Francesco Baldovino

Francesco Baldovino était un bel homme aux manières engageantes, avec des moyens financiers assez considérables.

Sa domesticité était princière, bref, il avait tous les avantages de sa fortune et tout était à sa portée, sauf une chose : Francesco Baldovino n’était pas noble !

On dit que, pendant le guerre de Chioggia, il avait souhaité bénéficier, comme d’autres, des honneurs de la patrie moyennant finances. Mais son grand-père paternel ayant été impliqué de quelque manière dans la conspiration de Bocconio en 1300, sa famille, un siècle plus tard, était encore vue avec une certaine opprobre.

Dans ses amis se trouvait un certain Bartolomeo D’Anselmo, également vénitien d’une grande richesse, et également en attente insatisfaite d’appartenir à la noblesse.

Le vendredi 4 mars 1412 Baldovino et D’Anselmo réunis aux Minorites, commencèrent à discuter de leurs griefs communs. « Nous payons des impôts élevés et ceux du Conseil jouissent à notre place« … « Cela est vrai et nous devons faire notre affaire pour obtenir par nous même notre part dans l’administration« .

Ensemble, ils décidèrent donc que leur solution était de provoquer un massacre dans les rangs du Conseil, notamment le College, les Decemvir, et les Avogadori.

Sur ces paroles ils se séparèrent.

Bartolomeo D’Anselmo n’était pas réellement un mauvais homme, et surtout, homme de principes. D’un tempérament nerveux, à peine avait il quitté Baldovino que son projet de trahison commença à le hanter. Le son de ses propres paroles lui donna des sueurs froides, et il craint qu’ils n’eussent été entendus.

Si des oreilles indiscrètes avaient entendu leur conversation, il se voyait déjà devant le les Dix et dans la chambre de tortures, il savait quel serait alors son destin, et qu’il n’avait qu’une seule façon d’y échapper désormais. Ce qu’il fit aussitôt.

Francesco Baldovino fut arrêté interrogé à la corde, et au matin du samedi 5 mars 1412 conduit sur la Piazzetta. A huit heures il a été exécuté entre les deux colonnes, puis est resté suspendu trois jours, comme un avertissement aux traitres.

Bartolomeo D’Anselmo fut gracié et anobli en remerciement de sa loyauté.

Entre les deux colonnes

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