En vacances !

En juillet et août, nos lectrices et lecteurs partent en vacances, visiblement, et la fréquentation de notre blog s’en ressent.

Alors, en cette année où nous avons tant à faire avec nos divers projets, nous avons décidé, pour la première fois, de mettre notre blog en vacances pour l’été, ce qui nous permettra de siroter un spriz, par exemple face à San Giovani e Paolo en pensant à nos futurs articles.

Spritzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

Vous nous trouverez donc plus facilement dans le jardin de la maison, occupés à choyer fleurs et légumes, ou, lors des grandes chaleurs, sur la plage du Lido, mais cela, surtout le soir, quand les touristes sont partis…

Olia & Klod sur la plage du Lido de Venise

… dans la journée il y a trop de monde.

Plage du Lido de Venise

Ainsi, nous pourrons perpétuer une tradition plus que centenaire.

Venise et le Lido - Affiche de Vittorio Grassi, 1920

N’oubliez-pas, cet été, la balade sur les zaterre où vous aurez aussi quelques chances de nous croiser (surtout à proximité de chez Nico ou sur la terrasse de La Piscina)…

Zaterre

Bonnes vacances à toutes et tous

et rendez-vous dès les premiers jours de septembre

pour découvrir un blog « nouvelle version »…

Le guet-apens de S. Pietro in Olovolo

Giovanni Partecipazio est le second fils du doge Angelo Participazio. Il est associé à la gouvernance de Venise vers 817, en qualité de co-Dux (corégent), afin d’essayer d’instaurer un dynastie héréditaire.

Lorsque son père meurt en 827. Son frère, qui avait fait exiler Giovanni, Giustiniano, désormais âgé, lui succède. Resté sans héritier et sentant désormais la fin prochaine, il fait rappeler Giovanni de son exil à Costantinople et il le nomme in extremis co-Dux, en 829.

Le premier des problèmes que le nouveau régent doit affronter est le retour de Obelerio Antenoreo qui a précédé son père et qui a été exilé vingt ans à Constantinople. Il débarque à Vigilia, une ville de la lagune à proximité de Metamauco, recueillant un groupe de fidèles et réclamant le pouvoir avec le soutien semble-t-il du nouveau roi d’Italie Lothaire Ier. Vigilia et Malamocco se placent à ses côtés. Giovanni réagit brutalement et avec rapidité incendiant et détruisant les deux villes. Il tue Obelerio et expose sa tête aux rebelles comme avertissement avant de la planter sur un pieux à proximité de la frontière des terres de Lothaire.

Quelques années après, Giovanni doit fuir de Venise vers l’empereur Louis le Pieux à cause d’une révolte interne organisée par des nobles proches de la maison des Partecipazio, auxquels Giovanni se fie, ce qui le prend au dépourvu. Le siège de doge est alors occupé par le tribun Pietro Caroso qu’il garde moins de six mois. Une nouvelle révolte populaire permet aux Participazio de reprendre le pouvoir, aveuglant et chassant l’usurpateur. Le pouvoir est pris par l’évêque de Olivolo Orso Partecipazio et les tribuns Giovanni Marturio et Basilio Tribuno, pendant que les partisans de Caroso, parmi lesquels Domenico Monetario sont mis à mort. Le doge Giovanni rentre dans la ville en toute sécurité et consacre la basilique Saint-Marc, dont les travaux ont débuté avec son frère.

basilica

Le retour est de courte durée : le comportement dictatorial des Participazio et le choix de Giovanni de pactiser avec les pirates slaves qui menacent le commerce vénitien provoque la réaction des nobles qui, le soir du 29 juin 836, commandés par un Mastalici, organisent un guet-apens à la sortie de l’église de S. Pietro in Olovolo.

Ils capturent le doge, le tonsurent et l’obligent à se faire clerc à Grado, ville où il mourra. C’est Pietro Tradonico qui deviendra doge de Venise à sa place, interrompant la succession dynastique des Participazio. Immédiatement après son élection, il nomme corégent son fils Giovanni qui meurt avant lui, empêchant ainsi la transmission de sa charge. Il est analphabète et quelques documents avec son signum manus sont conservés au archive de Venise. Il combat les esclavons et les sarrasins qui ont pris Bari et Taranto, et qui battent Venise lors de la bataille de Sansego (petit île au sud de Pola). Il combat avec plus ou moins de résultats les pirates qui infestent les eaux de l’Adriatique.

 Doge_Angelo_Partecipazio

Elena Lucrezia Corner

25-6-1678 - Elena Cornaro Piscopia

Elena Lucrezia Corner Piscopia, cinquième de sept enfants de Giovan Battista Cornaro et de Zanetta Boni, vint au monde à Venise le 5 juin 1646.

En 1665, à 21 ans, elle pervertis déjà la tradition : obligée de devenir bénédictine, elle respecte ses obligations religieuses, mais continue à vivre dans sa famille. Et c’est là que l’histoire d’Elena commencera à laisser un goût amer à ses contemporains…

Sa force est son étonnante capacité à apprendre. Son point fort est l’étude de la philosophie, mais sa culture est immense : elle connait comme le fond de ses poches le latin, le grec, le français, l’anglais, l’espagnol et elle étudie l’hébreu.

Elena Lucrezia Cornaro Piscopia

Lorsque, après avoir été inscrite à l’Université (à l’époque, Université de Padoue), elle demande l’admission régulière de son diplôme, elle a une surprise désagréable. Gregorio Barbarigo, évêque de Padoue, s’oppose fermement à ce qu’une femme reçoive le titre de docteur en théologie, car la femme est une être inférieur, et seul l’homme est capable de raisonner et que ce serait une erreur que de nommer une femme docteur, décision ridicule qui ferait de nous la risée du monde.

Alors commence une longue polémique entre le cardinal Barbarigo et l’Université de Padoue qui avait accepté ce diplôme.

Finalement, le 25 juin 1678, à l’âge de 32 ans, Elena obtient enfin son diplôme de philosophie. Le cardinal Barbarigo a obtenu que le diplôme de théologie ne lui soit jamais accordé.

La cérémonie de proclamation, qui réunit 30.000 personnes reste un grand moment dans les anales.

Elena Lucrezia Corner Piscopia est la première femme diplômée au monde, et elle prends enfin sa devance qur les archaïques traditions. Elle est désormais une célébrité, et tout le monde veut lui parler, même le roi Louis XVI envoie des informateurs pour s’enquérir des qualités exceptionnelles de la jeune femme.

Elena Lucrezia Corner

Après une vie passée dans le livres, Elena; déjà gravement malade, meurt à Padoue le 26 juillet 1684, à seulement 38 ans. Elle a été enterrée dans l’église de Santa Giustina.

Les moines bénédictins ordonnèrent la destruction de tous ses manuscrits, et obtiendront même que disparaisse la statue qui la représentait, voulue par son père. Le clergé fera tomber sur l’histoire de la jeune femme une terrible censure, pour la plonger dans l’oubli. Le cardinal Barbarigo, lui, sera proclamé saint.

Maltraitée de son vivant, oubliée dès sa mort, il faudra attendre 1969 pour que l’Italie découvre que la première femme diplômée au monde soit vénitienne, et que personne ne le savait.

Aujourd’hui, la reproduction de la statue d’Elena Lucrezia Corner Piscopia est située au pied de l’escalier de la Ca’ Bo, le siège de l’Université de Padoue, sous une protection en plexiglas recouverte de fiente de pigeons.

Les quelques cartes qui ont survécus à l’autodafé sont composés de parties de discours et d’arguments sur la morale et la religion, et quelques poèmes : presque rien.

Notre époque contemporaine, et l’Italie moderne ont une dette envers Elena Lucrezia Corner Piscopia, qu’il serait peut-être temps de solder, à moins que les archaïques préjugés envers les femmes soient encore un problème pour certains intégristes de nos contrées…

Anonimo: Ritratto di Elena Cornaro, Biblioteca Ambrosiana, Milano

Fin de la peste dans les îles Ioniennes

Les épidémies qui ont frappé les villes européennes pendant de nombreux siècles sont principalement venues du Moyen-Orient.

Venise fut l’une des premières ville de l’ouest de la Méditerranée à décider, dans un premier temps, de l’isolement des malades, puis, des marchandises, navires et de tout cas suspect pour empêcher la propagation de l’infection.

Venise à été la première ville à construire, en 1423, un lazzaretto (une léproserie) et la première, à la fin de ce siècle à mettre en place une véritable magistrature dédiée à la salubrité publique : le Magistrato alla Sanità. Cette institution avait pour mission d’informer largement sur la prévention sanitaire, de sensibiliser et de prévenir toute épidémie.

Dans le cas où les ambassadeurs de Venise à l’étranger informaient de possibles épidémies, certaines villes furent « bandite » (interdites) et, par « decreto » à tous les voyageurs, marchandises et animaux, l’interdiction de pénétrer dans la lagune fut notifiée.

Des remparts pour préserver la santé ont été mis en place à travers tout le territoire de la République, à la fois à l’intérieur des terres et sur les mers. Des navires ont été bloqués et mis en quarantaine. Dans tous les postes de passages obligé, des cordons sanitaire de soldats ont été mis en place.

L’exemple de Venise a été rapidement suivi dans d’autres ports de la Méditerranée ainsi que la pratique de l’isolement, appelée « quanratena » car, la plupart du temps, une période d’isolement de quarante jours était jugée nécessaire et suffisante pour éviter tout risque d’infection.

Lorsqu’un territoire de la République de Venise atteint par une épidémie se retrouvait ainsi mis à l’isolement, il fallait attendre une décision officielle de la magistrature à la salubrité pour que cet isolement soit enfin levé.

C’est ainsi que le 19 juin 1758 les patriciens membres du Magistrato alla Sanità décidèrent que « les graines de la peste avaient disparu des îles Ioniennes » et que, dans ce cas, on pouvait lever l’isolement dans lequel ce territoire, situé au nord-ouest du Péloponnèse, qui faisait partie de la république de Venise depuis 1204, se trouvait forcé depuis le début de l’épidémie.

TerminazioneTerminazione des Provveditori alla Sanità en date du 19 juin 1758 mentionnant que les « semi di peste » dans les îles Ioniennes sont éteintes.

 

La Biennale de la Contestation

Biennale 1968 - 100

Ce 18 juin 1968, les portes de la Biennale d’Art de Venise devaient s’ouvrir pour la presse et la critique, mais le spectacle qui s’offrit aux yeux de ces premiers visiteurs fut très différent de leurs attente.

De nombreuses sales sont fermées, ou vides, les quelques œuvres exposées ont été retournées ou jetées à terre.

Les portes du pavillon de l’URSS sont verrouillées, les fenêtres de celui de la Suède ont été recouvertes de rideaux et un écriteau indique « Dans les conditions actuelles de la Biennale, nous ne pouvons pas ouvrir notre exposition« . L’accès au pavillon de la France est barré par des affiches avec des slogans sur les évènements de mai.

Les artistes italiens Gastone Novelli et Lorenzo Guerrini ont remplacé leur exposition par es carrés sur les bords desquels ont peut lire des phrases comme « La Biennale est fasciste« .

Biennale 1968 - 006

Aux inutiles protestations des critiques d’arts, les artistes répondent : « Les œuvres sont à moi et j’en fait ce que je veux« .

Le vent de la révolte de 1968 souffle sur Venise et les artistes remettent en question le passé fasciste de la Biennale largement récupérée par Mussolini.

Biennale 1968 - 001

Au cours de la matinée, les artistes, rejoints par des étudiants, réunis en assemblée à l’Academia delle Belle Arti, décident de partir en cortège vers les Giardini de Castello. Mais ils sont arrêtés par la police avant d’avoir atteint leur objectif.

Dans l’après-midi, ils s’attaquent alors à plusieurs monuments emblématiques de Venise (Ca’ Pesaro, Ca’ Rezzonico, Palazzo Ducale, Galeria d’Arte Moderna), dans le but de les occuper. Mais ils sont repoussés ou violemment évacués par des dizaines de policiers.

Biennale 1968 - 003

La manifestation s’est ensuite dirigée vers la piazza San Marco.

Biennale 1968 - 004

Le conflit a continué, et la soirée d’inauguration n’a pas pu se faire : 18 artistes italiens sur les 22 ont, les espagnols et les scandinaves, ont retiré leurs œuvres pour protester contre les violences policières.

La Biennale a bien ouvert au public le 21 juin, mais de manière purement formelle puisqu’il n’y avait presque rien à voir.

Biennale 1968 - 005

« La Biennale é lo strumento della borghesia per codificare una politica di razzismo e di sottosviluppo culturale attraverso la mercificazione delle idee » (La Biennale est l’instrument de la bourgeoisie pour codifier une politique raciste et de sous-développement culturel à travers la marchandisation des idées).

Biennale 1968 - 002Emilo Vedova, sur la piazza en juin 1968

 Lire également : « Storia della biennale 1895-1982« , P. Rizzi, E. di Marchio, ed. Electra

Matteotto Giacomo Darduin

Matteotto Giacomo Darduin est né à Murano le 10 août 1924.

Lors du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, il fut enrôlé dans la Marine. Après la proclamation de l’armistice, le 8 septembre, il abandonna le département où il était pour rejoindre avec d’autres compagnons, les partisans de Macerata.

Il se joignit alors au groupe « Vera » qui opérait dans le zone de San Ginesio, participant à de nombreuses actions militaires, montrant beaucoup de courage et de bravoure.

Il participait à une action près des Moulins de San Ginesio quand ils furent capturés par les nazis lors d’un raid, le 17 juin 1944.

Le 16 juin, le commandant du groupe « Vera » apprit que des fascistes occupaient une ferme sur le route de Macerata. Il envoya donc une équipe de ses hommes dans une maison voisine, avec pour mission de les espionner et d’organiser leur capture. Cette équipe était constituée par Tonino Bertoni, Cosimo Montaldo et Matteotto Darduin, guidés par Mario Mogliani.

Dans la nuit du 16 au 17, Mogliani, Darduin et Montaldo s’étaient postés dans un champ de maïs donnant sur une courbe où était la maison occupée par les fascistes. Bertoni, de l’autre côté de la route était en sentinelle et à un moment donné, a signalé l’arrivée d’un officier allemand en moto. Mogliani a jailli sur la route, ordonnant au motard de s’arrêter. L’allemand a refusé de s’arrêter et Mogliani l’a atteint d’un rafale de mitraillette. par chance, une ambulance de la Croix Rouge passait par là, et le blessé fut chargé pour être emmené à l’hôpital de Sarmano. Mais en traversant Pian di Piecca où se trouvaient des allemands, les ambulanciers leur rapportèrent les faits. Immédiatement une colonne parti pourchasser les partisans.

Entre temps, les hommes du commando de résistants s’étaient repliés sur une ferme. A la femme qui les encourageait à renoncer à leurs activités contre les fascistes, Mogliani a répondu « Noi abbiamo sentito una cosa sola: che dobbiamo combattere contro i fascisti e i tedeschi per un sentimento di amor proprio e per difendere la nostra libertà. […] Quale altro scopo può avere la nostra giovinezza nella lotta faccia a faccia con la morte? E che cosa direbbero domani di noi se ce ne rimanessimo nascosti nelle nostre case mentre i tedeschi predano la nostra terra e vogliono tenerci sotto la loro barbarie e mentre sono con essi ancora dei rinnegati indegni del nome d’Italiani? Noi vogliamo essere di esempio. E se il nostro ardimento ci costerà la vita essa non sarà perduta inutilmente » (Le nostre vittime del naifascismo, 1945 p.52-3).

(Nous n’attendons qu’une chose, nous battre contre les fascistes et le allemands pour conserver le respect de soi et notre liberté. Que diront-ils demain si nous étions resté cachés dans nos maisons alors que les allemands pillent notre pays et veulent nous garder sous la coupe de leur barbarie, alors nous serions des renégats indignes d’être italiens. Nous voulons être un exemple et si notre courage nous coûte la vie, alors ne ne serons pas morts pour rien.)

Pendant encore quelques heures, ils réussirent à échapper à leurs poursuivants, mais Darduin et Mogliani furent capturés alors qu’ils se cachaient dans un fossé à quelques mètres de la maison de Bertoni. Les deux autres réussirent à s’échapper. Montaldo dira plus tard, que, de sa cachette, il sentait l’odeur des cigarettes des soldats qui le cherchaient.

Les deux compagnons furent transporté à Pian di Piega, les mains liées dans le dos, pour y subir torture et interrogatoires.

Les allemands prirent un certain nombre d’otages, dont le curé, don Sesto Mosca et Fernando Ferroni qui témoignera plus tard que « Era un vero silenzio di morte fra noi poiché conoscevamo la ferocia dei tedeschi. Nessuno sperava più di salvarsi. Guardavo Mario, pallido e dignitoso, sereno e calmo, come se fosse già trapassato. Aveva le mani gonfie per i lacci troppo stretti ai polsi. Silenzioso e fermo come la statua di Alberico Gentili che gli era di fronte. E grondava da tutte le parti del suo giovane corpo, bello e sofferente » (Le nostre vittime del naifascismo, 1945 p.55).

Comme ils refusèrent de donner les noms des autres partisans et le lieu où ils se cachaient, le commandant allemand déclara alors que, à 16 heures, les otages seraient fusillés, et à 18 heures, les terroristes pendus. Un sergent allemand qui avait vécu quelques temps à San Ginesio, témoigna alors en faveur des otages, jusqu’à ce que le Major consente à les libérer.

Les deux artisans furent amené à l’angle des routes de Macerata, Amandola et Tolentino, où se trouvait la maison de la famille Mancini. C’est depuis le balcon du premier étage de cette maison que Matteotto Darduin et Mario Mogliani furent pendus à 18 heures précises, en compagnie d’un troisième homme, Benedetto Tardella que les nazis avaient surpris en train de leur voler du grain à Passo San Gineso.

Les pendus de Pian di Pieca

Les trois cadavre ont été laissés suspendus du samedi soir jusqu’au mercredi matin, les allemands s’amusant à leur tirer dessus au pistolet. Le 21 juin, le capitaine Casà et l’ingénieur Verdecchia se rencontrèrent dans la boutique de Mancini et, avec les notables ils allèrent détacher les cadavres, les envelopper dans des draps blancs avant de déposer les corps dans le bureau de Poste. Ce n’est que le jour suivant qu’ils furent emmenés à San Ginesio.

Matteotto Giacomo Darduin reçut, à titre posthume, la Médaille d’Argent de la Mémoire avec comme motivation : « Catturato in combattimento affrontava serenamente la morte per impiccagione essendosi decisamente rifiutato di rivelare la dislocazione delle forze partigiane della zona. Esempio fulgido di attaccamento al dovere e di spirito di sacrificio.« 

Un campiello et un ramo de Murano lui sont dédiés et rappellent sa mémoire.

Une plaque commémorative est apposée sur le lieu de son martyr, et, depuis 1974, une autre à été posée à Murano.

Matteotto Giacomo Darduin

Le G7 à Venise

Renato Ruggiero nommé Chef de Cabinet de deux ministres des affaires étrangères, a, durant cette période, suivi personnellement les questions européennes et joué un rôle actif dans la décision de l’Italie d’installer des Euromissiles. En tant que représentant personnel du Premier Ministre, il a participé à la préparation de trois sommets économiques des sept pays les plus industrialisés (G7).

La création du G7 constitue une réponse à la crise des relations transatlantiques, après les nombreuses divergences face à la crise du système de Bretton Woods, face au premier choc pétrolier et face au développement de la détente depuis le début des années 1970. Les États-Unis sont ravis de voir Giscard proposer un « directoire politique des démocraties industrialisées » que Pompidou avait refusé.

En 1980, Renato Ruggiero a été chargé des travaux de préparation du sommet économique de Venise.

Arrivée de Helmut Schmidt, chancelier fédéral allemand, 7e depuis la gauche

Le sommet du G7 1980, sixième réunion du G7, réunissait les 12 et 13 juin 1980, les dirigeants des sept pays démocratiques les plus industrialisés, du 22 au 23 juin 1980, sur l’île de San Giorgio Maggiore, dans la ville de Venise.

Arrivée de François-Xavier Ortoli, vice-président de la CCE chargé des Affaires économiques et financières, du Crédit et de l'Investissement et de l'Office statistique, 2e depuis la gauche

Au cours de ce Conseil européen, ce ne sont pas les problèmes proprement communautaires qui ont dominé les débats, mais les questions de politique internationale et, en premier lieu, celles concernant le Proche-Orient. La CCE a transmis une série de communications destinées à faciliter les débats. Elles portaient sur les thèmes suivants: situation économique et sociale de la CEE, problème du chômage, énergie, relations avec les pays industrialisés, relance du dialogue nord-sud.

Hans-Dietrich Genscher, ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, à gauche, et Jean François-Poncet, ministre français des Affaires étrangères

On retrouvera les actes de ce sommet ici

Vue générale de la salle de réunion

Vue de la salle de réunion: Margaret Thatcher, Première ministre britannique; Christoph van der Klaauw, ministre néerlandais des Affaires étrangères; Andries van Agt, Premier ministre néerlandais; Gaston Thorn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération; Pierre Werner, Premier ministre luxembourgeois; Francesco Cossiga, président du Conseil des ministres italien et président en exercice du Conseil; Emilio Colombo, ministre italien des Affaires étrangères (de gauche à droite)

Vue des délégations: Brian Lenihan, ministre irlandais des Affaires étrangères; Jean François-Poncet, ministre français des Affaires étrangères; Valéry Giscard d'Estaing, président de la République française; Helmut Schmidt, chancelier fédéral allemand; Hans-Dietrich Genscher, ministre fédéral allemand des Affaires étrangères; François-Xavier Ortoli, vice-président de la CCE chargé des Affaires économiques et financières, du Crédit et de l'Investissement et de l'Office statistique (de gauche à droite)

Vue de la salle de réunion: Roy Jenkins, président de la CCE; Anker Jørgensen, Premier ministre danois; Kjeld Olesen, ministre danois des Affaires étrangères; Charles-Ferdinant Nothomb, ministre belge des Affaires étrangères; Wilfried Martens, Premier ministre belge; lord Carrington, ministre britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth; Margaret Thatcher, Première ministre britannique; Christoph van der Klaauw, ministre néerlandais des Affaires étrangères; Andries van Agt, Premier ministre néerlandais; Gaston Thorn, ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération; Pierre Werner, Premier ministre luxembourgeois; Francesco Cossiga, président du Conseil des ministres italien et président en exercice du Conseil (de gauche à droite dans le sense des aiguilles d'une montre)

Conversation entre lord Carrington, ministre britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth; Pierre Werner, Premier ministre luxembourgeois; Margaret Thatcher, Première ministre britannique; Roy Jenkins, président de la CCE; et Emilio Colombo, ministre italien des Affaires étrangères (de gauche à droite)

« Bravo Verdi »

On célèbre en grandes pompes, ce 8 juin 1884, l’inauguration du Teatro Verdi de Padoue, qui était autrefois le Teatro Nuovo, et qui a été reconstruit sous la direction de l’architecte milanais Achile Sfondrini.

Teatro Verdi

Giuseppe Verdi, invité au spectacle d’ouverture, présente ses excuses pour ne pas être en mesure d’intervenir : « Che verrei a fare? A farmi vedere? A farmi applaudire? Vi si oppongono i miei gusti« .

La modestie du grand compositeur sera commenté par un journaliste en deux mots : « Bravo Verdi« .

teatro-verdi

Francesco Augusto Bòn

Le 7 juin 1788 naît à Pescheria, Francesco Augusto Bòn, fils du patricien vénitien Giovanni Antonio et de Laura Stamatella Cornaro, une descendante de Caterina Cornaro, la Reine de Chypre.

La chute de la République accroît la détresse économique de la famille, néanmoins, le jeune garçon parvient à faire des études auprès des moines de S. Sebastiano, avant d’entrer dans la marine.

A vingt-trois ans, il décide d’aller tenter sa chance à Milan, mais, ne trouvant aucun emploi, il est sur le point de s’enroôler dans l’armée de Bonaparte, pour partir pour la campagne de Russie.

C’est sa rencontre avec l’actrice Assunta Perotti Nazzari qui influença et modifia son destin : elle l’a incité à s’essayer au théâtre, et lui a donné le goût pour l’écriture. Une écriture d’amoureux en compagnie du mari de l’actrice, Gaetano Perotti, avec qui il resta jusqu’en 1820.

Ce sont ses années d’apprentissage, où il fait ses débuts en tant qu’auteur (en 1815 à Naples, avec La beneficienza) écrivant une douzaine de pièces parmi lesquelles La donnaei romanzi (1819), une satire orientée de sorte à mettre en caricature un drame exagéré et l’esclavage du romantisme.

En 1822 il rencontre et épouse l’actrice Luigia Ristori, jeune veuve vénitienne de l’acteur et auteur Luigi Bellotti. Ils auront de nombreux enfants, dont Laura, actrice qui fut la maîtresse de Vittorio Emanuele II.

Alors qu’il appartient à la compagnie dirigée par Gaetana Andolfati Goldoni et Luigi Riva, son mariage avec Louise tisse des liens familiaux entre les trois grandes familles de l’art que sont les Bellotti, les Ristori et les Tessero. C’est alors la grande époque de l’école goldonienne qui fleurit la vie artistique pendant de longues années.

Comédien et dramaturge désormais réputé, Francesco Augusto Bòn a écrit une quarantaine de pièces, dont la célèbre trilogie de Ludro :  » Ludro e la sua gran giornata« , « Il matrimonio di Ludro« , « La vecchiaia di Ludro » dont le protagoniste est un sorte d’imbécile heureux dérivé du « Momolo cortesan » de Goldoni. Il a beaucoup écrit en vénitien.

Trilogie

Dans ses mémoires, l’auteur, après avoir indiqué sa date de naissance, à laissé un blanc après la date de sa mort, avec cette annotation : « Prego gli amici di scrivere la data della mia morte perché io, probabilmente, non sarò in grado di farlo » (chers amis, veuillez noter la date de ma mort, car moi, je ne serai probablement pas en mesure de le faire).

En janvier 1858, peu de temps avant sa mort, il se remaria avec Emma Biagi, âgée de vingt-cinq ans.

Il est mort à Padoue le 16 décembre 1858.

Synode de Mantoue

L’empereur Louis le Pieux convoque le synode de Mantoue pour régler le différent entre le patriarche de Grado et celui d’Aquilée.

L’empereur d’Orient demande au doge Giustiniano Participazio l’aide miliaire de Venise pour une expédition contre les Sarrasins en Sicile, ce qui prouve la reconnaissance de la puissance militaire de Venise alors naissante : la victoire de cette expédition augmentera le prestige de la ville.

Miniature contemporaine de l'école de Fulda datant de 826 représentant Louis le Pieux. Liber de laudibus Sanctae Crucis, Codex Vaticanus Reginensis latinus 124.

Presque en même temps, le 6 juin 827, l’empereur tente de déclencher une nouvelle manœuvre en convoquant à Mantoue un concile pour rétablir la primauté du patriarche de Aquileia sur la province ecclésiastique de Grado. Conformément à son attente, le concile délibère en faveur de la soumission des diocèses de l’Istrie à l’autorité de Massenzio et l’appel de son rival, le patriarche de Venerio au pape resta sans réponse en raison de la mort imprévue du pape Eugènio II.

Ainsi, au synode de Mantoue, Venise avait essuyé un affront important dans sa volonté de contrôle de la juridiction de Grado : la situation est alors particulièrement difficile pour l’église vénitienne.

LLP

Le patriarche d’Aquilée, Maxence, avait réussi à faire rattacher Grado à Aquilée en s’appuyant sur la prédication de saint Marc à Aquilée, la réaction de Venise fut rapide et efficace : un an plus tard, en 828, Venise fit dérober la célèbre dépouille de saint Marc à Alexandrie…

Ce 6 juin 827 est probablement la date précise la plus ancienne que l’Histoire de Venise nous a légué…

La mode des perruques.

Certains disent que c’est le comte Scipione Vinciguerra di Collalto, de retour d’une ambassade en France, qui introduisit pour la première fois une perruque à Venise.

La trouvaille de cet abbé fit sensation, et bientôt, le pouvoir vénitien crût voir dans cet accessoire venu de France, un instrument tendancieux qui pourrait mettre en danger le pouvoir.

C’est pourquoi, le 29 mai 1668, quelques mois seulement après le retour de l’abbé, le Conseil des Dix publie un décret visant à éradiquer l’utilisation des perruques et autres postiches.

Loin de faire obstacle à sa propagation, le veto du pouvoir ne fit qu’accélérer le développement de cet accessoire de mode, qui devint bientôt commun dans Venise.

Le premier doge à porter la perruque fut Giovanni Corner en 1709.

Il existait principalement deux sortes de perruques, celles avec de longues mèches bouchées, et celles avec une raie au milieu qui se terminaient en queue réunie par un nœud de soie noire.

Rosalba Carriera, Ritratto di gentiluomovénitien en peruque

L’assassinat du Doge Vitale II Michiel

Vital Michele est le dernier doge élu par l’Assemblée Générale ou populaire, parce que, par la suite, c’est le Conseil Mineur qui s’attribue ce droit.

Michiel II Vitale

La situation extérieure est critique : en 1156 Manuel Ier Comnène, empereur de Byzance, concède à Gênes des privilèges commerciaux équivalents à ceux accordés à Venise et Pise; l’empereur d’occident Frédéric Barberousse s’attaque aux communes libres afin de les soumettre ainsi que Venise, bien que formellement possession byzantine. De plus, Venise doit reconquérir Zadar et envahir le Frioul où s’est réfugié le patriarche d’Aquileia Ulrich Von Treffen1, favorable à l’empereur, après avoir détruit le patriarcat et la ville de Grado, favorable à Venise.

En 1163, le patriarche Ulrich est battu et emprisonné : grâce à l’intercession du pape Alexandre III et au nom de l’alliance contre Barberousse signée par les communes italiennes par l’accord de Pontida du 1er décembre 1167 et que Venise a secrètement soutenu, le patriarche Ulrich est libéré à condition de verser une rançon provenant de son diocèse composée de 12 gros porcs, de 12 gros pains et d’un taureau destiné aux prisonniers et aux plus pauvres et à remettre le dernier jour avant les cendres. Douze, parce qu’il y eut douze notables, douze prélats et un patriarche à détruire Grado. De ces faits, naquit la tradition du jeudi gras et le dicton populaire couper la tête du taureau dans le sens de mettre fin à un problème.

En 1171, à Constantinople 10 000 Vénitiens sont arrêtés, tous les traités sont rompus ; les biens de Venise, bateaux compris sont confisqués. Le doge envoie une flotte mais l’empereur d’orient avait déjà établi de nouveaux accords avec les Pisans et les Génois ; la flotte est décimée par les bateaux des autres républiques et par la peste.

Vitale II Michiel, proche des chevaliers de l’Ordre du Temple, avait essayé de placer ses fils et ses neveux aux postes-clefs et avait raté son expédition à Byzance. Il dut alors affronter la colère de l’Assemblée Populaire.

Non seulement l’expédition avait été un désastre, mais on l’accusait en plus d’avoir ramené la peste avec lui sur ses bateaux. Cette épidémie de peste avait déjà décimé des milliers de vénitiens.

Le 28 mai 1172, on retrouva le doge Vitale II Michiel mort assassiné sous le sottoportego qui le conduisait, dans sa fuite, vers le monastère de San Zaccharia. Il avait été poignardé par Marco Casolo. Les ambassadeurs à Constantinople Sebastian Ziani et Orio Mastropiero qui deviendront doges, soutinrent la révolte.

Doge_Vitale_Michiel_II

Previous Older Entries

Tous les articles des derniers mois…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 580 autres abonnés