Les révoltés du Harry’s

Vendredi dernier, les clients du Harry’s Bar, la célèbre institution vénitienne située, à deux pas de la piazza san Marco, ont eu la surprise d’être servis par Arrigo Cipriani en personne, l’illustre patron de la maison, qui, d’ordinaire, se déplace uniquement pour les stars.

Cipriani, souhaitant minimiser son rôle insolite, déclarait à la presse, arrivée en grand nombre : «Non è la prima volta che mi capita di servire ai tavoli e non sarà neanche l’ultima. Il contratto integrativo precedente è scaduto e ora c’è qualche problema, ma sono certo che lo risolveremo, e in ogni caso la situazione non pregiudicherà il normale funzionamento dell’Harry’s Bar. Non c’è nessun ammutinamento».

Ce n’est pas la première fois, ni la dernière que j’effectue le service à table

Comment, celui qui ne se déplace que pour le gratin et les peoples, a bien pu servir ainsi, ce jour-là, les clients ordinaires ?

C’est que, simplement, les employés du célèbre établissement avaient annoncé dès 19:45 heures : à 20:30 heures, ils poseraient leurs tabliers en signe de protestation et ne serviraient plus les clients… ce qui fut dit fut fait, et, ont revêtus leurs habits civils avant de laisser les administrateurs et le patron face aux clients.

La raison de cette soudaine mutinerie dans l’un des établissements les plus huppés de Venise ?

Lorsqu’ils ont reçu leur dernière fiche de paye, tous les employés ont constaté, avec surprise, que leurs prime sur leur pourcentage au chiffre d’affaire avait été supprimée et que seul leur était payé le salaire de base, fixe, de 1.100 €euros. Les meilleurs serveurs de l’établissement gagnant jusqu’à 2.000 €uros par mois, la différence est de taille.

Arrigo Cipriani explique cette disparition par le fait que la prime sur les recettes était la conséquence d’une accord signé en 2009 qui est arrivé à échéance, et que, dans le contexte de la crise, il n’a pas les moyens de prolonger cet accord.

Andrea Gaggetta, syndicaliste de la Cisl explique que la crise a bon dos, car jamais l’établissement, constamment bondé, a été obligé de refuser tant de clients. Par contre, la direction avait imposé qu’une partie du salaire soit payé en prime, et depuis cette partie variable n’a jamais cessé de baisser jusqu’à disparaître aujourd’hui complètement. La direction a commencé par parler de licenciements si les mutins n’acceptaient pas les faits, avant de déclarer que la négociation aurait lieu.

«Non c’è stato proprio nessun problema l’altra sera, tutto è filato liscio, nessuna lamentela da parte della clientela : sono stati preparati e gestiti 70 coperti in modo impeccabile» a déclaré Arrigo Cipriani. Et, en chemin entre la cuisine et le restaurant de continuer «Niente di strano : lo faccio spesso, fa parte del mio mestiere togliere i piatti sporchi dal tavolo dei miei affezionati clienti. Certo che queste cose accadono solo in Italia».

C’est une chose sûre, on ne voit cela qu’en Italie !

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