Sur les traces de Giacomo… Manon

Casanova a courtisé et pensé épouser la fille de l’actrice Silvia Balletti, Marie-Madeleine, dite Manon, qui l’a follement aimé pendant trois ans, et en toute innocence. Les lettres de Manon ont été conservées et publiées. Manon épousera finalement François-Jacques Blondel, architecte du roi.

C’est en juin 1750 que Casanova, qui avait alors 25 ans, est arrivé pour la première fois à Paris. Les trois Saint-Sevin faisaient partie de l’orchestre de l’Opéra et Joseph-Barnabé, cette année là, a particulièrement brillé au Concert spirituel en jouant seul ou avec Gaviniès ou Dupont. Il y a fait aussi interpréter ses propres œuvres comme sa symphonie à deux cors de chasse.

Casanova était un ami de longue date des Balletti, qu’il avait rencontrés en Italie. Il fait le portrait de Silvia à l’occasion de ce premier voyage à Paris en 1750 (III, 8 ; II, 560-561). Selon un rapport de police, il aurait alors été son amant et elle l’aurait entretenu.

Après de nombreux zigzags à travers l’Europe à la poursuite de nouvelles aventures et de nouvelles conquêtes, après un emprisonnement et une évasion, Casanova est revenu à Paris au début de 1757. Manon, la fille de ses amis Balletti, qui avait neuf ans lors de son premier voyage en avait alors maintenant seize et était devenue la plus jolie des femmes dont Nattier a fait de son portrait un chef d’œuvre du genre

Casonova succombe à ses charmes, grâces, vertus, talents et savoir-vivre, d’autant plus qu’il savait ses sentiments partagés. Le fiancé officiel, un musicien, est congédié et Manon ne va plus vivre que pour Casanova, beaucoup lui écrire pour finalement se lasser de ses trop longues et trop nombreuses absences et se marier en 1760 avec un architecte de trente-cinq ans son aîné.

C’est avec Manon que Casanova va assister aux concerts de la Pouplinière en 1759. On le voit aussi au théâtre et dans tous les endroits à la mode. Mais, c’est avec Mme du Rumain qu’on le trouve le 3 avril 1759 au Concert spirituel et que l’on apprend ainsi incidemment sa participation à l’œuvre jouée ce jour-là : un oratorio de Mondonville sur des paroles de l’Abbé de Voisenon.

Mais il n’a pas que la musique en tête. Jugez-en :

Je la quittai l’esprit fort occupé, et me dirigeai vers les Tuileries, où l’on donna un concert spirituel. C’était un motet composé par Mondonville, et les paroles étaient de l’Abbé de Voisenon, auquel j’avais donné le motif : les Israélites sur la montagne d’Oreb.  Ce morceau écrit en vers libres, était une nouveauté qui faisait du bruit. En descendant de voiture j’aperçus Mme du Rumain qui descendait seule de la sienne. Je cours à elle et je suis accueilli en bonne connaissance. « Je me félicite, me dit-elle, de vous trouver ici ; c’est presque une bonne fortune. Je vais voir cette nouveauté et j’ai deux places réservées ; vous me ferez plaisir d’en accepter une.

Sentant tout le prix d’une offre aussi honorable, quoique j’eusse mon billet d’entrée dans la poche, je n’eus garde de refuser, et lui offrant respectueusement mon bras, nous allâmes occuper deux des meilleures places.

On ne jase pas à Paris quand va entendre de la musique sacrée, et surtout du nouveau. Mme du Rumain ne put donc point juger de l’état de mon esprit par mon silence pendant le concert, mais elle le devina à ma physionomie dès que tout fut fini ; car j’avais l’air abattu et préoccupé, ce qui n’était pas naturel. …

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Tous les articles des derniers mois…

%d blogueurs aiment cette page :