Les Pâques véronaises.

L’Histoire de France retient, pour la date du 18 avril 1797 la signature à Leoben (Styrie) du traité de Leoben (ou paix de Leoben)

Il s’agit d’un accord préliminaire dans lequel figurent nombre de clauses secrètes. Ces dernières disposent que l’Autriche perd le contrôle des Pays-Bas autrichiens et de la Lombardie, cédés à la France, en échange des possessions vénitiennes d’Istrie et de Dalmatie.

Ce démembrement de la république de Venise, qui se voit ainsi réduite au Dogado, signe sa disparition définitive comme État indépendant.

Le traité est confirmé et augmenté par un accord de paix final, le traité de Campo Formio, le 17 octobre 1797.

Mais l’Histoire vénitienne retient ce même jour un fait qui a été occulté par les manuels scolaires français, effacé de nos mémoires par la censure impérialiste.

Les français occupaient Vérone depuis le mois de juin de l’année précédente, et l’occupation française opprimait la ville et ses habitants.

Le général Balland, qui commandait dans cette place, prévoyant une révolte, se renferme avec le petit nombre de troupes placées sous ses ordres dans le fort Saint-Félix et dans les deux autres châteaux. Balland, en se renfermant dans les forts, n’avait laissé à la garde des portes que le nombre d’hommes nécessaire. Les agents de l’administration et environ 600 malades se trouvaient ainsi sans défenseurs.

Le 17 avril 1797 (soit le 27 germinal an V), seconde fête de Pâques, de vives altercations opposèrent un groupe de soldats français au patron d’un bistrot, quasiment aussitôt les rues et les places publiques se remplirent, le peuple exaspéré est sorti dans les rues, en un cortège de plus en plus compact et a pris d’assaut la caserne en criant « Viva San Marco ». Il s’en suivit des échauffourées qui provoquèrent rapidement une émeute générale, les civils accourant à l’aide de leur concitoyen. Les soldats français ripostèrent, provoquant de nombreux blessés, pour ramener l’ordre. C’est après vêpres, que le tocsin sonna en même temps à Vérone, à Vicence, à Padoue, ce qui donna le signal d’une insurrection générale, que personne ne pouvait prévoir. Dans ces deux dernières villes, les Français échappèrent au massacre ; mais à Vérone, tous les Français isolés, qui vivaient dans les maisons particulières furent assassinés, sans distinction d’âge, d’état, ni de sexe, dont notamment des malades et des blessés et des femmes enceintes. Plusieurs Véronais, ainsi que les juifs, soupçonnés d’être partisans des Français furent également tués.  L’hôpital fut pris d’assaut et saccagé, les blessés, massacrés. Deux cent soldats français furent également tués par les manifestants.

Pâques Véronnaises

La réaction française fut d’une sanglante violence aveugle : le 18 avril 1797 (soit le 28 germinal an V) l’artillerie bombarda la ville causant des milliers de morts.

Pâques Véronnaises

L’épisode dramatique est connu sous le nom de Pasque Veronesi (les Pâques véronaises). Ce fut les français, semble-t’il qui employèrent le terme de « pâques véronaises » par référence aux « vêpres siciliennes »… l’émeute dura jusqu’au 23 avril, et l’épisode de la frégate française Le Libérateur d’Italie fait partie de cette séquence qui donna à Bonaparte le prétexte pour attaquer Venise.

Pâques Véronnaises

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