Luigi Brugnaro, le nouveau maire de Venise

Suite aux élection municipales pour remplacer l’ancien maire de Venise, Giorgio Orsoni, contraint de démissionner après le scandale des pots de vins du Mose, les élections on nommé, pour diriger la ville, une coalition qui a choisi, le 15 juin 2015, pour maire, le peu discret Luigi Brugnaro.

Luigi Brugnaro

Nos fidèles lectrices et lecteurs vont, de suite, penser que ce nom leur dit quelque chose : Luigi Brugnaro est l’homme d’affaire vénitien, qui a préempté l’isola de Poveglia contre l’association qui avait organisé une collecte internationale, et ceci « pour éviter qu’elle ne tombe entre les mains d’étrangers« .

Ce populiste proche de Silvio Berlusconi, dont il est un fervent admirateur et dont il copie la manière n’aime pas les étrangers, qu’on se le dise !

Il s’est présenté comme « indépendant », mais tous les italiens savent qu’il est proche de Forza Italia le parti fondé par son mentor. Il a été élu au sein d’une coalition qui réunit également, Area Popolare (une fédération de centre droit chrétienne, assez populiste), la Lega Nord, le parti de droite indépendantiste, Fratelli d’Italia, le parti d’extrême droite, et une liste civique qui regroupait des membres du tissus associatif vénitien hostiles à un tourisme de masse dans la cité lagunaire.

Inutile donc de préciser que la nouvelle municipalité n’aime pas les touristes qui envahissent la ville par flot ininterrompu, tous juste sont-ils tolérables à la condition qu’ils dépensent de l’argent.

Luigi Brugnaro1

Luigi Brugnaro est né à Mirano, le 13 septembre 1961 de Ferruccio, travailleur, dirigeant syndical de la Montefibre de Porto Marghera et poète et de Maria, institutrice. Il a cinq enfants : deux d’un premier mariage, Valentina et Andrea, trois avec Stefania, qui l’accompagne partout désormais, Piera Maria, Jacopo et Ettore.

Stefania et Luigi Brugnaro1

Stefania et Luigi Brugnaro

Avant d’être le maire de Venise, il est le président de Umana, une holding regroupant une vingtaine d’entreprises opérant dans les secteurs des services, de la fabrication, de la construction, des sports et de l’agriculture. Mais Umana, c’est aussi une agence pour l’emploi fondée en 1997 qui est devenue en quelques années un leader dans l’industrie avec 123 agences en Italie, 5 bureaux au Brésil, 700 professionnels et 12.000 personnes employées dans les meilleures entreprises italiennes.

De 2009 à 2013 il a été président de la Confindustria Venise.

Les vénitiens pourront être attentifs, désormais, à l’attribution des marchés publics de la ville…

Il est aussi le propriétaire de de la Reyer, l’équipe de basket vénitienne fondée en 1872.

A la mairie de Venise, son mandat est clair (selon lui) : la sécurité, la lutte contre les dégradation, la relance économique.

Très actif sur les réseaux sociaux (Twitter ou Facebook), il s’est déjà distingué à l’occasion de plusieurs décisions qui provoquent le scandale en Italie (et au delà) et dont vous vous reparlerons. Xénophobe et homophobe, Luigi Brugnaro est déjà en guerre ouverte avec Elton John, résident de La Giudecca, nous aurons l’occasion d’y revenir…

Bref, tous nos ami-e-s, toutes nos lectrices et tous nos lecteurs qui aiment Venise, et nous l’espérons, les vénitiens, pourront-ils encore profiter en paix de cette admirable citée qui, depuis des siècles, était connue pour sa tempérance et comme un fourmillement de peuples venus de toutes les contrées… l’avenir nous le dira très vite.

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Yvonne
    Août 31, 2015 @ 01:23:59

    Yes, let’s see what happens now!

  2. Pierre Bureau
    Août 31, 2015 @ 10:18:19

    Vous oubliez de dire que cela fait plus de 40 ans (au moins !) que la Gauche règnait à Venise, avec les De Michelis, prof d’université, dirigeant du Parti Socialiste et ministre des affaires étrangères de Bettino Craxi, puis Cacciari, ex-communiste, autre prof d’université, pontifiant, homme intègre (c’est lui qui aurait dit à De Michelis qui voulait le coopter au Parti Socialiste qu’il n’en avait pas besoin, étant déjà riche de famille) qui a nommé des super-collaborateurs, comme Piero Rosa Salva (dont vous dites tant de bien) et qui a laissé explosé le budget municipal et le clientélisme (ayant bossé pour une boite de travaux publics avec un patron dont le principal mérite était son copinage avec Cacciari, j’en sais quelque chose).

    Puis votre « ami » Paolo Costa, autre PD et ancien recteur de Cà Foscari, autre prof d’université, digne compagnon d’Ali Baba et des quarante voleurs.

    Puis l’Avvocato Orsoni (accessoirement lui aussi prof de droit constitutionnel à Cà Foscari) et son arrestation.

    Sans changement, ayant comme seule règle le clientélisme, les administrations publiques rentrent en déliquescence, se figent dans le conservatisme. Venise est au bord de la banqueroute financière pour ce qui est de son budget, avec plusieurs milliers d’employés municipaux plus connus pour ne rien faire et pour demander des pots-de-vin qu’autre chose, avec de nombreux dirigeants qui étaient aussi snobs que nouveaux riches (e.g. Paolo Costa).

    Rappelons que les grands navires à Venise, c’est Cacciari et Costa qui les ont laissés venir.

    On a eu du pot d’éviter Casson, un communiste dogmatique, qui aurait achevé le navire.

    Alors, oui, beaucoup de vénitiens ont voté pour Brugnero, habitant de Mogliano Veneto, pour un changement. Cela, dans un premier temps et en général, ne pourra que faire du bien à la ville.

    Ensuite, Wait and See.
    Ce ne pourra guère empirer par rapport aux années du PCI et du PD.
    Ses problèmes: l’héritage des précédents maires et la difficulté de réformer une ville devenue une mangeoire pour les partis politiques. Et la crise économique.

    Lui reprocher d’avoir voulu reprendre Poveglia: c’est absurde: il y a un paquet d’iles dans la lagune qui sont en concession pour 99 ans, et c’est mieux de les entretenir que de les laisser tomber en ruines – les associations du dimanche n’ont pas les budgets pour les maintenir.

  3. oliaiklod
    Août 31, 2015 @ 10:58:42

    Nous avons suffisamment « tapé » sur Paolo Costa, Giorgio Orsoni et leurs prédécesseurs pour savoir que ces gens-là ne sont pas la solution. Mais le virage a une droite extrême, qui ne veut pas l’avouer, un peu bling-bling va nous donner, et c’est une joie pour nous, matière à de nombreux articles.

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