Préparatifs de la Conférence de Venise

Le 21 avril 1956, à Paris, une note confidentielle de la direction générale des Affaires économiques et financières sur les problèmes posés à la France par le projet de Marché commun prépare les diplomates au prochain Sommet de Venise, qui en mai, signera le début de l’Union Européenne.

21 avril 1956

Les 29 et 30 mai 1956, les ministres des Affaires étrangères des six pays membres de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) se réunissent à la Fondation Cini, sur l’île de San Giorgio Maggiore, à Venise afin d’examiner ensemble le rapport des chefs de délégation aux ministres des Affaires étrangères, pour examiner les enjeux du rapport Spaak et les projets de Marché commun et d’Euratom.

Daté du 21 avril 1956, le texte a été mis au point pendant les mois précédents par le Comité intergouvernemental créé par la conférence de Messine.

30 mai 1956

Placée sous la présidence de Christian Pineau, ministre français des Affaires étrangères, la conférence rassemble Walter Hallstein (RFA), Paul-Henri Spaak (Belgique), Maurice Faure, secrétaire d’État français aux Affaires étrangères, Gaetano Martino (Italie), Joseph Bech (Luxembourg) et Johan Willem Beyen (Pays-Bas).

A Venise, les ministres exposent l’avis de leur gouvernement respectif sur les propositions formulées par le rapport Spaak et constatent leur accord pour l’adopter comme base des discussions à venir pour élaborer un traité instituant un marché commun général et un traité créant une organisation européenne de l’énergie atomique (Euratom). Face à une délégation allemande réticente par rapport au projet d’Euratom, Christian Pineau rassure ses partenaires quant aux intentions françaises. Il demande cependant que le traité d’Euratom soit rédigé avant celui de Marché commun.

Lascito bessarioneo (La donation Bessarion)

Basilius Bessarion, Jean Bessarion, ou Basilius, né le 2 janvier 1403 à Trébizonde (dans l’actuelle Turquie) et mort le 18 novembre 1472 à Ravenne (Italie), fut patriarche latin de Constantinople et cardinal.

Les écrits de Bessarion comptent parmi ceux qui marquèrent la renaissance des lettres ; ils contribuèrent surtout à faire revivre en Italie le goût de la philosophie platonicienne.

Il mèna un travail de traduction du grec au latin et rassembla autour de lui une véritable Académie. Il protègea les humanistes menacés par l’Église, comme Lorenzo Valla et reçut les savants grecs exilés après 1453.

Bessarion était un humaniste, qui possédait une grande bibliothèque. Il fit venir de Constantinople une grande quantité de manuscrits pour les sauver de la menace turque d’un probable autodafé.

En 1468, toujours pour protéger ses précieux livres d’une probable destruction par les turcs, il décida de léguer sa bibliothèque, comportant 746 manuscrits (entre autres un manuscrit de la Bibliothèque de Photius), au monastère de San Giorgio Maggiore en raison des liens étroits qu’il entretenait avec ces moines, et de l’existence en leurs murs d’une bibliothèque érigée sur le modèle des Médicis.

Le legs final de Bessarion à la République de Venise, se trouve formalisé dans le codice Lat. XIV, 14, et nous renseigne sur ses exigences en matière de protection et de stockage des 482 codex grecs et 264 livres en latin, pour lesquels il demande qu’ils soient placés dans un foyer digne d’eux et de leurs lecteurs.

Le 20 avril 1469 arrivent à Venise les premières trente caisses contenant 466 manuscrits précieux donnés à l’Église de San Marco et qui formeront le fond de la Libreria Ducale avant de rejoindre la Libreria Marciana quand elle sera créée.

Bibliographie :

Les inventaires de cette donation sont publiés dans :

Lotte Labowsky, Bessarion’s Library and the Biblioteca Marciana. Six early inventories, Roma, Edizioni di storia e letteratura, 1979

Vie per Bisanzio

Encore une étrange histoire de trahison…

Le 19 avril 1591, le Baile à Constantinople, Girolamo Lippomano est accusé par le Conseil des Dix, d’avoir fournit à la cour d’Espagne de Philippe II des secrets sur les techniques de construction des navires, soit le plus grave délit qui pouvait exister au temps de la Sérénissime République.

Girolamo Lippomano était le troisième enfant de Giovanni di Girolamo et de Chiara Gussoni di Andrea, né à Venise le 13 avril 1538.

Il mena une carrière politique et diplomatique brillante au service de la République de Venise. Mais, pour d’obscures raisons, et malgré une constante implication dans la diplomatie vénitienne à une époque où les conflits entre l’Espagne et l’empire de Byzance sont constants, il tomba en disgrâce, officieusement, dans certaines instances proches du pouvoir vénitien dès 1570. Certes, on continue à l’envoyer en ambassades diverses, mais ses actions furent toujours, dès lors, jugées avec le regard de la plus grande sévérité et les rapports secrets se firent de plus en plus critiques, alors que le fruit de ses ambassades était le plus souvent bénéfique à la République.

Le 31 mars 1590, le Conseil l’envoyait en ambassade à Constantinople, pour une délégation qui, dans un horizon politique apaisé, pouvait être perçu comme une récompense pour services rendus et un séjour calme et relativement paisible.

Mais ce qui aurait pu être le point culminant d’une carrière de fin diplomate se transforma en cauchemar mortifère quand un an plus tard, le Conseil des dix envoya Lorenzo Bernardo pour le remplacer et ordonna qu’il soit immédiatement rapatrié à Venise.

Le 25 juin 1591, Girolamo Lippomano quittait Constantinople accusé de trahison.

Le lendemain, son frère Pietro, Prieur de la Trinità, était banni de Venise. Toute la famille fut frappée, ruinée et humiliée, pour avoir trahi Venise et donné des secrets aux ministres de Philipppe II.

Officiellement, quand le navire qui le ramenait à Venise fut à proximité des côtes du Lido, le 30 août 1591, Girolamo Lippomano se suicida lâchement en se jetant à l’eau avant de se noyer.

Comme vous pouvez vous en douter, il existe peu ou pas de document officiel sur ce qui s’est réellement passé à ce moment.

Mais à Venise, ceux qui connaissaient l’homme doutèrent de son suicide et beaucoup pensèrent qu’on l’avait probablement « aidé à sauter et se suicider », ou simplement exécuté et jeté à la mer.

Une autre version, plus pernicieuse encore, de l’histoire, veut qu’il ait bel et bien ramené à Venise, emprisonné sous les Plombs, torturé puis condamné à être étranglé avant que, pour éviter de plus amples explications, il soit jeté à la mer pour simuler un suicide et en faire un lâche.

C’est cette dernière version qui a été retenue par l’ambassadeur d’Espagne à Venise, Francisco de Vera y Aragon, pour justifier les actions qu’il entrepris par la suite.

Le corps de Girolamo Lippomano a été enterré sans pierre tombale, dans l’église Santa Maria di Servi, près des tombes de ses ancêtres, ainsi que c’est stipulé dans son testament.

Ambassade de Lippomano

Les Pâques véronaises.

L’Histoire de France retient, pour la date du 18 avril 1797 la signature à Leoben (Styrie) du traité de Leoben (ou paix de Leoben)

Il s’agit d’un accord préliminaire dans lequel figurent nombre de clauses secrètes. Ces dernières disposent que l’Autriche perd le contrôle des Pays-Bas autrichiens et de la Lombardie, cédés à la France, en échange des possessions vénitiennes d’Istrie et de Dalmatie.

Ce démembrement de la république de Venise, qui se voit ainsi réduite au Dogado, signe sa disparition définitive comme État indépendant.

Le traité est confirmé et augmenté par un accord de paix final, le traité de Campo Formio, le 17 octobre 1797.

Mais l’Histoire vénitienne retient ce même jour un fait qui a été occulté par les manuels scolaires français, effacé de nos mémoires par la censure impérialiste.

Les français occupaient Vérone depuis le mois de juin de l’année précédente, et l’occupation française opprimait la ville et ses habitants.

Le général Balland, qui commandait dans cette place, prévoyant une révolte, se renferme avec le petit nombre de troupes placées sous ses ordres dans le fort Saint-Félix et dans les deux autres châteaux. Balland, en se renfermant dans les forts, n’avait laissé à la garde des portes que le nombre d’hommes nécessaire. Les agents de l’administration et environ 600 malades se trouvaient ainsi sans défenseurs.

Le 17 avril 1797 (soit le 27 germinal an V), seconde fête de Pâques, de vives altercations opposèrent un groupe de soldats français au patron d’un bistrot, quasiment aussitôt les rues et les places publiques se remplirent, le peuple exaspéré est sorti dans les rues, en un cortège de plus en plus compact et a pris d’assaut la caserne en criant « Viva San Marco ». Il s’en suivit des échauffourées qui provoquèrent rapidement une émeute générale, les civils accourant à l’aide de leur concitoyen. Les soldats français ripostèrent, provoquant de nombreux blessés, pour ramener l’ordre. C’est après vêpres, que le tocsin sonna en même temps à Vérone, à Vicence, à Padoue, ce qui donna le signal d’une insurrection générale, que personne ne pouvait prévoir. Dans ces deux dernières villes, les Français échappèrent au massacre ; mais à Vérone, tous les Français isolés, qui vivaient dans les maisons particulières furent assassinés, sans distinction d’âge, d’état, ni de sexe, dont notamment des malades et des blessés et des femmes enceintes. Plusieurs Véronais, ainsi que les juifs, soupçonnés d’être partisans des Français furent également tués.  L’hôpital fut pris d’assaut et saccagé, les blessés, massacrés. Deux cent soldats français furent également tués par les manifestants.

Pâques Véronnaises

La réaction française fut d’une sanglante violence aveugle : le 18 avril 1797 (soit le 28 germinal an V) l’artillerie bombarda la ville causant des milliers de morts.

Pâques Véronnaises

L’épisode dramatique est connu sous le nom de Pasque Veronesi (les Pâques véronaises). Ce fut les français, semble-t’il qui employèrent le terme de « pâques véronaises » par référence aux « vêpres siciliennes »… l’émeute dura jusqu’au 23 avril, et l’épisode de la frégate française Le Libérateur d’Italie fait partie de cette séquence qui donna à Bonaparte le prétexte pour attaquer Venise.

Pâques Véronnaises

Le doge Marino Faliero est jugé pour haute trahison

Outre la tentative de coup d’État contre les institutions vénitiennes, il lui fut reproché d’avoir tenté de négocier l’accord économique avec Gênes, alors grande rivale de Venise.

Gravure de 1880

La sentence est prononcée à huis clos par le Conseil des Dix, et, dans le registre de ce Conseil des Dix, à cette date, on retrouve deux larges espaces vides, avec seulement la mention du scribe : non sia scritto (non écrit).

Il fut condamné à être décapité le 17 avril 1355. L’exécution eut lieu aussitôt, dans la cour du Palais des Doges, au pied du perron sur lequel, avant de ceindre la couronne ducale, Faliero avait prêté serment d’observer la « promissione ». Le bourreau, son épée sanglante dans la main, cria aux spectateurs : « constatez tous qu’il a été fait justice du traître ».

Francesco Hayez, La dernière heure du Doge Marino Faliero, Milan, Academia di Belle Arti di Brera

Le cadavre du doge resta exposé toute une journée, la tête tranchée.

L'exécution de Marino Faliero par Eugène Delacroix, 1827

Au soir du 18 avril, il fut déposé dans une gondole et inhumé sans aucune cérémonie, dans un caveau creusé dans une chapelle de la basilique de San Zanipolo, nécropole des doges de Venise.

On confisqua toutes ses propriétés, et, le jour même, dans la galerie des doges dans la Salle du Grand Conseil, un voile noir fut peint sur son portrait, avec l’inscription Marin Faliero decapitato per delitti (Marin Fallier décapité pour crimes).

L’Inquisition, les femmes et les casins

Caterina Sagredo Barbarigo était la fille de Gerardo Sagredo et avait épousé Antonio Pisaro en 1732, puis Gregorio Barbarigo en 1739, son unique fille fut Contarina Barbarigo.

Caterina Sagredo était connue pour sa beauté et ses activités intellectuelles. Elle a conservé la réputation d’une dévoreuse de livres, et est connue pour ses voyages.

Elle a organisé un salon littéraire dont on estime qu’il fut une des plus remarquables à Venise, et elle a supporté le novateur Domeniceti.

Mais Caterina Sagredo Barbarigo est resté célèbre, également, en raison de son conflit avec l’Inquisition vénitienne.

Au XVIIème siècle, Chiara, Maddalena et Laura Contarini, filles du doge Domenico II Contarini, seront les premières nobles à abandonner les traditionnels sabots pour des chaussures et adopteront la perruque qui fut interdite en 1665 avec peu d’effet.

Venise était devenue célèbre pour ses casins, le Caterina avait ouvert le sien à La Giudecca (et un autre à San Moisè, corte Luisella).

L’Inquisition et l’Église ont vu dans ces casins nouvellement créés les preuves d’une émancipation des femmes qui était jugée dangereuse pour la société de l’époque. Les femmes de la noblesse furent donc interdites de fréquenter ces lieux de perdition où elle pouvaient rencontrer et côtoyer (voir plus) des hommes en toute liberté.

Caterina Sagredo Barbarigo fut arrêtée et inculpée, et, le 16 avril 1747, son casino de La Giudecca fut fermé suite à l’ordre des Inquisitori di Stato.

Pour réponse, Caterina Sagredo Barbarigo a exprimé son profond regret de cette décision inique en vers :

Oh poveri lustrissimi
El luni avemo perso:
Demo sfortunatissimi […]
Da strissimi discreti
Stevimo in un mezà
Biscotarie e sorbeti
no ne ga mai mancà.
Per nu no ghera cioca
Né candelieri a lumi
Non avevimo taolini
De ombre e rocambol
[…] Da strissimi studiosi
Citevimo Russo,
da strissimi ingegnosi
Disevimo bon mo.
Quel gran lini no ghe più
Lé andato quel amabile
Strissimo randeù.

Son cas est devenu célèbre, mais n’a pas empêché la création d’autres casini par des femmes. déjà en 1751, une autre noble dame, Marina Sagredo Pisani, ouvrait un autre casin. En 1867, l’Inquisition permettait aux femme nobles de fréquenter les casini à la condition qu’elles couvrent leur visage.

Portrait de Caterina Sagredo Barbarigo par Rosalba Carriera

L’Hôpital de San Giovanni Battista

A sa mort, un riche marchand florentin, Ser Orsolino, confia à Ser Giovanni degli Ubbriachi dix mille lires de piccoli veneti pour ériger un hôpital pour les pauvres dédié à Saint Jean-Baptiste.

San Giovanni dei Battuti

Ses dernières volontés ont été transcrites dans un testament rédigé le 8 juin 1337.

Il a vécu à Venise dans la paroisse de Santa Maria Formosa, et a exigé que le patronage de cet hôpital soit confié à ses parents les plus proches.

L’édifice, fut construit, pour des raisons qui ne sont pas connues, sur l’île de Burano, sous le contrôle du Prieur Massimo Belligotti, proche parent du donateur défunt. Le terrain affecté à la construction de l’hôpital était près du lac San Basilio (l’actuelle zone du phare et le la fondamenta dei Battuti) et avait apparemment appartenu à l’église Santa Maria e Donato, bien que sous la compétence de la paroisse de Santo Stefano.

On retient la date du 15 avril 1338, comme celle de la fondation officielle de cet hôpital dont les recteurs ont été confirmés par les évêques de Torcello.

En 1341, le même prieur Belligotti, demanda à l’évêque de Torcello, Giovanni Morosini, l’autorisation de construire un autel dans l’albergo, pour permettre aux personnes accueillies, incapables de se déplacer pour entendre les messes, de pouvoir le faire sur place. Cet autel fut dédié à San Demetrio martire.

A Murano, existait depuis longtemps une confraternité appelée la Fragia dei Battuti, située à proximité, et qui possédait une petite chapelle dédiée à San Vittore martire. Désireux d’accomplir leur mission de charité pour les pauvres, “…ai soliti uffici di pietà e mortificazione…”, la Fragia, par le voix de son tuteur Nicoletto Carrer, a demandé et obtenu la permission de rejoindre l’hôpital le 6 août 1348, avec la bénédiction du prieur des lieux.

Puis, au fil des siècles, l’hôpital devint prospère, on construisit une église et une scuola dont on trouve de nombreuses traces dans l’histoire et les archives, de qui écrire un livre.

Mais de livre nous n’avons trouvé que celui sur les célèbres stèles de l’église de Saint Jean Baptiste :

I Dossali di San Zuanne

Quand à nos sources (nous en avons gardé sous le coude pour plus tard), elle proviennent des archives d’État :

1 « Veneranda Scola grande di San Giovanni Battista di Murano. Villa di Preganziol. Lite contro Giacinto Varisco prior dell’ospital di San Giovanni Battista di Murano », 1543
2 « Scritture sopra la casa a Santa Chiara con il nobil homo Anzolo Badoer », sec. XVI –
3 « Scola di San Giovanni Battista di Muran. Scritture delli Agostini chiamati Barbarighi per la casa confinente in campopicolo », sec. XVI –
4 « Scritture della chiesa di Santo Stefano appartenenti alla Scuola di San Zuanne de battuti », sec. XVI – sec. XVIII, con docc. in copia dal 1458, apr. 30
5 « Conti Ferretti per le case agli Angeli contro li Ferretti », sec. XVII –
6 « Processo contro Domenico Berengo fu guardian e prior », sec. XVII –
7 « Processo del signor Zorzi Avanzago », sec. XVII –
8 « Veneranda Scola di San Giovanni Battista di Muran contro l’eredità del quondam domino Andrea Marinoni per la fabrica d’una casa », sec. XVII, con docc. in copia dal 1466
9 « Per la veneranda Scola di San Giovanni Battista contro heredi quondam Piero Nichetto », sec. XVII – sec. XVIII
10 Atti di conciliazione tra la Scuola di San Giovanni Battista di Murano e due affittuari morosi, 1734 ago 03
11 « Per il signor Giovanni Mazzola nepote del quondam signor Domenico Mazzola prior dell’ospedale di San Giovanni Battista contro il signor Sebastian Berton prior elletto dell’ospedal suddetto per li fruti del presente raccolto di Preganziol », sec. XVIII – , con docc. in copia dal 1337, giu. 14
12 « Per la veneranda Scola di San Giovanni Battista di Muran contro la Scola del Santissimo Sacramento di Santo Steffano di Muran », sec. XVIII – , con docc. in copia dal 1626, set. 28
13 « Corrente per la veneranda Scola di San Giovanni Battista di Murano », sec. XVIII –

Collegio alle Acque

On se souvient que, au XVIème et au XVIIème siècles, la création d’îles artificielles, pour y décharger les matériaux générés par les travaux de terrassement et la création de digues de grisiole avaient modifiés les débits des courants et les échanges d’eau dans les lagunes méridionales et centrale, mettant en péril l’équilibre même de la lagune.

Des enseignements de l’histoire que l’on semble avoir, pourtant, déjà oublié et fait table rase, aujourd’hui où les dégâts engendrés par le canal de pétroliers n’est pas suffisant, et quand, Paolo Costa, veut, encore, créer un nouveau canal, qui obligera à édifier de nouvelles îles artificielles, et modifiera de manière imprévisible l’équilibre de la lagune.

Le 14 avril 1662, en attendant que le sénat prenne des décisions définitives sur les sites d’entreposages des matières, le creusement des canaux et les concessions de pêche, le Collegio alle Acque, suspend toutes les licences d’élevage et de pêche dans les vallées de Cornio Sette morti, Riolo, Torson et Valle Grande.

Le Collegio alle Acque, créé en 1501, était composé de quinze membres, tous sénateurs, pour veiller sur la gestion et le respect de sa lagune. C’est l’ancêtre du Magistrato alle acque nella Repubblica di Venezia, qui existe encore de nos jours, sous une forme différente, mais sous le même nom. Cet organisme est devenu un service de l’État italien, responsable de tout le bassin versant d’Italie nord-orientale.

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Sigismond le Riche, régent du Tyrol

L’archiduc Habsbourg d’Autriche Sigismond d’Autriche, dit Sigismond le Riche fut régent du Tyrol de 1446 à 1490.

En 1487, Jakob II Fugger devint son banquier et créancier.

Sigismond a été facilement influencé par les mauvais conseils de ses ministres et proches. En Mars 1487, il conclu une guerre inutile avec la République de Venise, parfois appelé la guerre de Rovereto. Les forces armées tyroliennes ont rapidement conquis des mines d’argent dans la vallée Valsugana détenue par Venise, minerais qui fut employé pour frapper une grosse pièce d’argent valant un florin d’or ou gulden (guldiner ; Guldengroschen) à Hall (ville proche de Innsbruck en Autriche).

Guldengroschen

Le 13 avril 1487, l’archiduc du Tyrol Sigismond a donné l’ordre d’emprisonner 130 marchands vénitiens qui étaient venus participer à la foire de Bozen et de confisquer tous leurs biens et marchandises. Les sujets de Sigismond, privés par cette guerre du commerce avantageux qu’ils faisaient avec Venise, murmuraient ouvertement contre leur souverain, qu’ils accusaient de les sacrifier à son ambition.

L’armée du Tyrol a pris d’assaut le col de Calliano et plus tard assiégé le château de Rovereto, dans le Trentin, en utilisant une grosse bombarde, l’une des premières fois qu’un tel armement, si gros, était utilisé lors d’une guerre. La guerre a continué pendant tout l’été, mais a fini sans victoire décisive pour les deux parties. Le condottiere Roberto Sanseverino fut une des victimes remarquables de cette guerre.

En 1490 l’opposition de la population du Tirol éclata avec tellement d’aigreur qu’on craignit une révolte. Ceux des ministres du Prince qui lui avaient conseillé la guerre avec le plus d’ardeur furent les premiers à le persuader à signer la paix avec Venise.  Sigismond contraint de céder et de renoncer au fruit de ses victoires, employa la médiation de l’empereur Frederic.

Les vénitiens qui ne s’étaient engagés dans cette guerre que contrains et forcés, acceptèrent sans difficulté la proposition qu’on leur fit : que tous les prisonniers soient libérés sans rançon, que les limites redeviennent celles d’avant le conflit, et que tous les dommages soufferts par les marchands vénitiens arrêtés à la foire de Bolzano soient réparés dans l’espace d’un mois. Le traité fut signé le 13 novembre.

Après cela, Sigismond du céder la régence du Tyrol à l’archiduc Maximilien Ier, qui devint plus tard empereur Saint Empire Romain Germanique.

Arrestation de l’avogador di comun

Le 12 avril 1761, Anzolo Querini, avogador di comun, à trois heures du matin venait de renter dans son casin, donnant sur le Rio di San Moïse.

Il allait s’abandonner dans les bras de Morphée, lorsque Ignace Beltrami, fante des trois inquisiteurs, frappa à sa porte, la fit ouvrir au nom du tribunal, et déclara ce noble en état d’arrestation.

Querini eût le temps, à cause du respect que l’on témoigna pour sa personne et son rang, d’écrire une lettre à son frère, et une autre à Juliette Uccelli, épouse du notaire extraordinaire de la chancellerie ducale.

Anzolo, dans ses lettres, prévenait ses amis du malheur qui venait d’arriver. Il les priait de le secourir, et, s’il mourrait, de le venger.

Comme avogador di comun, Quérini était investi du droit de dénoncer les Dix ou les Trois, s’il le jugeait convenable. On craignait apparemment qu’il n’exerçât ce droit.

Son arrestation excita  une surprise générale, et la rumeur courrait, disant : « Voilà donc Quérini qui, s’il obtient la liberté, peut récriminer, et, dans sa propre cause, se retrouver juge de son juge. » Sur la demande des amis de Quérini, le Grand Conseil se réunit. Un membre, à cause des circonstances exceptionnelles dans lesquelles on se trouvait, proposa de procéder comme en 1628, à la correction du tribunal des Dix.

L’avis est adopté par un grand nombre de nobles, qui s’indignent de voir le Tribunal des Trois, né du Tribunal des Dix, s’attaquer au censeur naturel nominé par les lois pour observer constamment la conduite d’une institution si puissante. Pierantonio Malipiero, Alvise Zen, Marco Foscari, Girolamo Grimani et Lorenzo Marcello sont nommés correcteurs. Ceux-ci se devisent en deux camps, ceux qui estiment qu’il faut garder sous étroite surveillance le Conseil des Dix pour ne pas instaurer une dictature à la romaine, et ceux qui pensent que se méfier des Dix entraine leur affaiblissement, et que c’est alors un danger pour la république.

Après de longues discussions où chacun des orateurs montrera ses qualités de tribun, et tentera de convaincre du bien fondé de son opinion, le Grand-Conseil entendit les avis de chacun. des différents correcteurs.

Il résulta de tant de délibération qu’Anzelo Querini fut rapidement ramené de son exil à Padoue, que les droits du Doge furent étendus, et que ceux des Dix quelque peu restreints.

Peu de temps plus tard, à la mort du doge Francesco Loredan, de fut Marco Foscarini, le plus ardent défenseur du Conseil des Dix qui fut élu…

Sources bibliographiques :

Histoire des peuples, l’Italie, par M. le Chevalier Artaud – Paris 1835

S. Maria della Salute depuis le Rio de San Moise

Séisme Pascal

Un violent séisme dont l’épicentre semble avoir été vers le lac de Garde a touché tout le nord de l’Italie pendant les fêtes pascales de l’année 1064.

Tous les chroniqueurs qui ont relaté cette catastrophe font mention du jour de Pâques, qui tombait très exactement le 11 avril 1064 (sauf qu’en réalité, ils sont moins précis sur l’année exacte qui peut aussi bien être 1060, dans ce cas, ce serait le 26 mars, que 1065, ce qui donnerait le 27 mars).

Ce genre d’approximations et la façon d’écrire des chroniqueurs d’un autre temps font que, parfois, les recherches historiques révèlent quelques complexités !

Toujours est-il que l’on peut lire avoir ressenti deux fortes secousses, même à Venise, le dimanche de Pâques à midi, puis, de nouveau pendant les vêpres. Il y eût quelques dégâts sur des maisons et une grande panique dans toute la ville, mais on ne trouve trace ni de victime, ni de blessés.

Dans de nombreuses villes (qui ne sont pas citées) ont lit qu’elle ont été entièrement désertées et que ceux qui n’étaient pas mort pendant le tremblement de terre le furent de faim.

 Paisx de venise : l'empereur Barberousse et le doge se rencontrent

Les patriciens rebelles de Candie

Vue_du_siege_de_Candie_en_1669

Une rébellion soulève, en janvier 1364, la colonie vénitienne de Candie, et, fait aggravant, certains nobles vénitiens font partie de cette rébellion et en sont peut-être même à la tête, dont Marco Gradenigo qui s’est autoproclamé gouverneur de la colonie.

Il a fait arrêter le duc, Leonardo Dandolo, et les deux Conseillers, Stefano Grimani et Giacomo Diedo.

Venise envoie dans un premier temps trois des nobles les plus distingués, et, par prudence, avec le titre de Proveditori avec pour mission de réduire l’agitation.

Le 10 avril 1364, à la demande du doge Lorenzo Celso, une flotte met les voiles depuis San Nicolò di Lido, avec à sa tête, Pietro Morosini, nommé Gouverneur de l’île de Candie.

La flotte débarque dans le port de Fraschia, et en sept étapes, rejoint la capitale, reprenant progressivement possession de l’ensemble des territoires.

Le 6 août, les rebelles des Ca’ Gradenigo et Ca’ Venier sont envoyés à Venise, et leurs familles sont expulsées d’Heraklion.

Un prime est proposée pour toute information sur les rebelles qui se sont enfuis, Giovanni Calergi, Tito et Teodoretto Venier.

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