Isola di Sant’ Ilario

Sur l’île de San Ilario, situé sur la bordure ouest de la lagune de Venise, entre Myrtle (autrefois Anconetta) et Gambarare (à l’emplacement de Dogaletto), le doge Angelo Partecipazio construisit une abbaye qu’il confia aux Bénédictins.

Venezia mappa Brenta XVs

On ne sait que peu de chose à propos de l’île, mais l’abbaye bénédictine possède une longue histoire.

L’abbaye de Saint-Hilaire et Benoît a été fondée en 819 par les moines de San Servolo qui s’étaient installé dans une ancienne chapelle, grâce à une subvention du doge Angelo Partecipazio et de son fils Justiniano. L’institution était située dans une zone stratégique, entre le continent et la lagune, le long des cours d’eau importants qui reliait le continent au duché. L’endroit avait cependant aussi quelques inconvénients, car il était à la frontière avec les territoires rivaux de Padoue et Trévise , et a été exposé aux ambitions des familles féodales locales.

L’abbaye a ensuite étendu ses possessions, dans les vallées du fleuve Brenta (ou Val d’Agredo) et de la rivière Tergola, favorisée par la proximité des principales routes et des rivières sur des territoires de Padoue et Trévise.

Les Doges Pietro Orseolo et Vitale Candiano se retirèrent dans l’abbaye après leur abdication.

L’abbaye fut donc sous la protection d’un groupe d’aristocrates puissants, sous l’égide desquels s’était également réalisé le transfert de la capitale de la lagune, depuis Malamocco à Rialto.

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Les actes notariés qui témoignent de cet héritage au travers des donations nous donnent l’image d’un paysage, près de la ville de Mira, profondément différent du paysage actuel. Le monastère était en fait, au milieu des marais, dans une zone densément sillonnée de rivières et de canaux. Selon toute probabilité, il n’a pas été construit là par hasard, mais dans un lieu stratégique qui contrôlait les routes d’accès à la lagune.

Puis, quand à la fin du Moyen-âge, les padouans modifièrent le cours de la Brenta à la hauteur de Fiesso d’Artico  (1143), la conditions hydrogéologiques de toute cette zone ont radicalement changée. Les marais se sont rapidement envasés et sont devenus insalubres, et l’abbaye s’est retrouvée envahie par les eux, obligeant les religieux à fuir ce lieu et se réfugier à Venise, près de l’église San Gregorio.

Constamment, Trévise a continué à réclamer l’abbaye, en ayant parfois recours à la violence.

La mort du dernier représentant de la famille Peraga, vers le milieu du XIIIème siècle, a conduit au démembrement des fiefs de sant’ Ilario, qui a commencé à être vendue à des tiers.

Au XVIIème siècle, il ne subsistait de l’abbaye qu’une chapelle dans la localité de Dogatello, près de la Malcontenta.

San Ilario 001

Bibliographie :

Alessio Sopracasa, Sui falsi del monastero veneziano dei Ss. Ilario e Benedetto (secc. IX-XIV) in Storia di Venezia – Rivista, II, 2004, pp. 127-146, ISSN 1724-7446

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