Maxi Navires : le décret « bluff » de l’État Italien

Rien ne changera vraiment devant les fenêtres avec « vue sur le canal » de certaines maisons de Venise. Le décret présenté par les ministres Corrado Clini (Environnement) et Corrado Passera (Transports) pour interdire aux monstres des mers de s’approcher des côtes ne concernera pas Venise. L’État italien, propriétaire du port n’allait tout de même pas se priver de l’énorme manne financière que représentent taxes et droits d’embarquements au départ de la ville mythique qu’est Venise.

Pour la même raison, le projet de port off-shore est rejeté, le gouvernement avance comme seule solution, le cache misère qu’est le creusement et l’utilisation du canal de Marghera. Cette solution ne règle rien, pollution atmosphérique (un maxi navire pollue autant de 60.000 voitures) et mise en danger de l’équilibre de l’éco-système lagunaire sont toujours là, avec cette « solution ».

Pendant ce temps, chez les croisiéristes et les armateurs, c’est toujours la course « au plus », plus gros, plus grand, comme nous l’a parfaitement bien montré cette étude parue dans Le Monde du mercredi 7 mars.

Cette décision de l’État italien a remis le feu au poudre et la fureur des vénitiens est à son comble. Les scandales ajoutés des Naxi Navires de croisières et de la lamentable évolution du « Carnaval des touristes » fait donner de la voix au militants de « Italia Nostra » qui demande, ni plus ni moins que la fermeture totale de Venise.

Solution extrémiste, certes, mais qui remporte de plus en plus de suffrages parmi les habitants de la lagune, exaspérés de devoir subir les conséquence d’un tourisme de masse qui ne tient plus compte des réalités de la vie dans la cité lagunaire. Les récents débats de français sur un groupe de parole, initialement destiné à réfléchir à un retour à un Carnaval plus humain et respectueux, ont fini de les énerver. Il ont en effet compris que, même ces touristes-là n’en ont rien à faire des vénitiens, et qu’aucun partage ne sera jamais possible entre les « touristes costumés » et les « habitants de la lagune ».

Alors, pour ce qui est des touristes qui atterrissent à Trevise, pour rejoindre le port en autocars affrétés par les croisiéristes, montent à bord, et ne voient de Venise que les toits depuis leur HLM flottant, ceux-ci sont carrément honnis et détestés. Ils n’apportent que du mal dans la lagune, ils sont subis à cause d’un gouvernement qui s’en met « plein les poches », laissant à l’UNESCO la charge de « réparer les dégâts ».

Heureusement, il n’est pas que des extrémistes à Venise, et certains cherchent encore des solutions, notamment pour continuer à exploiter les installations de la Station Maritime, sans avoir à recreuser le canal de Marghera, qui accentuerait les courant dans tout le nord de la lagune et détruirait encore plus un éco-système encore un peu préservé.

La dernière idée en date étant l’utilisation pour ces géants des mers du canal Vittorio Emmanuele, qui éviterait d’avoir à creuser la portion en question dans la lagune (itinéraire en noir de préférence à celui en rouge proposé par le gouvernement italien). Le tout est de savoir si ces monstres pourront manœuvrer à Porto Marghera ? (voir dans la Nuova, l’article de Gianni Favarato)

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  2. Rétrolien: Le projet Venis Cruise 2.0 | Olia i Klod

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