Isola di S. Spirito

Une autre petite île de la lagune possède une longue histoire, c’est celle de san Spirito.

La trace la plus ancienne laissée à propos de l’île de San Spirito remonte à l’installation des Chanoines Réguliers de Saint Augustin, en 1140. Deux siècles plus tard, il furent chassés pour leur conduite qui ne respectait plus la règle religieuse. Par la suite, l’île a accueilli des Cisterciens qui avaient fui Chioggia après le déclenchement de la guerre du XIVème.

Sur la gravure ci-dessus, d’Antonio Vicentini, parue en 1777 dans l’Isolario Veneziano, on voit, au centre de l’image, l’église sansovinienne construite en 1505.

En 1430, les ermites ont fait construire leur église, sur des plans de Sansovino, et l’ornèrent avec des œuvres de Titien, Giuseppe Salviati et Palma le Vieux.  Quand cet ordre s’éteignit, leurs actifs furent utilisés pour financer la guerre de Candie, et de nombreuses œuvres furent transférées à l’église de la Salute, en 1656, sur ordre du Sénat.

A cette époque, l’île a abrité des moines Mineurs Observants provenant de la perte de Candie.

Santo Spirito a alors été aménagé pour abriter les nonces et les ambassadeurs venus en visite à Venise.

Par la suite, l’île à été saccagée par les troupes napoléoniennes, puis transformée en garnison. Comme on peut le voir sur la gravure de Chevalier ci-dessous, de nombreux bâtiments furent détruits. L’église du Sansovino à été privée de sa partie supérieure. Sur la gauche on peut voir la poudrière et la maison des officiers. L’ancien couvent, à droite, hébergeait la soldatesque.

L’île, définitivement abandonnée en 1960, fut l’objet de toutes les avanies habituelles, et, ces dernières années était dans un état de décrépitude tel, la rendant presque impossible à visiter.

Le ponton était devenu pratiquement impraticable, rendant l’accès plus que délicat. L’édifice le mieux conservé était la maison de type colonial. Le 24 septembre 1970 disparaissait mystérieusement la belle vera da pozzo de l’époque Renaissance qui représentait saint Michel Archange. Dans l’église, les parements en marbre du sol et des murs, avec les motifs du Chemin de croix ont également disparus.

Entre 2002 et 2003 l’île fut vendue par les Domaines, pour la somme de 45 millions de lires, à un « groupe d’hommes d’affaires » padovans, qui se sont réunis dans une société immobilière dénommée Poveglia.

Moins de dix ans plus tard, ces spéculateurs, qui n’ont rien fait pour réduire le délabrement de leur propriété tentent de la revendre avec une énorme plus-value.

Leur propagande indique que l’île, à mi-chemin entre la Giudecca et le Lido, est un joyau à récupérer. L’île, comme nous l’avons déjà dit, n’est pas en bon état, mais la beauté de Venise saura sûrement séduire quelque investisseur étranger. Sans oublier le fait qu’elle se trouve dans un emplacement stratégique, à une promenade en bateau de dix minutes de la Piazza San Marco et cinq du Lido. Le prix n’a pas été divulgué, mais il est supposé très élevé : la possibilité de construire à Venise est devenue une rare occasion. Massimo Saporito, directeur des investissements de Collier International, la société chargée de la vente a déclaré : « Nous sommes en train de sonder les investisseurs potentiels.« 

Ci-dessous, une maquette présentée dans la propagande le l’offre de vente :

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Rétrolien: Titien dans la sacristie de La Salute | Olia i Klod

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