Catherine, princesse à San Michele – IV

Quand à Serguey Troubetzkoy, sa vie continua comme un vrai roman !
Serge Troubetzkoy « vivra la majeure partie de sa vie dans le deuil sa gloire » avec la réputation d’être une célèbre fripouille et surtout qu’il était « un homme absurde » (F. Tioutchev), « avec l’intelligence, l’éducation, l’apparence … il a dilapidé toute sa vie, comme arrive le plus souvent avec nous avec d’autres personnes douées plus heureux. » (P. J. Grabbe), « Un homme aux talents extraordinaires, tuant la vie trop ample pour lui » (PI Bartenev).

Dès son plus jeune âge, Sergeï qui est le deuxièmes de onze enfants (Alexandr, Sergeï, Elena, Maria, Olga, Andreï, Sofia, Vladimir, Alexandra et Veronika) fait preuve d’un caractère difficile.  Opposé aux règles, il se rebelle contre la discipline, refuse toute éducation et n’en fait que selon sa volonté. ces traits de caractère s’aggraveront avec l’âge…

À la fin de décembre 1839 Troubetzkoy a été de nouveau transféré, cette fois dans le Caucase, pour le motif officiel : « singeries », manque criant de discipline, escapades et audace. Poursuivi par la haine tenace du Tsar, peut être parce qu’il était « un des plus beaux jeunes hommes de Saint-Petersbourg » mais aussi, probablement en raison des nombreuses conquêtes du jeune officier au sein même de la famille du Tsar… Il appartenait à la même famille que la fameuse « Beauté de Saint-Pétersbourg » Maria V. Stolypine (Мария Владимировна Столыпиа) et d’Alexandre Troubetzkoy,  auteur de « L’histoire de l’attitude de Pouchkine face à Dantès » et favori de l’impératrice.

A cette époque,  il accepta d’être le témoin de Lermontov pour son duel tragique avec Martynov, frappé d’interdiction, ce duel qui causa la mort de son ami accentua encore sa perte et le courroux du Tsar.

Le 11 juillet 1840, alors qu’il était dans le sud près de la rivière Valerik, il est grièvement blessé au cou par une balle qu’on ne parvient pas à extraire sur le champ de bataille. Avec son camarade D. P. Frederike, ils avaient été désignés pour mener les troupes à l’assaut. Il restera dans la région de Kiev plusieurs mois, attendant l’autorisation du Tsar de rentrer à Saint-Petersbourg se faire soigner. C’est lorsqu’il apprit que son père, Vassily, était sur le point de mourir qu’il décida de partir, sans autorisation. C’était en 1841, le Tsar qui assistait aux funérailles le fit arrêter et enfermer à son domicile sous bonne garde. Le Tsar fit dépêcher les meilleurs chirurgiens de Saint-Petersbourg et de Moscou pour le rétablir, avant de le renvoyer au combat en province.

Il obtint sa retraite de l’armée en 1843 avec le grade de sous-lieutenant. En 1851, Sergueï Troubetzkoy enleva en plein jour la belle madame Lavinia Alexandrovna Zhadimirovskaya à la sortie de l’église, au bras de son mari, et s’enfuit avec elle, avec l’intention de quitter la Russie. Les deux amants furent rattrapés à la frontière turque et ramenés à Saint-Pétersbourg sous bonne garde. Cette fois le prince  reconnu coupable, fut envoyé en Sibérie, déchu de son grade et dépossédé de ses titres de noblesse et de ses propriétés. C’est avec un certain humour qu’il rédigea alors ses cartes de visite : « Serge Troubetzkoy, né prince » … on ne peut mieux !

Lavinia avait pourtant plaidé auprès du juge de ne pas punir son amant, elle a confirmé détester  son mari qui la répugnait déjà avant le mariage, qu’il avait l’intention de la tuer, mais en vain…
Après avoir purgé sa peine, il fut renvoyé comme simple soldat dans un régiment d’infanterie à Petrozavodsk, puis dans la région d’Orenbourg.

«Je l’ai beaucoup aimé de façon inconsciente, cela m’a conduit au désespoir. J’étais dans un état d’hébétude et comme fou, son visage me hantai, je ne savais que faire. J’ai élaboré mon plan en ving-quatre heures. Je souhaitais que nous partions d’ici, je voulais juste la sauver d’une mort certaine, j’étais fermement convaincu qu’elle serait incapable de se défendre de ce mari trop cruel, qu’elle en deviendrait malade ou folle » – Lettre de S.V. Troubetzkoy.

Finalement, à partir de 1855 Sergueï Troubetzkoy termina sa vie dans un tout petit village Sapoun dans la région de Mourmansk, avec sa dernière conquête, madame Zhadimirovskaya, qui avait divorcée de son mari despote, la seule à qui, apparemment il ait été fidèle et qui vivait avec lui sous la fausse apparence de sa servante.
Il est mort en 1858.

Celles et ceux que les recherches généalogiques passionnent pourront voir la descendance d’Ivan Troubtchevski (l’ancêtre de Sergeï) sur 15 générations…

Vous souhaitez connaître la suite de la vie romanesque de notre Catherine ?
Alors, rendez-vous bientôt pour la suite de notre histoire d’une princesse russe à l’époque du Romantisme …

2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Chantal Robillard
    Sep 02, 2011 @ 11:41:42

    Histoire passionnante, que celle de ce personnage ! Vous avez le chic pour nous en trouver et nous éclairer, continuez tous deux ce beau travail !

  2. oliaiklod
    Sep 02, 2011 @ 11:54:30

    Il est vrai que cette histoire mérite un roman. Nous avons d’ailleurs déjà été approchés pour l’écrire (en français et en russe) puis pour qu’en soit tiré un film par un grand réalisateur russe. Nous avons donc du pain sur la planche, car c’est autre chose qu’une série de 10 articles sur ces personnages et un roman dont on doit tirer un scénario…
    Notre travail nous a également permis d’entrer en relation avec des héritiers de ces familles, pas de descendants directs toutefois, il ne semble pas qu’il y en ait qui soient encore vivants…

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