L’enlèvement des Marie

Raub der venezianischen Bräute durch istrianische Räuber, Carl von Blaas 1859

Dès le neuvième siècle fut instaurée à Venise la coutume de la purification de Marie, qui avait lieu de 2 février de chaque année.

Cette fête réunissait aussi tous les couples qui devaient se marier dans l’année et qui étaient tous bénis, en même temps par l’évêque. Parmi les femmes qui participaient à la bénédiction qui avait lieu dans l’église de San Pietro di Castello, ont en choisissait douze parmi les plus pauvres : elles étaient vêtues de riches vêtements et parée de bijoux précieux, on les dotaient de coffres richement sculptés remplis de leur trousseau, le tout était fournis par les principales églises de la ville.

Le 2 février 943 (ou 944, ou 946, ou 948 ; bref, avant 950), au cours d’une de ces fêtes, Venise a subi une attaque de pirates venus de la région de Trieste, et les douze jeunes femmes ont été enlevées avec leurs bijoux et leurs coffres, défiant ainsi la Sérénissime République, le doge et les futurs époux présents.

Remis de leur mauvaise surprise, des marins de la paroisse de Santa Maria Formosa embarquèrent sur leurs barques, avec les fiancés et se lancèrent aussitôt à la poursuite des pirates, doge Pietro Candiano III en tête. Ils les rattrapèrent avant même qu’ils furent sortis des lagunes, en un lieu de l’estuaire de Caorle, connu depuis sous le nom de Porto delle Donzelle, tuèrent les pirates et leur chef, un certain Gaiolo, puis libérèrent leurs bien-aimées, qui furent ensuite portées en triomphe à travers toute la ville.

Une expression populaire typiquement vénitienne commémore, peut-être sans le savoir de nos jour cet épisode : Ti vol far el gajolo ? se dit à quelqu’un qui veut faire son prétentieux, en souvenir d’un infâme chef de pirates venus d’Istrie pour enlever et asservir les hommes et les femmes de Venise.

La Fête des Maries a en effet été instituée pour rappeler cette victoire de Venise et pour remercier la Vierge pour son intercession.

Au début, on promenait dans la ville douze statuettes en bois de la Vierge, richement parées. Des manifestations publiques étaient organisées, ce jour-là dans le cadre de la soixantaine de paroisses, ou contrades, de la ville.

Mais la Fête des Marie ne dura, sous cette forme, que jusqu’à la guerre de Chioggia entre Venise et Gênes. Elle fut supprimée et à sa place fut instituée une visite du doge à Santa Maria Formosa, paroisse à laquelle appartenaient les valeureux vengeurs des jeunes filles enlevées.

Puis, la fête fut absorbée par le Carnaval au sein des spectacles du jeudi gras au XVème siècle. En 1497, le récit en fut narré au pèlerin Arnold van Harff par un gentilhomme vénitien se rendant de Cologne en Palestine…

… puis la tradition se perdit, avant de réapparaître ; après la renaissance du Carnaval en 1981, grâce à la ténacité d’un seul homme, Bruno Tosi. Aujourd’hui, ce sont les douze plus jolies filles de Venise qui sont baladées ans les calli de Venise.

Les 12 Marie

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