Isola di San Giacomo in Paludo

Après avoir quitté Murano en direction du nord, le vaporetto ralentis à proximité d’une île, qui se trouve le long du canal Scomenzera San Giacomo qui relie Murano à Burano, juste avant l’île désolée de la Madonna del Monte. Cette île a une superficie de 12 496 m².

Relativement préservée, Saint Jacques des Marais possède une longue et riche histoire.

Sur l’île, comme sur plusieurs autres îles de la lagune, on retrouve des tessons antiques, ou de l’époque romaine, qui ne peuvent s’expliquer que par un habitat permanent sur l’île dès cette période (Benedetta Rossignoli : L’Adriatico greco. Culti e miti minori, Rome 2004).

En 1046, alors que le doge Orso Badoer II possède l’île, il la concède à Giovanni Trono de Mazzorbo afin qu’il y construise un monastère dédié à Jacques de Zébédée, accueillant les vagabonds et les pénitents. Dans le Haut Moyen Age il y avait un hospice pour accueillir les pèlerins en Terre Sainte.

En 1238, le couvent passe entre les mains des moines cisterciens qui l’abandonneront en 1440 pour se réfugier à l’abbaye de Santa Margherita sur l’île de Torcello.

Puis, ce sont les franciscains qui y ont vécu.  En 1456, lors de la grande épidémie de peste, l’île fut temporairement utilisée comme lazaret et léproserie. Après la peste de 1456, l’ensemble monastique à été restauré avec des éléments provenant du monastère de l’île di Ammiana qui avait été démoli. En 1459, le pape Pio II donne son accord au Sénat pour que le monastère soit confié au frère Francesco da Rimini.

Au XVIème siècle s’y installèrent les cordeliers (Conventuali dei Frari di Venezia), ordre qui fut supprimé en 1769. A cette époque, il ne restait plus sur l’île qu’un seul religieux qui célébrait les fêtes et les processions dans la lagune, offrant toujours l’hospitalité aux voyageurs de passage ou accueillant les marins lors des tempêtes.

Toutefois, l’île s’est toujours retrouvée à combattre les éléments naturels et surtout l’érosion des berges. C’est pourquoi à plusieurs reprises, les moines furent sollicités afin de restaurer l’île et le complexe religieux

Dans les dernières années de la République, l’île était habitée par des laïcs et des mendiants qui demandaient l’obole aux barques de passage avec une longue perche (Voir à gauche, sur la gravure de A. Visentini de 1777, ci-dessus) En 1810, les édits napoléoniens supprimèrent le monastère qui fut alors détruit.

Sous la domination autrichienne l’île a été transformée en une forteresse armée de canons, d’après un projet des architectes Gregori et Ganassa. L’armée italienne l’a ensuite utilisé l’île comme dépôt de munitions. Jusqu’à 1961, le bâtiment à l’abandon a été utilisé à nouveau comme un poste militaire. L’installation militaire doit être restauré. Utilisée jusqu’en 1961 comme un poste militaire privilégié, l’île voit aujourd’hui se poursuivre la protection de son environnement marin tandis que sur l’île, tout n’est désormais plus que ruines.

C’est actuellement un site de recherche archéologiques qui dépends de l’Università di Venezia Dipartimento di Scienze dell´Antichità e del Vicino Oriente Insegnamento di Archeologia Medievale, recherches sous la direction du professeur Sauro Gelichi.

Dès 2002 des fouilles ont commencé sur l’île, qui ont permis de retrouver dans le nord-est de l’île, les fondations du monastère.

A l’est, déjà sous l’eau, il existe d’autres structures qui ont probablement un lien avec le monastère. Les moines et les nonnes semblent avoir construit des canaux, ainsi que les voies de cocciopesto (mélange de chaux et de fragments d’argile), l’église du XVIème et le monastère médiéval ont été découverts. Il est évident qu’ils devaient être entourés de murs, construits pour protéger les bâtiments et afin de contrer la montée des eaux.

En 2003, l’ancien cimetière a été fouillé, et deux corps bien conservés ont été découverts. Les deux hommes de 35 à 40  ans, environ 1,75 m de haut, ont été enterrés ici. En outre, on a trouvé une fosse à déchets, les plus anciennes pièces datant du XIIIème siècle.

La « Cavana dell´ortolano » mentionnée par Corelli a été découverte, qui permet d’imaginer l’existence d’un port de plaisance et d’un chantier de réparation , à partir du XIIème et jusqu’au XVIIème.

D’après le témoignage de Coronelli, on sait qu’il y avait trois autels dans l’église, le majeur dédié à Saint Jacques, l’un à Marie et l’autre aux Saints Jean-Baptiste, François, Antoine et Bernard. Il est fait mention également, d’une chapelle dédiée à San Nicolò di Bari dont la statue était flanquée des Saints François et Antoine. Sur la statue de bois, il y avait une inscription du Cardinal Ludovico Donà, franciscain assassiné sur ordre du pape Urbain VI en 1385.

L’île possédait une spacieuse cavana couverte avec une loggia, destinée à accueillir les marins en détresse. 0 l’intérieur, un oratoire avec un bas relief en bois de San Antonio abbate.

L’île peut se visiter, notamment à l’occasion de Isole in Rete Festival della Laguna di Venezia qui se déroule en septembre.

Bibliographie :

  • Carlo Beltrame, B. Baudo, D. Calaon: Area 1000 e 2000: la chiesa di San Giacomo e il monastero delle fasi medievali e tardomedievali, in S. Gelichi, F. Baudo, C. Beltrame, D. Calaon, S. Smith: Isola di San Giacomo in Paludo (laguna nord, Venezia): gli scavi delle campagne del 2003 (SGP03a, SGP03b), in: Quaderni di Archeologia del Veneto 20 (2004) 160-177.
  • Ernesto Canal: I ritrovamenti ceramici attici e di epoca romana in San Giacomo in Paludo, un isola da recuperare. Testimonianze di storia e archeologia di un’isola della laguna veneta, Ausstellungskatalog Venedig 1988, S. 39-42.
  • Sauro Gelichi: Archeologia e monasteri nella laguna veneziana: San Giacomo in Paludo, in: R. Fiorillo, P. Peduto (Hrsg), III Congresso Nazionale di Archeologia Medievale, Salerno 2003, S. 243-270.
  • Sauro Gelichi, Fulvio Baudo, Diego Calaon, Carlo Beltrame: Isola di San Giacomo in Paludo (laguna veneziana). Attività di ricognizione, rilievo, scavo e studio stratigrafico degli elevati, in: Anna Paola Zaccaria (Hrsg.): Le missioni archeologiche dell’università Ca’ Foscari di Venezia, Venedig 2004, S. 97-110.

Voir également l’article et les photos de Fausto dans son blog Alloggi Barbaria

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