Marie… 1902, la Casa Zuliani

Marie de Régnier entretient depuis plusieurs mois une relation saphique avec Georgie Raoul-Duval amante, également, de Colette.
Régnier, lui, n’a qu’un seul objectif, qu’une seule et obsédante pensée : Venise.

Un nouvelle fois, il va entraîner Marie.

Pourtant, le palais Dario est en réparations. On le ceinture d’une chaîne de fer pour assurer sa solidité. Régnier loue donc un appartement à la Casa Zuliani, sorte de pension de famille où ils ne feront que passer les nuits.

En effet, ils se retrouvent tous les jours au palais Venier, avec Mme de la Baume, Mme Bulteau, Mme Waquez et un attaché d’ambassade auprès du Vatican, Henri Gonse.

Pour Marie, c’est son quatrième séjour vénitien, et elle le passe en paressant le plus souvent au soleil, ou se mémorisant son éblouissante odyssée en Méditerranée. A Constantinople, Pierre Loti avait proposé à ses amis « une classe de divertissement que les guides ignorent« . Dans une maison très spéciale, il avait obtenu, à prix d’or, qu’une petite danseuse arméniennes, étoile d’un théâtre turc, vint danser quelques pas originaux. Elle le fit et tomba amoureuse de Marie. La suite n’est pas difficile à imaginer quand on se trouve dans une « maison très spéciale ». D’ailleurs, Loti s’entremit plusieurs fois pour faciliter l’accès des Régnier dans des endroits interdits, les accompagnant, même, quelquefois. Farrère fit de cette soirée un épisode central de sa nouvelle « La muraille de Chine » (qui offrit à Marie, dédicacée).

A Venise, Marie à emporté une série de photos réalisées quelques mois plus tôt, probablement par Pierre Louys.

De ce séjour à Venise, elle donnera, dès son retour au mois d’octobre, une suite de poèmes : « La fontaine turque » ; « Les eaux douces du songe » ; « Le cimetière des poètes » ; « Le mont Athos » et « La maison de Damas« , qui paraîtront dans La Revue des deux mondes.

Ses poèmes, ses « turqueries », ne sont que la partie visible de l’activité littéraire de Marie. Durant ses vacances bretonnes et à Venise, elle a ébauché un nouveau roman. Elle en a écrit les premiers chapitres. Ce livre, jugé scandaleux dans les salons parisiens, avant même sa parution, n’est autre que le récit des amours d’un homme partagé entre ses deux maîtresses. Ce serait banal, si les deux jeunes femmes n’étaient sœurs. Ce sera « Le Brelan« .

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  1. Rétrolien: Marie – Vaudoyer… encore « Olia i Klod

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