L’Aigle et le Lion – Quand l’Aigle fait le paon

Au mois de novembre 1807, l’Empereur se rendit en Italie. Le principal but de son voyage était de visiter Venise, réunie récemment au royaume.

Cette visite de Venise, il la fit avec sa sœur, Élisa, la princesse de Lucques.

Dès qu’elle fut autorisée à se joindre aux souverains d’escorte, Élisa quitta Lucques, le jeudi 26 novembre 1807, à midi, accompagnée de sa dame d’honneur, Camille Mansi, du chevalier Mansi, de son grand écuyer Bartholomé Cénami, de la signora Olympe Fatinelli, soeur de ce dernier et dame du palais, et de quelques autres personnes distinguées.

Après Ferrare, elle embarqua au Pont Obscur, et le voyage continua en bateau sur le Pô. Le 29 novembre à quatre heures du matin elle atteignait Venise avec son cortège. Au petit matin, elle alla visiter l’église de la Salute, et le palazzo della Carita.

Napoléon qui avait quitté Milan le 28 novembre au matin, diné à Vicense et traversé Padoue de nuit arriva fort tard dans son palais de Strà (un des six palais de Napoléon dans son royaume).

Le patriarche de Venise, Monseigneur  N. X. de Gombaloni, venait, deux mois plus tôt, au moment de partir pour Milan, d’être décoré du grand Aigle de la Légion, et reçut de l’Empereur une tabatière en or avec son portrait entouré de diamants. Napoléon s’était ainsi assuré des bonnes dispositions d’une des premières fonctions de la cité.

Le 29 novembre a 15 heures, Napoléon arriva à Fusine, au bruit du canon et des cloches. La princesse Élisa l’y attendait avec sa suite.

Le Podestat le saluait au nom de tous les vénitiens, tandis que deux noirs lui présentaient les clefs de la ville, une en or, l’autre en argent. Puis il embarqua sous les vivats de la foule, alors que la flotte de l’Adriatique fit entendre une nouvelle décharge d’artillerie.

Élisa occupait une place dans la péotte impériale, non loin du chevalier Daniele Renier, podestat, avec qui l’Empereur conversait. Le navire impérial était surchargé d’attributs ingénieux et dorés, tapissée à l’intérieur de soieries et de velours nacarat. Elle avait été spécialement construite pour la circonstance, par le génie, aux frais de la municipalité.

Des dais à jour, placés à l’arrière et recouverts de vélums permettaient aux divers souverains auxquels ils étaient destinés, d’être abrités et vus tout ensemble. Les gondoliers étaient en habits de satin blanc brodé de galons d’or.

Le canot des marins de la Garde suivait immédiatement le péotte de la ville.

Visite de Napoléon Ier à Venise en 1807 - Giuseppe Borsato : 65 x 90 cm; 1807; Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon

Ci dessus, l’ Empereur Napoléon Bonaparte préside les régates sur le grand canal depuis le balcon du palais Balbi à Venise le 2 décembre 1807, le tableau à été réalisé par le peintre vénitien Giuseppe Borsato (né en1771, mort en 1849) à qui l’on avait également confié la réalisation des structures éphémères érigées à l’occasion de l’entrée de l’empereur dans Venise. Le peintre d’architecture qui a représentées ces cérémonies dans six tableaux conservés à Paris, à Rome et à Versailles dont la chronologie et les commanditaires peuvent être précisés.

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