Francesco Baldovino

Francesco Baldovino était un bel homme aux manières engageantes, avec des moyens financiers assez considérables.

Sa domesticité était princière, bref, il avait tous les avantages de sa fortune et tout était à sa portée, sauf une chose : Francesco Baldovino n’était pas noble !

On dit que, pendant le guerre de Chioggia, il avait souhaité bénéficier, comme d’autres, des honneurs de la patrie moyennant finances. Mais son grand-père paternel ayant été impliqué de quelque manière dans la conspiration de Bocconio en 1300, sa famille, un siècle plus tard, était encore vue avec une certaine opprobre.

Dans ses amis se trouvait un certain Bartolomeo D’Anselmo, également vénitien d’une grande richesse, et également en attente insatisfaite d’appartenir à la noblesse.

Le vendredi 4 mars 1412 Baldovino et D’Anselmo réunis aux Minorites, commencèrent à discuter de leurs griefs communs. « Nous payons des impôts élevés et ceux du Conseil jouissent à notre place« … « Cela est vrai et nous devons faire notre affaire pour obtenir par nous même notre part dans l’administration« .

Ensemble, ils décidèrent donc que leur solution était de provoquer un massacre dans les rangs du Conseil, notamment le College, les Decemvir, et les Avogadori.

Sur ces paroles ils se séparèrent.

Bartolomeo D’Anselmo n’était pas réellement un mauvais homme, et surtout, homme de principes. D’un tempérament nerveux, à peine avait il quitté Baldovino que son projet de trahison commença à le hanter. Le son de ses propres paroles lui donna des sueurs froides, et il craint qu’ils n’eussent été entendus.

Si des oreilles indiscrètes avaient entendu leur conversation, il se voyait déjà devant le les Dix et dans la chambre de tortures, il savait quel serait alors son destin, et qu’il n’avait qu’une seule façon d’y échapper désormais. Ce qu’il fit aussitôt.

Francesco Baldovino fut arrêté interrogé à la corde, et au matin du samedi 5 mars 1412 conduit sur la Piazzetta. A huit heures il a été exécuté entre les deux colonnes, puis est resté suspendu trois jours, comme un avertissement aux traitres.

Bartolomeo D’Anselmo fut gracié et anobli en remerciement de sa loyauté.

Entre les deux colonnes

Faillite de la Banco di Soria

La famille Priuli est une famille patricienne de Venise d’origine hongroise, dont on ne sait vraiment si elle s’est établie à Venise volontairement, ou comme ambassadeurs, ou que ses membres fussent des prisonniers de la guerre entre Venise et Salomon de Hongrie autour de Zara.

D’autres pensent qu’ils font partie de la plus ancienne noblesse vénitienne, descendante des Caloprini. D’autres encore, disent simplement qu’ils sont de Torcello.

Les Priuli se sont rapidement affirmés par leur richesse et leur sens des affaires.

On doit, en particulier mentionner une banque qu’ils possédaient et qui a prospéré au XVème et XVIème siècles.

Mais bien avant, le 4 mars 1425, la Banco de Soria, qui appartenait alors à Andrea Priuli et ses frères fit faillite.

Le gouvernement de Venise décida alors de palier à cette faillite et de renflouer la banque sur les deniers de l’État (et oui, déjà !).

Mais peut-être que l’explication à cela se trouve dans le fait que Francesco Foscari, qui avait été élu doge à 49 ans, le 15 avril 1423, était le gendre d’Andrea Priuli « dal Banco » dont il avait épousé en première noces la fille Maria en 1395, qui lui donna quatre fils. (voir Le Triomphe de Maria Foscari)

Les Deux Foscari - Eugène Delacroix

« Follow me » à Venise

Nataly Zakharova - Follow me à Venise - 3 mai 2012

Murad Osmann est né au Dagestan en 1985, mais, dès l’âge de 5 ans, il a déménagé à Moscou avec toute sa famille. Il a vécu dans la capitale russe jusqu’en 2001 avant d’aller faire ses études au Collège Impérial de Londres, qui est une des meilleures écoles technique du monde, et où il a obtenu un diplôme d’ingénieur civil.

Mais plus tard, a décidé de poursuivre une carrière dans la photographie et a créé sa propre société de production Hype production en 2011.

Murad Osmann, qui a donc commencé à voyager très jeune, ce qui lui a donné le goût de parcourir notre planète, a une autre passion : la photographie.

Depuis, depuis au moins 2011, Murad Hosmann a au moins une troisième grande passion, depuis que lors d’une séance de photo il a rencontré celle qui est désormais sa charmante petite amie, une mannequin russe nommée Natalia Zakharova, qui est également journaliste.

Natalia Zakharova & Murad OsmannPhoto Andreї Baїda

C’est à Barcelone, que ce projet atypique a vu le jour, quand Natalia ne se prête plus au jeu des photos souvenir conventionnelles, elle lui prend la main, mais lui tourne le dos au moment où il prend la photo. Lors d’une interview, il explique au journaliste du The Daily Mail : « J’ai pris la première photo à Barcelone alors que nous étions en vacances. Ma petite amie était un peu agacée parce que j’étais toujours en train de prendre des photos. Elle a donc fini par attraper ma main et a essayé de me tirer vers l’avant. Cela dit, elle ne m’a pas empêché de faire des photos pendant qu’elle me tirait. Voilà comment tout a commencé. » Il a alors eu l’idée d’une initiative originale: le projet Follow Me (Suis-moi).

Les 4.500 autres photos du projet « Follow-me » ne seront plus dues au hasard…

Nataly Zakharova - Follow me à Venise - 5 mai 2012

En bon globe-trotter, il photographie Natalia lors de chaque étape dans une région du monde. Mais il le fait à sa manière…

Ces photos suivent en effet toujours la même composition. On peut voir sa petite amie de dos, lui tendant la main en premier plan comme pour l’attirer avec elle.

« Ayant un esprit créatif, j’ai toujours eu une passion pour l’art. Pour moi, la photographie consiste à capturer des choses que les autres peuvent manquer. C’est une façon de communiquer, une manière de remonter à la surface des images que je garde dans mon esprit.
Je veux que les gens admirent mon travail et voient au-delà de ce qui est évident. Qu’ils explorent le monde imaginaire que j’ai créé. » 

Parfois, la prise de certains de ces clichés peut être… assez spéciale :

Jalan Luwus - Perean Tengah, Baturiti

Il partage ensuite ses clichés sur Instagram, le célèbre réseau social où il compte plus de 2 millions de followers (personnes qui suivent son activité), ou sur V-Kontakt (le Facebook russe) avec 200.000 fans. Ses nombreuses photos relatent leurs escapades à Londres, Berlin, Singapour, Hong Kong, Moscou, Saragosse, Ravello, Barcelone, Bali ou encore Venise.

Le 3 mars 2012, Murad et Natalia arrivaient d’Autriche et débarquaient à Venise, où ils restèrent jusqu’au 15. Il nous reste les 3 photos qui ont été sélectionnées et publiées sur le nombre de clichés pris pendant ces douze jours passés dans la cité lagunaire.

Nataly Zakharova - Follow me à Venise - 14 mai 2012

Ses photos ont eu un succès retentissant sur la Toile. Au point qu’il est désormais copié, ce qui fait dire à Murad Osmann : « Je suis heureux que les gens suivent mon idée et s’ingénient à faire leurs propres versions. Il est toujours amusant de voir les différents types de vision qu’ont les gens. » 

A tel point que même le géant Google s’est intéressé à Murad pour une publicité vantant les mérites de différents services de la firme. Et si vous vous demandiez encore à quoi ressemble Natalia de face, autrement que sur papier glacé, vous allez apprécier la vidéo :

 Pour voir plus d’œuvres de Murad Osmann, recherchez le hashtag #followmeto sur Instagram ou sur les réseaux sociaux.

Les Seigneurs de la Nuit

Leur nom semble sorti d’un film d’horreur, mais ils ont bien existé pour les vénitiens : aux temps de la Sérénissime République de Venise, les Signori di Notte incarnaient la terreur au bénéfice du pouvoir.

Les Signori di Notte (ou Signori della Notte) al Criminàl semblent avoir existé déjà dès le XIIème siècle. Au début, ils étaient seulement deux patriciens, qui deviennent six, un pour chaque sestiere de Venise à compter de 1260.

Leur nom vient de leur principale compétence qui était de veiller sur tout ce qui se passait dans Venise entre la tombée de la nuit et l’aube.

Le 2 mars 1281, il est ordonné que les Seigneurs de la Nuit, pour leur élection, suivront la procédure déjà fixée pour l’élection des Consiglieri. Il est également stipulé que, dorénavant, ils devront garder le quartier du Rialto à la place des Ufficiali Realtini.

Petit à petit leurs pouvoirs furent étendus aux enquêtes sur les vols, assassinats, accusations de bigamie, crimes charnels, le port d’arme, les associations de malfaiteurs, le vagabondage, les viols, la désertion des galères… en outre, il devaient obliger les locataires ayant des arriérés à payer le montant des loyers dus.

Ils se réunissaient dans la Camera del Tormento du Palais Ducal, les interrogatoires et les procès ayant lieu principalement la nuit, ou au crépuscule, et il était alors procédé à la mise en accusation directe. Si l’accusé n’était heureux de se soulager en disant la vérité, alors ils recourraient systématiquement à la torture de la corde sans qu’il y ait nécessité de la preuve ou de témoins.

Camera del Tormento

Un appel de la Quarantia Criminale pouvait mettre en question leur jugement, à travers les Avogadori de Comùn dont la tâche était de contrôler le respect et l’équité des procédures.

A partir de 1544 on créa les Signori di Notti al Civil, qui se virent transférer une partie de leurs responsabilités : l’applications des jugements étrangers, la vente de promesse, l’éloignement des criminels et indésirables, le remplacement de toutes les institutions qui ne fonctionnaient pas les jours fériés.

Pompeo Molmenti les a décrit sans son La storia di Venezia nella vita privata de 1876.

lorenzon-04

Nouvel an vénitien

Jusqu’à la chute de la Sérénissime République de Venise, dans tous les territoires, le premier jour de l’année était le 1er mars.

C’est seulement depuis le XVIème siècle, avec l’avènement du calendrier grégorien, que le premier jour de l’année à été déplacé au 1er janvier.

La République de Venise, forte de son indépendance, a maintenu inchangé son calendrier.

L’utilisation du début de l’année au début du printemps et de l’éveil de la vie naturelle était une pratique archaïque répandue que l’on retrouve, encore de nos jours dans d’autres civilisations, comme le nouvel an chinois.

Les noms des mois de septembre (septième mois après mars), octobre (8ème mois), novembre (9ème mois) et décembre (10ème mois) sont notre propre héritage de ce calendrier ancien.

De nos jours, en Vénétie, perdurent encore des traditions et des coutumes liées au nouvel an vénitien comme la coutume de Bruza Marzo qui signifie éveiller le nouvelle année. Dans ceratins endroits, comme à Valdagna, dans la vallée de l’Agno, c’est la Fora Febraro avec les sciòchi col carburo (des barils que l’on explose au carbure de calcium avec de l’eau) pendant que les enfants courent dans les rues en frappant sur des casseroles, ou trainant derrière leurs bicyclettes des boites de conserves vides : le bruit éloigne de froid (comme le bruit éloigne les démons pour les chinois).

C’est pourquoi, sur tous les documents, mais également sur les pierres tombales anciennes, ou sur les plaques commémoratives, on trouve l’inscription de la date suivi des lettres « MV » qui signifient More Veneto.

Cette habitude est un peu ennuyeuse dans les recherches que font tous les historiens dans les documents d’archives (et nous aussi) car il existe parfois plusieurs dates pour un même évènement, et il est donc nécessaire de bien discerner dans quel calendrier les enregistrements ont été faits.  Par exemple, la date 14 febbraio 1702 more veneto correspond au 14 février 1703 de notre calendrier.

Piero Sizza

Le dernier védutiste de la République

Le XVIIIème siècle vénitien est le siècle de l’apogée, dans l’art pictural du « Point de Vue », en vénitien Vedute.

Francesco Tironi - La lagune en hiver

Aux cotés des grands maîtres du genre, tels Luca Carlevarijs (1663-1730), Antonio Canal dit il Canaletto (1697-1768), Francesco Guardi (1712-1793), Michele Marieschi (1710-1743), Bernardo Bellotto (1721-1780) qui sont restés comme les étoiles d’une peinture de paysage de qualité, universellement reconnue, ont travaillé une foule de parfaits inconnus, qui ont pourtant œuvré avec bonheur pour produire une quantité suffisante de vedute, paesaggi et capricci demandés par les amateurs, surtout anglais.

Les noms de ces vedutites mineurs ont longtemps étés connus des seuls savants et amateurs éclairés. Il est totefois possible de trouver des sources à propos de Bernardo Canal (père de Canaletto), Antonio Stom, Giovanni Battista Cimaroli, Francesco Albotto, Giuseppe Moretti, Gianfrancesco Costa, Jacopo Fabris, Apollonio Domenichini (connu comme le « Maestro della Fondazione Langmatt« ), Pietro Bellotti (frère de Bernardo, actif en France), Gabriel Bella, Giacomo Guardi. Ce genre attira également quelques étrangers, comme le suédois Johan Richter, l’anglais William James, l’holandais Hendrik Frans van Lint, de Modène, en Emilie-Romagne : Antonio Joli et Francesco Battaglioli, de Lucca : Gaetano Vetturali, etc.

Un autre vedutiste est peu connu, la majeure partie des informations que nous avons sur lui, nous les avons tirées du canonique vénitien Giannantonio Moschini (1773-1840) car, dans son ouvrage Della letteratura veneziana del secolo XVIII fino a’ nostri giorni (Venise 1806, tomme III, p. 78) il prélude sa biographie du peintre par cette phrase : « Qui aggiungerò ch’è a compiangersi il nostro Francesco Tironi, che morto sia in troppo fresca età da qualche anno, perchè i Porti di Venezia e le Isole disegnati da lui, ed incisi dal nostro Antonio Santi [sic], ci fanno scorgere quant’oltre sarebbe arrivato » (ici je vais parler que nous devons nous plaindre du fait que Francesco Tironi soit décédé trop tôt, car ses ports de Venise et les îles peintes par lui, et gravées par nos Saint Antoine … nous permettait de comprendre que la suite serait sublime ».

Antonio Sandi, a réalisé des gravures d’après les peintures de Francesco Tironi que l’on retrouve notamment dans XXIV isolette delle Lagune Veneziane.

Francesco Tironi - Isola di San Giorgio in Alga

Francesco Tironi - Isola di San Secundo

Francesco Tironi - Isola di Santa Maria delle Grazie

Francesco Tironi - Isola di Torcello

C’est d’ailleurs surtout au travers de ces gravures que se perpétue le nom de Francesco Tironi, au point qu’on en oublie presque ses peintures.

Filippo De Boni dans sa Biografia degli artisti (Venise 1840, p.1014) est le premier à réparer cet oubli, encore que le peintre y est décrit ainsi : « pittore prospettico veneziano nato nella seconda metà del secolo decimottavo e morto in fresca età circa il 1800. »

C’est seulement en 1969 que Marina Stefani Mantovanelli dénichera un document des plus importants : l’acte de décès du peintre qu’elle publia dans Arte Venezia (1969, pp 253-254). Cet acte, daté du 28 février 1797 nous parle de Francesco Tironi quondam domino Matteo dalla Brazza.

Nous savons ainsi que Francesco Tironi était d’origine frioulane, son père étant de Brazza. Qu’il résidait à Venise, Corte Colonna, et qu’il avait 52 ans environs le jour de sa mort (ce qui laisse à penser qu’il était né vers 1745). Nous savons aussi qu’il était prête, et connu ainsi comme Dom Matteo. Sa mort, la même année que la chute de la République, en fait probablement le dernier vedutiste vénitien.

De ses dessins originaux de la série des îles de la lagune, 6 sont dans le Musée de l’Albertina à Vienne, 2 dans la Collection Robert Lehman de New-York, 1 dans la Withworth Art Gallery de Manchester, 1 dans la National Gallery of Arts de Washington. Tout le reste est dans des collections privées et on peut les voir lors de ventes, notamment chez Sotheby’s à Londres.

Francesco Tironi - San Giorgio

Francesco Tironi - La Piazzeta San Marco

Francesco Tironi - Le Grand Canal et l'Eglise de la Salute

Francesco Tironi - Le Grand Canal vu du Campo San Vio

 Francesco Tironi - Le Grand Canal

Francesco Tironi - Monument au Colleoni

(c) Roebuck Collection; Supplied by The Public Catalogue Foundation

 (c) Roebuck Collection; Supplied by The Public Catalogue Foundation

Francesco Tironi - Riva degli Schiavoni

L’osteria all’insegna della Scimia

Les religieuses de San Lorenzo étaient propriétaires d’un ensemble immobilier près du Rialto, et, le 27 février 1381, elles décidèrent de louer une partie de ce couvent pour y installer une auberge qui prendra l’enseigne du singe.

L’osteria all’insegna della Scimia (singe) était dans un bâtiment qui avait été donné aux religieuses par Giovanni Venier le 5 septembre 1227.

Les chambres étaient louées aux commerçants de passage à Venise.

Dans les chronique de Marino Sanudo, on apprends que, lors de l’incendie qui dévasta le Rialto, le 10 janvier 1514, parmi les bâtiments qui ont brulés cette nuit figure bien une « hostaria de la Scimia che è di le muneghe di S. Lorenzo, et era nova » car, en effet, les religieuse venaient juste de terminer des travaux de restauration de l’intérieur des bâtiments.

Toutefois, l’incendie ne signa pas la disparition de l’auberge, puisqu’on retrouve encore un hôtel à ce nom jusqu’en 1713 quand l’hôtelier se nommait Simone Moscaroni.

Giuseppe Tassini dans son livre Curiosità veneziane indique :

Scimia (Calle della) o delle Spade, a Rialto, presso la Pescheria Grande. Troviamo che, fino dal 1498, questa calle porta la sua denominazione, derivante da un’altra osteria all’insegna della Scimia, che esisteva in un fabbricato donato alle monache di S. Lorenzo da Giovanni Venier, con instrumento 5 settembre 1227, in atti del prete o notaio Pietro Bonvicini. Fino dal 1381, 27 febbraio M.V., le monache avevano appigionato ad uso di osteria, con l’insegna della Scimia, il fabbricato medesimo, di cui parla il Sanudo nei Diarii, raccontando che nel terribile incendio del 1513 M.V. andò in fiamme l’hostaria de la Scimia che « …è di le muneghe di S. Lorenzo, et era nova ». Questo fabbricato serviva ad eguale destinazione anche nel secolo trascorso, mentre la descrizione della parrocchia di S. Giovanni Elemosinario per 1713 pone in Calle della Scimia, a Rialto, uno stabile de le monache di S. Lorenzo per cui pagava pigione Simone Moscaroni hosto alla Scimia. Per quanto sembra, fuvvi eziando in questa calle un’osteria all’insegna delle Spade, che diede il nome anche alla prossima calle dietro le Spade, e che era ben diversa dall’osteria all’insegna medesima, respicente il Rio delle Beccherie.

rialto

Bombardement autrichien

Dans la nuit du 26 au 27 février 1918, 300 bombes sont lâchées sur Venise, faisant des dégâts considérables et plusieurs morts et blessés dans la population civile.

Fondamenta del Ferro 27 febbraio 918

Une bombe austro-hongroise tombe sur le portique de l’église de S. Simeone Piccolo et détruit les colonnes de gauche. La déflagration est si puissante que les gondoles amarrées sont projetées dans le Grand Canal.

Dans ces années, les avions autrichiens firent 42 incursions dans la lagune, larguant au total 1029 bombes, créant de nombreux dégâts sur les monuments historiques et le patrimoine artistique, malgré les dénégations de l’empereur-roi Charles Ier qui assure qu’il fait tout son possible pour préserver Venise.

Ces bombardements feront au total 52 victimes et 84 blessés parmi la population civile.

K228 abbatu dans la lagune

Angela Adorni

Angela Adorni est née en 1640 dans une famille bourgeoise de Venise. Encore jeune, elle épouse Giovan Maria Sbardellini, d’une famille venue de Belluno.

En 1669, elle a un fils ; quelques années plus tard, son mari meurt. Elle tient une boutique à l’enseigne de Cleopatra dans les Mercerie.

Puis elle se retire à la Casa delle Zitelle. Elle se montre généreuse envers l’Institut, demandant en échange deux chambres particulières qu’elle orne à sa façon et une servante. Elle est élue prieure en 1709.

Elle meurt le 25 février 1717 laissant tous ses biens à l’Institut : mobilier, vêtements, des chandeliers d’argent… et plus précieux que toute autre chose le parfum de ses vingt ans fixé à jamais dans ce tableau, œuvre d’un peintre anonyme, qui la représente dans cette période heureuse de son existence et souligne sa coquetterie, splendide portrait d’une jeune femme somptueusement habillée, selon la mode du XVIIème siècle.

Angela Adorni

Lorenzino de Médicis assassiné

Né à Florence le 23 mars 1514, Lorenzo de Médicis, dit Lorenzaccio ou Lorenzino était le fils de Pierfrancesco de Médicis le Jeune (1487-1525) et de Marie Soderini. Après la mort de son père en 1525, il fut élevé par sa mère et les tuteurs Gianfranco Zeffi et Varino Favorino de Camerino à la Villa del Trebbio, où il grandit aux côtés de son frère Julien et de Cosme Ier de Médicis, futur duc de Toscane.

En 1526, il fut conduit avec Julien et Cosme à Venise pour échapper aux troubles qui agitaient Florence. Un an plus tard, à la suite du sac de Rome qui déstabilisa profondément le pape Clément VII (Jules de Médicis), membre le plus puissant de la famille des Médicis, ceux-ci furent de nouveau chassés par les Florentins.

De retour à Florence en 1530, il devient le compagnon inséparable du duc Alexandre de Médicis (1510-1537), son cousin, récemment restauré dans la direction de la ville. Il est le complice de ses excès, de son libertinage et de ses débauches, ainsi que de maintes actions criminelles. Les deux acolytes sont souvent vus en public montant le même cheval et ils auraient régulièrement partagé le même lit.

Le soir du 5 janvier 1537, Alexandre se rend dans les appartements de Lorenzo. Celui-ci lui promet de revenir rapidement avec sa sœur et l’épouse de Leonardo Ginori, pour une nuit d’orgie. Lorenzo tardant, Alexandre s’endort. Quelques heures plus tard Lorenzo revient, mais c’est avec un sicaire nommé « Scoronconcolo ». Trouvant le duc endormi, comme il l’avait prévu, il ordonne qu’on le tue. Le duc cependant, tiré de son sommeil par la première agression, ne succomba qu’au terme d’une lutte violente.

Parmi les raisons de la trahison de Lorenzo on a pu invoquer, par exemple, la volonté de Lorenzo de libérer Florence d’un tyran ; mais un différend plus personnel entre les deux compagnons aurait également pu motiver cet assassinat.

Rédigée par Lorenzino pour être lue dans les cercles politiques italiens, cette Apologie constitue à la fois une réponse à ses détracteurs et un développement des motivations éthiques et politiques de son meurtre. Invoquant les impératifs moraux des principes de citoyenneté et liberté, Lorenzino justifie son acte comme nécessaire à la république de Florence. Partant du présupposé qu’« il est bien que les tyrans soient tués », l’auteur a rédigé ce libelle dans le but de clarifier trois points essentiels. Premièrement, il explique en quoi Alexandre était un tyran. Deuxièmement, il dénonce le qualificatif de traître que certains accolent à son nom, puisqu’il affirme n’être ni serviteur ni parent dudit Alexandre. Troisièmement, il montre en quoi sa décision de fuir Florence après le crime pour rejoindre les ennemis des Médicis fut juste et inévitable. L’auteur livre donc son Apologie comme un témoignage auto-justificateur, comme une condamnation à mort universelle de la tyrannie. Son choix d’assassiner Alexandre fut le bon, dit-il, quoi qu’il lui en coûte, quoi qu’en pensent ses contemporains. Dans sa postface de l’ouvrage, Francesco Espamer s’appuie sur les différentes analyses du tyrannicide pour réfuter « l’image engendrée par le XIXème siècle d’un Lorenzino sombre, pâlichon et renfermé ». Selon lui, Lorenzino a composé l’Apologie avec éloquence, « pour rappeler aux contemporains et à la postérité que, malgré tout, il avait accomplie, lui, tout seul un geste mémorable ».

Même si l’Apologie ne fut pas imprimée du vivant de son auteur, elle continua longtemps après sa mort de circuler sous forme manuscrite. Elle fut publiée pour la première fois en 1723.

Cependant Lorenzo, contraint de fuir Florence, se réfugia d’abord à Bologne, puis à Venise, protégé par Mgr Giovanni Della Casa. La même année, il rejoignit les troupes du Florentin Philippe Strozzi pour lutter contre Cosme Ier et se battit à la bataille de Montemurlo.

Redoutant les hommes de main de Cosme, il voyagea à Constantinople, puis en France, où il vécut quelques années, de 1537 à 1541, protégé par Catherine de Médicis. En 1542, il se rendit de nouveau en Toscane pour tenter d’empêcher Cosme Ier d’unifier l’État de Toscane, avant de retourner à Venise. En 1544, il revint en France, puis de nouveau à Venise.

Le 26 février 1548, Lorenzo fut lardé de coups de couteaux par deux hommes à sa sortie de la messe, sur le seuil de l’église de San Polo, (« deux Volterra à la solde de Cosme » mentionnés dans une lettre), et il mourut en face de la maison de sa maîtresse Elena Barozzi, épouse du patricien Antonio Zantari, de San Tomà, sur le Campo San Polo à Venise.

Il laissait une fille, du nom de Lorenzina, qui fut élevée par des parents et se maria avec un noble romain, Julius Colonna.

Marguerite de Navarre, George Sand, Alfred de Musset et Alexandre Dumas relateront chacun à leur manière l’assassinat d’Alexandre par Lorenzaccio.

Giuseppe Bezzuoli - Lorenzino de' Medici assassinato

Pietro Mocenigo, Agnese et Lena

D’après les témoignages de l’époque, Pietro Mocenigo est un grand orateur, pourvu d’une grande intelligence et d’une solide éducation.

Il est l’un des plus grands amiraux vénitiens, il remplit les caisses de l’État qui sont au plus bas après la défaite d’Eubée. En 1470 il a été élu amiral contre les Turcs, quand Venise a perdu Negroponte, l’Italie elle-même était menacée. En 12 jours Venise a construit 73 galères qui, sous son commandement, ont changé le sort d’une guerre qu’il a menée pendant quatre ans. En 1472 il prend et détruit Smyrne et entreprend au profit de la République de larges incursions en Asie mineure. L’année suivante, il place Catherine Cornaro, reine de Chypre, sous la protection de Venise, et par ce biais la république obtient la possession de l’île en 1475.

Après avoir combattu les Turcs dans la mer Égée il est élu doge le 14 décembre 1474.

Sous son règne, la lire d’argent commence à être frappée, en son honneur, elle est appelée mocenigo.

Le résident de Milan à Venise écrit ceci :

Le soir du 23 février 147, le beau veuf septuagénaire alla se coucher avec ses deux belles esclaves qu’il avait achetées en Orient : Agnese et Lena. La mort vint le faucher alors qu’il dormait dans les bras de ses deux maîtresses.

La Sérénissime République, attribua toutefois sa mort, officiellement, au paludisme qu’il avait contracté pendant la guerre à Scurati (Shkofra).

Sa sépulture est à Chiesa di S. Giovanni e Paolo, le tombeau ayant été sculpté par Pietro Lombardo et ses fils Tullio et Antonio, fut terminé en 1481.

Pietro Mocenigo

Provveditori alle Pompe

En, 1476, la question des pompes (du luxe), d’abord attribuée à des tribunaux différents (Maggior Consiglio, Avogadori di Comun, Senato, etc.) a été accordé à trois sages aux coutumes, dans un collège de courte durée, dont le but était de s’assurer de la conformité des faits avec les lois somptuaires décidées par d’autres tribunaux.

Bref, une charge, un honneur, qui pouvait ressembler au travail de notre Cour des Comptes, de nos jours. Des personnages qui n’avaient aucun réel pouvoir, sauf celui de vérifier et d’informer sur l’étalage d’un luxe jugé un peu trop tapageur dans des domaines qui allaient des murs, de la décoration des tables et de leur approvisionnement jusqu’à la tenue vestimentaire des prostituées.

Toutefois, les sages notent, en 1505, que certains vêtements ont des formes, des couleurs qui, jamais dans cette ville ne furent utilisés. Suite à ce constat, une loi est votée : « … le investiture debbano essere integre e non traforade, non listate, non impfilade, né incordellade, né abbino dal casso (corpetto) in zozo fino al garzona pè alcuna cossa che far over imaginar se spossi ,né fiocchi, né franze né cordoni, né lavorarde sorta alcuna… » exit donc les décolletés garnis de franges, fleurs et cordons.

Quelques mois plus tard, ce sont les vêtements des jeunes filles qui provoquent l’indignation « che niuno porti lo zupone (giubba) senza colar che non si portino camicie » et on leur ordonne donc des pantalons simples, sans fioritures d’aucune sorte.

Le 14 février 1514, le Sénat a créé un système judiciaire spécial composé de trois membres élus.

Toutefois, ces surintendants devaient bien gêner les patriciens, car, le 22 février 1516, avec de grands cris, le Sénat s’est refusé à élire les trois Provveditori alle Pompe, qu’ils jugeait trop enclin à réprimer toute manifestation du luxe.

En 1559, trois des membres étaient désignés par le Grand Conseil et deux par le Sénat, et, preuve que le problème était important, ils furent rejoint, par la suite par un inquisiteur.

Un siècle plus tard, nous avons retrouvé 143 condamnations, de nobles, commerçants ou simples citoyens, pour le non respect des règles et pour transgression somptuaires.

Giacomo … teinturier, condamné à 25 ducats, pour avoir orné la robe de sa femme avec des garnitures.

Marc Zaner, mercier, condamné à 25 ducats pour avoir vendu des fanfreluches.

Santo Colombin, avocat, condamné à 50 ducats pour la tenue de sa femme.

Le N.H. ser Zanantonio Valier, de S. Giustina, condamné à 50 ducats pour une tenue en ormesin noir portée par sa femme.

Zanantonio Martinelli déclaré coupable d’avoir brodé des armoiries, condamné à 25 ducats.

Pasquetta, dite Moceniga, qualifiée de « putain publique » a été jugée pour s’être présentée en public habillée avec des choses interdites, sous ses vêtements portait une tenue de couleur avec une garniture d’or large de quatre doigts…

Francesco_Guardi

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