Bepi del Giasso

Nous sommes à la fin du mois de février 1907, et un jeune homme de 28 ans débarque à Venise. Il a fui la Russie du Tsar en s’embarquant clandestinement dans le port d’Odessa, aidé par des amis anarchistes, à bord d’un cargo transportant du grain qui se rendait à Ancona. Puis, de là, il a gagné Venise. . Tout naturellement, ce sont ces mêmes anarchistes vénitiens avec qui il va chercher à se lier rapidement.

Habitué à la vie d’opposant politique et à la clandestinité, nul ne saura sa véritable identité. A Venise, il sera « Bepi del Giasso ». « Bepi » car c’est le diminutif de Joseph et « del giasso » (de la glace) car il vient d’un pays froid d’une terre dont l’imaginaire veut qu’elle soit perpétuellement gelée (Giuseppe del ghiaccio).

On l’aide à lui trouver un travail. il sera portier dans un hôtel, au « Roma e Pace di Ancona » mais, timide, d’une nature renfermée, ce travail ne lui convient guère.

Alors, ses camarades le présentent à l’abbé général de San Lazzaro degli Armeni, Ignazio Ghiurekian qui va apprécier les connaissances en arménien du jeune homme et sa culture religieuse, puisqu’il a fait des études théologiques à Gori et au séminaire de Tifis. Le jeune homme est donc capable de servir la messe selon le rite orthodoxe.

Bepi del Giasso trouve donc un asile au monastère San Lazario où les arméniens décidèrent de le prendre comme gardien. Tout allait bien jusqu’au jour où on lui proposa de sonner les cloches. Il y eût alors une vive altercation entre le jeune géorgien et le moine qui sonnait les cloche selon la règle latine. Bepi insistant pour les faire sonner selon le rite orthodoxe. Pendant quelques semaines, ce différent à créé une certaine agitation et un climat lourd dans la petite île. Le père général a donc demandé à Bepi de choisir : s’il voulait rester dans cette île qui lui avait donné l’hospitalité, il devait accepter les règles de la congrégation et demander son admission dans la Communauté en tant que novice.

Le géorgien fit un autre choix et quitta Venise. Toujours clandestinement il gagna la France, Paris, puis se rendit en Grande-Gretagne pour le congrès du Parti Social Démocrate. Puis il gagna la Finlande, et par Baku rentra en Russie depuis la Sibérie. Le temps était venu de la révolution, pour Bepi, dont le véritable patronyme était Joseph Vissarionovich Djugashvili, plus connu sous son autre pseudonyme : Staline.

Certains disent que tout ceci n’est qu’une légende, et que jamais Staline n’a sonné les cloches dans la lagune de Venise. Raffaele K. Salinari, lui, a écrit un livre avec cette histoire.

Raffaele K. Salinari
Stalin in Italia ovvero “Bepi del giasso”
ed. Ogni uomo è tutti gli uomini, Bologna, 2010
3,50 €uros

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Muriel
    Juin 16, 2014 @ 16:49:59

    Etonnant!

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