Marie – Venise – 1901

En 1901 Marie de Régnier passe l’été à Parray-le-Monial : « … la petite ville de Paray est cocasse et microscopique avec sa place entourée d’acacias nains, ses curés et autres nones… » Telle est la description que donne Marie de la ville à Madame Bulteau dans une lettre.

Madame de la Beaume, justement à invité les Régnier à Venise, et, de retour de Paray, Marie ne restera parisienne qu’une quinzaine de jours. A peine rentrée elle prépare ses valises pour passer le mois d’octobre à Venise, au Palais Dario. Les Régnier prennent le train Paris-Bâle, franchissent les Alpes par le Saint-Gothard et rejoignent Venise en passant par Milan, Vérone et Padoue.

En 1901, les chambres du Palais dario ne sont pas assez nombreuses pour accueillir tous les invités de Mme de la Beaume. Si Augustine Bulteau, Mme Wasquez, les Régnier logent au palais, le peintre Maxime Dethomas, le docteurVivier et sa femme sont installés au palais Venier que Mme de la Baume à loué et fait aménager.

Maxime Dethomas est le frère de Germaine Dethomas, que Pierre Louÿs envisagea d’épouser à une époque. Très grand, gros et placide, homme de goût, excellent peintre, il éprouvait pour Mme Bulteau une profonde admiration… et un certain penchant, qui, toutefois, ne restera qu’un commencement.

Le docteur Henri Vivier est un grand gaillard à la barbe et aux cheveux blonds. Médecin, au véritable sens du terme, il continuera, plus tard, à soigner ses malades, malgré une tuberculose, et ce, jusqu’à son dernier souffle. Il avait épousé la fille du peintre Alfred Stevens, Catherine, en vain courtisée par Claude Debussy.

Cette année-là, la famille Daudet se repose dans un palais non loin de là. Léon Daudet, le polémiste n’éprouve aucune sympathie pour Régnier, mais il se joint souvent à leur petit groupe, par amitié avec le docteur Vivier. Régnier, qui trouve Maxime Dethomas « … aimable et cordial, Vivier éloquent, et sa femme silencieuse et belle… » ne se sent pas en bonne condition physique. Au retour d’une promenade, il est pris de frissons. Le docteur Vivier diagnostique une congestion pulmonaire.

Marie, pendant toute la durée de la pneumonie de Régnier, reste une garde-malade attentive et attentionnée. Sa bonté naturelle trouve là un terrain propice à se dévoiler. Dès que la santé d’Henri s’améliora, elle redevient l’imprévisible et fantasque Maricotte.

Le lundi 10 décembre, Marie reçoit une lettre de son amant, qui, considérant que Régnier, convalescent, luis sera à charge, propose de venir les chercher à Venise et de rentrer avec eux. Marie lui réponds le même jour depuis la Ca’ Dario : « Autant je suis touchée, cher Poup, que vous ayez pensé à venir nous chercher, autant je serai fâchée si vous veniez réellement… »

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  1. Rétrolien: Marie – Vaudoyer « Olia i Klod

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