Le Monde de la Mode : Londres, Paris et la Grèce en 1828

La robe ici représentée est celle de la fille d’un Archon, et est une charmante combinaison de fantaisie et splendeur. 

Au dessus d’un jupon de soie vert, bordé de trois bandes d’écarlate, une robe écarlate courte près du corps, richement brodée d’or. Le corsage est de soie verte, avec des pointes qui tombent sur la poitrine, bordé par la dentelle d’or, et un tablier de soie blanche termine la robe, travaillé dans cette fine broderie de fleurs de diverses couleurs, dans laquelle les grecs de l’époque excellaient à la manière des anciens. Patrimoine et savoir faire aujourd’hui disparu !

Les manches écarlates, superbement brodées d’or, sont carrée aux épaules et plaquées contre les bras. Les poignets sont très lâches, et ornés, à l’extérieur de la main, avec de petites pièces d’or du pays.

Une robe du soir en crêpe aérophane blanc, sur du satin blanc bordée tout simplement avec un ourlet large.  Le corsage de velours noir, en pointe, « à la Marie Stuart », avec une draperie à la Sévigné sur le buste, et des pointes au dessus de chaque épaule, qui forment des mancherons sur de longues manches blanches, « à la Marie », en crêpe aérophane. La plénitude de ces manches est confiné dans le centre au dessus des coudes, par de fins brassards d’or et d’émeraudes, et aux poignets par des bracelets identiques.

Une robe de dîner en satin, de couleur fleur de guimauve, avec un large ourlet et des décorations de dentelle sur le devant. Entre chaque pointe de l’ourlet on a placé une feuille ronde. Ce feuillage est gaufré, et a un effet très agréable. Le corsage est caché par une pèlerine près du corps, de la même matière que la robe. Les manches sont « en gigot ».

Une robe du matin en gros de Naples (ou gros de Tours) avec une large marge de gaze en bouillonné de la même couleur.  Un ourlet en rouleau étroit fait le tour de la jupe, d’où descend le feuillage gaufré en satin, de simples feuilles détachées. Ceux-ci sont surmontés par des branches de feuillage de satin jaune, avec des tiges tordues qui, montent, dans une spirale oblique à travers la jupe. Le corsage est fait de façon simple et très ajusté au corps très dégagé sur les épaules, le buste est entouré par un double pliage de gaze, d’un motif riche et splendide. Deux pointes ornent les manches courtes et complètes sur l’extérieur des bras, chacune fixée par deux petites rosettes de satin blanc. La taille est enserrée par une cordelière jaune.

La robe de promenade est une pelisse en satin bleu (ou en gros de Naples).  Le bas de la jupe est entourée de deux grosses bandes de fourrure, formant une riche décoration. Chaque rang de fourrure est surmonté par une belle broderie de satin blanc. Les couleurs employées pour cette robe sont « chastes et délicates » et, en aucun cas trop vives, ce  qui l’aurait rendue inutilisable pour la promenade, pour laquelle, elle est conçue. Elle est également bien adapté au froid car il est ouatée, et fermée jusqu’à la gorge. Le corsage est « en gerbe », admirablement apte à mettre en valeur la beauté du corps. Il se boutonne sur le devant du col à la ceinture, qui est étroite, et, formée de deux fins cordeaux. Ces ceintures élastiques sont faciles, et pourtant toujours assez serré. Les manches sont en gigot, et col et poignets sont de la même fourrure que dans le bas de la jupe.

Une robe de diner en crêpe sur satin blanc, avec deux volants entièrement brodés de motifs fleuris à la base. Sur la partie supérieure, également,  un motif de broderie superbe, travaillé sur la robe elle même, de fleurs blanches en fil soie. Le corsage de satin blanc, avec une draperie en crêpe, « à la Sévigné », autour du buste. Le centre du corsage est fermé par une rangée d’une fantaisie, qui descend sur le devant jusqu’à la taille où la ceinture, consiste en un  simple ruban blanc.

Une pelisse pour cette robe de promenade  de velours noir, bordée de chinchilla à la witzchoura, qui se termine dans le dos par un fichu intégré à la robe, et surmonté à la gorge par une pèlerine ronde de chinchilla, placé sous une fraise française de mousseline claire, empesée, bordée de dentelles Van Dyck. un bonnet de velours noir, avec un élégant plumage et des demi-brodequins de marche, en chevreau noir, bordés de fourrure, donnent la touche finale à cette tenue.

Une robe du soir en crêpe rose, garnie à sa base de rubans bouffants de satin rose, bordés de fines rayures noires, et placés dans le biais. Le corsage ajusté au corps avec une ceinture nouée par un gros nœud dans le dos. Les manches courtes, et très complet, et garni de bandes de rubans bouffants, pour répondre aux ornements sur l’ourlet de la robe. Autour du buste le col est agrémenté de guipure sur deux rangs.

Une robe du matin en satin vert-feuilles de houx, ou n’importe quelle autre dynamique couleur d’hiver, avec large ourlet dans le bas de la jupe, surmonté de quatre plis étroits tombant les uns sur les autres, d’où pendent, une rangée de feuilles en dentelle. Un spencer de velours, de la même couleur que la robe, forme le corsage, et manches, décoré de feuillage en dentelle noire, jusqu’en haut des manches, qui sont « à la Marie », et très amples : ces manches sont de la même matière que la robe, et sont fixés au niveau du poignet par un bracelet en or très large, joint par un camée. Une bande de velours encercle la taille, fixée à l’avant avec une boucle d’or carré. Une collerette de guipure entoure la gorge à la manière d’une fraise.

Une robe du  matin de cachemire blanche, bordée par un ourlet très large, sur laquelle est brodé un motif grec en couleurs. Les manches « en chemisettes », pleines sont confinés autour du poignet par un large bracelet travaillé comme de la mosaïque. Par-dessus cette robe un ample manteau de fabrication indienne, en cachemire, avec une large splendide bordure, d’un motif oriental de différentes couleurs. Ce manteau, bleu cæruléum, et entièrement doublé de satin blanc. Autour de la gorge un col en fourrure de martre, nouée par un cordon de la même couleur que le manteau. La cape de la forme du mantelet russe, descends jusqu’aux coudes.

Une robe de soirée bleu céleste, en gros de Naples. Le corsage en circassienne, avec mancherons fendus sur de longues manches « en gigot » de crêpe blanc. Un béret bleu céleste de gaze tachetée, avec deux « esprits » blancs, forme la coiffure. Ces esprits sont placés sous le bord. Le béret est également orné de nœuds de rubans lamés bleu et argent.

Cette robe de promenade est une pelisse de soie indienne noire, avec un très large ourlet à la base, bordé par un étroit rouleau de satin gris. De chaque côté de la jupe à l’avant, placés dans le style bavarois, des ornements de feuilles séparées, légèrement rondes avec le revers gris argenté, de la même couleur et matière que la pelisse. À la base de chaque feuille : un bouton en or. Le corsage est près du corps et orné de Brandenburghs noirs et serré à la taille par une ceinture, avec trois boutons d’or. Les manches sont pleines, amples, et de la forme « en gigot ».
Un beau châle foulard du Tibet est jeté sur cette robe, telle une élégante draperie. Il est d’un bleu vif éthéré, avec une large et élégante bordure, sur laquelle sont tissées de grandes feuilles de palmier dans des couleurs vives et variées, et se termine par une grande frange riche. La capote est en gros de Naples blanc, ornée avec le même feuillage, et bordée de guipure.

Une robe de soirée de satin lavande sombre, à la base en bouillonné de crêpe de la même couleur.  La couture est agrémentée par deux étroits rouleaux de satin, de deux tons plus foncés. Des feuilles dentelées tombent sur la partie supérieure du bouillon, et les rouleaux sont surmonté de nœuds en satin lavande foncé. Le corsage est assez simple et près au corps. La partie avant entouré d’une double collerette de crêpe aérophane, bordée de fins rouleaux de satin  lavande, dont la couleur et la matière rappellent les petites feuilles détachées ornant le volant. Les manches à la mamelouk sont en crêpe aérophane blanc,  et serrées aux poignets par de larges bracelets d’or sertis par un camée. Autour de la taille est une simple ceinture, pour en accord avec la robe. Le chapeau est en velours blanc, garni de guipure et de satin blanc et couronné d’un plumage léger et élégant.

Une robe du soir en tulle sur un gros de Naples blanc, avec dans le bas de la jupe, un large ourlet fait de volants, bordés par deux rangées de chaîne brodée, formée de satin rose en rouleaux : ces volants sont dirigés de la même manière, et donnent l’apparence d’être indépendants de la robe. Le corsage est décolleté, avec une bordure de guipure, orné dans le centre par une chaîne de satin rose analogue à celles du bas de la robe. Les manches courtes et très pleines, avec une étroite bande de satin rose autour des bras. Une ceinture à la cordelière, encercle la taille, avec ses extrémités composées de grosses boules de soie tissée, se terminant par un superbe gland, cette ceinture est de couleur rose.

Une robe de bal, ou une robe de soirée de crêpe bleu céleste, avec un ourlet formé de rinceaux, en « drapés rideaux » de satin bleu. Chaque plis et orné de couronnes de fleurs bleues et blanches. Au-dessus de cet ourlet sont des ornements entaillés, doublés de manière à former une pointe, et bordé par un étroit ruban de satin rond noir. Le corsage est « à la circassienne », serré à la taille par une ceinture, avec de longues extrémités larges, finement peintes sur un terrain de bleu, avec des épis et des feuilles du maïs comme le font les les Indiens. Un bouquet de tubéreuses, est placé sous le côté gauche de la ceinture. Les manches sont courtes, avec mancherons fendus de crêpe bleu, bordées de guipure étroite à la Van Dyck, d’autres entourent les bras en bouts de la manche: entre les fentes des mancherons il y a de petites fleurs bleues et blanches. Les cheveux sont disposés « à la Madonna », sans aucune boucle.

Une robe du soir en crêpe blanc, délicatement peints dans le bas de la jupe, dans un motif de feuilles de vigne et leurs vrilles. Le corsage est  plutôt complet, et un peu dans le style « à l’enfant », mais décolleté plus profond à l’avant du buste, et dégagé au niveau des épaules. La partie avant est entouré d’une collerette de guipure, plutôt étroite, bordée par trois rouleaux très étroits de satin vert-feuille de vigne. Au centre du décolleté apparaît une partie d’une chemisette légère de la plus fine dentelle. Les manches sont courtes, simples, et pleines, et sont terminées par trois rouleaux de satin vert arrondi au creux du bras, terminées par un petit  volant de guipure. Le turban de gaze porté avec cette robe est orné de petites plumes de Ponceau (variété de Bouvreuil).

Une robe du soir en crêpe blanc, avec, dans le bas de la jupe, un volant ondulé en dents de loups, bordé d’une étroite ganse en rouleau d’une teinte vert-olive. Au dessus de cet volant, et couché dessus, sont cousues, en relief des feuilles de lys-d’eau de satin vert. Le corsage est largement décolleté et serré au corps, fendu à chaque épaule, et bordé d’une guipure très étroite, orné par un rouleau de satin du même vert que ce que le bord du volant. Il est porté avec une pèlerine étroite, en paladin. Les manches sont courtes et très garnies.

Cette robe du matin est une pelisse de satin, de couleur violet Parme, avec une sorte de tablier d’ornement, en velours, de la même couleur. Celui-ci étroit à la base de la taille, s’élargit progressivement à mesure que ce qu’il approche des pieds et les bords sont taillés à la manière de l’architecture antique. Une pèlerine fichu, de la même manière, et du même matériau, couvre le buste en avant, et retombe par dessus les épaules. Les manches sont « à la mamelouk », avec un brassard de velours très fin, taillé à l’antique comme la pèlerine. Une collerette de guipure encercle la gorge, liée à l’avant avec un nœud de ruban vert émeraude. Le chapeau de velours noir, est fixé par une mentonnière de guipure.

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Christiane Brun
    Oct 14, 2012 @ 10:53:37

    Très intéressant ! d’autant que cette période dite « Restauration » est peu décrite. Il faut dire que les robes sont difficiles à faire, qu’on ne trouve pas de patron et que les coiffures sophistiquées et très hautes avec des mèches rapportées demandent obligatoirement un coiffeur professionnel en coiffures historiques.
    ATAD et le Bal Mabille organisent un bal* le D 10 mars 2013 comprenant cette période donc je suis preneuse pour tout « bon plan » qui permettrait aux participantes d’avoir une telle tenue.

  2. oliaiklod
    Oct 14, 2012 @ 11:11:40

    A notre connaissance, tout ce qui existe comme patrons de cette période est dans « Patters of Fashion 1 » de Janet Arnold, plus précisément entre les pages 54 (une robe pelisse) 56 (robe du matin) et 58 (robe de mariage)

    Emma Wilson a réalisé une réplique de cette robe

    Un peut voir également dans ce blog : Replica of an 1827-9 wedding dress

  3. marie40
    Oct 14, 2012 @ 14:12:43

    Merci Claude pour ces superbes gravures et les commentaires qui vont ensemble ! Le tour de taille me fait rêver !!!

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