Église du Rédempteur (Chiesa del Redentore)

Durant l’été 1575 éclate à Venise une terrible épidémie de peste qui va ravager la ville pendant plus de deux ans, causant 50.000 décès, un tiers de la population vénitienne.

En septembre 1576, alors que le mal semble impossible à vaincre par les seuls efforts humains, le Sénat implore l’aide divine, et promet de construire une nouvelle église dédiée au Rédempteur. Ce vœux est confirmé par le doge Alvise Ier Mocenigo, 85ème doge de Venise élu en 1570. Le Rédempteur avait pour rôle de racheter les hommes afin de les aider à vaincre l’épidémie de la peste.

Le 3 mai 1577 la promesse du doge est tenue : la première pierre de l’église du Redentore est posée, par le Doge Alvise Mocenigo et par le Patriarche de Venise, Giovanni Trevisan, sur un terrain appartenant aux Capucins. Mais Alvise Mocenigo meurt un mois plus tard, le 4 juin 1577 et c’est Sebastiano Venier qui lui succèdera et tiendra sa promesse.

L’église située sur l’île de la Giudecca, conçue et commencée en 1577 par l’architecte Andrea Palladio (mort en 1580), sera terminée par Antonio da Ponte en 1592.

Une petite église était déjà présente à cet emplacement, mais fort heureusement, elle ne fut pas détruite. Il s’agit de l’église capucine Santa Maria degli Angeli (Sainte Marie des Anges, fondée en 1536) qui se trouve aujourd’hui dans les jardins du couvent.

Le 20 juillet 1577 la fin de la peste est célébrée par une procession jusqu’à l’église en construction qui emprunte un pont de bateaux à partir des Zattere. Cette procession deviendra une tradition qui perdure encore de nos jours.

C’est, peut-être, le plus parfait des édifices religieux de Palladio. La façade en marbre d’Istrie, est formée d’un corps principal, deux colonnes entre deux pilastres qui soutiennent le fronton, au-dessus un attique horizontal où s’appuient des demi frontons correspondant aux chapelles latérales. Sur l’attique des acrotères au-dessus desquels s’élèvent les statues de la Foi et deux anges. La coupole et la façade semblent se fondre en un seul bloc. L’entrée en arc en plein cintre est le correspondant de l’arrondi de la coupole.

Un bel escalier, avec balustrade, limité à la partie du centre, contribue à donner à l’édifice un aspect plus imposant. Vue à une certaine distance la coupole s’élève très bien au-dessus de la façade.

A l’intérieur, les piles alternent avec les autels que surmontent les peintures de Bassano, de Palma le Jeune, et de l’atelier de Tintoret concernant la Nativité, le baptême du Christ, la Flagellation et la Déposition.

Guardi - Chiesa del Reddentore

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