Donne per l’inferno

Les débuts dans la cité d’une célèbre compagnie de revue qui faisait une tournée dans le nord de l’Italie, à la période de Noël 1944, firent sensation.

Le rationnement de nourriture étant allégé, il était permis d’avoir à sa disposition quelque pâtisserie.

La publicité de la compagnie grand spectacle Bruno, pour la première au théâtre Malibran de la revue « Femmes à l’enfer » programmée à 20 heures le samedi 23 décembre 1944, annonçait sur le quotidien Il Gazzettino : « A l’élégance du spectacle et à la somptuosité de la mise en scène contribuera, dans la seconde période, un défilé de modèles. Tous les costumes de la revue et des modèles ont été créés tout exprès par Lucina Cigolotti et chez Bruno. Fourrures La Motta. Scènes réalisées par Mayer. 30 demoiselles de la mode. 20 diables du rythme« .

Ce fut les débuts de Livia Nouguette, oubliée désormais, souvent présente dans la compagnie du comique Renato Rasel, dans les années 50.

Cette fascinante jeune femme d’origine noble, attirée par les lumières de la scène se nommait, en réalité, Livia Bandiera. Elle appartenait à la même famille vénitienne que les frères Attilio et Emilio Bandiera, fusillés par les Bourbons en 1844.

Malgré le gel d’un hiver très froid, le couvre-feu et l’obscurité, les gens avaient encore envie de se divertir, à tel point que, même après la première, les soirées suivantes firent salle comble.

Le Malibran, qui servait aussi de cinéma, fut l’unique théâtre qui pouvait abriter jusqu’à la fin des années 60 des spectacles de revues. Au milieu des paillettes, plumes d’autruche, des ballerines à couper le souffle munies de l’indispensable puntino, le petit cercle adhésif positionné de manière à cacher l’auréole qui entoure le sein et les tétons, des dispositifs scénographiques aux effets spectaculaires, un grand orchestre, se produisirent sur cette scène des artistes à la renommée indiscutable : Wanda Osiris, Delia Scala, Carlo Dapporto, Macaio, Walter Chiari, Ugo Tognazzi.

En 1952, pour Gran Baldoria, écrite par Giovaninni et Garinei, se produisirent le Quartetto Cedra, Isa Barzizza, les superbes filles anglaises Bluebells.

Finalement, profitant du relâchement des freins moraux et ayant abandonné les « scaphandres », les filles purent exhiber quelques centimètres en plus d’épiderme et oser le deux-pièces sans susciter scandale.

Revue - 1944

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