Mode « Vieux Russes »

Costume traditionnel de Russie de la seconde partie du XVIIIème siècle

Les vêtements féminins traditionnels étaient, aux XVIIIème et XIXème siècles extrêmement variés, mais donnaient lieu à une forte distinction entre les costumes du Nord et ceux du Sud de la Russie.

La sarafane et le kokochnik symbolisent traditionnellement le costume russe. On dit bien, en russe, LA sarafane et LE kokochnik (parfois, en français c’est inversé, comme bien souvent).

Les sarafanes pouvaient être coupées de différentes façons. Au début du XIXème siècle, la plus répandue est la sarafane évasée, coupée en biais et boutonnée sur le devant.

Sarafane

Elle est constituée de trois panneaux, deux devant et un derrière. Les panneaux avant s’agrafent de haut en bas avec des boutons à boucles de dentelle.

Patron d'une sarafane

Dans certains cas, les panneaux des sarafanes étaient assemblés verticalement de manière à former un plissé. Les tissus pouvaient être très variés et fabriqués aussi bien de façon industrielle que de manière artisanale. Les sarafanes en toile, en andinople ou en nankin de couleur unie étaient ourlées, en bas et le long de la fermeture d’un ruban de coton ou de soie. Celles en brocatelle, en velours ou de soies diverses étaient décorée de passementeries et de dentelles, parfois brodées au fil d’or.

1841

1877

Vers le milieu du XIXème siècle apparait la sarafane dite, « à la moscovite », ou « droite », constituée de plusieurs bandes de tissus cousues et froncées en haut. Les fronces sont bordées d’un ruban. De fines bretelles sont attachées à la poitrine et dans le dos.

1880

La ceinture était un élément obligatoire du costume et se portait à la taille, par dessus la sarafane. Souvent, pour protéger le tissus onéreux, la ceinture était placée juste sur la chemise en dessous de la sarafane.

Chemise

Les chemises avaient des manches larges et longues, atteignant le sol et resserrées et froncées aux poignets, ce qui les rendait bouffantes. Les chemises de fêtes étaient fabriquées avec du tissus onéreux, notamment de la brocatelle, de la soie ou de la mousseline. Souvent, les poignets étaient décorés avec une manchette en carton recouverte de tissus précieux tel qu’un brocard de velours ou de la soie brodée de fil d’or, de nacre ou de perles. Parfois, les manches comportaient un trou au niveau du poignet, et dans ce cas, elles retombaient jusqu’au sol. C’était le cas pour les robes de mariées du Nord de la Russie. Ainsi, selon la tradition, la future marié allait et venait dans la maison en se lamentant sur sa fin de vie de jeune fille tout en balançant ses longues manches.

Par dessus la sarafane on mettait un tablier.

Tablier

Dès le XVIème siècle était répandu, chez les boyards, un léger gilet droit à bretelles. Ces petites pelisses s’appelaient douchegreika (chaufferette de l’âme) et pouvaient être en velours, panne de soie, damas, brocart, ornées de crépines d’argent ou de fourrures.

Douchegreika

Dans les villes, dès le XVIIème siècle, on portait également le chougaï, sorte de gilet à manche longues.

chougaï

Au XIXème siècle, les chougaïs peuvent avoir des longueurs différente : jusqu’aux hanches ou jusqu’aux genoux. Cette veste avait un col ample, souvent amovible. Ils étaient généralement fait de brocarts ou d’une étoffe de soie façonnée de manière complexe. Les bords du col, des manches et le bas de cette veste étaient décorées de franges de fils de métal précieux. Elles étaient doublés d’ouate ou de fourrure.

Pour les saisons froides, il y avait des capes, comme la yepanetchka, une courte cape sans manches, les pelisses ou des caftans, ou encore des manteaux doublés de fourrure. La tête était alors recouverte d’une chapka en fourrure avec un châle.

Les jeunes filles portaient la sarafane avec des coiffures ouvertes, comme un bandeau ou une couronne. Ces coiffures étaient le plus souvent décorées avec des perles ou de la nacre, attachées devant au niveau du front, tandis que derrière, elles comportaient des bandes de tissus précieux qui descendaient le long du dos.

Couron

Dans certaines régions, on trouvait des coiffures nuptiales, comme la kourouna, portée dans la région de la Vologda.

Les femmes portaient une coiffure rigide appelée kokochnik.

Ils étaient très différents en terme de structure, forme et décorations, mais ils étaient toujours bien serrés autour de la tête et recouvraient les cheveux. La partie avant était souvent décorée de filets décoratifs en perles ou en nacre. Les mêmes éléments décoraient les parties temporales.

Kokochniks

Les kokochniks étaient fabriqués par des artisans spécialisés ou dans les monastères. Les matières utilisées était des tissus précieux, comme le brocard, le velours et la soie. On décorait abondamment avec de la passementerie, des perles, de la nacre, des pierres précieuses, les pièces métalliques incrustées de verre. Les broderies au fil d’or ou d’argent étaient aussi utilisée.

On portait ces coiffes avec un foulard, un un châle, un voile en mousseline ou en soie. Parfois la coiffure comportait deux foulards. En général il s’agissait de foulards en soie richement décorés de broderies d’or.

Châle

A l’extérieur on portait des chaussures en cuir, et, à la belle saison, des laptis, sortes de chaussures ancestrales, tressées avec des lanières d’écorce de tilleul de bouleau ou d’orme. Elles étaient facile à fabriquer mais d’une durée de vie courte.

Laptis

Les jeunes filles et les jeunes femmes, à l’occasion de toutes les fêtes, portaient toujours des bijoux. Boucles d’oreilles, colliers de nacre, de verre ou des chaînes de métal précieux, parfois agrémentées d’une croix. Certains, comme l’ocheïnik étaient assez spécifiques. Les femmes portaient aussi le yazyk, sorte de plastron souple orné de broderies d’or, le perles et de verre.

Les kosnikis, étaient des décorations portées au bout des nattes, essentiellement destinées au jeunes filles.

kosnikis

Il s’agit d’un pendentif rigide en forme de triangle ou de cœur, fabriqué sur une base en carton, recouverte de tissus précieux, brodés de fils d’or, avec de la nacre, des perles, et des franges de métal précieux ou de dentelle.

Photo ancienne, femmes en habits de fête

2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Brochain
    Nov 09, 2018 @ 17:06:51

    Bonjour, nous sommes en classe de seconde au lycée François Rabelais à Chinon. Dans le cadre de notre projet en littérature et société, nous souhaiterions avoir l’autorisation d’utiliser les images de votre site internet.
    Par avance, nous vous remercions pour votre attention et votre réponse.

  2. Naviss
    Déc 15, 2018 @ 23:38:32

    Bonjour ! Merci beaucoup pour cet article !!

    J’ai une question : si la sarafane est la partie supérieure du costume, comment se nomme la jupe ? Je ne trouve nulle part cette information.

    J’essaye de décrire le costume de la 2e femme de cette image : http://www.estampes-online.com/492-thickbox_default/russie-xvie-au-xixe-siecles.jpg?fbclid=IwAR3OQRgxo18xXiJhvGcKUp5JmWaZeweCg_wPPLCnIqDY3HQsa6_no4TF76A

    Pour l’instant, j’ai noté : sarafane en soie lamée d’or, percé d’une chemise blanche formant de larges plis sur les bras, douchegreïka rouge (je crois que c’est ce qu’on aperçoit par dessus son épaule, mais je n’en suis pas sûr). Je ne sais pas comment nommer la jupe rouge qui perce sous la safarane…

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