Civitates orbis terrarum

Georg Braun un cartographe allemand, et Frans Hogenberg graveur sur cuivre flamand, publièrent un atlas des villes du monde, qui, à la parution du premier volume, en 1572, constituait déjà le grand recueil de vues de villes de la fin du XVIème siècle.

Georg Braun (également Brunus ou Bruin), né à Cologne en 1541 était principalement un ecclésiastique catholique. Durant trente-sept ans il fut chanoine et doyen à l’église St. Maria ad Gradus de Cologne où il est décédé, octogénaire, le 10 mars 1622, unique témoin survivant de l’équipe originale de la publication du volume VI en 1617.

Frans Hogenberg, né en 1535 à Malines, est le fils de Nicolas Hogenberg. Il fait son apprentissage auprès de Terbruggen puis travaille en France, en Allemagne et au Danemark. Il est mort en 1590 à Cologne.

De 1572 à 1617 ils éditèrent le Civitates orbis terrarum, composé de 546 perspectives, vues à vol d’oiseau et cartes de villes du monde entier. Georg Braun commença le travail avec Frans Hogenberg mais fut le principal éditeur de l’ouvrage. Il fit l’acquisition des plaquettes, il engagea des artistes et écrivit les textes.

Son œuvre en six volumes fut inspirée de Cosmographia de Sebastian Münster. De forme et de présentation il ressemble au Theatrum Orbis Terrarum de Abraham Ortelius.

La publication de Braun créa des nouveaux standards en cartographie pendant plus de 100 ans.

Frans Hogenberg grava les plaquettes pour les volumes I à IV, Simon van den Neuwel créa celles pour les volumes V et VI. Georg Hoefnagel, le cartographe Daniel Freese et Heinrich Rantzau contribuèrent également à la réalisation du Civitates orbis terrarum. Des œuvres de Jacob van Deventer, Sebastian Münster, et Johannes Stumpf furent utilisées. L’ouvrage reprend principalement des cartes de nombreuses villes européennes bien que l’on retrouve Casablanca, Istamboul et Mexico reprises dans le volume I.

Braun assisté d’Ortelius rédigea des notices d’une à deux pages présentant les villes dans leur contexte géographique, historique, politique et économique. Il arrive occasionnellement qu’un lieu-dit soit représenté en raison de son intérêt historique ou pittoresque, comme le prouve la planche de la vallée d’Innsbruck montrant l’endroit où eut lieu l’accident de chasse miraculeux de l’empereur Maximilien.

L’entreprise couvre l’Europe de façon extensive, sauf sa partie la plus orientale, déjà rendue peu accessible par les invasions turques et moins urbanisée. Mais elle présente l’immense attrait, pour l’homme de l’époque, d’être étendue aux autres continents. Les vues à vol d’oiseau dominent, et sont mêlées à quelques plans. Elles sont animées généralement de quelques figures humaines et présentent ainsi le costume local. Pour compléter l’agrément de l’ensemble, les planches étaient souvent vendues coloriées après tirage.

Braun Hogenberg - Venise

6 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. M. Vaudenay
    Nov 25, 2014 @ 07:51:49

    très intéressant. Et je me demande toujours comment ces géographes pouvaient représenter des vues « à vol d’oiseau » eux qui ne volaient pas. Tout ce qu’ils voyaient réellement « de haut » provenait des vues en haut des campaniles par exemple mais pour une vue d’ensemble d’une ville ??? Si quelqu’un peut m’éclairer sur ce sujet….

  2. Muriel
    Nov 25, 2014 @ 08:55:28

    Très intéressant! Venise sans la Salute, ni la Procuratie Nuove, la pointe de la Douane pas encore modifiée, le Rialto encore en bois. La scuola San Marco ne semble pas attenante à Zanipolo… Bon, j’y retourne!
    P.S: au fait je ne vois pas de date sur la carte, je l’ai ratée?

  3. oliaiklod
    Nov 25, 2014 @ 09:03:56

    Je savais bien que les curieux aimeraient cette carte qui fourmille de détail, mise en ligne par l’Université de Jérusalem. On notera par la même occasion, qu’ils ont mis un copyright sur un document vieux de 400 ans.
    Pour la date, nous n’avons rien trouvé de plus précis que « de 1572 à 1617« .

  4. Muriel
    Nov 25, 2014 @ 09:07:25

    Ah merci! Oui, noté le copyright qui ne manque pas d’ironie…

  5. Muriel
    Nov 25, 2014 @ 09:20:39

    Sans répondre vraiment à la question : j’ai découvert lors de randonnées des pyramides de Cassini, expérience géodésique pour tracer des cartes, mais au 18ème siècle. Enfin, on ne volait pas non plus à cette époque-là. Peut-être qu’eux aussi avaient un système de calcul…

  6. RANLIAL
    Nov 25, 2014 @ 09:35:36

    Magnifique . Merci.

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