Ca’ Dario, Maxime Dethomas séjourne à Venise.

Octobre 1901, Maxime Dethomas, l’ami de cœur de ce prodigieux Toulouse-Lautrec, invité par de Mme Bulteau avec qui il s’est lié d’amitié, séjourne à la Ca’ Dario.

Pendant ce séjour, il fait la connaissance d’Henry de Régnier, venu pour la seconde fois à Venise et qui tombe malade peu après son arrivée.  Du peintre, le poète dit : « C’était un aimable et cordial compagnon…« 

On peut supposer que leur relation deviendra plus intense, du point de vue artistique, puisque lorsque Henri de Régnier publie ses « Esquisses vénitiennes » en 1906, elles sont accompagnées de dix planches en taille-douce et de dessins dans le texte de Maxime Lethomas.

Maxime Dethomas (1867-1929), élève de Léon Bonnat (1833-1922), était peintre, dessinateur, illustrateur de livres et décorateur de théâtre – notamment pour l’Opéra de Paris. Grand ami de Henri de Toulouse-Lautrec, avec qui il travailla, il rapporta d’un séjour à Venise toute une série de dessins au fusain représentant les canaux et des gondoles. Le visage humain l’attire plus que le décor. Rares sont les paysages dans l’œuvre de Maxime Dethomas. Même à Venise, où Dethomas passe souvent l’hiver, ce sont les physionomies qu’il a décrites, plutôt que les palais. Il aime la Venise aux fantoches terrifiants du XVIIIe siècle, celle de Longhi, de Casanova et du président de Brosses. Et son goût d’observateur réaliste lui fait goûter la saveur de la Venise moderne, des gens du peuple, des belles filles à châles et à chignons.

A la Romaine, solidement équarrie, au front carré, qui travaille à son tricot, il oppose la Vénitienne, molle et floue qui s’abandonne, affalée, au far niente, accablée par la torpeur du sirocco ; la chialetta, coquette de sa coiffure ondulée et qui se drape largement dans les plis de son châle, ou se chauffe, l’hiver, serrant sur sa jupe son scaldino de terre.

Quelques études d’hommes, aussi, le Sacristain, l’Écrivain public, le Facchino obséquieux et fainéant, le campagnard romain tenant d’un poignet ferme son parapluie de cotonnade verte délavée.

De-ci, de-là, mais peu nombreuses, des visions de maisons italiennes, l’Albergo dell’Orso, vénérable demeure pansue, élargie par le bas, aux murs d’ocré rosée, où jadis descendait Montaigne, citoyen romain !

Les œuvres publiques de Maxime Dethomas sont rares (les Musées d’Orsay, de l’Hermitage, Pouchkine et National Galerie of Art se partagent quelques tableaux et dessins), la majorité des œuvres de l’artiste étant conservée par ses descendants.

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  1. Rétrolien: Marie – Venise – 1901 « Olia i Klod

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