Catherine, princesse à San Michele – I

Pour nous, tout à commencé un jour en essayant de déchiffrer les informations sur une croix, tout au fond du carré orthodoxe du cimetière de San Michele in Isola. Une tombe dans un bien triste état, salie par le temps et les embruns, rongée par le sel et la pollution.

On pouvait y lire, Princesse C. Troubetzkoy, née Moussine Pouchkine 1816 1897.

Une princesse russe dans un cimetière de Venise !
Une princesse russe, inconnue, ignorée et abandonnée !
Qui était-elle, pourquoi est-elle inhumée ici ?
En voulant répondre à ces questions, nous étions loin d’imaginer, à ce moment-là, le fabuleux voyage dans l’aristocratie et les grandes familles d’Europe que nous allions entreprendre. Voyage qui nous mènera de Paris à Saint-Pétersbourg, de Moscou à Madrid, de Deauville à Monaco, autant d’étapes avant la dernière, Venise…

En suivant notre princesse, nous avons traversé la France, la Russie, la Suisse, la Pologne, l’Espagne et l’Italie du XIXème siècle.

Pas à pas, rencontre après rencontre, nous avons reconstitué une histoire qui fut un véritable roman. Nous avons reconstitué presque toute la vie de notre princesse russe de San Michele, et c’est un livre que nous pouvons écrire à présent, sous vos yeux, tant cette vie à été riche en aventures. Un histoire dont on pourrait faire un film, avec des empereurs (ou des tsars) des reines, de séduisants militaires, de riches diplomates, des princes, des crimes, de l’amour, de la haine, des morts et des intrigues…

Ne croyez pas que ces recherches furent faciles !

Ce que nous écrivons et une synthèse, de tout ce que nous avons trouvé, en français, en russe, en espagnol, en anglais ou en italien, dans les livres, auprès des archives, ou grâce à nos contacts. Cela, vous le découvrirez tout à la fin, quand nous dresserons la biographie de cette histoire et que nous adresserons nos remerciements.

Notre histoire commence à Paris,  quand, le 31 mars 1814 à 11 heures Alexandre Ier Tsar de Russie entre dans Paris à la tête des armées alliées.
Au matin de ce 31 mars historique, le canon s’est tut dans Paris.

A neuf heures, les parisiens, surpris par ce calme inhabituel, apprirent la reddition de leur ville, et l’entrée imminente des Alliés dans la cité. Une certaine inquiétude s’installa alors. Seuls les royalistes exultaient, laissant éclater leur joie d’une façon bruyante.
Acta est fabula ! La pièce est jouée !

A compter de cette date, les troupes russes occupent la capitale française.

Pietr Klavdievich Moussine-Pouchkine (Пётр Клавдиевич Мусин-Пушкин 1765 – 1834) alors capitaine des Cosaques est à Paris.

Il y fait la connaissance d’une jeune danseuse de corde, Marguerite Antoinette de Lalanne (Agde  26 février 1786,  Neuilly-sur-Seine  21 janvier 1866), épouse du danseur Jean-Julien Saqui et fille du célèbre danseur Jean-Baptiste de Lalanne dit « Navarrin-le-fameux ». Marguerite-Antoinette Lalanne, fille d’un arracheur de dents ambulant devenu danseur de corde sous le nom de Navarin-le-fameux, et d’une acrobate, Hélène Masgomieri, danseuse de corde sous le nom de « La Vierge noire ». Considérée comme l’une de nos plus illustres acrobates, les parents de celle que les chroniqueurs de l’époque appelaient « La Saqui », firent partie de la troupe des « Grands Danseurs du roi » dirigé par Nicolet. La famille connaît des revers de fortune, mais Marguerite Antoinette qui a prit goût à l’acrobatie multiplie les prouesses. Des débuts de « Mademoiselle Ninette » aux prouesses de La Saqui que l’on pouvait encore voir à 76 ans en 1862 exécuter un pas de trois sur la corde raide, Paul Ginisty, l’auteur du livre, que nous avons découvert à l’occasion, déroule une vie riche de rebondissements et de succès.

Ce fringant officier cosaque, parlant français, n’eut probablement aucune difficulté à séduire la jeune femme (et cela avant le mois d’avril 1815).

Le Traité de Paris de 1815 est signé le 20 novembre 1815, après la défaite de Napoléon à la bataille de Waterloo.
De la liaison entre Marguerite Lalanne et Pierre Moussine-Pouchkine naît à Paris, le 20 janvier 1816 Ekaterina Petrovna Moussine-Pouchkine (Екатерина Петровна Мусина­-Пушкина). Cette affaire fut étouffée par la famille Moussine-Pouchkine, Madame Saqui dédommagée contre la promesse de ne pas chercher à revoir sa fille et Ekaterina Petrovna ramenée en Russie où elle reçut l’éducation correspondant à son rang, parmi ses nombreuses cousines. De son côté, Marguerite Lalanne obtient le privilège d’occuper une salle au boulevard du Temple, connu comme le « boulevard du Crime » : le Théâtre de Madame Saqui aura un succès ininterrompu jusqu’en 1830.
Célèbre, elle fait la mode : les femmes portent le chapeau à la Saqui, des confiseries sont conditionnées dans des boîtes à son effigie, etc. Cette vraie « Voyageuse » est de tous les dîners en ville et mène une carrière éblouissante. Fantastique parcours donc, pour cet enfant de la balle qui, après avoir eut Paris et l’Empereur à ses pieds mourut dans l’oubli.

Vous souhaitez connaître la suite de la vie romanesque de notre Catherine ?
Alors, rendez-vous bientôt pour la suite de notre histoire d’une princesse russe à l’époque du Romantisme …

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Maité
    Juin 02, 2011 @ 12:46:39

    J’aime ces histoires…et félicitations pour vos recherches colossales ; Bonne journée, a presto !

  2. DOUYROU Marcel Marc
    Jan 22, 2012 @ 15:16:39

    LALANNE Jean-Baptiste dxanseur de corde chez Nicollet et dans la Troupe des Grands Danseurs du Roi, né le 4/07/1757 à Monein (64) province du Béarn.
    Décédé à Tours en 1805, marchand botaniste ambulant et artiste sauteur.
    -Marcel Marc Douyrou – JBte Lalanne in Bulletin de la Sté de Borda à Dax N° 415-1989_

    Marguerite Antoinette Lalanne (1786-1866) épouse à Tours l’an XIII, Jean Julien Saqui artiste sauteur. Huit jours après le mariage son père J-Bte Lalanne décède à Tours. Commenca sa carrière sous Louis XVI, la termina sous Napoléon III
    Tombeau de Mme Saqui au Père La Chaise(40 Division, N°7 avenue Gréffulhe)
    Sa petite fille la princesse Troubetzkoi épousa le duc de Morny, personnage important sous Napoléon III
    Marcel Marc Douyrou : Mme Saqui, histoire et généalogie, Bulletin N°89/90 Centre Généalogique des Payrénées Atlantiques à Pau- Juin 2007-

    -Marcel Marc Douyrou

  3. oliaiklod
    Jan 22, 2012 @ 15:20:58

    Merci pour ces précisions !
    Nous avons raconté l’intégralité de l’histoire de Sophie dans la suite de ce premier texte.

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