Ca’ Dario, visite guidée.

C’est un illustre poète français qui nous invite aujourd’hui à visiter la Ca’ Dario, hôte de ces lieux qu’il connait si bien et dont il nous parle à merveille. Nous sommes en 1899, suivons Henri de Régnier, notre guide en ces lieux …

« Au rez-de-chaussée, des fenêtres en nombre égal accompagnent de chaque côté la porte que ferme une grille de ferronnerie. C’est au marches de cette porte que vient accoster la gondole.« 

« Le vestibule où l’on pénètre en entrant au Palais Dario, est pavé et revêtu de marbre. Des orangers nains taillés en boule et plantés en des grands pots de terre cuite le décorent. Le Palais est éclairé à la lumière électrique. C’est elle qui a remplacé dans cette belle lanterne de galère, toute sculptée et dorée, les antiques cires d’autrefois. Du fond du vestibule part l’escalier qui dessert les trois étages du Palais. Il est étroit, assez roide, sans rampe ni main courante. ses marches, comme ses parois, sont de marbre blanc. A chaque étage il s’interrompt par un étroit palier.« 

« Des diverses pièces du premier étage, la principale est une galerie qui occupe en sa longueur toute la profondeur du Palais. Sur ses dalles sont jeté d’harmonieux tapis d’Orient. Le plafond est fait de poutres apparentes qui s’appuient à une corniche en relief. Tout un côté de cette galerie est garni de stalles et de boiseries de chœur provenant de quelque ancienne église. D’autres meubles complètent ce décor de beau style : tables massives, fauteuils majestueux, sièges divers, sans compter deux globes armillaires, l’un terrestre, l’autre céleste. Au fond de la galerie est creusé un petit bassin où murmure un mince jet d’eau.« 

« Cette galerie se répète à l’étage au-dessus, où se trouvent la salle à manger et le salon rose.« 

« Il est en effet, tendu d’une étoffe de soie ancienne, d’un rose éteint et très doux. On y entre par une porte qui donne sur le palier et qui est, à l’intérieur, revêtue de carrés de miroirs. Le panneau de fond de ce salon est occupé presque en son entier par une magnifique console de bois doré que surmonte une haute et magnifique glace en un somptueux contournement de rocailles d’or, dans le goût fastueux et chargé du XVIIIème siècle vénitien. De la même époque est aussi le poêle en faïence blanche qui se dresse à l’angle de la pièce. En retour est placée la cheminée qui fait face à une autre glace dont le cadre est formé d’un bizarre entrelacement de câbles, d’ancres, de boussoles, de poulies, d’instruments de navigation, fantaisie marine de quelque armateur du vieux temps.« 

« Aux murs sont accrochés un certain nombre de tableaux : un grand portrait de patricienne par Longhi, une autre dont le visage est caché par un des ces curieux petits masques noirs de forme ovale en usage à Venise. Ça et là beaucoup de charmants bibelots et un grand paravent où, sur un fond clair, un peintre fort habile a figuré des imitations de scènes chinoises, car les chinoiseries furent à la mode, à l’époque où le bon Carlo Gozzi portait à la scène l’histoire de la belle Turandot, princesse de Chine. C’est dans ce salon rose que l’on reçoit d’ordinaire les visiteurs qui viennent au palais à l’heure du thé.« 

« A l’étage supérieur se trouve, entre autres, la chambre que j’habite, la chambre à la loggia d’où l’on domine le jardin du palais.« 

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