Demain à l’hôtel Drouot

Demain, le commissaire priseur Thierry de Maigret organise une grande vente sur le thème « Textiles, Costumes & Dentelles de collection » à l’hôtel Drouot à Paris.

Dans ce genre de vente thématiques très sélectives, qui attire musées et collectionneurs du monde entier, on ne peut même pas rêver à un hypothétique achat du plus ridicule des mouchoirs en dentelles qui seront mis en vente. Le commun des mortels, surtout s’il gagne honnêtement sa vie à la sueur de son front ne peut rivaliser avec des spéculateurs ou des personnes qui trouvent là une occasion parmi d’autres de blanchir des fonds de provenance plus ou moins douteuse.

Ces ventes, et l’exposition qui les précèdent, sont donc, pour nous amateurs de tenues historiques, une occasion de rêver, mais également de nous documenter et de trouver l’inspiration.

La vente commence donc par des pièces proposées à des prix raisonnables, entre 100 et 500 €uros, comme des lots de mouchoirs en dentelles, tels ce mouchoir à encadrement, aiguille et fuseaux, Bruxelles, vers 1880. Linon fil de main bordé d’une large dentelle de style Régence au Point-de-Rose aux pétales détachés (est. 200 à 300 €uros).

Mouchoir à encadrement.

Ou ce lot de beau volant en Alençon ombré, aiguille, milieu du XIXe siècle. Courant de tulipes ou muguet sur fond mouché, bordure de pivoines et roues, 7 x 280 cm. Auquel on a joint deux autres modèles au décor léger d’époque Empire (crin de cheval en bordure, bel état) estimé à 300 – 400 euros.

Volants époque empire

Avec les lots de tissus rares, les choses sérieuses commencent !

Un superbe métrage de brocart cramoisi et or tissé à bras, Lyon, début du XXe siècle est estimé entre 1.800 et 2.200 €uros. Lampas liseré fond satin rouge vermillon broché de filé or au dessin à deux chemins suivis, fleurs de chardon ou grenade et rinceaux ferronnerie de style Renaissance. Environ 21 m en petite largeur (état neuf). Provenance: fond de la maison d’antiquités et décoration Keppy, active rue de la Bourdonnais de 1920 à 1956. Peut être une production de la maison Truchot à Lyon, spécialisée dans les étoffes d’ornements liturgiques.

metrage

Mais ce sont les vêtements qui nous font le plus rêver. de vrais vêtement qui ont été porté et qui ont une histoire et dont les prix, hélas, s’envolent à chaque fois vers des cieux auxquels nous n’avons plus accès.

Les premiers lots de vêtements portent les numéros 233 et plus, ce qui signifie que leur mise à prix intervient quelques heures après le début de la vente.

Le premier lot est cet ensemble casaquin et jupon assorti en soie piquée, France, vers 1670 (2 000 – 4 000 €). Fin taffetas de soie bleu dit «Flo­rence» teint à l’indigo, piqué main en pointe de diamant et matelassé. Caraco à compères fermées par des agrafes en métal, manches en sabot ornées du même ruché plissé qui orne compères et ourlet. Jupon à nouer avec fentes latérales pour atteindre les poches, piqué de motifs flo­raux inscrits dans de grands losanges. Un large volant orne le bas. Doublure lin et bourre de coton. Hauteur du jupon: 84 cm – Caraco: 45 cm (ensemble insolé de façon non homogène). les deux paires de mules sont des lots séparés.

Ensemble casaquin et jupon assorti en soie piquée, France, vers 1670

Bel Habit brodé à la française complet de son gilet et de sa culotte, vers 1770-1780 (2 000 – 3 000 €). Soie, taffetas changeant vert et parme, rebrodé sur toutes les tailles de frises de petites fleurs en soie polychrome au point lancé et passé. Boutons brodés en pareil. Gilet sans col doublé de soie, poches à rabat en forme, dos en lin à deux liens d’aisance, H: 61 cm. Veste d’habit à petit col entièrement doublée de satin crème avec deux curieuses amples poches intérieures. Culotte à Pont boutonnée sur le devant, six petits boutons et pattes de jarretière à boucle (un bouton manquant sur la veste, engageantes en dentelle Valenciennes rajoutées postérieurement – état superbe, soie ayant conservé tout son lustre).

Bel Habit brodé à la française

Élégant casaquin en toile des Indes, Provence (?) vers 1785 (2 000 – 2 500 €). Fin calicot de coton blanc, peint à la main de délicats ramages fleuris aux formes inspirées des recueils de chinoiseries de Pillement. Profond décolleté carré, compères à rabats à agrafer sur le devant, dos non balei­né mais souligné de fines coutures en rayons avec petit Pet-en-l’air plissé en éventail. Doublure lin. Hauteur dos: 52 cm (traces d’humidité sur le col et la doublure, modification de la taille des manches coudées, apprêt glacé conservé, probablement jamais lavé).

Elégant casaquin en toile des Indes

Très rare visite ou enveloppe courte en Indiennes composites, Provence, 2e moitié du XVIIIe siècle (2 000 – 3 000 €). Extérieur en toile imprimée à la planche de rayures or­nées et courants de fleurettes à l’imitation des pékins pour robe en vogue vers 1770. Capuchon froncé doublé de satin jaune d’or et bordé d’une dentelle Valenciennes aux fuseaux. Doublure composée de deux toiles de coton imprimées aux mordants à la planche de bois picotée. Beaux motif de fleurs exotiques sur branche ou tertre inspirés des premières indiennes d’importation. Hau­teur hors capuchon: 78 cm (taches sur le volant d’agré­ment, usure des teintures foncées). Provenance et attribution: Sur l’une des indiennes de dou­blure, on distingue à la lisière de la couture avec la capuche une marque au tampon fragmentaire dit «chef de pièce» inscrit dans un cartouche oblong: «Manufacture de toiles de I. et Compagnie à ORA….». Ce tampon nous renseigne ainsi sur le type de production de l’une des plus anciennes manufactures de toiles peintes installées en France: celle de J.H Wetter qui démarra son activité à Orange en 1756, soit trois ans avant la fin de la prohibition des toiles imprimées en France

Très rare visite ou enveloppe courte en Indiennes

Somptueuse basquine ou mantelet de crinoline, vers 1855-1860 (300 – 400 €). Velours de soie noir orné de noeuds de taffetas sur les côtés et en bas des manches pagodes, fer­meture devant par trois grands brandebourgs en taffetas appliqué découpé en forme de feuille (état superbe).

Somptueuse basquine

Somptueuse robe en soie façonnée, vers 1860 (1 000 – 1 200 €). Lampas damassé bleu pétrole orné de fleurs épanouies de ton vieil-or et frange de soie coordonnée. Corsage ba­leiné en pointe devant et derrière, col rond et manches pagodes soulignées de velours et frange de soie bicolore. Jupe sur crinoline à plis plats. (état superbe).

Somptueuse robe en soie façonnée

Robe de travestissement «Marquise de Pompadour»fin du XIXe siècle (150 – 200 €). Soie lyonnaise façon Pékin, bleu royal et rayures de fleurettes. Corsage à échelle de rubans façonné, «paniers» à découpe crantée sur les hanches, traine de dos «à la française» (état superbe).

Robe de travestissement «Marquise de Pompadour»

Robe de réception en soie, Charles Frederick WORTH, vers 1878 (3 000 – 4 000 €). Ensemble corsage et jupe sur tournure en soie façonnée de Lyon. Gros de Tours lise­ré moucheté et orné de roses échevelées en camaïeu de vieux rose et rose-thé. Garniture de dentelle aux fuseaux ornant les manches et le décolleté du corsage boutonné devant et baleiné. Jupe de dessus en tablier découvrant un ottoman damassé crème garni de franges de passe­menterie et breloques en soie sur l’ourlet. (trois boutons manquants sur le corsage, ailes formant pouf à l’arrière décousues, bas d’ourlet coupé, quelques manques). Griffée « Worth Paris » en façonné crème ton sur ton.

Robe de réception en soie

Mantelet d’Opéra, EMILE PINGAT, vers 1880 (400 – 600 €). Mantelet en pointe à longs pans sur le devant. Guipure de soie type broderie anglaise rebrodée de perles de jais, le pourtour galonné de velours comète souligné de pam­pilles et de jais facetté. Longue frange de soie chenille et jais mélangé (bel état). Griffé or sur fond noir «Emile Pingat – 30 rue Louis Le Grand/Paris».

Mantelet d'Opéra

Tea-gown à ligne Princesse vers 1900 (400 – 500 €). Robe d’une pièce en satin duchesse crème voilé de tulle brodé en relief de glycines et volutes blanches, pois et fleurettes en Cornely ton sur ton. Robe baleinée à traine et volant balayeuse (très bel état).

Tea-gown à ligne Princesse

Somptueuse robe en dentelle d’Irlande, vers 1905 (500 – 700 €). Fourreau de ligne Princesse en crochet d’Irlande en coton avec de beaux motifs tri-dimensionnels de fleurs et baies ou cerises en breloque (doublée de mousseline de soie crème, bel état). Bibl: Modèle similaire au Kyoto Costume Institute- Inv.AC 5680 87-36-1 et Fashion Vol.II.

Somptueuse robe en dentelle d'Irlande

Ensemble de promenade en coton et dentelle, vers 1900 (150 – 180 €). Coton blanc rebrodé au point de chaînette et jours remplis de rosaces en dentelle au crochet. Jupe cloche en coton et incrustation de dentelle (bel état).

Ensemble de promenade en coton et dentelle

Robe du soir, anonyme, vers 1918 (200 – 300 €). Soie crème voi­lée de tulle noir rassemblé en quilles sur les hanches et brodé sur le plastron et l’ourlet de gerbes fleuries roses, bleu et vieil or. Ceinture à rosette et échelle de rubans en velours de soie bleu Nattier sur les épaules. Griffe sur le cordon de taille: «Robes et Manteaux, Madame Dubois- Angers».

Robe du soir

Robe de mariée entravée, vers 1910 (200 – 300 €). Satin de soie crème recouvert de tulle brodé vermiculé et plumetis, taille Empire croisée, mancherons droits soulignés d’un boudin de satin champagne, ceinture en satin plissée avec rosette, pendeloque en satin de soie rembourré imi­tant un brandebourg de passementerie au dos, doublure satin, (très bel état).

Robe de mariée entravée

Robe du soir, anonyme, vers 1914 (200 – 300 €). Satin ivoire et noir voilé de tulle brodé de fleurs en soie en relief et de breloques de jais sur le corsage. Mancherons frangés de petites perles de jais (très bel état).

Robe du soir 1914

Robe d’après midi à Longchamps, dans le goût de POIRET, vers 1912 (200 – 400 €). Corsage long à basques, dentelle mécanique ivoire et tulle noir dépassant des manches. Ceinture drapée en coton imprimé Art-Déco du style des productions de l’Atelier Martine créées par Paul Poiret. Jupe étroite en satin de soie noir et boutonnage factice.

Robe d'après midi à Longchamps

Robe du soir perlée, brodée par Lesage vers 1925 (500 – 600 €). Robe entièrement couverte de paillettes en gélatine et sequins en métal formant des motifs géométriques. Effet d’écharpe drapée sur un côté, fleurs en tissu roses sur la hanche d’où partent de longues franges de perles de verre irisées (bel état, fond de robe en soie fragile). Bibl: A rapprocher d’une robe attribuée à Jerôme. GAL 1968-40-67A&B.

Robe du soir perlée

Robe du soir Charleston, anonyme, vers 1925 (300 – 500 €). Crêpe vieux-rose brodée sur le plastron, la ceinture basse et les quilles de motifs floraux en perles dorées et paillettes de gélatine rose et mauve irisées. Ourlet à découpe en pétales (état superbe).

Robe du soir Charleston

Robe «Charleston» perlée, vers 1925 (400 – 600 €). Mousseline rose entièrement recouverte de festons de strass et ri­vières de franges perlées accompagnant les mouvements (sans griffe, état superbe).

Robe «Charleston» perlée

 

2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Muriel
    Mai 20, 2014 @ 08:42:53

    Je ne suis pas une passionnée, mais vous avez su m’intéresser. Un point que vous citez a excité ma curiosité sur la « prohibition des toiles imprimées en France ».
    Après une petite recherche, voici ce que j’ai trouvé :

    « Ce sont les protestations véhémentes des manufacturiers de tissus de soie, de laine, de lin et de chanvre, se plaignant des effets néfastes de la concurrence des toiles peintes, qui sont d’abord entendues. Forts de leurs privilèges acquis, ils font pression en haut lieu, conscients du fait que le coût moindre des toiles imprimées en accroîtrait la consommation et provoquerait leur ruine. »

    ref : http://www.genealogie.com/v4/forums/recherches-genealogiques-metiers-d-autrefois-liste-des-metiers-etudies-en-page-15-t887169-p74.html

  2. Marie Duplantier
    Mai 20, 2014 @ 09:11:08

    Ces tenues sont magnifiques ! Je ne rêve même pas de les acheter ! Par contre, j’espère que le musée Galiéra ou autres pourront en récupérer quelques uns que nous puissions à notre tour les admirer en vrai !

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