Catherine, princesse à San Michele – IX

Vers la fin de 1854, le tsar demanda à Sophie Troubetzkoy de se préparer à quitter Smolny, pour venir auprès de la tsarine Alexandra Fiodorovna à Tsarkoïe Selo.

Sur la demande du tsar, donc, la tsarine fit de Sophie sa demoiselle d’honneur, alors qu’elle avait tout juste dix-sept ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le courant ne passait par trop entre Friederike Luise Charlotte Wilhelmine von Preußen (Frederica Louise Charlotte Wilhelmina von Hohenzollern) et la jeune princesse, fille illégitime du tsar. La tsarine persistait à s’exprimer en allemand, sa langue maternelle, refusant le français, langue de la cour, ou le russe. Savait-elle le secret de la naissance de Sophie ?

C’est-là une information qui nous est encore restée inconnue.

De fait, Sophie est en réalité, à cette époque, plus proche de Nicolas Ier, qui, vieillissant, sent venir une mort de plus en plus proche. Entre la fin de l’année 1854, et ce fatidique 2 mars 1855 où son père biologique va la quitter pour l’Éternité, Sophie va rencontrer le tsar, dans l’intimité, à de nombreuses reprises.

Et, lors de ces rencontres entre un père aux portes de la mort, avec sa fille naturelle à l’aube de sa vie, dans le secret des salons privés, le tsar va tout raconter à Sophie.

« L’histoire de sa vie » consignée dans son journal par la jeune princesse est le récit que lui fait un empereur, despote inflexible, qui, même au soir de sa vie, n’oublie pas de valoriser son rôle. C’est « l’Histoire Officielle » celle qui sera en partie trouvée par les historiens, parfois un peu loin de la banale réalité. C’est aussi l’histoire de vies et de destins dictés par un autocrate absolu.

« C’est vers 1836 que l’empereur rencontra ma mère pour la première fois. Il fût émerveillé par cette beauté pavlovienne de vingt printemps. Nicolaï dans la force et la beauté de sa maturité, à quarante ans, n’eût aucune difficulté à la séduire. Leur secrète liaison continua jusqu’à ce jour de juillet 1837 où Catherine informa son amant qu’elle attendait un enfant de lui..

… Il était nécessaire de lui trouver un père, et, pour diverses raisons, ce fut le prince Sergueï Troubeztkoy qui fut choisi pour devenir mon père officel…

… Quelques temps après ma naissance, le tsar demanda à Catherine Mousine-Pouchkine de se rendre à Paris, pour deux raisons. Il convenait de mettre un peu de distance entre les deux amants, car leur relation entretenait désormais un scandale à la cour, dont Nicolas n’avait pas besoin. Il avait, de plus, confié à ma mère la mission de le tenir régulièrement informée de la vie politique en France. Pour cela, elle serait formée à l’ambassade de Russie à Paris, où on lui apprit les manières de s’infiltrer dans les milieux intellectuels et politiciens…

… La situation en France devenant dangereuse, Nicolas décida de mettre sa fille à l’abri dès 1846. Officiellement, la nouvelle de la mort de Catherine l’arrangeait bien, également du point de vue politique. Ainsi, son espionne en France pourrait agir avec une plus grande liberté…

… Mais, mon père m’informa que ma mère était toujours bien vivante, à Paris, et qu’elle demandait de façon régulière de mes nouvelles à mon père. J’appris aussi que j’avais une sœur, Maria, née à Paris en 1850… »


Nicolas Ier accablé par sa lourde défaite en Crimée, décède des suite d’une pneumonie le 2 mars 1855.

Sophie se retrouve alors seule, parmi les demoiselles d’honneur d’Alexandra Federovna, qui soufre de plus en plus de sa tuberculose.

Dans sa famille, on se préoccupe alors de trouver un parti à Sophie. Et ce sera comme un rêve inespéré, pour Sophie, que la rencontre avec ce dignitaire français, déjà croisé aux funérailles du tsar, puis au couronnement du tsar Alexandre II où il était l’ambassadeur de la France. En 1856, on apprends qu’il va laisser sa place d’ambassadeur et rentrer à Paris. Sophie, avec la complicité des princesses de sa famille s’organise pour le rencontrer de plus en plus souvent, et fait tout son possible pour le séduire. Elle ne se doute pas que le charme a déjà opéré et que le duc de Morny à de suite été séduit par la jeune princesse.

Le mariage eût lieu le 26 décembre 1856 (7 janvier 1857 français), et le jeune couple est rentré à Paris.

Une fois à Paris, dès que cela lui fût possible, Sophie se rendit à l’hôtel de la rue Lapérouse où sa mère l’attendait avec impatience. Après une longue séparation de plus de dix interminables années, Catherine pouvait enfin serrer dans ses bras sa petite fille qui était devenue une belle jeune femme. Ce fut de longues effusions faites de cris, de pleurs et d’embrassades. Ce n’est qu’après de longues, très longues minutes, une fois que l’on eût apporté le thé que Sophie fit la connaissance de sa sœur, Marie, qui avait déjà sept ans.

Vous souhaitez connaître la suite de la vie romanesque de notre Catherine ?
Alors, rendez-vous dès demain pour la suite…

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