Le puzzle d’une des emblèmes de Venise

Constance, qui sera affublé du qualitatif de Chlore très certainement en raison de la pâleur de son teint, naîtra au sein d’une famille modeste des rives du Danube. Il fera carrière dans les légions romaines et sera nommé gouverneur de Dalmatie dans les années 280. Il épousera alors Hélène, fille d’un aubergiste, qui lui donnera un fils (Constantin) et sera par la suite canonisée. On lui prête d’avoir ramené à Venise « la tête de Saint-Georges »

Les personnages :
Constance Ier, Gaius Flavius Valerius Constantius, dit « Constance Chlore » (Chlorus : le pâle) (v. 250 – 306) est césar du 1er mars 293 au 1er mai 305 et empereur romain du 1er mai 305 au 25 juillet 306.
Constance sera nommé Préfet du Prétoire en 288. Dioclétien instaurera la Tétrarchie (gouvernement de quatre souverains) en dotant la tête du pouvoir, en 293, de deux Césars chargés d’assister les deux Augustes (co-empereurs). Constance deviendra le deuxième personnage de la partie occidentale de l’Empire dirigé par Maximien qui portera dès lors le nom de Maximianus Herculius (Maximien Hercule).

Les Tétrarques (vers 305 ap. J.-C.). Porphyre. Basilique Saint-Marc de Venise.

Quand Constance Chlore est appelé à participer à la tétrarchie, il doit épouser la fille de son supérieur hiérarchique Maximien, Théodora, et, par conséquent répudier Hélène (si elle était réellement son épouse). Aucun document n’atteste d’une quelconque répudiation.

Hélène (mère de Constantin)
Elle serait née d’après l’historien Procope (VIe siècle) à Depranum dans la province de Bithynie en Asie Mineure (et dans l’actuelle province de Yalova en Turquie), cité dont le nom fut modifié après sa mort, par son fils Constantin, en Helenopolis. D’après l’évêque et historien Eusèbe de Césarée elle aurait eu environ 80 ans lors de son retour de Palestine vers l’année 327 et donc serait probablement née entre 248 et 250. On ne sait que très peu de choses sur le début de sa vie, mais d’après Eusèbe, elle était d’origine très modeste, et d’après Saint Ambroise elle avait été « servante d’auberge » (stabularia). On ne sait avec certitude où elle rencontra Constance Chlore, mais ce fut peut-être en Asie Mineure lorsque Constance, officier de l’empereur Aurélien, participa à la campagne contre la reine Zénobie (271-273). Certaines sources la mentionnent comme son épouse, d’autres comme sa concubine.
Après l’avènement de Constantin, Hélène retrouva une vie publique à la cour et reçut le titre d’Augusta en 325. Elle mourut en 330 avec son fils à ses côtés.
Canonisée, elle est considérée comme sainte par les églises catholique et orthodoxe, sa fête est fixée au 18 août pour les catholiques et au 21 mai pour les orthodoxes, qui fêtent le même jour Hélène et Constantin (« Fête des très Grands Souverains Constantin et Hélène, égaux aux apôtres »).

Église San'Elena à Venise

Georges devint un des saints patrons de Gênes, Venise et Barcelone, puis celui de l’ordre Teutonique. En outre, Saint Georges est, dans toute la chrétienté, le patron des chevaliers. Né en Cappadoce de parents chrétiens, Saint-Georges fut officier dans l’armée romaine. Victime des persécutions antichrétiennes de l’empereur Dioclétien (A.D.303), il fut livré dans la ville de Lydda (Lod en Israël) à de nombreux supplices (brûlé, ébouillanté, broyé sous une roue, etc.) auquel il survécut miraculeusement avant d’être décapité. Les actes de ce martyre ont été rédigés au VIe s. par Pasicrates.

Saint Georges en train de terrasser un Dragon sur la façade de la Scuola des Dalmates

Sous le Saint Georges se trouve une inscription :
“BENI LASCIATI ALLA SCVOLA DI SAN
ZORZI DELLA NATIONE DE SCHIAVONI
IN VENETIA DAL Q S POLO DI RADO
ET FABRICATI DEL MDLXXIIII”

Fuyant les hordes barbares qui pillaient et incendiaient tout sur leur passage, les populations de Vénétie trouvèrent refuge dans les iles sauvages de la lagune. Ainsi naquit Venise, selon la tradition en 421 de notre ère. Venise tissa des liens commerciaux étroits avec Byzance. L’empereur byzantin avait choisi le patron de la ville :  Saint Théodore.

Saint Théodore était le premier patron que s’était donné la République de Venise jusqu’au moment où arriva ce qu’on pourrait appeler la destitution du Saint patron de Venise. On lui attribua l’exploit d’avoir mis à mort un dragon, comme Saint Georges et Saint Dimitri.

Saint Théodore - original Palais des Doges

Avec le temps, Venise voulut affirmer sa volonté d’indépendance (religieuse, politique) et montrer sa puissance. Par défi, elle se choisit un autre protecteur : en 832 on ramena d’Égypte le corps de Saint Marc et on l’enterra dans la Basilique en grande solennité. En s’appropriant ces reliques, Venise affichait son ambition d’être considérée comme l’une des plus importantes cités de la Chrétienté, et l’égale de Rome.

Cette statue de Saint Théodore en train de transpercer un dragon, en haut de la colonne sur le mole de San Marco est en fait une copie d’une statue de Saint Georges qui est actuellement à l’abri dans le Palais des Doges, et que que les Vénitiens avaient ramené de Grèce.


La tête de Saint Théodore est de plus différente du reste de la statue, qui était bien à l’origine un Saint Georges. Cette tête proviendrait de l’île grecque de Paros et pourrait avoir été celle de Mithridate, le Roi de Pontus (ou Le Pont), une ancienne région du Nord de l’Asie Mineure sur la Mer Noire. La fameuse tête rapportée par Constantin ?

Un autre Saint Georges rencontré un jour à Venise au hasard d'une calle

Saint-Georges et Saint-Théodore, deux Saints souvent représentés à Venise et que l’on pourrait confondre, puisque tous deux terrassent un dragon, mais si Saint-Georges agit à cheval, Théodore lui, premier patron de Venise, est à pied

 

« Théodore, soldat romain, né en Syrie vers l’an 270, se convertit au christianisme, et ameutant la foule par ses prédications, fît mettre le feu au temple de Cybile qui fut complètement détruit. L’empereur Dioclétien le fit enfermer aussitôt à Amaséa, ville de la province du Pont en Asie Mineure. Une nuit, garrotté étroitement dans sa prison et gardé à vue, le gouverneur vint l’interroger une dernière fois avant de le livrer au supplice.
Le seigneur lui apparut dans la prison au milieu d’un nuage entouré de deux anges portant, l’un une couronne et l’autre la palme des martyrs. Saint Théodore fut exécuté et eut la tête tranché, le 9 novembre de l’an 301.« 

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. J@M
    Mar 30, 2011 @ 00:33:22

    Bravo ! Excellent travail très intéressant.

  2. Nicole
    Mar 30, 2011 @ 12:17:59

    Je suis d’acord avec J@M c’est vraiment très interessant

  3. Rétrolien: Venise By Georges

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