

Elle dansait pieds nus, refusait le mariage, méprisait les conformismes, entendait vivre libre et “sans limites” selon sa devise.

Elle dansait pieds nus avec le désir de rendre la danse à son essence naturelle, sans technique stricte ; enfin elle tenta de faire revenir la danse à une forme artistique capable de représenter librement toutes sortes de sentiments. C’est la première artiste qui dansa sur les musiques de Bach, Glück, Beethoven, Schubert, Chopin, Wagner et Beethoven, à ses débuts accompagnée seulement par un piano, puis plus tard par un orchestre.

Isadora Duncan naquit au numéro 55 Geary Street à San Francisco, benjamine d’une famille de 4 enfants dont les parents étaient le banquier Charles Duncan et Mary Dora Gray, elle aussi la benjamine de Thomas Gray, un sénateur californien. Peu après la naissance d’Isadora, son père perdit sa banque et tomba publiquement en disgrâce.

Isadora mènait une vie dissolue. En 1912, elle fut prise en flagrant délit dans les bras d’Henry Bataille. L’’Américain Paris Singer, héritier fortuné de l’entreprise de machines à coudre, la quitte sur le champ. L’année suivante un nouveau drame se produit, ses deux enfants partent en voiture avec leur nourrice. La voiture fait un écart pour éviter une collision. Le chauffeur sort de la voiture, mais oublie de mettre le frein à main. La voiture finit sa course dans l’eau. Les enfants et la nourrice meurent noyés.

Isadora va se consoler en Italie chez l’actrice Eleonore Duse. La rumeur grandit : les deux femmes auraient une liaison. Mais quand Isadora revient à Paris elle est enceinte d’un Italien inconnu. Isadora accouche d’un garçon mort-né…

Elle faisait partie des clientes fidèles de Fortuny… Isadora Ducan, Eleonora Duse, Mario Fortuny, Venise… que de choses à vous compter !

Eleonora Duse à la Fondation Cini

Depuis le 16 Novembre 2011 le Centre d’étude pour la recherche documentaire sur le Théâtre européen et de l’Opéra a ouvert la salle dédiée à Eleonora Duse, un espace permanent dédié à la mémoire de la grande actrice italienne.

La Fondation Giorgio Cini possède un fond important d’archives dédiées à l’actrice Eleonora Duse.

Eleonora Duse est une comédienne italienne née le 3 octobre 1858 à Vigevano et morte le 21 avril 1924 à Pittsburgh. Elle est considérée comme l’une des plus grandes actrices de son temps. Rivale de Sarah Bernhardt, elle lui voua cependant une admiration profonde.

Née dans une famille de comédiens de Chioggia, Eleonora Duse passe son enfance dans la troupe amateur itinérante de ses parents, Alessandro Vincenzo Duse et Angelica Cappelletto. La famille Duse est apparentée à une autre famille de comédiens ambulants, les Vitaliani dont la fille Italia est la cousine d’Eleonora. Dès l’âge de quatre ans, elle joue, en 1862, le rôle de Cosette dans une version théâtrale des Misérables.

En 1881, Eleonora Duse épouse Tebaldo Checchi, un acteur de sa compagnie. L’union, de laquelle naît une fille, Henriette (Enrichetta), se révèle rapidement malheureuse et se termine par une séparation définitive

C’est sa nièce et unique héritière, Eleonora Ilaria Bullough qui donna en 1968 à la Fondation Giorgio Cini ce qui allait plus tard devenir le « Fond Eleonora Duse » : des documents, des archives, des livres, des lettres mais aussi des vêtements et des accessoires et objets ayant appartenu à la grande actrice. Plus tard, petit à petit, cette collection s’est enrichie d’autre trésors avec d’autres legs, donc ceux d’Olga Resnevic.

La collection comporte une grande quantité de lettres, adressées à Sibilla Aleramo, Memo Benassi, Angelo Conti, Grazia Deledda, Isadora Duncan, Natalia Gontcharova, Yvette Guilbert, Giovanni Papini, Luigi Pirandello, Marco Praga, Matilde Serao, Jean F. Worth, Ermete Zacconi et de nombreuses lettres à sa fille Enrichetta, autant de documents précieux qui permettent de comprendre la personnalité d’Eleonora Duse

En 1882 à Rome, Eleonora Duse rencontre pour la première fois Gabriele D’Annunzio. C’est un jeune homme séduisant, arrivé depuis peu des Abruzzes mais avec déjà trois œuvres publiées. Il se présente à la Duse et, avec des paroles mélodieuses, lui propose sans autre de coucher avec lui. Eleonora le congédie avec indignation mais, peut-être, avec aussi une secrète satisfaction. Ce jour-là, elle le décrit ainsi : « Già famoso e molto attraente, con i capelli biondi e qualcosa di ardente nella sua persona »

Juin 1892 est la date que D’Annunzio inscrit, avec la dédicace « Alla divina Eleonora Duse » sur un exemplaire de ses Elegie romane. De ces livres, naît en Eleonora le désir d’une rencontre avec l’auteur. Et, lors de la rencontre, « si abbandona alla presa di quegli occhi chiari, si sorprende a dimenticare tutta la sua amara sapienza della vita e a godere della lusinga che essi esprimono »

Le tournant décisif de la vie et la carrière artistique d’Eleonora Duse fut la rencontre définitive à Venise, en 1894, avec Gabriele D’Annunzio, alors à peine trentenaire. Le lien sentimental et artistique tempétueux qui s’établit entre la comédienne et le jeune poète dura une dizaine d’années et contribua de manière déterminante à asseoir la réputation de D’Annunzio. Eleonora Duse, déjà célèbre et acclamée en Europe et outre-atlantique, porta sur toutes les scènes les drames dannunziens (Il sogno di un mattino di primavera, La Gioconda, Francesca da Rimini, La città morta, La figlia di Iorio), finançant souvent elle-même les productions et leur assurant le succès et l’attention de la critique y compris hors d’Italie. Cependant, en 1896, D’Annunzio lui préféra Sarah Bernhardt pour la première française de La ville morte. Les périodes de proximité et de collaboration entre les deux artistes alterneront avec les crises et les ruptures

A travers les lettres, les photos, les documents, l’exposition raconte la vie d’Eleonora Duse, de sa jeunesse à ses premiers succès.

Puis la vie d’actrice et surtout de réalisatrice, puisqu’elle a souvent réalisés et financés elle même ses spectacles et tournées. On peut voir de nombreuses affiches de spectacles donnés dans le monde entier, et donc dans de nombreuses langues, italien, anglais, français, russe…

Une partie importante de l’exposition est consacrée à la liaison avec Gabrielle d’Annunzio : livres dédicacés, lettres, photos…

Dans le fond de la salle, une mise en scène permet de voir en situation, objets personnels, vêtements et accessoires de la grande actrice.

Pour les amateurs de théâtre, les inconditionnels ou les nostalgiques de La Duse, ou les curieux de l’histoire de Venise, une visite de l’exposition s’impose.

Les visites guidées, en italien, ont toujours lieu le mercredi après-midi, sur réservation préalable uniquement.

Pour plus d’informations et réservations, contactez le secrétariat :

tel.+39 041 2710236
fax +39 041 2710215
e-mail

Toutes les photos de cet article nous ont été fournies par le Teatro Melodramma que nous remercions, également pour l’accueil qui nous a été réservé ainsi que les informations fournies qui nous ont aidé à écrire cet article.

D’Annunzio et « La Duse » – L’incantessimo solare

En 1882 à Rome, Eleonora Duse rencontre pour la première fois Gabriele D’Annunzio. C’est un jeune homme séduisant, arrivé depuis peu des Abruzzes mais avec déjà trois œuvres publiées. Il se présente à la Duse et, avec des paroles mélodieuses, lui propose sans autre forme de coucher avec lui. Eleonora le congédie avec indignation mais, peut-être, avec aussi une secrète satisfaction.
Ce jour-là, elle le décrit ainsi : « Già famoso e molto attraente, con i capelli biondi e qualcosa di ardente nella sua persona. » (Déjà célèbre et très séduisant, les cheveux blonds et quelque chose d’ardent dans sa personne)
.
En 1888, Eleonora qui, sur la scène du teatro Valle, vient tout juste de se repentir de ses plaisirs de dévoyée, de prendre en pleine face une poignée de fausse monnaie et est morte de phtisie et d’amour dans le rôle de la malheureuse Dame aux camélias, se dirige encore pleine de soupirs et de sanglots vers sa loge. C’est alors qu’un frêle et élégant jeune homme surgit de la pénombre du corridor et lui crie, avec enthousiasme et assurance : « O grande amatrice ! » Eleonora un peu épouvantée, le dévisage un moment et poursuit son chemin. C’était encore D’Annunzio. Juin 1892 est la date que D’Annunzio inscrit, avec la dédicace « Alla divina Eleonora Duse » sur un exemplaire de ses Elegie romane. De ces livres, naît en Eleonora le désir d’une rencontre avec l’auteur. Et, lors de la rencontre, « si abbandona alla presa di quegli occhi chiari, si sorprende a dimenticare tutta la sua amara sapienza della vita e a godere della lusinga che essi esprimono.»  (Elle s’abandonne à l’emprise de ces yeux clairs, se surprend à oublier toute l’amère expérience de sa vie et à jouir de la flatterie exprimée par ce regard )
Le tournant décisif de la vie et la carrière artistique d’Eleonora Duse fut la rencontre définitive à Venise, en 1894, avec Gabriele D’Annunzio, alors à peine trentenaire. Le lien sentimental et artistique tempétueux qui s’établit entre la comédienne et le jeune poète dura une dizaine d’années et contribua de manière déterminante à asseoir la réputation de D’Annunzio.
Entre 1894 et 1897, Eleonora Duse vécut au dernier étage du Palazzo Barbaro-Wolkoff, alors propriété du peintre russe Alexandre Wolkoff. De son balcon, elle pouvait voir le Casseta Rossa où demeurait Gabrielle d’Annunzio, son amant pendant ces années-là.

Eleonora Duse, déjà célèbre et acclamée en Europe et outre-atlantique, porta sur toutes les scènes les drames dannunziens (Il sogno di un mattino di primavera, La Gioconda, Francesca da Rimini, La città morta, La figlia di Iorio), finançant souvent elle-même les productions et leur assurant le succès et l’attention de la critique y compris hors d’Italie.

Cependant, en 1896, D’Annunzio lui préféra Sarah Bernhardt pour la première française de La ville morte. Les périodes de proximité et de collaboration entre les deux artistes alterneront avec les crises et les ruptures. D’Annunzio suivait rarement l’actrice dans ses tournées mais, en 1898, il loua la villa de la Capponcina à Florence, dans la frazione de Settignano, pour se rapprocher de la Porziuncola, la demeure d’Eleonora.

En 1900, D’Annunzio publia son roman Il fuoco, inspiré de sa relation avec Eleonora Duse, suscitant de vives critiques de la part des admirateurs de la comédienne.

Tous les articles des derniers mois…