Vucumprà

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Ce néologisme typiquement vénitien est de nos jours passé dans le langage courant dans toute l’Italie. Toutes celles et tous ceux qui sont allés à Venise connaissent des africains qui tentent de vendre des contrefaçons, mais désormais, c’est dans toute l’Europe, même dans les villes moins touristiques, que ce phénomène s’est propagé, sans que les autorités ne fassent quelque chose d’efficace.

Avant d’essayer de savoir pourquoi on ne lutte pas contre ce commerce abusif, revenons à ses origines.

Les premiers vendeurs à la sauvette sont apparus à Venise dans les années 1970, et à cette époque, il s’agissait d’immigrés venus d’Afrique du nord francophone. Ne maîtrisant pas la langue locale, ils proposaient leurs produits en demandant « Vous, compra ? » … ainsi est née l’expression vénitienne, d’une version franco-italienne peu élégante du « Voulez-vous acheter ?« 

Plus tard, ce sont des vendeurs venus d’Afrique subsaharienne qui ont pris le relais, venus du Sénégal encore francophone, puis, plus récemment , d’Erithée et enfin d’Afrique noire anglophone. Les derniers arrivés de vendeurs à la sauvette viennent du Pakistan.

Chaque ethnie propose des produits différents, si les pakistanais proposent des fleurs, des produits de jeu et les fameux cadenas de l’amour, les africains sont plus spécialisés dans les contrefaçons de sacs, maroquinerie, lunettes, montres… que beaucoup de celles et ceux qui savent qu’ils s’agit de contrefaçons pensent qu’elles sont importées d’Asie.

Alors qu’en fait, et c’est pourquoi la police pourchasse si peu ces vendeurs, c’est l’Italie qui est le premier producteur mondial de produits de contrefaçons. De véritables usines existent dans le sud où elles sont tolérées par des autorités peu regardante car cette économie est extrêmement florissante.

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Certaines des usines qui fabriquent les produits contrefaits sont, paraît-il, les mêmes qui fabriquent les produits pour les grandes marques, utilisant les mêmes procédés et les mêmes matériaux. Mais en règle générale, la qualité des produits contrefaits est nettement moins bonne, et parfois elle représente un danger réel pour les utilisateurs.

L’achat, la vente et le recel de produit contrefaits vous expose, en Italie, à des amendes jusqu’à 10.000 €uros (et si un italien, en règle générale ne risque pas grand chose, un touriste peut, de temps en temps, servir de bouc émissaire et d’exemple). En France, outre la destruction des produits contrefaits et de lourdes amendes (jusqu’à 500 000 euros et d’une peine de prison de cinq ans), vous risquez aussi la rétention douanière de votre véhicule.

Quand on sait que la contrefaçon est généralement liée au crime organisé et aux réseaux de travail clandestin et d’immigration illégale, qu’elle nuit au développement durable en marginalisant les produits artisanaux locaux au profit de copies importées et qu’elle elle est fréquemment liée à l’exploitation humaine (dont le travail des enfants), la meilleure lutte contre ce fléau dépends de chacun-e d’entre nous et consiste à ne jamais rien acheter de la sorte.

Si la demande n’existait pas, les contrefaçons disparaîtraient.

Venise Vu Compra Vuitton

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