Les traces de Giacomo… Teresa, une vie durant.

Pendant sa jeunesse, Giacomo Casanova jouissait de la protection du sénateur Alvise Gasparo Malipiero, 66 ans, un des hommes les plus en vue de Venise pour son intelligence et sa culture. Cependant, il s’en éloigna – à coups de bâton, parait-il – quand il découvrit sa liaison avec une jeune fille dont il était amoureux.

La petite s’appelait Teresa Imer, actrice et chanteuse de 17 ans qui habitait dans la cour voisine, Corte del Duca, au numéro 3065. Elle se montrait souvent à la fenêtre et avait « attiré l’attention du vieux, même si elle ne faisait que le faire souffrir ». Malgré tout, entre Giacomo et Teresa, la sympathie continuait. Et l’on sait que quelques années plus tard, à la fête de l’Ascension de 1773, une passion amoureuse les dévorait. Quand Giacomo était à Amsterdam, durant long exil à travers l’Europe, il rencontra Teresa à un concert. Elle lui montra une fillette de 4 ans , lui avouant qu’elle était sa fille. Giacomo s’offrit pour prendre soin de l’enfant mais Teresa refusa disant que tout éloignement de sa fille lui briserait le cœur.

Les origines de Teresa sont incertaines ; parfois indiquée comme étant Allemande, elle semble en fait voir le jour à Venise en 1723 sous le nom de Imer, fille du comédien Giuseppe Imer, dont la troupe accueillit Carlo Goldoni et créa son Belisario en 1734.
Teresa Imer (Venise, 1723 – Londres, 19 août 1797) était une chanteuse, directrice de théâtre et salonnière italienne qui à été connue sous divers patronymes :  Mme Teresa Pompeati, Teresa Pompeati-Imer, Mme Trenti,  Mrs Cornelys et  Mrs Smith…
C’est dans sa ville natale de Venise qu’elle débute en 1741. Sa carrière débute aussi en dehors de la scène : à dix-huit ans, elle est la maîtresse d’un sénateur septuagénaire, et rencontre Casanova qui lui fait sans doute deux enfants (un fils, et une fille,  Sophie qu’il retrouve à Londres quelques années plus tard). À cette époque, elle épouse le danseur Angelo Pompeati, dont elle se sépare en 1755.
Après avoir fait banqueroute, elle passe en Hollande sous le nom de Madame Trenti et rencontre à nouveau Casanova à Amsterdam, qui reconnaît Sophie, l’un de leurs deux enfants. Elle épouse vers 1759 Jan Rijgerboos Cornelis, riche bourgeois dont elle portera ensuite le nom.
Installée à Londres au début des années 1760, elle achète la Carlisle House à Soho et y organise de fameux concerts le jeudi soir, confiés à Cocchi en 1764 puis l’année suivante au duo Bach-Abel, qui font sa célébrité et donnent des spectacles jusqu’en 1782. Teresa Cornelys imagine des pirouettes pour contourner les lois réglementant les représentations d’opéra et agrandit constamment son palais des plaisirs où elle organise des bals, mascarades, concerts… On rapporte qu’elle reçoit l’aide de Casanova dans cette entreprise, mais ses investissements trop lourds la mène à la banqueroute.

Après 1785, elle disparaît de la vie londonienne et reste dans l’ombre pendant de nombreuses années, sous le nom de Mrs Smith. Elle reparaît quelques années avant sa mort, convertie en marchande de lait d’ânesse…
Elle meurt le 19 août 1797 dans la prison de la Fleet, après une longue incarcération pour dettes.

Une biographie au titre croustillant parue en 2003 témoigne du caractère sulfureux du personnage, aujourd’hui encore : The empress of pleasure: the life and adventures of Teresa Cornelys – queen of masquerades and Casanova’s lover (Judith Summers). À la lumière des jugements de l’époque, une femme comme Teresa Pompeati semble capricieuse et immorale, à l’intar de la cantatrice Caterina Gabrielli, mais il s’agissait surtout de femmes capables d’échapper à certains diktats sociaux par leur hardiesse et leur talent.

Dans la même Corte del Duca, vers le Grand Canal, sur le côté opposé de la maison de Teresa, il y avait la maison de Cattarina Capozzo Mazzoni, quasiment une seconde mère pour Casanova, à laquelle il confia des documents précieux pendant ses longs et nombreux voyages, pour éviter les perdre.

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