Isola di San Felice

C’était à l’origine une petite île émergée dans le nord de l’ancienne Clodia Minor, où il y avait une tour en bois qui marquait l’entrée de la lagune.

L'isola di San Felice

Après la guerre de Chioggia on a compris que c’était un lieu stratégique fondamental pour assurer la sécurité dans le sud de la lagune. On a donc construit le Castello della Luppa (ou Lova) entre les IVème et Vème siècles, grâce à des reconstructions successives, qui ont commencé immédiatement après la fin de la guerre de Chioggia (en 1384) et s’e sont poursuivies jusqu’à la chute de la République de Venise (1797).

Isola di San Felice

Ainsi s’est réalisée la structure actuelle de l’Isola di S. Felice qui, vu d’en haut, ressemble à une étoile à cinq branches sur le modèle du château de Famagouste à Chypre et d’autres fortifications vénitiennes.

Isola di San felice

Cette configuration permet une vue à 360° sur la lagune et la mer en même temps, et a prouvé qu’elle est une barrière efficace contre les tempêtes qui ont continué à éroder les îles et la lagune.

Isola di San Felice

Très intéressant du point de vue architectural, on peut encore voir le portail en pierre d’Istrie conçu par Andrea Tirali au début du VIIème siècle et les vestiges des fortifications militaires, mais aussi du point de vue de la nature.

L'isola di San Felice

L'isola di San Felice

L'isola di San Felice

La Marine Italienne , qui l’occupait depuis deux siècles a abandonné l’endroit qui, pour le moment, n’est pas ouvert au public. Il sera aménagé et valorisé.

L'isola di San Felice

Une promenade ou une balade à vélo vous permettra d’admirer les paysages et les vues sur les toits de la ville de Chioggia qui sont absolument uniques, surtout au coucher du soleil.

Chioggia vue depuis l'Isola di San Felice

Tramonto in laguna da San felice Marangon

Ridotto et forte Crevan

Ridotto Crevan

Aujourd’hui, nous vous emmenons dans la lagune nord, entre San’ Erasmo et Burano, dans ce que l’on appelle, les marais de Burano (palude di Burano).

Avant de partir, voici notre destination vue sur Google map :

Ridotto Crevan

Plus près :

Ridotto Crevan

Crevan est une île de la lagune nord de Venise. L’île Crevan est à quelques centaines de mètres du bord nord de l’île de Sant’Erasmo dans cette partie de la lagune où se trouvent aussi les îles de Torcello, Burano et Mazzorbo. L’île a une surface de la moitié d’un hectare (4680 mètres carrés, dont 377 m² bâtis), et est actuellement privée. Son propriétaire était le politicien et homme d’affaires Giorgio Panto  qui est mort le 26 novembre 2006 dans un accident d’hélicoptère dans la lagune, tout près de chez lui.

Ridotto et forte Crevan

Creva est resté inhabitée jusqu’au XIXème siècle.

Les vénitiens vous parleront du redotto Crevan, ou du forte Crevan, car ce fut à l’origine un fort voulu par Napoléon dès 1806, à la suite des accords de paix de Presbourg.

Ridotto et forte Crevan

L’ingénieur Label, alors directeur des Fortification, élabora un projet où il avait prévu la construction de neuf batteries et la défense du port de Treporti… mais l’histoire en a voulu autrement, et en 1814, Venise a subi la domination autrichienne.

C’est donc dans le cadre du projet de protection militaire de la lagune réalisée par les Autrichiens, que fut établie, en 1820, une petite garnison militaire dans un fort, pour surveiller cette partie de la lagune et l’accès au sud-est du marais. En 1866, l’île est devenue une partie du royaume d’Italie et elle fut abandonnée par les militaires.

Ridotto et forte Crevan

En avril 1943, Ferdinand III de Savoie, duc de Gênes, écrivait aux ingénieurs du bureau technique de Venise pour leur demander de renforcer les berges de l’île.

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Plus tard, l’île fut vendue à des particuliers qui transformèrent le fort en habitation, et cultivèrent des légumes. Puis la famille Panto la racheta et l’île devint une résidence avec un jardin d’agrément très fleuri.

Ridotto et forte Crevan

Pour s’y rendre, on peut quitter les fondamete Nuove en direction de Burano, puis, en continuant à naviguer vers le sud, en laissant derrière soi le canal très fréquenté Scomenzera S. Giacomo, on emprunte le chenal Crevan (profondeur : 3 m) et on rejoint lîle de San Francesco del Deserto, reconnaissable au profil typique des cyprès du jardin.

En suivant le canal Crevan on voit au sud, l’île de Sant’Erasmo, longue d’environ 4 km, et célèbre pour sa terre fertile cultivée comme un jardin potager et un verger. Notre destination est alors juste à tribord, à la jonction avec le canal de Burano.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

La maison de 170 m², qui a conservé ses caractéristiques d’origine, se compose d’un grand séjour, quatre chambres… A l’écart, la maison du gardien qui veille jalousement sur la propriété.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

La propriété, qui a toujours été très bien gérée et entretenue, est unique parce qu’elle offre l’impression de solitude d’une île déserte, sans être isolée, étant à seulement 20 minutes en bateau de Venise.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

C’est donc une île déserte de rêve (et qui est actuellement à vendre) pour amateur fortuné, donc… à condition d’aimer les moustiques.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ossario di sant’ Ariano

Nous vous emmenons aujourd’hui dans la lagune nord, au Nord-Est de Torcello, dans ce qui était autrefois Costanziaco.

A l’époque romaine sont citées ici Torcelum, Maioribus, Burianum, Marianum, Costanciacum, Amianae. Ce qui laisse présumer que, plus qu’une cité, c’est toute une vaste agglomération qui serait plus ou moins enfouie sous la lagune.

Carte de cette région de la lagune

La tradition historique et la chronique rappelle ces six principaux centres urbanisés jusqu’à l’époque médiévale, dont aujourd’hui ne subsistent que Torcello, Mazzorbo, Burano et Murano.

Costanziaco était située à la marge continentale de la lagune de Venise au nord-est de Torcello. Elle était composée de quatre îles qui formaient deux groupes appelés Costanziaco Major et Costanziaco Minor, situés respectivement à droite et à gauche d’une branche de la rivière Sile.

En 650, on y comptait sept églises et les deux monastères de Sant’Ariano et de San Maffio construits par la famille Viaro. Les sept églises ont été consacrés respectivement à SS. Sergio e Bacco (SS.Sergio et Bacco Martiri), S. Massimo (SS. Marcelliano et Massimo Martiri), S. Moro (S. Mauro), S. Zanipolo (SS. Giovanni et Paolo), S. Giovanni, puis S. Maffio (S. Matteo Apostolo), S. Pietro, S. Arian (S. Adriano). Les deux paroisses importantes étaient S. Sergio e Bacco et S. Massimo qui étaient aussi les deux premières qui avaient été construites.

L'isola-ossario di Sant'Ariano

Sant’ Ariano fut la dernière église construite, et aussi, la dernière à être abandonnée et elle était rattachée à un monastère de religieuses bénédictines construit en 1160. Ce monastère accueillait des filles de familles les plus riches de la région. Enfermées contre leur volonté, ces religieuses étaient connues pour leur vie dissolue et pour quelques épisodes scandaleux: en 1439 beaucoup ont été transférées à la suite de leurs fautes. A la fin du siècle, d’autres ont de nouveau été impliqués dans un procès où quatre nobles Vénitiens ont été accusés de s’être introduits dans le monastère. Plus tard, principalement en raison de l’environnement insalubre et de la malaria, les religieuses ont décidé d’abandonner le couvent pour aller à Torcello, en 1549 d’abord, puis à Venise.

La partie qui restait émergée à cette époque à ensuite été utilisée pour recueillir les os lors de l’expulsion des cimetières voulue pour assainir Venise. Ces transferts d’ossements ont continué même après la chute de la République, jusqu’en 1933. Les restes étaient si nombreux qu’ils ont créé de véritables monticules et en 1665 il a été décidé de créer un mur le long des côtes de l’île pour les cacher à la vue des passants. La construction du mur a coûté mille ducats, qui ont été recueillis à partir des contributions des églises et des monastères de Venise.

L'isola-ossario di Sant'Ariano

Il y a quelques années  cet énorme tas d’os,  de près de trois mètres de haut et tout couvert de terre et de ronces, était visible de tous.

A la fin du XXème siècle, des bulldozers ont tout recouvert de terre et l’entrée à été murée.

L’ossuaire est protégé par un haut mur de briques de plus d’un mètre et demi, qui l’encercle complètement, interrompu seulement par une petite chapelle près de la porte d’entrée.

Ont peut accéder à l’île avec de petits bateaux, mais y poser un pied est une autre histoire tant la végétation n’est qu’un vaste amas de ronces impénétrables où seuls les énormes rats et les serpents ont transformé le lieu en leur domaine.

Ossario di sant’ Ariano

Ossario di sant’ Ariano

Ossario di sant’ Ariano

Ossario di sant’ Ariano

Ossario di sant’ Ariano

Ossario di sant’ Ariano

Ossario di sant’ Ariano

Visite à San Giacomo in Paludo

Nous vous avons déjà raconté l’histoire de l’île de Saint Jacques des Marais, située au bord du passage du vaporetto en direction de Burano, une petite île déserte devant laquelle passent des centaines de touristes chaque jour.

Nous avons eu la chance de pouvoir fouler le sol de cette île mystérieuse pour vous, et de vous rapporter nos images…

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Outre la fameuse cavana, il reste surtout des témoignages des constructions militaires de l’époque de l’occupation autrichienne. Les vestiges du monastère sont enfouis sous la végétation, et les fouilles archéologiques ont été refermées.

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Isola di San Giacomo in Paludo

Mais aujourd’hui, les Domaines italiens, sous la pression d’investisseurs qui souhaitent rester discrets, ne veut plus renouveler la concession de l’Isola di San Giacomo in Paludo à l’association VAS ONLUS grâce à qui, depuis des décenies, ce patrimoine architectural, historique et naturel de la lagune à été préservé et ouvert à des milliers de vénitiens.

Le gouvernement de Mario Monti souhaite que l’île devienne désormais un hôtel de luxe, qui, comme San Servolo fera faillite dans quelques années. Entre temps, cette supercherie aura permis la privation d’un bien public au profit d’intérêts privés dont l’origine licite reste à prouver.

L’Isola di San Giacomo in Paludo fait partie intégrante du futur parc naturel de la Lagune Nord de Venise, et doit rester un bien public accessible à tous. De plus, depuis plus de quatre ans, l’île est devenu un abris pour le plus grand canard d’Europe, le Tadorne de Belon (Tadorna tadorna), ou Volpoche dans la lagune, qui en a fait un lieu de nidification. Son nid est installé dans un ancien terrier de lapin ou de renard, dans une cavité sertie dans un talus ou même dans un trou de muraille. Exceptionnellement, il peut être posé à même le sol dans la végétation herbeuse. C’est une simple dépression garnie de duvet. D’avril  à juin, la femelle pond de 8 à 10 œufs dont l’incubation dure de 29 à 31 jours.

Les contraintes archéologiques et historiques de cette île sont importantes, et les exemples passés de « réutilisation par l’industrie du tourisme » des vestiges de la lagune se solde, systématiquement par des déconvenues. Architectes pour nantis et conservation du patrimoine ne semblent pas faire bon ménage dans la lagune.

Si comme nous vous avez envie de pouvoir continuer à visiter cette île, découvrir son histoire, son patrimoine, profiter des découvertes qui y sont faites, des fouilles archéologiques, si vous souhaitez qu’elle ne devienne pas un luxueux paradis pour parvenus, évadés fiscaux et industriels corrompus, alors, vous aussi signez la pétition mise en ligne par l’association VAS ONLUS.

Isola di San Giacomo in Paludo

Nous vous reparlerons prochainement de cette île à propos des informations et des secrets de cette île, qui a tant à nous révéler, et que nous avons apprises sur place, de la bouche des membres de l’association VAS ONLUS.

Isola La Salina

Dans l’archipel des îles autour d’Ammiana, à l’emplacement d’Ammaniella, l’ancienne citée engloutie dans la lagune, cette île, désormais privée, reste un témoin géologique d’un des tout premiers habitats dans la lagune de Venise, à une époque où même celle qui deviendrait la Sérénissime République n’existait même pas. Avec le monte di Gagià, voisin, le monte S. Felice devait être une des sept collines de la vile décrite par Aristote.

Habitée du Vème au IXème siècle, elle est également parfois appelée Isola de San Felice della Lagune ou aussi Isola di San Felice delle Saline.

Laguna Venezia

La présence d’un monastère et d’une église, dédiés aux Saints Felice et Fortunato est attestée en ce lieu depuis 889, quand les moines bénédictins de San Stefano d’Altino, fuyant les hongrois, fondèrent ici leur siège ecclésiastique.

Riche en fonds et doté d’une patrimoine important, le monastère fut le lieu de sépulture de plusieurs doges, dont Orso Partecipazio.

Entre les XIIème et XIVème siècle, les conditions environnementales provoquèrent l’abandon progressif des îles et de la presque totalité de l’archipel d’Ammiana.

Vers 1450, les derniers moines de San Felice e Fortunato se retirèrent à Venise dans le cloître de San Filippo e Giacomo.

Les édifices publics et religieux de l’île, encore visibles sur la carte de 1500, ont été dépouillés et bientôt démolis.

En 1555, ont pouvait encore voir une « haute tour émergeant des flots« , telle qu’elle est décrite par Marco Gornaro dans ses Memorie del Sabbadini.

La Motta di San Felice, fut alors abandonnée pendant des siècles.

Salina

Isola di Sant’Angelo della Polvere

Le nom original de l’île est San Angelo di Concordia, modifié par les Vénitiens en Sant’Angelo di Contorta, Sant’Angelo di Caotorta.

Elle est située, dans la lagune de Venise, le long du canal de Contorta, à petite distance de la Giudecca et de l’île de San Giorgio in Alga.

Sant Angelo della polvere

En 1060 le Doge Domenico Contarini a fondé une église et un monastère qui a été confié aux moines bénédictins. Ceux-ci ont été remplacés par des religieuses Carmélites de la congrégation de Mantoue, puis des moines qui ont consacré le couvent à San Michele Arcangelo.  Les moines de San Michele Arcangelo ont été contraints, en 1474, de quitter le monastère et ont été envoyés au couvent de la Croix à la Giudecca, à cause de la corruption de leurs coutumes.

En 1518, le île a été accordée aux Pères Carmes, mais avec l’obligation de restaurer les bâtiments. En 1554, ces hommes ont quitté l’île à cause de l’insalubrité et l’année suivante, le Sénat l’a dédiée à la fabrication de la poudre à canon. C’est de cette fonction qu’est venu le nom actuel d’île de la poudre.

Le 20 août 1689, un éclair s’abattit sur l’île, faisant ainsi exploser les munitions présentes sur l’île et a provoqué un incendie qui a détruit la plupart des bâtiments et le grand mur qui ceinturait l’île. Ensuite, l’île a été laissé à l’abandon pendant plusieurs décennies. Ci-dessous, sur le plan de Coronelli de 1696 on peut voir S. Angello della polvere complètement détruite. C’est l’unique gravure de cette île à une époque lointaine.

Sant Angelo della polvere

Un dessin datant du XVIIIe siècle, semble avoir fait partie de documents qui indiquent la présence d’une force militaire vénitienne île : il est noté, autour du bâtiment central, les mots «casernes», «poudre» et «corps de garde», une série de bastions encercle complexe. Le cadastre napoléonien présente la même configuration, probablement jusqu’en 1814, les Français sont laissées inchangées les garnisons installées dans la lagune. Le cadastre autrichien et austro-italienne, ultérieurement, montre une situation différente, dans laquelle le grand corps de la caserne à été détruites et il ne reste plus que les latrines (voir la reproduction de ce plan ci-dessous).

Sant Angelo della polvere

Vers la fin du dix-neuvième siècle, après l’annexion de Venise par le royaume d’Italie, la ceinture de fortifications sur la lagune a été restaurée. C’est à cette époque que, selon toute probabilité, Sant’Angelo a pris son aspect actuel caractérisé par deux grands hangars et des  remblais qui les séparent. Curieusement, une usine autrichienne de 1900 (Kriegsarkiv Vienne) montre encore les installations antérieures à 1814: visant à une reconquête possible des Habsbourg de la lagune.

Sant Angelo della polvere dans les années 60

Après la guerre, des structures en béton ont été érigées : le mur, le château d’eau et le port. L’utilisation de cette île était encore militaire.

L’île de 0,53 hectares est maintenant complètement abandonnée et les bâtiments sont en ruines, mais un débat est en cours pour récupérer l’île et en restaurer le fonctionnement. Elle est encore la propriété du Ministère de la Défense Italien (Demanio dello Stato – Ramo guerra) qui, depuis 1994 recule le projet de la vendre aux enchères.

Sant Angelo della polvere

Bibliographie :

Girogio & Maurizio Crovato, Les îles abandonnées de la lagune – Comme elles étaient et comme elles sont. Liviana, Padoue, 1978.

On ne peut approcher de cette île qu’en barque. C’est donc avec un vénitien que nous appellerons… « Marmay » que nous allons nous y rendre.

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

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Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Sant Angelo della polvere

Le Torson di Sotto

Torson di Sotto dans la moitié du siècle dernier

Sur cette photo, on peut voir Luigi Gigio Tolotti (1912 – 1974), légendaire figure de la lagune, naturaliste et chasseur, dans un lieu dont il ne reste aujourd’hui même plus la mémoire.

Depuis que l’on a creusé le canale dei petroli, pour le passage des pétroliers, la presqu’île que l’on nommait autrefois Torson de Sotto a subis tellement d’érosion qu’il n’en reste presque plus rien.  De la maison, dans la fin des années 1990, il ne restait que cela :

Torson di Sotto

C’était un coin perdu de la lagune, loin, entre les marais de Ravaglio et de Rivola, en bordure du canal de Piovega. Seul un habitant de la lagune savait y aller sans se perdre.

Le département de génie civil pour les travaux maritimes avait proposé avant la Seconde Guerre mondiale, puis à nouveau en 1953, l’ouverture d’un canal navigable entre l’embouchure de Malamocco et de la zone industrielle située à Marghera, sur le continent.

Le projet initial à été régulièrement agrandi pour arriver à sa forme définitive de la loi du 2 mars 1963. On y jugeait que les gros pétroliers étaient potentiellement dangereux pour ce centre historique en cas d’explosion ou d’incendie à bord. On creusa donc un canal de 18 kilomètres de long et de 140 mètres de large, avec une profondeur de 14 à 15 mètres, capable de permettre la circulation de navires de 65.000 tonnes.

Le canale dei Petroli fut inauguré en 1969.

A l’époque déjà, des craintes avaient été exprimées, notamment par l’association écologique Associazione Italia Nostra. Elles furent balayées d’un revers de main au nom du progrès industriel.

Aujourd’hui, toute cette partie de la lagune est très polluée, les activités de pêche y sont même interdites. Les courants créés par cette voie maritime et l’impact de la masse des gros pétroliers a détérioré toutes les berges.

Il y a quelques années nous étions allés pêcher le long du Canal Melison, près des marais de Rivola et pas très loin du canale dei petroli. C’était en Novembre lors de la fraima (la fraima pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le moment de l’année entre Octobre et Novembre quand la nature se prépare à hiberner, et que les poissons de la lagune repartent vers la mer). Au coucher du soleil, au moment où l’on dit que l’eau est dozana ou calme, un pétrolier est passé. Il allait vers S. Leonardo. Eh bien, dans un premier temps, notre embarcation s’est presque retrouvée à sec et ensuite nous avons été soulevés par une vague tellement importante que c’est seulement à cause de l’expérience des marins vénitiens et, de leur avis, une forte dose de chance si le bateau n’a pas chaviré. C’était une chose incroyable !

Or, des bateaux comme cela il en passe des centaines dans ce canal, même si l’activité de la zone de Marghera a fortement périclité ces dernières années.

Cela fait bien longtemps que je ne suis pas allé traîner dans ce secteur. Je ne sais même pas s’il existe encore aujourd’hui un peu de cet endroit.

Au delà de cet endroit, on a créé une zone naturelle qui s’étend presque jusqu’à Chioggia. De nombreuses exploitation y élèvent désormais les poissons qui viendront à votre table lors de vos séjours à Venise.

Article écrit avec la complicité de Gigio Zanon, que nous remercions pour son aide.

Isola del Lazzaretto Vecchio

En face du Lido, on peut voir l’île du Lazzaretto Vecchio, qui, à l’origine a été habitée par des moines ermites qui construisirent là une chapelle dédiée à Santa Maria di Nazareth (Sainte Marie de Nazareth) et un abri pour les pèlerins se rendant ou revenant de la Terre Sainte (1249). Cette chapelle donna alors le premier nom connu de cette ile : Nazarethum, qui au fil du temps et des déformations linguistiques se transforma en Lazzaretto.

Isola del Lazzaretto Vecchio

Plus tard, en 1423, sur les conseils de saint Bernardin de Sienne, le Sénat a voté l’attribution de l’île comme un refuge pour les personnes et les marchandises provenant de pays infectés et pris la décision de leur fournir des vivres, des médicaments et de l’aide. Le lieu est devenu sous la protection du saint patron des pestiférés, Saint-Lazare, ce qui a toujours permis une fausse interprétation de l’origine toponymique de l’île. Le coût du maintien de l’hospice a été engagé au cours des soixante premières années, avec une partie du produit de l’Ufficio del Sale, puis il est passé sous la gestion d’un Magistrato di Sanità,  qui devait décider des précautions, visites, inspections, mises en quarantaine.

Isola del Lazzaretto Vecchio

A partir de 1468, les malades étaient d’abord envoyés pour examen au Lazzaretto Novo, et certains d’entre eux envoyés au Lazzaretto Vecchio.

De 1846 à 1965 l’île, comme beaucoup d’autres, est devenue militaire, d’abord pour les Autrichiens, puis les Italiens. Deux ailes du cloître, l’église avec son clocher, le salon et d’autres bâtiments ont été démolis au cours de cette période.

Isola del Lazzaretto Vecchio

Par la suite, Lazzaretto Vecchio a été donnée en concession par la ville de Venise à une association pour abriter un chenil pour les chiens errants.

Vue aérienne du Lazzaretto Vecchio

En 2004 des travaux de restauration ont commencé en prévision d’un « Musée de la ville de Venise. » A cette occasion, les fouilles ont mis au jour plus de 1500 squelettes de victimes de la peste, dont l’analyse fournira des informations sur la vie des Vénitiens au XVIème siècle .

recherches archéologiques sur l'Isola del Lazzaretto Vecchio

recherches archéologiques sur l'Isola del Lazzaretto Vecchio

recherches archéologiques sur l'Isola del Lazzaretto Vecchio

En même temps sont menés de travaux de restauration de l’ensemble des bâtiments, qui, comme chaque fois dans ce type d’ouvrages, a commencé par une phase de recherche et d’exploitation des documents, une phase d’études et d’analyses, avant le début des travaux de sauvegarde et de restauration proprement dit.

Isola del Lazzaretto Vecchio

Matteo Crepet est intervenu dans ce projet, comme on peut le voir sur sa page dédiée au Lazzaretto vecchio.

Isola del Lazzaretto Vecchio

Isola del Lazzaretto Vecchio

L’île du Lazzaretto Vecchio couvre une superficie d’environs 25.500 mètres carrés dont 7850 m² couverts. Propriété de l’État elle est gérée en concession à la ville de Venise.

Isola del Lazzaretto Vecchio par Giacomo Guardi (Venezia 1764-1835)

L’île est séparée en deux parties séparées par un canal traversé par un pont.

Dans la plus petite partie il y avait un magasin à poudre, et le poste de garde.

Dans la plus grande partie de l’île, de forme rectangulaire, est situé l’ancien hôpital. Les bâtiments sont alignés et séparés par des cours. Autour d’une grande place se trouvent : la maison du prieur et celle de son assistant, les magasins à outillage et les réserves, le réservoir d’eau, et les galeries où les hommes suspectés de la peste devaient passer la quarantaine.

Autour de la première cour, qui à l’origine était un cloître, on trouve les habitations des directeurs généraux et des recteurs.

Autour de la seconde cour étaient construites une centaine de cellules pour les malades infectés.

En 1564 fut construite la cavana (hangar à bateaux).

Isola del Lazzaretto Vecchio

Buel del Lovo

Buel del Lovo est une île de la Lagune de Venise située au fond du canal de Mazzorbo juste en face de l’aéroport de Venise – Marco Polo.

Son nom (en italien Budello del lupo) fait très certainement référence au passage tortueux qu’il faut emprunter pour l’atteindre (dans le dialecte vénitien « Buel del Lovo » signifie entrailles du loup). L’île s’étend sur 0,7 hectares soit environ 0,01 km².

Cette ancienne batterie faisait partie d’une ligne de défense entre Venise et la terre ferme vers Mestre : sept batteries polygonale alignée (plus tard huit) à une faible distance de la côte. Ces batteries ont été construites sur la plate-forme peu profonde de la lagune, souvent près de l’intersection des canaux.

Dans une lettre du Provveditore alla Lagune, Zuanne Zusto, en référence dès l’année 1796, il indique que sept fortins en bois ont été construits pour protéger Venise.

Cette batterie fut abandonnée en 1865. puis, en 1883, on trouve écrit que toutes les batteries sont en activité, et qu’elles sont construite en terre et protégées par des bastions, équipée de casernements et poudrière.

En 1900, les documents du siège autrichien à Vienne montrent l’existence de deux types de batteries dans la lagune. De tailles légèrement différentes, mais d’une forme identique (sept côtés courts que donnent la forme d’un croissant et un côté long) avec des profilés, casernements, place de parade et poudrière tandis que les berges sont protégées par un récif artificiel

Depuis longtemps siège de postes militaires, c’est donc un véritable fort (appelé San Marco) qui fut actif jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Les bâtiments du complexe furent adaptées dans les années 1960 afin d’accueillir un établissement pour la conservation et la mise en boîte du poisson. L’île, isolée des grandes voies de relai maritime, fut abandonnée quelques années plus tard et on pouvait encore voir les vestiges des bains et des cuisines.

Les bâtiments restaurés sont aujourd’hui adaptés à l’usage résidentiel depuis la vente de l’île en 1990. C’est de nos jours une propriété privée.

La Motta di San Lorenzo di Ammiana

La Motta di San Lorenzo est une petite île (0,61 ha) de la lagune nord de Venise, non loin de la Motta Cunici, dans un marais salant situé à environ 2 km à l’est de l’ossuaire de S. Arian, près de l’île de S. Cristina et le canale de S. Felice.

Motta di San Lorenzo di Ammiana

En Vénétie motta signifie « colline »,  l’île ressemble à un petit monticule qui se dégage des eaux de la lagune.

Autrefois partie de Caltrazio, elle même appartenant à l’ancienne ville d’Ammiana, elle a sombré dans la lagune en même temps qu’elle.

Motta di San Lorenzo di Ammiana

Parmi les bâtiments qui étaient construit sur cette terre, en particulier le monastère de San Lorenzo, il ne subsiste seulement que des traces de fondations. La dernière construction encore debout, un chapiteau, a été emporté par les innondations en 1966 .

L’île a fait l’objet d’une recherche archéologique animée par deux campagnes différentes (fin des années 1960 et 1990) dont les résultats ont été révisés en 2007 par le Laboratoire d’Archéologie Médiévale de l’Université Ca’Foscari.

Motta di San Lorenzo di Ammiana

Motta di San Lorenzo di Ammiana

Motta di San Lorenzo di Ammiana

Motta di San Lorenzo di Ammiana

Les premiers résultats montrent un occupation dès la fin la période romaine. Du IIIème siècle, en particulier, on a retrouvé une bande de trottoir, peut-être appartenant à une villa. Cependant, il reste à comprendre quelle était l’utilisation effective de l’île à cette époque.

Entre le IVème et le VIème siècle on a élevé sur l’île ce que les chercheurs ont d’abord imaginé être une structure militaire (la Castron mentionnée par Costantino Porfirogenito) : elle se compose de deux tours carrées unies par un mur de plus de 60 mètres de long. Cependant, la proximité d’un cimetière en usage entre les VIème et IXème siècle et de l’orientation est-ouest des structures suggèrent plutôt l’église de San Lorenzo dont la chronique indique qu’elle à été fondée au VIIème siècle (ou que le fortin à été transformé en église par la suite).

En 1185 on a construit dans la partie nord-ouest de la motte un monastère de bénédictines. Les structures du couvent ont été identifiés par la recherche, même si elles sont difficiles à interpréter. Ces deux parties de murs en pierre et en altinelle orientés est-ouest et probablement relié à deux autres sections orientées nord-sud (qui actuellement ne peuvent pas être étudiée, car elle sont submergées). Sur la base de ces éléments, on peut supposer que l’arrivée des religieuses a eu lieu alors que  l’île était presque dépeuplé, elles quitteront l’île en 1439. En fait, entre les XIIème et XIIIème siècles à travers toute la lagune nord, les divers peuplement ont connu un grave déclin démographique, que l’on a tenté de remédier par l’installation de certaines communautés monastiques. Cette politique de récupération n’a pas donné les résultats attendus et entre le XIIIème et le XVème siècle tous ces endroits ont été définitivement abandonnés.

La Motta de San Lorenzo, constitue donc un des rares vestiges de la cité engloutie par la lagune, le fameux mythe de la ville antique dont nous vous avons déjà parlé.

Motta di San Lorenzo di Ammiana

Isola San Giorgio in Alga

Voilà notre destination de ce jour : San Giorgio in Alga est une île de la Lagune de Venise située entre la Giudecca et Fusina, d’une superficie légèrement supérieure à 0,15 km².

On la devine depuis le campanile de San Giorgio Magiore, et reste d’un accès relativement (trop, peut-être) facile en barque.

Mais pendant que nous approchons de notre objectif, laissez nous vous en raconter l’histoire…

Francesco Guardi, peintre influencé par Canaletto et ses vues idéales de la ville de la lagune, avait l’habitude de réaliser des dessins préparatoires pour ses toiles. Une grande collection de ceux-ci et de notes est conservée au musée Correr de Venise. Dans cette peinture, Guardi propose une vue du canal de la Giudecca et du quai des Zattere, avec les églises San Biagio et Santa Marta, et au fond, derrière l’île de San Giorgio in Alga, les monts Euganéens. Les couleurs employées et la lumière sont d’excellents exemples de la peinture vénitienne du XVIIIème.

Cette île fut le siège de nombreux monastères : celui des bénédictins créé en l’an 1000 puis celui des Canonici Regolari di San Giorgio in Alga, ordre fondé en 1397 dans lequel se formèrent les futurs papes Eugène IV, Grégoire XII et Laurent Justinien. Ces chanoines séculiers de San Giorgio in Alga s’installent sur l’île en 1404. Ils sont pour la plupart jeunes, charismatiques sans effervescence, ils ont choisi leur vie ensemble, consacrée au renouvellement de la vie pastorale à la ville et sur le continent. Le monastère abrita alors Gabriele Condulmer, qui deviendra le pape Eugenio IV ; Antonio Correr qui sera nommé cardinal ; Ludovico Barbo qui sera le réformateur des bénédictins de Santa Giustina à Padoue, puis évêque de Trevise ; enfin San Lorenzo Giustiniani qui sera évêque de Castello. Devenant ainsi le premier Patriarche de Venise, quand en 1451 le titre patriarcal passera de Grado à Venezia.

Le 11 juillet 1716, un terrible incendie et détruisit l’église, le monastère et la célèbre bibliothèque, qui avait été créée par la cardinal Antonio Corraro, ainsi qu’une grande partie du complexe. Des tableaux de grands maîtres comme Vivarini, Bellini ou Veronese (San Giorgio davanti a Diocieziano) furent la proie des flammes, une Nativita de Giambattista Cima da Conegliano a disparue à ce moment. Seule fut préservée, comme par miracle, la cellule de Saint Lorenzo Giustiniani qui est restée intacte au milieu des cendres.

À partir de l’incendie qui survint en 1716 (certains historiens écrivent 1717) l’île tomba en désuétude. En 1799, elle fut le siège d’une prison politique avant d’être  complètement abandonnée.

En 1847, l’île fut transformée en fort par les autrichiens.

Six canons anti-aériens de 102/35.Fabriqué par les établissements militaires de Terni, ils avaient une portée maximale de 11 700 m.

Durant la seconde Guerre mondiale, l’île a servi pour l’installation d’une batterie anti-aérienne. Pendant cette période, l’île a été la cible de violents bombardements. Il reste encore des bunkers en béton de cette période.

Le patriarcat est redevenu en possession de San Giorgio in Alga, achetée pour 1.800.000 livres en 1961, mais, en 1973 il l’a donnée à la ville de Venise.L’île a été la première propriété militaire à redevenir un bien public. Les murs étaient à peu près intacts à cette époque. Sur le coin du Nord-Est pouvait encore voir la statue d’une Vierge du XVIIème siècle. Au-dessus de l’arc en pierre d’Istrie qui donnait accès à la remise à bateaux près du débarcadère, se dressait une croix en marbre polychrome.

Il y avait des vignes et des verger, où les promeneurs pouvaient pique-niquer.

Cinquante ans ont passé depuis que j’ai débarqué pour la première fois à San Giorgio en compagnie de mon père. Je sens encore l’odeur des pêches blanches, des cerises… j’ai encore en mémoire les images d’une île accueillante, sympathique et propre.

Les pêcheurs ont disparus (on péchait autrefois ici de superbes anguilles) et la végétation spontanée semble bien avoir pris le dessus. Nous avions entendu parler de biens volés, de contrebande, d’armes qui pourraient y être cachées. Les personnes « normales » ont cessé d’y aller en excursion et l’ile à été eb proie à la désolation.

De la même manière que nous l’avons déjà constaté sur d’autre îles abandonnées, ce territoire autrefois idyllique est devenu une poubelle à ciel ouvert, victime des vandales de toutes sortes.

Nous accostons, le cœur serré.

Voir, sur ce spectacle lamentable l’article et les photos de Fausto, dans Alloggi Barbaria.

Il existe pourtant un projet qui pourrait sauver l’île : un Centro Culturale Interreligioso.

A l’occasion d’un concours d’architecture, Giancarlo Bertocchini et Maria Gabriella Ruggiero ont imaginé ce projet de restauration et de mise en valeur de l’île de San Giorgio in Alga fait partie de la politique beaucoup plus large de la préservation et le renouvellement de Venise et sa lagune.

L’idée derrière le projet est de construire sur l’île de San Giorgio in Alga un centre inter-culturel et dans le même temps, de rétablir le monastère bénédictin qui se trouvait là depuis le XIème siècle, dont il ne reste aujourd’hui que quelques ruines qui racontent en filigrane le complexe monastique et son passé glorieux dans l’histoire de la ville, tant pour les faits que pour les personnages qui ont marqué les fortunes changeantes de l’île.

L’objectif principal à travers la mise en œuvre du Centre Inter-Culturel, est de créer dans la ville de Venise un lieu de rencontre international dédiée à des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les religions du monde et les cultures de la Méditerranée, qui est non seulement lieu privilégié de méditation et de prière, mais aussi un espace ouvert et utilisable par les citoyens et les visiteurs de la ville lagunaire.

Isola della Madonna del Monte

La petite île de la Madonna del Monte, d’une superficie de 5365 m², se trouve entre San Giacomo in Paludo et Mazzorbo, le long du canal Scomenzera San Giacomo qui relie Murano et Burano. Vous êtes donc tous passé à côté de cette île abandonnée, en allant à Burano en vaporetto. Elle est à six kilomètres des Fondamente Nove.

En fait, le territoire se compose de deux îlots autrefois reliés par une étroite bande de terre qui se révèle parfois lors des marées les plus basses.

En 1303 quattre sœurs bénédictines, ont érigé dans cette bande de terre, un monastère dédié à Saint-Nicolas, d’où l’ancien toponyme de San Nicolò della Cavana.

Après la mort des nonnes, ,dans la misère et sans qu’elles aient trouvé de successeurs, le monastère fut abandonné en 1432, vu la pauvreté du lieu, ses actifs furent transférés au couvent de Santa Caterina de Mazzorbo. L’île restait désolée pendant environ deux siècles, retournant à l’état de marais, et les bâtiments ont été détruits. Puis, deux ermites virent s’y installer et vivre selon la règle de Saint Paul. ainsi, pendant tout un siècle, l’île fut le refuges de moines ermites qui s’y succédèrent. Le 11 juillet 1712, le vénitien Pietro Tabacco obtint, par décret du Sénat, l’utilisation de l’île et y fit construire, sur les ruines du monastère,  une église dédiée à Sainte Marie du Rosaire consacrée par l’évêque de Torcello, Marco Giustiniani. Ce fut la période la plus faste de l’île où des messes quotidiennes, dédiées aux défunts, attiraient de nombreux fidèles.

Depuis cette époque, l’île fut communément appelée Monte del Rosario ou Madonna del Monte.

Le petit bâtiment a été démoli au milieu du XVIIIème siècle pour faire place à une poudrière, dont subsistent les ruines.

Des deux îles voisines, reliées par une étroite bande de terre protégée par une clôture des origines, il ne reste que bien peu.

Au cours de la dernière guerre, une tempête a détruit le lien entre les deux îles et à la fin de la guerre l’île a finalement été totalement abandonnée.

Aujourd’hui, l’île est une propriété privée et déserte, et elle  est dans un état de délabrement qui fait pitié. Elle a fait l’objet de nombreuses propositions pour sa restauration et un usage futur, mais son sort dépendra de ses actuels (et / ou futurs) propriétaires.

Voir l’article de Fausto, sur ce sujet dans Alloggi Barbaria et celui de Chiara Signorini

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