Thomas Sterling : Le tricheur de Venise

William Fieramosca est un comédien américain fauché, redoutable joueur de cartes, qui vient d’être engagé par le vieux Cecil Fox.

Celui-ci vit depuis plusieurs années dans une belle demeure vénitienne, qu’il a fait moderniser. La richesse de cette ville a toujours fasciné cet américain fortuné : « Ils ont bâti cette cité avec de l’argent, y ont vécu pendant des siècles. Ils y ont dépensé, dépensé, dépensé. Personne n’a jamais osé en faire autant. » Néanmoins, Fox est bien conscient des hypocrisies qu’entraîne l’argent, et il va le démontrer. Ce célibataire n’a jamais eu de véritables amis, ni de famille. Pourtant, il va inviter trois supposés « amis », leur faisant croire qu’il est mourant et qu’ils pourraient hériter de ses millions. William Fieramosca sera son complice pour duper ces personnes avides de s’enrichir…

Le tricheur de Venise

Thomas Sterling est né dans le Nebraska en 1921.

Il n’aurait écrit que quatre romans policiers, dont deux traduits en français.

Le premier Défense de sortir fut publié dans la collection Un Mystère en 1950.

Le second, Le tricheur de Venise est paru en 1960 dans la collection Le Cachet, Éditions de Trévise. Il a été récompensé par le Grand prix de Littérature policière cette année-là. Ouvertement, c’est un roman qui s’inspire de la pièce de théâtre  Volpone de Ben Jonson, datant de 1606. Le riche et cynique usurier vénitien Volpone fait semblant, avec son serviteur Mosca, d’être mourant afin de jouer un mauvais tour à ceux qui visent son héritage. Une histoire d’argent qui se prêtait parfaitement à une version criminelle actualisée.

La pièce de Ben Jonson était sous-titrée Le Renard.  Le fait que le personnage central du roman se nomme Fox, n’est donc pas étonnant, encore que ce soit une identité d’emprunt.

Ce roman, qui fut plus tard réédité chez Le Masque, a vraiment mérité son Grand prix de Littérature policière.

Il ne se contente pas de parodier Volpone. Il est à la fois bien construit et d’une belle écriture, sans abuser du côté théâtral. Selon la formule disant que l’argent pourrit tout, aucun des héros n’est vraiment attachant. Même la jeune Celia n’est pas si candide, et William est un fieffé filou. Une histoire ironique, évidemment, mais aussi riche en nuances qu’en suspense. Un excellent polar de cette sorte ne vieillissant pas, c’est donc un roman à redécouvrir.

Auteur
Thomas Sterling
Titre
Le Tricheur de Venise ; trad. de l’anglais par Geneviève Hurel.
Editeur
Librairie des Champs-Elysées, Paris – 1990.
Description
220 p. ; 17 cm
Notes
Titre original: The Evil of the day.
Langue
Français.
ISBN
9782702420256

.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Tous les articles des derniers mois…

%d blogueurs aiment cette page :