Pluie d’or au pavillon russe

Le pavillon russe est l’un des quelques pavillons nationaux construits avant la Première Guerre mondiale.

Le pavillon a été construit à partir de 1914 par le grand architecte russe Alexey Shchusev. La construction a commencé  quand le tsar gouvernait encore la Russie, et s’est terminée plus de trente ans plus tard, lorsque le pays était déjà l’Union Soviétique. Voir notre article sur le centenaire du pavillon russe.

Vadim Zakharov

C’est le projet de Vadim Zakharov qui représente la Russie à la 55ème Biennale d’art de Venise, sur le thème du Mythe de Danae.

Une nouvelle  fois  cette  année c’est la Fondation Stella de Moscou, qui est responsable du pavillon, qui a choisi le projet de Vadim Zakharov. Avec ce projet, la Russie convoite le grand prix de la Biennale de Venise, le Lion d’Or, en exposant une impressionnante installation.

Les visiteuses doivent se rendre dans la caverne de l’or, au rez de chaussée, où il pleut des pièces d’or. Cependant, l’appui des femmes est nécessaire, et ce distinguo des sexes définit immédiatement l’exposition sonore et plonge le visiteur dans le mythe grec antique de Danae : « Son père, Acrisios, l’emprisonne dans une tour d’airain quand un oracle lui prédit qu’il sera tué par son petit-fils. Zeus parvient toutefois à se présenter à elle pour la séduire sous la forme d’une pluie d’or. De cette union naît un fils, Persée. Courroucé, Acrisios met sa fille et son petit-fils dans un coffre qu’il jette à la dérive. Ceux-ci parviennent à Sérifos, où le roi Polydecte, épris de Danaé, tente de la forcer à l’épouser. Pour parvenir à éloigner Persée, potentielle menace à son mariage, il l’envoie combattre la gorgone Méduse. Persée revient, après maintes aventures, vainqueur de Méduse. Avec la tête mortelle de la gorgone, il change le roi en pierre et réussit à ramener sa mère à Argos. »

C’est donc la prérogative des femmes de rentrer dans la caverne munies de parapluies pour se protéger de cette pluie de pièces d’or interrompue.

Les hommes sont  interdits d’accès dans la caverne d’or et sont obligés d’admirer le spectacle depuis le haut d’une galerie. Ils commencent la visite non par le rez de chaussée ou se trouve la caverne de l’or mais par les étages supérieurs, en montant ils verront au deuxième étage  sur une poutre près du plafond un homme en costume assis comme sur une selle, méthodiquement il décortique des cacahouètes et jette leurs coquilles sur le sol.

La deuxième pièce,  avec  un  plafond en miroir, d’où l’on entendra et l’on verra les pièces tomber. Au premier étage, un atrium clos  avec une balustrade en bois sculptée, des coussins moelleux permettent de se mettre à genoux et de jeter des pièces que l’on s’est procurées avant de rentrer dans le pavillon.

S’exposer à cette pluie d’or à l’abri des parapluies transparents préparés à l’avance, est donc la prérogative des femmes alors que les hommes sont interdits d’accès et sont obligés d’admirer le spectacle du haut d’une galerie courant le long des murs et de s’interroger sur sa signification. Mais Vadim Zakharov n’a pas l’intention de dévoiler le sens symbolique de son installation :

« Le message que je veux faire passer est que l’homme doit penser. J’ai érigé une structure et c’est maintenant aux spectateurs de réfléchir à ce que je voulais dire.« 

Золото на память раздают в павильоне России на Венецианской биеннале

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L’interprétation moderne du mythe par Vadim Zakharov donne à penser que le monde est obsédé par l’argent et secoué par les crises financières, du moins, c’est ce qui compréhensible à tous les visiteurs de la Biennale.

Il faut également voir dans cette installation, une autre connotation, fortement érotique, puisque la pluie d’or (en russe золотым дождем) est un jeu sado-masochiste fort prisé en Russie, où les partenaires masculins urinent sur des fille qu’ils ont payés.

Pour réaliser cette exposition,Vadim Zakharov et le conservateur Udo Kittelmann ont utilisé : un escalier, une selle, 50 kg de cacahuètes, la balustrade sculptée d’une église orthodoxe, 200.000 pièces de monnaie, 2.000 parapluies, chaise pour la peine d »amour, une dame et deux messieurs…

L’exposition à été inaugurée par Vladimir Medynski ministre de la culture de la Fédération de Russie, qui est reparti avec une pièce en or « en souvenir ».

Voici son interprétation de Danaé : « C’est la vérité simple selon laquelle l’argent ne fait pas le bonheur et que l’âme humaine ne doit pas être uniquement tournée vers l’acquisition des biens matériels. Je crois que c’est intéressant et que cela attirera l’attention du public.« 

Золото на память раздают в павильоне России на Венецианской биеннале

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