Catherine, princesse à San Michele – X

Après la mort de Nicolas Ier, Catherine continue à envoyer ses rapports sur l’activité politique en France à son fils, Alexandre II. En 1863, le tsar lui demande de se rendre au plus vite à Nice, préparer l’arrivée de son fils ainé, le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch.

Pour le familiariser avec son peuple, Alexandre II, se souvenant de son propre apprentissage, oblige le grand-duc Nicolas Alexandrovitch à parcourir la Russie dès l’âge de dix-huit ans. Ces voyages continuels semblent fatiguer le tsarévitch. Il se plaint de malaises qui déroutent les médecins : selon les uns, il se serait froissé la colonne vertébrale en tombant de cheval, selon les autres, il souffre de rhumatismes. À tout hasard, on lui recommande un traitement de bains de mer à Scheveningue, près de La Haye. Et dans l’espoir d’une rapide guérison, ses parents décident de le fiancer à la princesse Dagmar de Danemark. Mais malgré les médicaments, les ablutions et les massages, les douleurs s’aggravent de jour en jour. Nicolas marche courbé comme un vieillard. Les docteurs l’expédient à Nice (française depuis 1860). Lorsqu’il y arrive en novembre 1863, il est squelettique et peut à peine se mouvoir. Alors seulement, on s’avise qu’il s’agit sans doute de la tuberculose.

Nicolas reste à Nice pour se soigner. L’impératrice Marie Alexandrovna s’installe aussi à Nice, où Catherine Troubetzkoy lui a trouvé à s’installer à la villa Bermond. Elle suit avec angoisse les progrès de la maladie de son fils.

Dans la nuit du 23 au 24 avril 1865, Nicolas succombe à une crise foudroyante de méningite cérébro-spinale.

De Nice, son corps est emmené à Villefranche (aujourd’hui Villefranche-sur-Mer) et embarqué à bord de la frégate Alexandre Nevski pour être inhumé dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Saint-Petersbourg.

La famille impériale russe fit bâtir un oratoire à l’emplacement où le grand-duc Nicolas mourut. Par la suite une grande église orthodoxe fut construite entre 1903 et 1913 à proximité de l’oratoire ; inaugurée en 1912 cette église est souvent qualifiée de « cathédrale russe de Nice ».

Pendant les dix-mois du séjour du grand-duc Nicolas Alexandrovitch à Nice, Catherine Troubeztkoy est restée auprès de lui, ainsi que de la tsarine. Après le décès du tsarévitch, elle reste très marqué par cette douloureuse épreuve, elle qui, pourtant, toute sa vie jusqu’à présent à lutté férocement. Elle demande au tsar l’autorisation de se retirer pour se reposer.

Catherine Troubetzkoy part alors pour Venise. La découverte de la ville lagunaire est pour elle un émerveillement, qui lui fait penser, un peu à Saint-Petersbourg, avec la douceur d’un climat idyllique en plus.

Lors d’une ballade en calèche sur la terraferma, elle découvre, dans un village au nord de Burano, une maison qui est peut-être à vendre. C’est le coup de foudre immédiat, Catherine tombe amoureuse de cette demeure, construite en 1600 comme le prouve la date inscrite sur le plancher dans une chambre du premier étage. C’est son oncle, le comte Grégoire Alexandrovitch Strogonov (1770-1857) époux de la princesse Anna Sergueevna Troubetzkoy (tante du prince Serge Troubetzkoy), le Grand Chambellan du tsar qui achète la maison et Catherine la fait restaurer à son goût.

Cette maison reste, dans un premier temps, sa villégiature. A Venise, Catherine Troubetzkoy habite au palazzo Moro. Pour se rendre du palais à sa maison de campagne, elle fait de fréquents voyages en gondoles entre ses deux habitations.

Dans les célèbres cafés de la piazza, Catherine Troubetzkoy fréquente toute la société du XIXème qui aime à se retrouver. On se souvient qu’elle avait pour habitude de laisser une pièce d’or aux serveurs, en partant.

Catherine Troubetzkoy a soixante ans, et malgré sa beauté, se sent « une vieille femme usée par les épreuves« .

Désormais, c’est là, a Venise, qu’elle vivra jusqu’à sa mort, se partageant entre des saisons en bordure de l’Adriatique, au Lido di Venezia, le palais Moro ou sa maison sur la terre ferme et quelques rares voyages à Paris où elle a conservé des biens. Elle y avait déjà laissé, depuis quelques années, l’usage de son hôtel particulier de la rue Lapérouse à Sophie et son mari, le duc de Morny, décédé lui aussi peu de temps avant le tsarévitch.

C’est dans cette maison de Mogliano Veneto que Maria viendra la rejoindre à la mort de son mari, et qu’elle vivra avec ses petites filles, Maroussia et Eleonora.

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  1. Rétrolien: Le dernier bal impérial – Bal « vieux russes » | Olia i Klod

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