Canaletto le Jeune

Le 30 janvier 1721 nait à Venise Bernardo Bellotto, fils de Lorenzo Bellotto et de Fiozenza Domenico Canal, neveu du célèbre peintre Antonio Canal, dit Canaletto. Il deviendra un des plus fameux peintres vénitiens du XVIIIèmes siècle.

À l’époque où le jeune Bellotto commence son apprentissage chez son oncle Canaletto (vers 1735), la qualité de la vie artistique et intellectuelle à Venise, l’éclat des fêtes, l’activité des imprimeries et de la presse périodique assurent à la ville des doges un rayonnement qui atteint les principales capitales européennes. Madrid et Paris, Vienne et Dresde, Londres aussi, accueillent ses meilleurs peintres (Marco Ricci, Amigoni, Pellegrini, Rosalba Carriera). On connaît la carrière anglaise que le consul Smith procura à Canaletto. Mais le prestige du peintre n’est pas dû seulement à l’habile entremise du diplomate. Son génie est d’avoir créé de Venise l’image miroitante qui fait alors rêver l’Europe. Il semble que l’électeur de Saxe, le roi de Pologne Auguste III, ait voulu, lui aussi, l’attirer à sa cour : c’est finalement son neveu et élève de prédilection, Bernardo Bellotto, qui partira pour Dresde ; il y fera une carrière heureuse qui se poursuivra, et s’achèvera, à Varsovie.

Le père de Bernardo Bellotto, Lorenzo, qui avait épousé la sœur de Canaletto, était peintre lui aussi. Mais c’est l’oncle, déjà célèbre, qui se charge d’éduquer le jeune garçon dont le talent s’était manifesté très tôt. Sa manière est d’abord très proche de celle de Canaletto, à en juger par les œuvres, peu nombreuses, qui subsistent de cette époque.

Au cours des années suivantes, Bellotto ne réside pas régulièrement à Venise. En 1744, il travaille en Lombardie pour le comte Antonio Simonetta : Vue de Vaprio sur l’Adda (Metropolitan Museum), la Villa Melzi d’Eril à la Gazzada (Brera). À Turin, en 1745, il peint pour Charles-Emmanuel III de Savoie des Vues de Turin (Turin, Gal. Sabauda). Durant cette période, comme en témoignent certaines de ses œuvres (Dresde, Gg), il séjourne aussi à Vérone, où il semble avoir rencontré le peintre Pietro Rotari. L’étude des portraits de Vittore Ghislandi et des peintures à sujets populaires de Giacomo Ceruti renforce sa profonde vocation naturaliste. En juillet 1747, Bellotto s’installe à Dresde, avec sa femme et son fils Lorenzo, à la cour de Frédéric-Auguste II de Saxe. Nommé peintre de la Cour en 1748, il reste au service de Frédéric-Auguste jusqu’en 1758. Au cours de cette période, il exécute une série de 14 Vues de Dresde (Dresde, Gg) et réalise son chef-d’œuvre dans les 11 Vues de Pirna (id.), série qu’il reprend en format réduit pour le comte de Brühl, Premier ministre, et pour plusieurs amateurs particuliers. Il réalise aussi de belles vues de la Forteresse de Königstein (une à Washington, N. G., 1756-58).

Bellotto est à Vienne, au service de Marie-Thérèse, de 1758 à 1761, où il exécute notamment les Sept Grandes Vues de Vienne et de ses environs (Vienne, K. M.) ; il est à Munich en 1761 (Vue de Munich, Bayerisches Nationalmuseum), puis retourne à Dresde en 1762. Frédéric-Auguste II et le comte de Brühl meurent en 1763. Bellotto perd sa charge de peintre de la Cour, mais, à la fondation de l’Académie des beaux-arts, en 1764, il obtient un poste de professeur de perspective. Il produit alors ses Vues imaginaires (Dresde, Gg ; musée de Varsovie) ainsi que des Allégories (Dresde, Gg). Durant cette  » seconde période saxonne « , il abandonne progressivement l’agencement large et préimpressionniste qui marqua ses travaux de Pirna. Son style atteint alors une précision analytique de type néo-classique et néo-hollandais (analogue à celle d’un Johann Zoffany ou d’un Philip Hackert) qui distingue ses œuvres de la dernière période polonaise. En 1767, Bellotto part pour se rendre à Saint-Pétersbourg, mais Stanislas Auguste Poniatowski le retient à Varsovie, où il restera jusqu’à sa mort, et le nomme peintre de la Cour en 1768. Bellotto exécute alors sa célèbre série des Vingt-Quatre Vues de la ville (musée de Varsovie) et deux tableaux historiques : l’Élection de Stanislas Auguste (1778, id.) et l’Entrée de Georges Ossolinski à Rome en 1663 (1779, musée de Wrocław).

Arsenal

Vue du Grand Canal et de la Douane de mer

Scuola di San Marco

Piazzetta

Piazza San Marco à Venise

Le Grand Canal devant Santa Croce

Entrée du Grand Canal

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