Ambassade à la cour d’Angleterre

Après la défaite de Richard III à Bosworth, Richmond fut salué roi sous le nom de Henri VII par le lord Stanley sur le champ de bataille même.

Le doge Barbarigo envoya une lettre de félicitation à Richmond puis l’on s’occupa, à Venise, à lui envoyer une ambassade, préoccupation dont on trouve trace dès le 29 novembre 1496  dans les Deliberazioni del senato.

Le 22 mars 1497, on retrouve dans les diaries de Sanuto la mention d’une lettre envoyée par le roi Henri VII à la seigneurie demandant à la république d’envoyer des galères dans les Flandres. Il déclare également qu’il attend avec impatience l’ambassadeur de Venise pour discuter des affaires d’Italie et de la Ligue. Si Andrea Trevisan à été l’ambassadeur désigné, il serait souhaitable que le Sénat décide de son départ immédiatement.

Par décret du Senat du 4 avril 1477 le Conseil élit Andrea Trevisan ambassadeur auprès du roi d’Angleterre, avec douze chevaux et deux écuyers. Comme la nation anglaise, qui rappelle qu’aucun ambassadeur de la République n’a été envoyé depuis un très long temps, elle exige que notre ambassadeur ait quatre chevaux en plus, il pourra donc avoir seize chevaux et deux écuyers pour aller plus honorablement comme il sied à la dignité de notre état.

Le 6 juin, le Sénat l’autorise à emporter 400 ducats qui lui seront délivrés, comme d’habitude, par le bureau comptable.

La Commissio ou Instruction, le 12 juin 1497 fixe les conditions de cette ambassade.

Andrea Trevisan est envoyé auprès auprès du roi Henry VII pour lui présenter ses lettres de créances, rappeler au roi l’ancienne observance de la République à la couronne d’Angleterre, et de faire lui des offres de services. Il devra mentionner l’amour de la Seigneurie à sa majesté, le féliciter sur son propre bien-être ainsi que celui de la reine et de ses enfants., ainsi que sur ses grands succès.

Deuxièmement, pour dire au roi que la république a jugée appropriée sa décision de se joindre à la Ligue.

De dire ce qui est arrivé en Lombardie après le départ de Charles VIII, d’annoncer la venue du cardinal S. Piero à Vincula (Giulio della Rovere) et d’autre choses choses, au nom de ce roi comme l’invasion des territoires du duc de Milan et la réponse suffisante faite par la République et le Duc pour les repousser. Il devra mentionner les trêves conclues entre l’Espagne et la France, avec la complicité de Naples, la violation des territoires par les partisans français à Saluzzo et dans les vallées de Savone, et qu’ils ont capturés des barques génoises et un navire appartenant au roi de Naples, de raconter ce qui a été fait pour contrer ces actes, tant en armant Gênes que par des lettres à l’Espagne et d’ajouter d’autres renseignements qu’il peut apprendre de l’ambassadeur à Milan qu’il rencontrera en chemin.

Il devra aller à la première audience, et à toutes celles qui suivront et qui auront trait à la Ligue, ensemble avec l’ambassadeur de Milan. L’ambassadeur milanais ayant été désigné par le Doge pour négocier, conjointement avec Trevisan, et à agir de concert avec les autres ambassadeurs de la Ligue.

Il devra demander à Henry VII que les marchands et sujets vénitiens soient considérés avec bienveillance, et favorisés dans toutes les questions justes et particulièrement dans le respect de leurs privilèges et immunités. Il devra présenter ses lettres de créance àla Reine, au Cardinal Morton, à Arthur, le Prince de Gales ainsi qu’au Lord Trésorier et au Lord Chancelier, ces deux derniers (ainsi que le seigneurie le comprends) ayant une grande influence auprès du Roi. Aurpès de tous ces personnages il devra faire preuve d’un grand amour de la part de la République afin de trouver grâce à leurs yeux.

Si l’ambassadeur rencontre, au cours de leur voyage en automne, le Duc de Bourgogne et son épouse (Jeanne de Castille), il devra se présenter à eux avec ses lettres de créances et les féliciter pour leur mariage et les assurer de son respect pour leurs parents.

L’ambassade d’Andea Trevisan auprès de la cour royale d’Angleterre est donc la plus ancienne dont nous ayons conservé quelque trace, et probablement la première.

Mais, de cette première ambassade, comme de toutes les démarches et résidences des ambassadeurs vénitiens à la cour des rois d’Angleterre, nous n’avons rien : aucune des relations, aucune des dépêches qui étaient demeurées intactes dans la chancellerie secrète du Palais des Doges jusqu’au regrettable incendie de 1577 ne nous sont parvenues.

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