La ville engloutie dans la lagune de Venise

Un des "Dingo" de Torcello

Si vous saviez combien d’histoires les chats de Torcello ont à nous raconter !

Une des histoires les plus surprenantes, peut-être, est leur théorie de la ville engloutie dans le fond de la lagune vénitienne. Selon les chats de Torcello, sous la lagune, repose la mythique Atlantide.

La preuve, ils vous la montreront volontiers, sur un mur au fond de la grande place, derrière le trône d’Attila.

Lapidarium de Torcello

tondo

Cette pierre sculptée représente une sorte de tour, de 30 centimètres de diamètre. Quand ils nous l’ont fait remarquer, la première fois, nous ne pouvions pas en croire nos yeux !

Une des tours de l’Atlantide, au moins celle décrite par Hérodote et Platon.

Venise archaïque ? Oui, bien sûr !
Parcourons la lagune, dans une brève excursion toponymique : Burano a une origine iranienne et signifie Eufrate ; Sile est le nom d’un fleuve égyptien ; Mendìgola signifie bateau et se réfère à Minos. Et d’autres noms que nous sommes habitués à utiliser familièrement Medoaco, Mandracchio, etc.

Il semble qu’il y ait eu une émigration depuis les îles de la mer Egée et les Cyclades en particulier, qui faisaient partie de la Crète, vers la lagune vénitienne environ 2000 avant JC. Ces personnes ont immigré en masse, se sont organisée en clans ou en petites tribus. Ainsi, il est facile de voir comment chaque clan occupe sa propre île, et construit – selon les besoins communs de ces gens – d’abord la résidence royale, puis les habitations du clan, puis la tour de la prière.

Les Minoens étaient des gens très riches (ils étaient propriétaires de mines d’or). Ils apporté leurs trésors des lagunes, comme un lien avec la mère patrie. Non seulement ils ont conservé des relations affectives, mais aussi commerciales. Ils ont été capables de construire ici avec beaucoup de matières précieuses comme le lapis-lazuli, les métaux, etc.
La finesse des œuvres n’exclut pas que des loupes étaient utilisées pour travailler plus en détail.
Mais à une époque imprécise, un phénomène marin de portée énorme aurait mis en péril l’existence de ce peuple. On parle d’un raz de marée de pas moins de six mètres de haut en moyenne.
La boue et l’argile ont tout recouvert. Les murs, à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments, ont été fissurés, couvrant les sculptures, les gravures, les fresque et les mosaïques.
La boue et d’argile ont profondément pénétré les murs, pour de nombreux siècles. La richissime cité à sombré dans les flots, perpétuée encore de nos jours par la légende de Venise à nouveau engloutie, comme la grande cité archaïque.

Parfois on exhume des profondeur des eaux des merveilles sculptées, vestiges d’une cité disparue, même dans la mémoire des hommes, suite à deux mille ans de persécutions par l’église catholique, qui a voulu effacer ce mythe.

Très peu de gens savent la signification du nom de Venise : du latin veni etiam (le retour), signe que les premiers habitants de la lagune espéraient, un jour, rentrer chez eux, dans leur pays.

14 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Lorenzo
    Mar 08, 2013 @ 09:53:13

    Belle histoire. De quoi faire rêver plus d’un lecteur. « Et si c’était vrai tout ça » comme le chantait Jacques Brel. Puisqu’il n’y a aucun document écrit et encore moins des images de ce qu’aurait pu être cette civilisation déportée par nécessité sur la lagune, on peut tout imaginer, tout envisager. Mais je ne partage pas le signifiant profonde d’une de vos phrases. « suite à deux mille ans de persécutions par l’église catholique, qui a voulu effacer ce mythe ». Cela reviendrait à dire que dès ses débuts, dans la persécution et la clandestinité (on parle d’il y a 2000 ans), l’Eglise aurait eu la force et l’intuition de persécuter et anéantir à son tour ? Quant on sait le soin que les moines ont pris à conserver, protéger et étudier tous les mythes, les idées, les pensées des civilisations païennes, on pourrait imaginer que quelque part dans un monastère semblable à celui que décrit Umberto Eco dans « Le Nom de la rose », se trouve un manuscrit relatant l’existence de ces minoens exilés et leur disparition dans les boues d’un cataclysme écologique… Ma réflexion ne veut pas nier l’hypothèse que les chats de Torcello aimeraient pouvoir nous raconter, elle ouvre au contraire en grand notre imagination. Les mythes ont la vie dure et c’est tant mieux, ils sont la part de rêve qui fait l’espoir des hommes et alimente leur envie d’aller de l’avant. Le christianisme a sa place, triomphante et unique, dans cette belle histoire de l’Humanité. Ce n’est que bien plus tard, alors que ces témoins lapidaires étaient déjà accrochés sur les murs de l’ancien palais épiscopal de Torcello, que les hommes se prétendant omnipotents se sont servis de lui pour persécuter à leur tour et détruire. Mais que serait Venise et sa civilisation sans le christianisme ? Merci pour cet excellent billet.

  2. oliaiklod
    Mar 08, 2013 @ 10:25:31

    Merci Lorenzo.
    En fait, comme toute légende, celle-ci a une part de vérité, et nous aurons l’occasion de revenir dessus dans les mois à venir.
    Il existe bel et bien une immense cité engloutie sous cette partie de la lagune, des études et des recherches archéologiques l’ont démontré.

    Nous en parlerons bientôt de nouveau (quels bavards ces chats de Torcello, mais aussi, quelle mine d’informations !)

    Post scriptum : je reconnais avoir rajouté mille ans de trop au délit de déni de la ville antique par l’église et les patriciens vénitiens. C’est en effet postérieur au Xème siècle, époque à laquelle de nouveaux réfugiés créeront leur nouvelle cité au Rialto.

  3. Christian Lallier
    Mar 11, 2013 @ 08:59:42

    Jamais entendu parler de cette légende

  4. oliaiklod
    Mar 11, 2013 @ 09:21:51

    Les chats, Christian, il faut écouter les chats…

    Ammania était son nom, décrite dans l’Origo, d’abord grecque puis la plus grande cité romaine de la région (plus grande qu’Aquilea). Plus qu’une légende, c’est une réalité historique… nous y reviendrons.

  5. Rétrolien: Le mythe de la ville antique | Olia i Klod
  6. Rétrolien: La Motta di San Lorenzo di Ammiana | Olia i Klod
  7. Rétrolien: Isola La Salina | Olia i Klod
  8. Rétrolien: Le grand retour de l’Aqua Alta | Olia i Klod
  9. Rétrolien: Venise se meurt | Olia i Klod
  10. Rétrolien: La vie dans la lagune dans le Haut Moyen-Age | Olia i Klod
  11. RANLIAL
    Fév 03, 2014 @ 07:37:47

    très intéressant

  12. Rétrolien: Des traces de l’Atlantide à Venise? | Olia i Klod
  13. Rétrolien: Pour comprendre le scandale, notre enquête sur le MOSE | Olia i Klod
  14. Rétrolien: Isola di S.Felice delle Saline | Olia i Klod

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