Cimetière San Michele de Venise – hôtes et monuments célèbres

Le cimetière de Venise est divisé par sections, selon les diverses appartenances religieuses. Certaines sections sont également plus réservées aux étrangers. Chaque section est entourée de hauts murs de briques. Difficile donc de se repérer dans ce dédale sans un bon plan des différents districts.

Certaines photos proviennent de sites amis dont certains feront d’excellent complément à notre série d’articles si vous souhaitez approfondir le sujet et votre connaissance de l’île cimetière : Cimetières de France et d’ailleurs (article très complet), Anciens d’Italie (article sur les tombes de soldats français), voir aussi les Réflexions sur la mort de notre amie Patou dans son blog Le Chemin du Bonheur

Ne manquez pas les incontournables : sur les sites du Campiello, La Sérénissime, e-Venise, etc.

Pour retrouver facilement l’emplacement de chaque monument dans le cimetière, nous vous invitons à consulter nos articles :

Franco Basaglia (1924 – 1980) est un psychiatre italien critique de l’institution asilaire.Durant les années 1960, il est l’organisateur à Trieste et à Gorizia des communautés thérapeutiques qui défendent le droit des individus psychiatrisés. Son combat est à l’origine de la Loi 180 visant la suppression des hôpitaux psychiatriques.

Francesco « Cesco » Baseggio (1897 – 1971) était un acteur italien et comédien.
Il a été un acteur de théâtre bien connu qui interprétait les pièces en dialecte vénitien. Il a débuté sa carrière très tôt, s’est vite imposé comme l’un des meilleurs acteurs de la prose. Il a aussi écrit quelques pièces dans la langue vénitienne.

Antonio Berti (1812-1879) : médecin vénitien et sénateur du Royaume d’Italie sous la XIIIème législature.

Giuseppe (1803-1873) et Pietro (1828-1911) Bertoja: scénographes, à la Fenice notamment.Princesse Anna Bagration(+ 1885) de la famille des princes de Géorgie.
Joseph Aleksandrovitch Brodsky(1940 – 1996) poète américain d’origine russe, il fut un autodidacte. Après la publication de ses poèmes dans les années 1960, il est arrêté pour « parasitisme » et condamné en 1964 à sept ans de travaux forcés. Libéré en 1966, il fut expulsé de son pays natal en 1972. Après Vienne, il s’installa et enseigna dans les universités prestigieuses des Etats-Unis. Il reçuit le Prix Nobel de littérature en 1987. Amoureux de l’Italie, et de Venise en particulier, il fut inhumé dans la partie protestante du cimetière.

Pacifico Ceresa Sénateur

Emma Ciardi (1879 – 1933) artiste peintre vénitienne

Ashley Clarke (1903-1994) : ambassadeur britannique en Italie, qui lutta toute sa carrière pour la préservation de Venise, fondateur du Venice in Peril Fund.
Antonio Dal Zotto (1841 – 1918) sculpteur vénitien à qui nous devons, entre autres, la statue de Goldoni.
Sergey Diaghilev(1872 – 1929) : impresario russe d’origine aristocratique, il crée à St Petersbourg en 1907 ce qui restera sa grande œuvre : les Ballets russes. Dès 1909, la compagnie entame une tournée internationale et, en 1911, Diaghilev coupe les ponts avec le Ballet Impérial. La compagnie devient une troupe privée, indépendante, qui se fixe à Monte-Carlo, Paris et Londres, sans s’attacher à aucun théâtre en particulier. Les commandes de ballets qu’il passe aux compositeurs de son temps (Debussy, Satie, Ravel, Poulenc, Prokofiev…), l’audace des décors (signés Léon Bakst, Picasso, Cocteau…) ou des costumes (Paul Poiret), la virtuosité des danseurs (Anna Pavlova, Nijinski, Lifar ou Balanchine), font de ses ballets la vitrine de la modernité des années 10 et 20. Sa collaboration la plus célèbre demeure celle qu’il eut avec Stravinsky. Il lui commanda ce qui allait devenir les œuvres majeures du compositeur : L’Oiseau de feu, Petrouchka en 1911 et Le Sacre du printemps en 1913. Tous les deux reposent désormais dans la partie orthodoxe du cimetière.
Christian Andreas Doppler (1803 – 1853) : peut-être vous est-il arrivé de prendre rendez-vous à l’hôpital pour « passer un doppler », sans savoir exactement de quoi il s’agissait ? Christian Doppler était un mathématicien et physicien autrichien dont le champs d’étude fut large : optique, astronomie, électricité… Il est resté célèbre pour avoir découvert « l’effet doppler », le décalage de fréquence d’une onde acoustique ou électromagnétique entre la mesure à l’émission et la mesure à la réception lorsque la distance entre l’émetteur et le récepteur varie au cours du temps. Cet effet est utilisé pour mesurer une vitesse, par exemple celle d’une voiture, ou bien celle du sang lorsqu’on réalise des examens médicaux (notamment les échographies en obstétrique ou en cardiologie). Il est d’une grande importance en astronomie car il permet de déterminer directement la vitesse d’approche ou d’éloignement des objets célestes. Aussi ne compte-t-on plus les domaines où sa découverte est utilisée : des radars au sonar, des examens médicaux au domaine de la navigation !! Atteint de la tuberculose, Doppler se rendit à Venise pour les bienfaits espérés du climat. Il y mourut et y fut donc inhumé
Carl Filtsch (1830 – 1845) : compositeur et musicien originaire de Transylvanie, né à Mühlbach ( Sebeş ) dans l’actuelle Roumanie.  Son père, un joueur d’échecs de premier plan, a été son premier professeur de piano. Carl et son frère Joseph, également pianiste arrivent à Paris le 29 novembre 1841 et devint l’élève de Chopin qui lui donnait trois leçons par semaine. Dans ses lettres, Choppin dit que Carl est le seul digne interprète de sa musique. Enfant précoce, sa carrière fulgurante et prometteuse fut stoppée à Venise par une maladie inconnue.
Giacomo Favretto (1849-1887) : peintre vénitien de la lumière et de la couleur, naturaliste. Il est mort pendant l’Exposition Nationale Artistique où il présentait « Il Liston ».
Pietro Fragiacomo (1856-1922) : peintre italien né à Trieste. Il est connu et apprécié pour ses paysages de la lagune fortement influencés par la peinture anglaise contemporaine. Alice Harriet Hare(1865 – 1895)La tombe de gauche est celle de Mabel Stuart Zucchi (1872 – 1878) née à New-York et qui avait épousé Angelo Zucchi dont elle eût trois enfants.Agiro Licudis (1887 – 1949) poète

Ambrogio Lorenzetti historien d’art

Giacinto Gallina(1852-1897) : dramaturge
Léon Gischia (1903 -1991), peintre français non figuratif de la Nouvelle École de Paris qui créa de nombreux décors et costumes pour le Théâtre national populaire de Jean Vilar.

Helenio Herrera (1916 – 1997) : joueur de football argentin naturalisé français, il devint un entraîneur mythique. Si sa carrière de joueur fut exclusivement française et assez modeste en terme de palmarès, sa carrière d’entraîneur l’appella dans quatre pays (Espagne, Portugal puis Italie) pour entamer une collection de trophées assez incroyable. Son séjour le plus marquant en tant qu’entraîneur d’une équipe restera celui qu’il effectua à l’Inter Milan de 1960 à 1968. Il y gagna de multiples coupes conférant à l’Inter la réputation de meilleure équipe de club au monde dans les années 60

Henrietta Macyphilanthrope
Wilhelm Meyer (1824-1895) : physicien danois qui a entre autres décrit le phénomène de l’obstruction nasale.

Pompeo Molmenti (1852-1928) : historien, romancier  et journaliste. Élégant et brillant, après une formation de juriste, grand admirateur de la grandeur passée de Venise, il se consacre à des recherches historiques sur les monuments de la ville. Parallèlement, il a mené une carrière politique qui l’a men au Conseil Municipal, puis député et sénateur.

Zoran Mušič(1909 – 2005) : né à Bukovica, hameau de Gorica (Gorizia), ville aujourd’hui traversée par la frontière italo-slovène et qui fait alors partie de l’Empire austro-hongrois, et mort à Venise, est un peintre et graveur Italien de la nouvelle École de Paris.Cesare et Carlo Nordio
Luigi Nono (Fusina, province de Venise, 1850 – Venise, 1918), peintre, est le grand-père de… Luigi Nono (Venise, 1924-1990), compositeur. Qui recherche des informations sur Internet concernant le grand-père trouvera davantage de liens sur le petit-fils. Ne laissons pas le grand-père dans les oubliettes de la mémoire collective et rendons-lui hommage à partir de quelques-unes de ses oeuvres.A l’âge de quinze ans, Luigi Nono entreprend des études à l’Académie des Beaux-Arts de Venise où il deviendra par la suite enseignant en peinture. Une amitié forte le lie aussi bien à Giacomo Favretto qu’à Guglielmo Ciardi avec qui il travaille. Il ne se limite pas à être actif seulement à Venise. Il organise ses expositions personnelles en 1873 à Brera, près de Milan, en 1877 à Naples, en 1879 à Turin. Il expose également dans diverses et importantes villes européennes. En 1882, il réalise le tableau Refugium peccatorum, oeuvre réputée et aujourd’hui conservée à la Galleria nazionale d’arte moderna à Rome

Luigi Nono (1924 – 1990) : compositeur italien, élève de Malipiero, Maderna et Scherchen, il fut un adepte de la musique sérielle dont il devint, avec Luciano Berio, le plus éminent représentant en Italie. Sa musique d’avant-garde fut aussi l’expression d’une révolte contre la culture bourgeoise, concrétisée par son engagement communiste révolutionnaire. Il eut fréquemment recours aux textes politiques dans ses œuvres, qui sont souvent ouvertement politiques : ainsi mit il en musique des poèmes de Cesare Pavese, Federico García Lorca, Pablo Neruda ou Paul Éluard

Armando Pizzinato (1910-2004)  peintre vénitien de l’école moderne. Après la guerre il rejoint le Front Nouveau de la Culture et après « Guernica » cherche une voie nouvelle à son expression artistique.
Giovanni Ponti (1896-1961) : ancien ministre. Professeur de langues classiques, en 1919 il rejoint la Parti Populaire d’Italie. Pendant la guerre il était un des chefs du CLN de la Vénétie, arrêté et torturé il est condamné à mort, mais sera libéré à la fin de la guerre. Maire de Venise à la libération, il fonde le Parti démocrate Chrétien. Il est décédé à Padoue des suite d’une intervention chirurgicale.

Ezra Pound (1885 – 1972) : poète, musicien et critique américain, il fit partie du mouvement moderniste du début des années 1920 et fut le chef de file de plusieurs mouvements littéraires et artistiques comme l’imagisme et le vorticisme. Personnage polémique, son influence sur la modernité des lettres fut considérable, mais fervent supporter de Benito Mussolini, il fut critiqué pour ses prises de position antisémites. Son engagement lui valut d’être condamné en 1945. Reconnu malade, il fut interné jusqu’en 1958. Il passa le reste de sa vie dans le mutisme, ne prononçant plus un mot. Au gré de ses rencontres, il favorisa les carrières de nombreux écrivaines (William Butler Yeats, Eliot, Joyce, Robert Frost, Ernest Hemingway, D. H. Lawrence…). Il fut un des premiers à utiliser la versification libre. Son œuvre majeure restera les Cantos, ensemble de poèmes mêlant les sujets, les langues et les styles, qu’il laissa inachevés.

Martin Rico y Ortega (1833-1908) : peintre d’origine espagnole. Voir ses toiles sur Venise.
Louis Léopold Robert (1794-1835) : graveur et un peintre neuchâtelois né à La Chaux-de-Fonds, (Les Éplatures, Suisse) dans une famille d’artisans francophones protestants, 7 jours après l’incendie qui détruisit presque entièrement le village. Il mène une enfance heureuse auprès d’un père horloger-monteur de boîtes.
Baron Corvo (Frederick William Rolfe: 1860-1913) : écrivain et aventurier britannique, il fut l’auteur d’une œuvre excentrique, précieuse et révoltée. D’origine protestante mais convertit au catholicisme, son indépendance d’esprit et son homosexualité affichée l’empêchèrent de devenir prêtre. Il erra à travers l’Europe pendant près d’une décennie, exerçant diverses professions, avant de décider, en 1898, de devenir écrivain et de signer ses écrits sous le pseudonyme italianisant de baron Corvo. Il s’installa à Venise en 1908. Son œuvre, largement et librement inspirée par l’Italie de la Renaissance, est le lieu idéalisé d’une rêverie aristocratique et raffinée. Rolfe s’illustra dans divers genres, puisqu’il écrivit une histoire des Borgia (1901), une série de vies des saints, mais aussi des nouvelles, (Stories Toto Told Me). Dans une autobiographie fantaisiste, Hadrien VII, il se transposa avec délectation dans la Rome du Quattrocento et sous les traits de son personnage principal, se fit accéder au rang de pape. Il consacra ses dernières années à l’écriture de son chef-d’œuvre, le Désir et la Poursuite du Tout, un récit de sa vie à Venise. Il fut également l’auteur d’un roman, Don Tarquinio et d’une Correspondance en dix volumes.

Lorenzo Santi « Senese » (+1839)  : architecte originaire de Sienne, d’où son surnom. Il supervisa la transformation de la Piazza San Marco de 1815 jusqu’à sa mort.

Riccardo Selvatico (1849-1901) : dramaturge qui fut maire de Venise et qui fonda la Biennale en 1895

Natale Schiavoni (1777-1858) : peintre italien né à Chioggia
Jean Michael Schlumberger (1907 – 1987) : né à Mulhouse dans une famille d’industriels du textile était un concepteur de bijoux particulièrement bien connu pour son travail chez l’orfèvre de luxe  Tiffany et Cie.
Igor Stravinski (1882 – 1971) : Compositeur russe naturalisé français, puis américain, il fut emblématique du XXe siècle, naviguant entre l’écriture néoclassique, le jazz, la polytonalité ou la musique sérielle, avec une virtuosité et une capacité d’adaptation remarquables, tout en conservant une empreinte personnelle reconnaissable entre toutes. En 1913, son œuvre phare et corrosive, le Sacre du Printemps, sous l’égide des Ballets russes, marqua un tournant dans la musique du XXe siècle et fit scandale, au moins autant par la chorégraphie de Nijinski que par l’originalité de sa musique… Stravinsky influença tout autant l’évolution de la musique classique que celle du jazz. Il partit pour les Etats-Unis où il explora de nouvelles formes musicales et collabora avec le chorégraphe Balanchine. A la fin de sa vie, il revint à une inspiration plus religieuse. Il repose dans la partie orthodoxe du cimetière, à quelques mètres de Diaghilev qui contribua à son succès.
Princesse Catherina Petrovna Troubetzkoy (1816-1897) née Moussine Pouchkine, son mariage forcé fit scandale à l’époque. Alors qu’elle était demoiselle d’honneur à la cour de Nicolaï I, le tsar lui a imposé  en 1838 le mariage avec Sergeï Troubetzkoy alors qu’elle était déjà enceinte de plusieurs mois de son souverain.  Dès la naissance de sa fille Sophie, le couple s’est séparé, et Catherine est partie vivre en Europe avec la fille bâtarde du tsar.
Marguerite Albertine Zoé Marie Ghislaine d’Udekem d’Acoz : Née le 16 juin 1888 à Gand en Flandre Orientale et décédée le 28 septembre 1916 à Busco-di-Piave à l’âge de 28 an. Fille de Maximilien François Xavier Marie Ghislain (1861-1921), Baron et aïeul de la Princesse Mathilde.
Emilio Vedova(1919 – 2006) : peintre et graveur italien du XXe siècle, l’un des plus en vue après la Seconde Guerre mondiale. Il passa presque tout sa vie à Venise où il était né et ou il mourut. Né d’un famille ouvrière à Venise, Emilio Vedova débute son apprentissage pictural par l’expressionnisme, et rejoint le groupe Corrente (1942-43), qui comprend, entre autres, les artistes Renato Guttuso et Renato Birolli.Il participe à la Résistance et joue un rôle artistique important dans l’immédiate après-guerre, et dans l’avant-garde européenne.En 1946 il co-signe le manifeste du Fronte Nuovo delle Arti, et en 1952 il devient un membre influent du Gruppo degli Otto (Afro, Birolli, Corpora, Santomaso, Morlotti, Moreni, Turcato), organisé par le critique Lionello Venturi, un groupe qui influence le mouvement de l’Arte Povera.

Franz Wickhoff (1853-1909) : historien de l’art autrichien

Ermanno Wolf-Ferrari (1876-1948) : compositeur né à Venise d’une mère italienne et d’un père allemand. Il commence très jeune à étudier le piano mais la musique n’est pas sa première passion. Adolescent, Ermanno veut devenir peintre, comme son père. Peu avant la fin de la guerre, il retourne à Zurich mais n’y réside que quelques mois. Il rentre finalement à Venise, chez son frère. Il meurt en 1948, quelques jours après son 72ème anniversaire.

Emilio Zago(1852-1929) acteur vénitien capable d’interpréter des pièces en dialecte. Sa dernière apparition sur scène fut en 1927 dans une pièce de Goldoni : Le Menteur.

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