Pietro Bembo

Moins connu en France que Pic de la Mirandole, Pietro Bembo incarne pourtant bien lui aussi l’idéal des humanistes de la première Renaissance italienne.

Pietro Bembo naît à Venise le 20 mai 1470, de Bernardo et de Elena Marcello.

Il reçu l’éducation de Giovanni Alessandro Urticio, un obscur humaniste.

Il se distingua dès sa jeunesse par son esprit, et fit ses études dans les grandes cours d’Italie : à Florence, à Ferrare et à Urbino. Élève de Lascaris, il se tourne vers le clergé. Il jouit de la faveur des princes de Ferrare et d’Urbino, ainsi que de celle du pape Léon X et de ses successeurs.

Les asolani sont publiés en 1505 à Venise auprès d’Alde Manuce. C’est le premier livre de poche, un des best-sellers du début du XVIème siècle, écrit en langue vulgaire par Bembo, qui est encore un jeune patricien vénitien à la recherche de sa voie, hésitant toujours entre le latin et la langue vulgaire, entre la carrière politique et l’otium littéraire.

Il accompagne Jules de Médicis, le futur pape Clément VII, à Rome et devient secrétaire pour les lettres latines de Léon X, lequel lui accorda de riches bénéfices.

Correspondant d’Érasme, ami de l’Arioste et de Castiglione, protégé par Lucrèce Borgia et Isabelle d’Este, il est nommé cardinal en 1539 par Paul III, puis cardinal-prêtre au titre de San Crisogono en 1542. Bembo n’est pas moins célèbre par sa galanterie que par son esprit ; avant d’être ordonné il avait eu trois enfants d’une femme nommée Morosina, qu’il a célébrée dans ses vers. Même élevé au rang de cardinal, il trouvera toujours le temps nécessaire pour se consacrer à l’éducation de ses bâtards.

Dans les Proses sur la langue vulgaire (1525), il fonde les canons grammaticaux et esthétiques de la langue littéraire italienne, sur la base des œuvres de Dante, mais surtout de Boccace et de Pétrarque. Il consacre les dernières années de sa vie au classement et à la révision de son œuvre antérieure, notamment de ses Rimes et de ses Lettres, publiées définitivement en 1548-1551. Les preuves abondent, dans l’œuvre même de Bembo, du sérieux de sa culture classique et de sa maîtrise de la rhétorique latine : entre autres, l’épître De imitatione (1512) joua un rôle capital dans le débat sur le cicéronianisme et, plus tard, dans la constitution du classicisme français. À travers la leçon des anciens, Bembo souhaite hausser la culture vulgaire à la dignité de l’antique. Les Rimes révèlent la même intention, en particulier la chanson Âme courtoise (1507), où Bembo pleure la mort de son frère, sujet tragique traditionnellement voué au latin.

À la mort du pape, il se retira à Venise, où il devint conservateur de la bibliothèque de Saint-Marc.

Il achète des tableaux, des statues (comme l’Antinoüs Farnese aujourd’hui à Naples ou l’Idolino di Pesaro), des bronzes, des manuscrits enluminés, des pierres précieuses (certaines ayant appartenu à Laurent le Magnifique), un bel  autel à Isis gravé de hiéroglyphes, des instruments de musique.

A sa mort, sa collection est dispersée par son fils Torquato, elle fait aujourd’hui le bonheur de bien des musées européens et nord-américains et de quelques particuliers privilégiés.

Un portrait du Titien, aujourd’hui dans les collections du National Gallery of Art, Washington, le montre revêtu de la pourpre cardinalice, l’œil vif, le nez droit, la barbe profuse.

Portrait de Pietro Bembo

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