Quand le MOSE fait des vagues

L’enquête sur le MOSE et la nouvelle vague d’arrestations et de mises en examen qui fait suite à celles déjà prononcées met au grand jour un vaste système de corruption généralisée et d’un partage opaque des pouvoirs en Vénétie qui accable tous les partis politiques.

Rappelons qu’hier au petit matin ont eu lieu 35 interpellations en Vénétie (suivies de mises en résidence surveillée et d’incarcérations) et d’une centaine de mises en examen sur tout le territoire italien, pour les accusations de : corruption, extorsion, blanchiment d’argent et financement illicite.

Montage Stefano Sofiato

Montage Stefano Sofiato

Claudia Minutillo, la fidèle secrétaire parlementaire (et bras droit) de Giancarlo Galan, a raconté dans le détail comment fonctionnait le système de corruption pendant 15 ans, alors qu’il était Président pour la Vénétie de Forza Italia avec l’assentiment de plusieurs politiques et de l’assesseur aux Infrastructures Renato Chisso. De grosses sommes étaient payées plusieurs fois au cours de l’année, directement par Piergiorgio Baita. Cet argent servait à faciliter l’accès du groupe Mantovani dans la présentation administrative des appels d’offres ainsi que les sociétés de la Holding Serenissima.

Giancarlo Galan

Giancarlo Galan percevait un « salaire » de près d’un million par an entre 2002 et 2008. De plus, la villa de Galan, à Cinto Euganeo a été rénovée pour un montant estimé à 1,1 millions d’€uros.
Depuis la fin des années ’90 Renato Chisso recevait chaque année entre 200 et 250 000 €uros, et cela jusqu’en 2013 d’après les juges du GIP de Venise.
Parfois, les renvois sont très détaillés, par exemple, pour Giancarlo Galan, il est indiqué que « il a reçu 200 000 €uros en 2005 à l’hôtel Santa Chiara de Venise, de Piergiorgio Baita, pour financer sa campagne électorale. D’autres sommes ont été versées sur un compte à la S.M. International Bank spa de San Marino, le célèbre paradis fiscal italien.

C’est à Mestre, à l’hôtel Laguna Palace que Renato Chisso a perçu 250 000 €uros fin 2011, ainsi que des centaines de milliers d’€uros par an, versés par Sutto, Minutillo, Baita et Buson.

Renato Chisso

On apportait à Alberto Scaramuzza son « obole » jusque dans les bureaux de la Région Vénétie, de l’argent qui était apporté personnellement par le Président du consortium Nuova Venezia, Giavanni Mazzacurati, dont le montant variait entre 200 et 250 000 €uros.

Giorgio Orsoni

On reproche à Giorgio Orsoni, le maire de Venise, d’avoir reçu 560 000 €uros pour sa campagne électorale pour les municipales de 2010. Une somme qui n’a pas été enregistrée dans es comptes de campagne, et qui a été versé par le Consortium Venezia Nuova, comme à Giampetro Marchese (Pd) et Lia Sartori (Forza Italia) à travers un système de fausses factures émises par San Martino Sc, la Clea Sc, la Bosca srl, la Cam Ricerche Srl, toutes sociétés du consortium. Dans leur ordonnance de renvoi, les juges indiquent que le maire était parfaitement au courant de l’origine illégale de ces fonds, perçus en plusieurs fois : 110 000 €uros début 2010, puis une autre fois 450 000 €uros, dont 50 000 directement de Baita, et remis en personne au futur maire par Mazzacurati.

Voici les noms des personnes impliquées dans l’enquête:

Giampiero Marchese

Giovanni Artico (ancien commissaire spécial à la récupération territoriale et environnementale de Porto Marghera et collaborateur de Renato Chisso),
Stefano Boscolo «Bacheto» (ancien propriétaire de la Cooperativa San Martino de Chioggia spécialisée dans les travaux sous-marins),
Gianfranco Contadin dit Flavio (directeur technique de la Nuova Co.ed.mar.),
Maria Teresa Brotto (ancien administrateur de la société de génie civil Thetis, et aujourd’hui du consortium Venezia Nuova),
Enzo Casarin (chef du secrétariat de Chisso, ancien maire de Martellago),
Gino Chiarini,
Renato Chisso (Assesseur régional à la mobilité et transports),
Patrizio Cuccioletta (ancien Magistrato alle Acque),
Luigi Dal Borgo,
Giuseppe Fasiol (vice di Vernizzi a Veneto Strade),
Giancarlo Galan (ex governeur du Veneto, ex ministre de la Culture et député),
Francesco Giordano,
Vincenzo Manganaro,
Manuele Marazzi,
Giampietro Marchese (conseiller régional et ex responsable du Parti Démocrate du Veneto),
Alessandro Mazzi (vice président du conseil directif du Consorzio Venezia Nuova et président des sociétés Mazzi Scarl et Grandi Lavori Fincosit),
Roberto Meneguzzo (vice président de Palladio Finanziaria),
Franco Morbiolo (président du conseil d’administration et directeur technique de Co.Ve.co),
Luciano Neri,
Maria Giovanna Piva (ancien Magistrato alle acque),
Emilio Spaziante (général en retraite de la Guardia di Finanza),
Federico Sutto (employé du Consorzio Venezia Nuova),
Stefano Tomarelli (membre du comité directeur du Consorzio Venezia Nuova, président du conseil du Consorzio ItalVenezia et conseiller de la société Condotte d’Acquea Spa),
Paolo Venuti,

Lia Sartori

Assignés à résidence :
Lino Brentan (lié a CVN),
Alessandro Cicero,
Corrado Crialese,
Nicola Falconi (directeur général de della Sitmar sub sc et de Bos.ca.srl),
Vittorio Giuseppone (magistrat de la Corte dei Conti),
Dario Lugato,
Giorgio Orsoni (maire de Venise),
Andrea Rismondo (représentant légal de la Selc sc),
Lia Sartori (députée européenne de Forza Italia),
Danilo Turato

A propos des Magistrato alle Acque qui sont inculpés, on se souvient qu’après une action des opposants au MOSE-MAFIA du 20 juin 2005, ils voulaient envoyer tout ces « terroristes » en prison pour avoir osé manifester… moins de 9 an plus tard, le retour de bâton à été sévère et, nous l’espérons, va les laisser KO et, soyons optimistes, donner peut-être à réfléchir à d’autres qui trempent dans des choses pas claires, entre les gands navires ou la vente de Poveglia…

Les réactions sont nombreuses à Venise, mais aussi dans toute l’Europe qui a contribué financièrement à ce chantier pharaonique qui s’est aussi révélé un gouffre financier. On comprends à présent pourquoi. Cet argent qui a servi à corrompre est l’argent de nos impôts, à nous tous contribuables européens, et donc, cette affaire qui montre de nouveau les limites de la délégation démocratique nous touche chacun et chacune dans notre porte monnaie, au moment où, dans toute l’Europe on nous demande de faire des efforts de plus en plus difficiles.

Lire également :

Il Grande Burattinaio

A Venise, la mafia n’existe pas… et pourtant…

 ABC

BBC

El Pais

2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. annie vannoni
    Juin 05, 2014 @ 07:02:48

    ….Et s’il n’ y avait qu’à Venise que la corruption et autres affaires du même genre sévissaient…… Une opportunité peut-être pour Poveglia per tutti …..

  2. Rétrolien: Pour comprendre le scandale, notre enquête sur le MOSE | Olia i Klod

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