Le Doge et le Rédempteur

Cette peinture est une esquisse à l’huile et a été utilisée comme modèle pour un grand tableau que l’on peut admirer de nos jours dans la Sala del Collegio dans le palais des Doges, à Venise.

La scène se déroule sur la Piazzetta, avec le Palais des Doges sur la gauche et la bibliothèque conçue par Sansovino sur la droite.
Au premier plan, au centre le lion de Saint Marc et surtout, dans le ciel, apparaissent Saint-Marc et un autre saint. Ces deux figures ont été enlevées de la composition finale que l’on peut voir à Venise.

Ce tableau du palais ducal à été commandé pour commémorer la peste de 1575-1577, durant laquelle Alvise Mocenigo (1570-1577 Doge) s’est engagé à construire une église sur la Giudecca dédiée au Rédempteur. Il s’agit de la célèbre église réalisée par Palladio connue comme le Redentore. Le croquis datant probablement de 1577.

Cette esquisse fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art, et fait partie, depuis 1910 du John Steward Fund, important donateur du musée.

Venise recouverte de neige

En cette fin d’année, nous avons plaisir à nous remémorer que, parfois, en cette saison, Venise sait aussi se parer d’un manteau blanc. Quelques peintres ont su immortaliser ces rares instants, la neige ne reste jamais bien longtemps sur la lagune, et dans les jours qui suivent, un soleil radieux vient nous la faire oublier.

Alors, dans Venise silencieuse, quand le blanc manteau absorbe les bruits de la vie, sachez profiter de la magie de ces instants, fugaces et rares. La neige à Venise, c’est un court moment de poésie qu’il faut savoir apprécier comme un cadeau du ciel.

Bonne fêtes de fin d’année à toutes nos lectrices et à tous nos lecteurs, abonnés ou fidèles, ou à toi, voyageur du cyber-espace qui passe par là, par le plus pur des hasards.

La Porteuse d’eau de Venise

La Bigolante était, à Venise, avant que l’eau courante n’atteigne chaque demeure en son sein, le personnage incontournable de la rue vénitienne. Partout sur les campi, dans les cali de la ville on voyait leurs silhouette si aisément reconnaissable de robustes paysannes du Frioul.

Les femmes de Furlano proposent non seulement leur eau mais aussi montrent leur costume national soigné, sur leurs bas blancs.

Coiffées d’un chapeau d’homme de feutre noir à petit bord, leur joli visage avenant était orné de larges boucles d’or semblables à « des cachets de montre. » et Alfred de Musset de nous décrire une jeune fille qui avait « Je ne sais quoi d’honnête et de mélancolique prêtait à son visage un charme inexprimable. La coquetterie n’avait point de part à la propreté de sa toilette. Deux grosses nattes de cheveux blonds couvraient à moitié ses oreilles, où pendaient de larges boucles d’or semblables à des cachets de montre. Elle portait un chapeau de feutre haut de forme et sans bords, d’une coupe originale, orné d’un rameau d’arbre vert. Ce n’était point par misère qu’elle marchait sans souliers, mais par état, pour se préserver des chutes, car l’eau des lagunes dépose sur les marches des rives et des petits ponts de Venise un enduit verdâtre sur lequel on glisse plus aisément avec des chaussures que pieds nus, et dont un proverbe populaire conseille aux passans de se défier.« 

Elles portaient deux sortes de petits seaux de cuivre en équilibre aux deux extrémités d’un bâton. Leur travail consistait à porter de l’eau dans les maisons vénitiennes. On les nommait Bigolante (nom qui tient à leur métier) ou Pagote (car beaucoup d’entre elles étaient originaires de l’île de Pago, terre froide et stérile dans l’Adriatique, le long des côtes escarpées de la Croatie).

Selon A. von Binzer ( dans « Venedig im Jahre 1844 » publié en 1845) « Elles sont presque toutes célibataires et ne restent que quelques années dans la ville, certaines disent jusqu’au moment où elles désirent se marier, d’autres, tant qu’elles sont jolies…« 

C’est pourquoi elles étaient à l’époque une attraction même pour les touristes qui les regardaient avec plaisir, courant au pas de gymnastique, d’un air preste et affairé. De petite taille, elles parlaient un dialecte différent du vénitien. C’est qu’il fallait qu’elles se dépêchent de servir les bourgeois vénitiens pour gagner leur dot et rentrer se marier au pays où attendait un probable fiancé. Et au tarif d’un sou vénitien par voie, il leur fallait en porter des mètres cubes sur leurs épaules pour amasser un trousseau !

Pas vraiment le temps de causer autour du puits, ni d’en admirer les ornements…

Antonio Caldara

Le 28 décembre 1736, mourrait à Vienne, en Autriche, le second maître de chapelle à la cour impériale : Antonio Caladara.

Né à Venise vers 1670, Antonio Caldara est issu d’une famille de musiciens. Son premier maître est son père, Giuseppe, qui est violoniste. À partir de onze ans, il étudie sous la direction de Giovanni Legrenzi à la maîtrise de la basilique Saint-Marc, où il exerce en tant que violoncelliste à partir de 1693.

Ecouter Antonio Caldara : Magnificat

En 1699, il est engagé par le duc de Mantoue en tant que maître de chapelle. Il fait de nombreux voyages en Italie et à l’étranger : en 1708, à Rome, il rencontre Alessandro Scarlatti, Arcangelo Corelli ainsi que Georg Friedrich Haendel qui séjourne en Italie à cette époque. Pendant quelque temps, il se rend en Espagne, à Barcelone ; il y écrit et fait représenter le premier opéra italien dans ce pays.

De retour en Italie, il devient maître de chapelle, à Rome, du prince Ruspoli. Il s’y marie peu de temps avant de quitter l’Italie pour s’établir définitivement en Autriche : à partir de 1716, il sera second maître de chapelle à la cour impériale, sous la direction de Johann Joseph Fux.

Sa production est importante (plus de 3 000 œuvres) dans tous les domaines et formes musicales : musique religieuse (messes, cantates, motets, 32 oratorios), instrumentale (symphonies) et lyrique (87 opéras, des madrigaux), etc. Son œuvre a influencé l’école de Mannheim ainsi que Haydn et Mozart.

(Melodrammi, serenate, feste teatrali, componimenti da camera, etc.) :

L’Argene (libretto P. E. Badi; Venezia, 1689);
Il Tirsi, in collaborazione con A. Lotti e A. M. Ariosti (Zeno; Venezia, 1696);
La promessa serbata al primo (Venezia, 1697);
L’oracolo in sogno, in collaborazione con A. Quintavalle e Caldara F. Pollaroli (F. Silvani; Mantova, 1699);
La Partenope, in collaborazione con G. Boniventi (S. Stampiglia; Mantova, 1701);
Opera pastorale (Mantova, 1701; rielaborazione come La costanza in amor vince l’inganno, Macerata, 1710);
Farnace (L. Morani; Venezia, 1703);
Gli equivoci del sembiante (D. F. Contini; Casale, 1703);
Paride sull’Ida ovvero Gli Amori di Paride con Enone, in collaborazione con A. Quintavalle (Mantova, 1704);
L’Arminio (A. Salvi; Genova, 1705);
Il selvaggio eroe (G. F. Roberti; Venezia, 1707);
Sofonisba (F. Silvani; Venezia, 1708);
L’Imeneo (Pariati; Barcellona, 1708);
Il più bel nome (Pariati; Barcellona, 1708);
Chi s’arma di virtù vince ogni affetto (L Buonacconsi; Roma, 1709);
L’ingratitudine castigata (Roma, 1709);
Il trionfo d’amore (Roma, 1709);
L’inimico generoso (Bologna, 1709);
L’Atenaide, in collaborazione con A. Fioré e F. Gaspanni (Zeno; Barcellona, 1709);
Il nome piu’ glorioso (Pariati; 1709);
L’Anagilda (G. Gigli; Roma, 1711);
Giunio Bruto, ovvero La caduta de’ Tarquini in collaborazione con Caldara F. Cesarini e A. Scarlatti (1711);
Mercurio, Adone, Venere (Milano, 1711);
Tito e Berenice (G. S. Capece; Roma, 1714);
L’Atenaide, in collaborazione con M. A. Ziani e A. Negri (Zeno; 1714);
Il giubilo della Salza (Salisburgo, 1716);
Il Costantino, in collaborazione con Fux e Lotti (Zeno e Pariati; 1716);
Il Natale d’Augusto (1716);
Caio Marzio Coriolano (Pariati; 1717);
Il Tiridate ossia La verità nell’inganno (Silvani; 1717; rielaborazione come Il Tiridate, Salisburgo, 1727);
Ifigenia in Aulide (Zeno; 1718);
Teodosio, in collaborazione con Fux e F. Gaspanni (V. Grimani; Amburgo, 1718);
Sirita (Zeno; Laxenburg, 1719);
Lucio Papirio dittatore (Zeno; 1719);
Dafne (G. Biavi; Salisburgo, 1719);
Zaira (1719);
Gli eccessi dell’infedeltà (D. Lalli; Salisburgo; 1720);
L’inganno tradito dall’amore (A. M. Luchirtì; Salisburgo, 1720);
Apollo in cielo (Parlati; 1720);
Psiche, in collaborazione con Fux (Zeno; 1720);
Il germanico Marte (Salisburgo, 1721);
Ormisda, re di Persia (Zeno; 1721);
Camaide, imperatore della China (D. Lalli; Salisburgo, 1722);
Nitocri (Zeno; 1722);
Scipione nelle Spagne (Zeno; 1722);
La contesa de’ Numi (G. Prearimunio; 1723);
La concordia de’ Pianeti (Parlati; 1723);
Euristeo (Zeno; 1724);
Andromaca (Zeno; 1724);
Aglatido e Ismene (1724);
Gianguir (Zeno; 1724);
Il finto Policare (Parlati; Salisburgo, 1724);
Semiramide in Ascalona (Zeno; 1723);
Il Venceslao (Zeno; 1723);
Astarto (Zeno e Pariati; Salisburgo, 1723);
Amalasunta (F. A. Bonlini; 1726);
I due dittatori (Zeno; 1726);
Nigella e Tirsi (G. Pasquini; 1726);
Ghirlanda di fiori (1726);
L’Etearco (? Stampiglia; Salisburgo, 1726);
La verità nell’inganno ossia Arsinoe (Silvani; Salisburgo, 1727);
Don Chisciotte in corte della duchessa (Pasquini; 1727);
Imeneo (Zeno; Latenburg, 1727);
Ornospade (Zeno; 1727);
La forza dell’amicizia ossia Pilade ed Oreste, in collaborazione con G. Reutter (Pasquini; Graz, 1728);
La corona d’Imeneo (1728);
Mitridate (1728);
Ciro riconosciuto (Metastasio; 1728);
Amor non ha legge (G. Pasquini; Graz, 1728);
I disingannati (Pasquini; 1729);
Caio Fabbrizio (Zeno; 1729);
La gara di Pallade e Venere (1729);
Il Natale di Minerva (1729);
Dialogo fra la vera Disoplina e il Genio (Pasqtnz’i; 1730);
Nigella e Clori (1730);
La pazienza di Socrate con due mogli, in collaborazione con G. Reutter (N. Minato; 1731);
Il Demetrio (Metastasio; 1731);
Livia (Pasquini, 1731);
L’asilo d’amore (Metastasio; Linz, 1732);
Adriano in Siria (Metastasio; 1732);
Sancio Panza governatore dell’isola Barataria (Pasquini; ?, 1733);
L’Olimpiade (Libretto di Metastasio; 1733);
Demofoonte (Metastasio; 1733);
Enone (Zeno; 1734);
La clemenza di Tito (Metastasio; 1734);
Le lodi d’Augusto (Pasquini; 1734);
Le Grazie vendicate (Metastasio; 1733);
Le Cinesi (Metastasio; 1733);
Il Natale di Minerva Tritonia (Pasquini; 1733);
Scipione l’africano il maggiore (Pasquini; 1733);
Achille in Sciro (Libretto  di Metastasio; 1736);
Il Temistocle (Metastasio; 1736);
La selva illustrata dal merito (Biavi; Salisburgo).

Le vieux Teatro San Samuele

Le Théâtre de San Samuelle a été l’un des plus prestigieux et actif des sept théâtres de la cité lagunaire pendant le XVIIIème siècle.

Construit par la famille Grimani en 1656, il était initialement destiné à la représentation de pièces de la dramaturgie. Ce n’est qu’au siècle suivant qu’il a été adapté pour produire des opéras et des ballets.
Avant le XVIIIème, la structure des théâtres de Venise était en bois, recouverte de matériaux légers peints. D’où l’extrême facilité avec laquelle de nombreux incendies ont dévorés, à intervalles réguliers les lieux de représentation théâtrale vénitiens. Ce n’est qu’à compter de la fin du XVIIIème que l’on a utilisé des matériaux plus résistants aux feux (mais également plus couteux). Détruit par un incendie en septembre 1747, il a été reconstruit en un temps records, puisqu’il rouvrit en mai 1748.

La première représentation fut donnée à l’occasion de la Fiera della Sensa, avec l’opéra « Il mondo alla roversa » sur un livret de Goldoni et une musique de Galuppi. La scénographie, les décors et les éclairages avaient été imaginés par Codognato. Il nous en reste la peinture de Gabriel Bella ci-dessus.

En 1730 le compositeur Johann Adolf Hasse, de retour à Venise après six années d’exil, fait ses débuts dans ce théâtre avec son « Dalisa » interprété par la mezzosoprano Faustine Bordoni, qu’il épousa la même année. Considérée comme de la grande voix de ce siècle, cette vénitienne avait été élève d’Alessandro Marcello et Benedetto Marcello

Hasse, alors mettra en scène plusieurs autres de ses œuvres dans le Théâtre de San Samuelle

On prétends que Giacomo Casanova y a joué pendant un temps, sa mère, l’actrice Zanetta Farussi, en tout cas, s’y est produite.

A la fin du XVIIIèmee siècle, le théâtre a perdu beaucoup de son prestige d’antan. En 1770 les Grimani furent contraint de le vendre, en raison de la crise économique qui avait frappé la noblesse vénitienne. Après être resté fermé pendant plusieurs saisons, sa réouverture en 1819 en fait un théâtre social national consacré principalement à la prose.

En mémoire de l’impresario véronais Giuseppe Camploy qui l’acheta en 1853, le théâtre est devenu Camploy Théâtre. Richard Wagner aima particulièrement voir jouer ici ses comédies vénitiennes. Parmi ses interprètes invités, on compte les compagnies gérées par Angelo Moro et le père l’Eleonora Duse, Giusepe. A la mort de Camploy, survenue en 1889 , le théâtre a été légué à la ville de Vérone. Le conseil municipal de Venise l’a acheté, l’a démolis en 1894 et a construit à sa place une école : la scuola elementare A. Scarsellini, qui, de nos jours est abandonnée et en état de triste décrépitude.

El Teatro San Samuełe de Venesia el xe sta uno dei teatri pì prestigioxi fra quełi ativi ‘nte ła sità łagunare, in tuto sete, durante el Setesento.
El xe sta tirà su ‘ntel 1656 su comision deła fameja Grimani e el xe sta subito destinà ała rapresentasion de spetacołi de proxa; soło durante el secoło seguente a ghe xe sta ałestìi con magior frequensa opare łiriche e spetacołi de bałeto.
Distruto da on incendio ‘ntel setenbre 1747, el xe sta ricostruio e – par sielta deła fameja Grimani che ła ga preferìo dirotar ła muxega łirica seria verso el novo e pì ełegante Teatro San Benéto) – destinà prevałentemente a rapresentasion de opare bufe alternà a laori in proxa.
Ła ricostrusion ła xe sta fata a tenpo de record e ‘ntel majo del 1748 el teatro el gera de novo conpletà. I palchi i gera sta ridoti da siè a sinque ordini ma ła strutura orixinałe ła gera restà invarià. In queło steso ano in ocaxion deła Fiera deła Sensa a xe sta rapresentà ł’opara Il mondo alla roversa con łibreto del Goldoni e muxega de Galuppi. Łe senografie, ł’ałestimento e ł’iłuminasion, aprontae in quel’ocaxion, łe xe sta conservae inte ‘na stanpa de Codognato, in seguito riprexa da on dipinto de Gabriel Bella.
I tenpi de riedificasion i testimonia che ła strutura a ł’interno del perimetro dei muri ła gera sta reałisà in masima parte con struture de łegno e materiałi dipinti. Da chi anca ła anca ła faziłità dei incendi che i colpiva con grande frequensa sti edifici. Łe robe łe xe canbià ała fine del Setesento quando łe struture postise łe xe sta sostituie da opare murarie parecio pì sołide ma anca pì costoxe. El primo esenpio de tałe modificasion de tènica costrutiva el xe rapresentà dal teatro La Fenice. Ła crixi economica de ł’aristocrasia ła ga portà a ł’avento de ‘na clase de inprenditori organisà in forma societaria che i gerano in grado de frontexare i costi che ł’atività teatrałe ła richiedeva.
El San Samuele el ga visto ła diresion – sia pure par pochi ani, dal 1737 al 1741 – di Carlo Goldoni, che el ghe gaveva fato rapresentare (e el ghe gavaria fato rapresentare in seguito) diversi so laori e che – su sołecitasion senpre dei Grimani – el ga łasà po par pasare al teatro d’opara San Giovani Grisostomo. Par ła fiera de ł’Asension del 1736 i ghe gaveva fato raprexentare, so muxega de Giovanni Maria Marchi, La generosità politica, drama par muxega in onore « di sua eccellenza il signor generale Neupergg, generale d’infanteria, colonnello d’un reggimento di sua maestà cesarea cattolica e comandante di Luxembourg, eccetera, eccetera, eccetera ».
Soto ła diresion goldoniana a xe scuminsià, proprio inte sto teatro, ła grande riforma teatrałe che ła ga moso i primi pasi con ła raprexentasion del Momolo Cortesan (1738) comedia con testo scrito soło par i ruołi prinsipałi e el resto recità all’improvviso.
Al San Samuele – teatro ‘ntel quałe a ga sonò el viołin par on serto tenpo anca Giacomo Casanova, e ‘ntel quałe ła ga recità anca ła mare, ł’atrice Zanetta Farussi – ‘ntel 1730 el compoxitor Johann Adolf Hasse el ga debutà co ła so Dalisa, con ła primadonna Faustina Bordoni, de ritorno a Venesia dopo siè ani de esilio.
A ghe xe sta tegnue po’ prime de inportanti opare baroche e, in tempi sucesivi, de compoxidori famoxi de mełodrami quałi Gioacchino Rossini e Gaetano Donizetti.
A fine Setesento el teatro el gheva perso tanto del so antico prestigio. ‘Ntel 1770 i Grimani i gera stati costreti a cedarlo, a cauxa deła crixi economica che gaveva colpio el patrisiato venesian. In seguito el xe restà sarà par diverse stajon, riversendo soło ‘ntel 1819 come teatro sociałe sitadin dedicà soratuto ała prosa. Dal nome de ł’inpresario Giuseppe Camploy, che ło gheva riłevà, el xe diventà Teatro Camploy. El xe sta demołìo ‘ntel 1894 e al so posto a ghe xe sta edificà ‘na scoła.

Chiesa di San Nicolò della Lattuga

Une nuit, le patricien Nicolò Lion, procureur de San Marco, celui qui découvrit la conjuration de Marin Faliero, affaibli par la maladie, désira manger une laitue. N’en trouvant pas, vu l’heure tardive, il en reçut une du potager des pères de Santa Maria Gloriosa. Ayant retrouvé la santé avec ce médicament singulier, il fit ériger en signe de gratitude au potager-même une église et un petit monastère, dédiés à San Nicolò d’où San Nicoletto de la Laitue.

Nicolò Lion  mourut en 1356 et fut enterré dans « son » église de S. Nicoletto de la Laitue. Après la suppression de l’église après les décrets napoléoniens du début du XIXe siècle, en 1807, le monument funéraire de Nicolò Lion à été déplacé à la basilique voisine des Frari et placé sur le mur de droite de la chapelle des Santi Francescani (troisième à gauche du transept de l’église) où il est toujours.

Constituant en 1332 le patronage des procureurs de San Marco, il légua par testament, en 1353, ces biens aux pères susdits. En 1582, l’église fut consacrée par Marco Medici, évêque de Chioggia. En 1743, un incendie consomma presque tout le monastère qui ressurgit plus beau qu’avant.

L’église à disparue, victime de Bonaparte, puis détruite en 1830, à la place on a construit des logements populaires.

Le monastère à été conservé, aujourd’hui s’y trouvent les Archives Nationales dans le bâtiment qui, autrefois, était le couvent des franciscains. Il s’agit d’un endroit épatant et étonnant, que nous avons chance de visiter pour nos travaux de recherche, où il y a des documents anciens concernant le gouvernement de la République de Venise. Ils ont été déplacés là juste après la chute de la République en 1797.

Parmi ces documents il est possible de trouver les archives du Grand Conseil (le parlement), du Conseil des dix (le service secret doté de pouvoirs judiciaires pour défendre la Sûreté de l’Etat), du Sénat et ceux d’autres magistratures et organes de la République Serenissima. Les archives des Procurateurs de S. Marco et des Confréries…

Autrefois, l’entrée était par la porte à côté de celle de l’église mais, maintenant, il est possible d’entrer seulement par la porte près du canal qui, jadis, était l’accès à l’Oratoire de S. Nicolò della Lattuga.

Au XVIème siècle, un voyageur français, nous la décrit ainsi, sous le nom de Saint Nicolet des Frari :

Sur cette gravure du père Vincenzo Coronelli (1650-1718) dans son "Singolarità di Venezia, Chiese di Venezia" nous pouvons voir le monastère et le cloître de San Nicoletto della Lattuga ainsi que le clocher de l'église.

« On n’éleva d’abord que trois autels, auxquels on en ajouta deux autres par la suite. Sur le plus grand est le fameux tableau de Titien, qui à été gravé. Ceux des deux autres sont de Paul Fraceschi, appelé le Flamand. Dans l’un d’eux c’est Saint Jean qui prêche dans le désert, et dans l’autre un Christ Mort.

Les tableaux qui ornent l’église sont de Paul Calliari, qui a peint aussi tout le plafond, de Benoît son frère, de Carletto fils de Paul de Marc de Titien, et de Pierre Vecchia. Les volets de l’orgue sont du Flamand. La chapelle de Saint-François, hors l’église a été peinte en entier par le Palma, et la chapelle de la Maison Basadonna par le Fialetti. On y révère le corps de Saint Gorgonius martyr et d’autres reliques.« 

Il y avait donc dans cette petite église des œuvres de Tiziano Madonna col Bambino e Santi (dite Madonna dei Frari) que l’on peut voir aujourd’hui dans la salle X de la Pinacoteca du Musée du Vatican, de Veronese qui sont à la  Gallerie dell’Accademia a Venezia et une à la Pinacoteca di Brera de Milano, de Palma il Giovane, de Jacopo Tintoretto  Discesa agli Inferi di Gesù, désormais conservée au Caire.

I migliori Auguri di Buon Natale

Paris – Venise en TGV, c’est possible ?

Pour concurrencer Thello, la SNCF a lancé le 11 décembre de nouveaux TGV Paris-Milan, via Lyon, Chambéry et Turin.

Sur le papier, c’est simple, pour aller de paris à Venise en trains à grande vitesse, il suffit de réserver un TGV Paris – Milan avec la SNCF, puis l’équivalent chez Trenitalia, pour Milan – Venise.

Pour cette grande première, la compagnie nationale a refait les rames à neuf et réquisitionné des personnels bilingues…
… enfin, presque.

Départ à 12h45, le train est bondé. On nous souhaite, au micro « Benvuti e Bienvenue ». Beaucoup de voyageurs sont italiens, beaucoup d’enfants, aussi.

A 13 heures, on nous propose un « repas servi à la place » (réservé aux première classe uniquement). Je commande et Olga sort de son sac ce qu’elle avait préparé à la maison (sage précaution russe). Elle a terminé depuis longtemps quand on m’apporte, après 45 minutes, un truc, sous vide, pas très appétissant. L’hôtesse m’explique que « la caisse du bar ne fonctionne pas« . Ce n’est, visiblement pas le seul problème…
Il semble donc préférable d’adopter la méthode soviétique pour le ravitaillement à bord.

Quand le contrôleur passe, c’est « la machine pour vérifier les billets qui ne fonctionne pas. Je vous fais confiance… » Le ronronnement du train pousse à la somnolence.

Nous passons la frontière vers 17 heures, sans encombre… mais peu après, le train s’arrête en pleine voie. Nos voisin transalpins de l’association « No al Treno ad alta velocità » occupent les voies pour une manifestation… il faut attendre l’intervention de la police pour que le train reparte, avec une heure et demie de retard.

A Turin, pendant l’arrêt, il y a beaucoup de mouvements dans le train. Ce ne sont peut-être pas que des voyageurs désœuvrés, il vaut mieux ne rien laisser trainer à ce moment.

Nous arrivons à Milan à 21h15, avec une heure et vingt minutes de retard. Pendant qu’une voix nous annonce « Bienvenue à Milan » en français, nous comprenons que notre train pour Venise est parti depuis belle lurette.

Pour nous simplifier la vie, il n’est plus possible de réserver le trajet complet directement sur le site de la SNCF (sauf des trucs comme ci-dessous), mais, en agence, avec un conseiller clientèle patient et compréhensif, il semble que ce soit possible, et même avec des offres que l’on ne trouve pas sur le Net.

Vous devrez donc réserver votre trajet en deux fois.

Sur le site de la SNCF :

3 départs quotidiens de Paris Gare de Lyon, pour Milano P. Garibaldi
Départ à 7h49 arrivée à 14h45
Départ à 12h45 arrivée à 19h47
Départ à 14h41 arrivée à 21h45

Compter entre 65,00 et 198,00 €uros

Sur le site de Trenitalia :

de nombreux départ(à peu près un toutes les heures, avec changement de gare)  sont proposés dont

Départ à 15h05 arrivée à 17h55
Départ à 16h05 arrivée à 18h55
Départ à 19h05 arrivée à 21h55
Départ à 20h05 arrivée à 22h55
Dernier départ à 21h05 arrivée à 23h55

Compter entre 17,00 et 45,00 €uros.

Si cela vous dite, nous avons trouvé cet itinéraire, proposé par la SNCF (plus long et plus cher qu’en voiture, avec le train c’est possible !)

Bon plan shopping : Carlotta, la perruquière

Envie, ou besoin d’une nouvelle tête ?

Il vous faut une perruque pour votre prochain costume, qu’il soit pour le Carnaval, ou que ce soit un costume historique. Si vous ne voulez pas ces affreuses perruques synthétiques, qui électrisent vos cheveux, grattent la tête, vieillissent mal  et, franchement, sont d’une telle laideur…

Nous avons l’adresse qu’il vous faut, pour une belle perruque qui vous avantagera et sera un investissement durable, pendant plusieurs années.

En fait, c’est chez une véritable artiste que nous vous emmenons aujourd’hui, chez qui vous trouverez des coiffures de toutes les époques et de tous les styles. Elle réalise votre perruque sur mesure, en fonction de vos envies, et de votre tête.

Les perruques sont fabriquées dans l’atelier situé derrière la boutique, où nous vous permettons d’entrer, exceptionnellement.

Ces diverses têtes servent à travailler les vraix cheveux. La plus ancienne de ces formes à plus de 100 ans, elle appartenait au père du maître qui a appris le métier à Carlotta, et qui, avant elle, travaillait à La Fenice.

Car, comme nous vous l’avons déjà dit, Carlotta est une artiste qui a vu passer entre ses mains les têtes les plus célèbres. Artistes venus jouer à La Fenice, artistes de cinéma, tous connaissaient (et connaissent toujours) notre amie. Les murs de la boutique, et de l’atelier sont tapissés de ces nombreux témoignages, photos dédicacées de ces nombreuses célébrités qui passent encore la voir régulièrement…

C’est donc réellement un plaisir que de confier sa tête aux mains de Carlotta pour sortir ensuite dignement et faire carnaval dans Venise.

La bonne adresse, c’est donc :

Laboratorio di Parrucche Carlotta
5415 Cannaregio (Rio Terra dei Biri dei Parsemolo) – Venezia

Bal Mabille le 25 mars

L’association Le Bal Mabille en collaboration avec Autres Temps Autres Danses organisent un bal costumé « travesti » où les danseurs pourront rivaliser de création en voyageant à travers le temps et l’espace mais un costume antérieur à 1870.

Personnage historique ou imaginaire, héros de légende, de roman ou d’opéra, vous pourrez laisser libre cours à votre imagination dès lors que vous serez élégant, bigarré, chatoyant !

Le bal aura lieu le dimanche 25 mars 2012 à partir de 14h30 au château du Breuil à Garancières (78).

Mesdames vous pourrez être, à votre gré, une princesse Égyptienne, une reine des Balkans, ou une dame de compagnie de la Pompadour.
Messieurs vous serez roi d’Arabie, prince de Saxe, ou chef cosaque…

Et bien sûr, tous prêts à rivaliser de talent dans l’art de danser !

Une collation sous forme de buffet sera servie dans l’après-midi.
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Inscription et participation ou renseignements par courriel
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Le vieux et la vieille du Rialto

A Venise, en cette première moitié du XVIème siècle, on a  continué à tergiverser autour de la construction du Pont du Rialto en pierre. D’un côté, la jalousie entre des hommes illustres qui sont accusés mutuellement que le projet des adversaires était voué à l’effondrement et la destruction.
Mais il y avait aussi le problème économique : la construction d’un grand pont en pierre sur le Canale Grande était un grand projet qui nécessitait des investissements importants,  et à cette époque la République de Venise était un peu « pingre ».

Seule la mort de Sansovino (1570) va relancer le projet de construction de ce nouveau pont et une nouvelle concurrence pour sa conception.
Aujourd’hui, l’auteur le plus mentionné du pont du Rialto est Andrea da Ponte, mais des sources nous disent que le projet gagnant a été initialement présenté comme celui du  « Noblil Homo Alvise Boldú. »

Il est très probable que la mise en œuvre n’a pas été le résultat d’un seul projet, mais une adaptation des différents projets présentés, et concrétisée par la construction du pont tel que nous le connaissons.
La première pierre fut posée le 8 Juin 1588 et trois ans après il était « presque » terminé. Le coût de la construction a été de 250 000 ducats.

Un chroniqueur contemporain nous raconte qu’il a été fait avec un seul arc (« in uno volto… senza alcun pallo in acqua ») et le 8 Juin 1588 note : « giorno de zioba alle 18 ore, fu gettata la prima pietra di marmoro nella fondamenta del ponte novo dalla parte di Rialto et furono sbarate alcune codete de fero per segno di allegrezza, et vi fu el sagrestano della chiesa de S. Giacomo, con la cotta et stolla aspergendo con acqua santa. »

Sur l’arche, les trois figures de l’Annonciation ont été placés, bas-relief œuvre d’Agostino Rubini en correspondance de l’Archange Gabriel, de la Madona, et, sur la clef de voute, la Colombe de l’Esprit Saint.

Les longues années de conflits quant à la possibilité de construire un pont de pierre au dessus du Canal Grande était devenue un sujet d’actualité, source de conversation entre les personnes qui venaient au marché du Rialto : même dans le petit peuple chacun avait son avis, et les propos à ce sujet allaient bon train.
Parmi les diverses sculptures, deux d’entre elles rappellent la tradition des gens du peuple, un vieil homme et une vieille femme. Le vieil homme, pris dans la discussion, après peut-être avoir un peu trop bu dans l’une des nombreuses tavernes qui ne manquaient pas dans le secteur du Rialto, secoua la tête et murmura : « Voglio, se ciò si farà, mi nasca un’unghia fra le cosce! » (autre version en dialecte, plus explicite : « me cressa un’ongia sull’oseo!. »)

Sur la gauche, est assis le vieux (un satyre?) avec, entre les jambes, un troisième pied, à droite, la vielle (un sphinx?), également assise avec un feu qui brûle entre ses jambes.

Quand à la vieille, dans des conditions comparables elle aurait déclaré : « Voglio che le fiamme m’abbrucino la natura! » (de façon plus explicite : « … che me ciapasse fogo la mona!. »)

Le pont du Rialto tel que vous ne le verrez jamais

La construction du pont du Rialto, tel que nous le voyons aujourd’hui, a été le résultat de travaux de génie fruit d’habileté et d’expérience.
Il y avait beaucoup de sceptiques au temps de sa construction, mais finalement le pont de pierre est toujours là après plus de quatre cents ans.
Par la suite, les moqueries n’ont pas manquées par rapport à ceux qui n’y avaient pas cru.

Les informations les plus anciennes que nous avons trouvées sur un pont à cet endroit, datent de 1175 (ou 1180), où il est fait mention d’un pont de bateaux pour réunir les deux rives. Il a été construit par un certain Nicolò Starattoni (ou Barattieri, selon une autre source) et le pont a été appelé « Ponte della Moneta » (pont de l’argent), car il fallait payer un péage, ou, selon d’autres sources parce qu’il y avait à cette époque le bâtiment de la Monnaie près de l’entrée orientale.

Le pont du Rialto et son pont-levis en bois pour permettre le passage des bateaux à voile, vue en perspective de la ville de Venise gravées par Jacopo Barbari sur six planches en bois de pyrus. La gravure sur bois, une fois imprimé, fournit une représentation détaillée de la ville en 1500.

Les entreprises qui se concentraient sur ​​la rive orientale du canal ont fait augmenter le trafic sur le pont flottant, qui a été remplacée en 1264 par un premier pont fixe, construit en bois sur pilotis, bien sûr.
Il se composait de deux rampes qui ont été réunies par un pont levis central, qui pourrait être relevé pour permettre le passage des matures des navires à voile.

Vittore Carpaccio (1465-vers 1526), a peint cette toile représentant le Miracle de la relique de la Sainte Croix, probablement en 1494. L'événement miraculeux vient après la représentation de la ville, pris dans un de ses points clés : le Pont du Rialto, dans le fond est toujours tel qu'en 1458 en bois avec la partie mobile vers le centre afin de permettre le transit des navires.

Et à cette époque que le « pont d’argent » à commencé à être appelé « Rialto ».
Il fut détruit par les conspirateurs de Bajamonte Tiepolo le 15 Juin 1310, alors qu’il cherchaient à s’échapper après la tentative ratée d’attaquer le palais ducal et de tuer le doge Pietro Gradenigo.

Reconstruit, il s’est effondré en 1444 sous le poids de la foule rassemblée pour voir le passage de l’épouse du marquis de Ferrare.
Après 1458 le pont-levis était désormais plus grand, avec deux rangées de boutiques de chaque côté.
Les revenus provenant de la location des magasins ont aidé à supporter les coûts d’entretien du pont.

Au fil des années, et avec l’augmentation de la puissance et la grandeur de la ville, le pont en bois apparu de plus en plus inadéquat : le bois nécessitait des réparations fréquentes et couteuses.
C’est probablement Fra’ Giocondo, le frère de l’architecte de Vérone, qui a lancé la première proposition pour la reconstruction du pont du Rialto construit entièrement en pierre, mais il a fallu attendre des années, et un effondrement en 1524, avant de prendre l’idée au sérieux.

le projet pour le pont du Rialto, avec trois arches en pierre et par Andrea Palladio, mais qui n'a pas été jugé approprié.

En attendant, de nombreux architectes avançaient des propositions et des plans pour sa reconstruction. Certains écrivent que Michel-Ange lui-même, en route pour Venise en 1529, a voulu faire un projet pour le pont de pierre et Vasari lui-même. Mais de ce projet de Michel-Ange, dont certains disent qu’il existe dans les collections (de Gautier, de Durand, de Gauthey), on ne peut dire si c’est vraiment une source affirmée.

Détail du projet du pont du Rialto par Andrea Palladio contenu dans "Les Quatre Livres d'Architecture", publié à Venise en 1570.

La décision prise en 1524 a conduit à organiser en 1525 une sorte de concours public d’architecture pour la construction du pont de pierre. De nombreux architectes de renom de l’époque y ont participé. Certains projets étaient très extravagants, comme celui de Guglielmo Marastoni qui prévoyait la construction, sur le pont, d’un bâtiment public à plusieurs étages. Andrea Palladio, avait imaginé, lui, un pont à trois arches d’inspiration classique dont il reste d’amples explications et plans.

Projet pour le pont du Rialto par Guglielmo Marastoni.

D’autres travaux ont été présentés par Jacopo Sansovino, le Vignola, plus tard par Andrea da Ponte, Vincenzo Scamozzi et Alvise Boldù…

Canaletto a imaginé un «Caprice» pour le pont du Rialto en conformité avec la restructuration du XVIème siècle proposée mais jamais construit par Andrea Palladio. Les travaux préliminaires, détaillés, sont conservés à la Pinacoteca di Parma.

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