Isola di San Marco in Boccalama

San Marco in Boccalama était une île, aujourd’hui submergée, dans la partie centre-méridionale de la lagune de Venise. Elle était insérée entre l’ex batterie Campana ou Podo, Sant’Angelo della Polvere et le motte di Volpego. Le nom fait référence au fait que l’île, sur laquelle s’élevait une église de San Marco, se trouvait à l’embouchure du Lama, un antique bras du fleuve Brenta.

L'isola si San Marco in Boccalama sur une carte du XVIème siècle

Un premier oratorium de San Marco de Lama serait déjà présent, selon de vieilles chroniques non documentées, en 1013. Plusieurs chercheurs s’accordent sur la présence d’un monastère à l’époque précédent le XIVème siècle. Un document fournissant d’importantes informations est daté de 1328, quand Nicolò, un prieur des Augustins, débuta la restauration de la l’hôtellerie et d’une cavana (abri à bateaux) mise à la disposition des marins et des pèlerins qui transitaient le long de la route fluviale (concession du Maggior Consiglio du 28 juillet 1328). Il est probable que les épaves retrouvées ensuite, réutilisées comme grands coffrages, soient liées à cette activité de restauration de l’île. Peu d’années après la subsidence et l’érosion rendirent inhabitable le monastère.

Dessin de ce que pouvait être l'île

En 1348, l’île fut utilisée comme fosse commune pour les morts de la grande épidémie de peste qui débuta cette année-là ; ensuite les informations historiques s’arrêtent autour du XVIème siècle, époque qui correspond à la submersion définitive de l’îlot.

Une importante découverte fut faite : il s’agit de deux épaves découvertes par l’archéologue Marco D’Agostino et le plongeur Eros Turchetto, dans la seconde moitié des années 1990, à la suite des activités de monitorage demandées par le magistrat des eaux de Venise. Les deux navires furent identifiés comme une embarcation de transport à fond plat et d’une galère (navire), le premier et unique exemplaire de cette importante typologie navale découverte jusqu’à aujourd’hui.

Fouilles archéologiques

La fouille et le relevé de photogrammétrie de cet important témoignage d’archéologie navale du Moyen Âge, ont été réalisés en 2001 selon deux phases complexes. La fouille stratigraphique des épaves a été exécutée entièrement sous les eaux, selon les classiques méthodes archéologiques. Le relevé des deux navires a été réalisé après la mise au sec du périmètre médiéval de l’île. Cette longue campagne de fouille et de documentation a été financée par le magistrat des eaux – Consorzio Venezia Nuova, et par le Consorzio Venezia Ricerche. Voir l’article en italien de notre ami Gilberto Penzo sur Veniceboat.

L’île est aussi protagoniste du roman de Valerio Massimo Manfredi intitulé L’isola dei morti, publié en 2002.

 

Les sources bibliographiques sont abondantes du fait des recherches :

  • AA.VV., 2002, La galea ritrovata. Origine delle cose di Venezia, Venezia
  • AA.VV., 2003, La galea di San Marco in Boccalama. Valutazioni scientifiche per un progetto di recupero (ADA – Saggi 1), Venezia
  • CAPULLI M. – FOZZATI L., 2005, « Le navi della Serenissima: archeologia e restauro (XIII°-XVI° sec.) », in Rotte e porti del Mediterraneo dopo la caduta dell’Impero d’Occidente, IV seminario ANSER (Genova giugno 2004), Soveria Mannelli.
  • D’AGOSTINO M., 1998, Relitti di età post-classica nell’alto Adriatico italiano. Relazione preliminare, in Archeologia Medievale, XXV 1998, p. 91-102
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2003, I relitti dell’isola di San Marco in Boccalama, Venezia. Rapporto preliminare, in Atti del II Convegno nazionale di Archeologia Subacquea. Castiglioncello, 7-9 settembre 2001, Edipuglia, Bari, p. 99-106
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2003, Laguna di Venezia. Lo scavo e il rilievo dei relitti di San Marco in Boccalama. Notizia preliminare, in Atti del III Congresso Nazionale di Archeologia Medievale, Salerno 2-5 ottobre 2003, Ed. All’Insegna del Giglio, Firenze, p. 224-227
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2003, Excavation and Recording of the medieval Hulls at San Marco in Boccalama (Venice), in the INA Quarterly (Institute of Nautical Archaeology), 30, 1, Spring 2003, p. 22-28
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2006, I relitti medievali di San Marco in Boccalama. Campagna di scavo e rilievo 2001, in NAVIS 3, p. 59-67

Il y a eu également de nombreux articles dans la presse, dont :

  • Massimo Spampani, Riaffiora a Venezia una galea della Serenissima, Corriere della Sera, 20/08/2001, p. 23
  • Cinzia Dal Maso, Riaffiora dalla laguna di Venezia la galea fantasma di San Marco, la Repubblica, 21/08/2001, p. 25
  • Enrica Salvatori, L’isola che non c’era, Quark, n. 10, novembre 2001, pp. 52-59
  • Marina Bassani, Daria Egidi, La miniera delle galee, La Macchina del Tempo, dicembre 2001, pp. 32-37

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Rétrolien: Motte di Volpego | Olia i Klod

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