Quand Venise accueillait une possible tsarine

En ce début de l’année 1774, Venise est en effervescence, et un parfum de complot et de rébellion flotte sur le ville en plein carnaval.

Pour une fois, ce ne sont pas quelques patriciens qui souhaitent se rebeller contre le doge en place, Alvise Giovanni Mocenigo.

Non, la conspiration est bien internationale, et les polonais, les français, sont alliés aux vénitiens et aux opposants russe de Catherine II de Russie, et au centre de cette agitation politique, se trouve une étrange jeune femme.

On voit apparaître ce personnage vers 1772 à Paris. Elle porte alors le nom d’Aly Emetey, Princesse de Vlodomir. Elle dit être née de parents inconnus d’elle, et avoir été élevée en Allemagne puis en envoyée en Perse. A Ispahan, un Prince lui aurait révélé sa noble identité et l’aurait convaincue de revenir en Europe à la conquête de son destin. Entourée d’intrigants elle mène grand train à Paris, Londres ou Berlin. Elle commence alors à raconter que l’impératrice russe Elisabeth morte depuis 1761 est sa mère et se fait alors appeler Elisabeta Alekseïevna Tarakanova. Séduisante, elle rallie à sa cause un certain nombre de personnages comme le comte polonais Michał Kazimierz Ogiński,  Grand Général de Lithuanie, et le comte de Rochefort Valcourt qui s’éprennent follement d’elle.

Images du film Tarakanova

La Tarakanova compte de plus en plus de partisans et défenseurs de sa cause au fil des années, ces derniers étant prêts à l’aider par haine de la tsarine régnante Catherine II. Elle se trouve par ailleurs dans un contexte politique favorable. À cette époque aussi, les Polonais exilés depuis le partage de leur patrie en 1772 complotent contre la Russie. Ils voient en cette jeune femme le moyen de destituer Catherine, qu’ils haïssent car elle dirige d’une main de fer une partie de leur pays. Ne pouvant assassiner l’impératrice sous peine d’être discrédités sur la scène internationale, ils préfèrent soutenir une prétendante au trône, en l’occurrence la Tarakanova. L’un d’eux, le prince Nicolaï Charles Radziwiłł, entre en relation avec elle.

En ce début d’année 1774 donc, en pleine période de Carnaval, Elisabeta Tarakanova est à Venise, sous le nom d’emprunt comtesse Pinneberg. Pendant sa courte existence aventureuse, cette jeune femme eu beaucoup d’identités différentes, dont : Fräulein Frank, Lady Shelley, Madame Scholl, Madame de la Trémoille, Kniaguinia Vladimirskaïa (princesse de Vladimir) ou encore princesse d’Azov. Elle loge à l’ambassade de France et mène grand train. Les vénitiens se pressent autour du bâtiment, d’autant plus que la princesse, qui aime Venise, passe beaucoup de temps à sa fenêtre, admire les gondoles et les beaux et jeunes gondoliers.

Edith Jehanne dans le rôle de la Tarakanova

La jeune princesse raffole d’un met qu’elle a découvert dans la lagune : le risotto avec des moules et des fruits de mer.

Elle est traitée dans les salons mondains comme une personne d’une extrême importance, une possible tsarine. Elle a autour d’elle toute une cour qui s’abandonne, en pleine période de carnaval, dans des fêtes ruineuses la nuit, et dans des conspirations politiques le jour. Le compte Pototskiy, la comtesse Theophne Moravskaya, le prince Nicolaï Charles Radziwiłł, entre temps ruiné par la tsarine Ekaterina, qui l’avait fait mettre hors la loi, et confisquer ses biens immenses, qui montaient à plus de 5 millions de revenu. Un certain Tcharnomskiy, qui servait Radziwiłł, devait trouver de l’argent pour organiser un voyage auprès du sultan, dans le but l’organiser une insu rection. Il tentait d’emprunter, mais en réalité il mendiait.

A cause de l’humidité, elle est tombée malade, elle toussait beaucoup. Le docteur, qui l’a alors examinée, n’a pas trouvé de maladie grave et a simplement prescrit du repos. On lui a alors présenté un anglais, Sir Edward Wortley Montagu qui avait été ambassadeur auprès de l’Empire Ottoman. Il est venu la voir, un jour,en costume oriental en disant que c’était un costume turc. Il lui a donné les lettres de sa mère, l’écrivain Lady Mary Wortley Montagu, où elle décrivait les saunas turcs où les dames turques l’avaient invitée, étant devenue la seule femme européenne de son temps à avoir visité un harem. Tarakanova enviait Lady Mary car elle ne devait pas se cacher, ni cacher sa véritable identité. Tarakanova était fatiguée, cil lui semblait qu’elle était née comme une poupée, déjà grande dame.

Pour revenir en Russie et prendre le trône, elle avait besoin de soutient, de l’armée, d’argent.

A Venise, on lui présenta deux turcs. Radziwiłł pensait qu’il fallait s’adresser au sultan pour avoir de l’aide ( qui aiderait volontiers la vraie fille de l’impératrice défunte ) Cette préparation pour le voyage à Istamboul était tellement séduisante. Le comte Pototzkiy, la comtesse Moravskaya, le Sir Edward iraient avec elle à Istamboul. Le banquier Martinelli a donné de l’argent pour ce voyage.

Le jour du départ, une foule de vénitiens a entouré le palazzo où se trouvait la résidence de l’ambassadeur de France. Tout le monde voulait voir cette princesse russe mystérieuse avant son départ. En attendant les gens achetaient des gnocchi, des boissons. Quelques gondoles virent devant le palais, le compte Radziwiłł et la comtesse Moravskaya prirent place dans une des gondoles. Enfin la comtesse Pinneberg (La Tarakanova) est sortie du palazzo. Tout le monde savait que c’était une princesse russe, héritière du trône russe, dans sa robe bleue, et un petit chapeau. Les gens la saluaient avec des « VIVA », elle a pris place dans la gondole principale pour aller au port de Malamocco.

La suite de l’histoire est un drame.

Catherine ne peut supporter davantage pareil affront et décide de la ramener en Russie par n’importe quel moyen. Elle met donc au point une machination avec Alexis Orlov, commandant de la flotte russe en Méditerranée. Ce dernier fait courir le bruit qu’il est en disgrâce à Saint-Pétersbourg et la Tarakanova, toujours à la recherche de nouveaux appuis, lui envoie une missive où elle lui explique sa filiation avec la tsarine morte.

Lettre d'Alexis Orlov en 1775

La flotte russe se trouve à Livourne ; Orlov propose donc de faire sa connaissance. Il lui jure par la suite qu’il l’aidera à accéder au pouvoir et la demande en mariage. La cérémonie doit se dérouler, quelque temps plus tard, sur le bateau d’Orlov, c’est-à-dire en territoire russe. Mais à peine montée sur le navire dans sa robe de mariée, la princesse est mise aux arrêts et emmenée par celui qui l’a trahie à Saint-Pétersbourg, où elle est interrogée. L’interrogatoire est mené par le grand chancelier Galitsine.

Demande de clémence

La Tarakanova lui donne la même version des faits dans l’espoir qu’on la libérera. Cette obstination lui est hélas fatale car elle est emprisonnée au sein de la forteresse Pierre-et-Paul, à Saint-Pétersbourg, dans des geôles sous le niveau de la mer qui n’ont rien à envier à celles des Puits de Venise, et qui se remplissent d’eau à chaque marée.

G. Serdioukov. Portrait d'une inconnue. Selon le propriétaire de la peinture PF Simpson, portrait de la princesse Tarakanova

G. Serdioukov. Portrait d’une inconnue. Selon le propriétaire de la peinture PF Simpson, portrait de la princesse Tarakanova

Peu à peu, sa santé décline. Galitsine lui-même s’en émeut et demande à l’impératrice d’adoucir le sort de sa prisonnière, en vain. Elle finit par succomber de la tuberculose le 4 décembre 1775.

Ce tableau peint en 1864 par Constantin Flavitski représente la légende selon laquelle la princesse Tarakanova fut tuée dans une inondation en 1777.

Ce tableau peint en 1864 par Constantin Flavitski représente la légende selon laquelle la princesse Tarakanova fut tuée dans une inondation en 1777.

Cette tragédie de l’histoire de Catherine la Rouge, la tsarine arrivée au pouvoir après avoir assassiné son mari, a servi de prétexte à plusieurs livres et des films.

Une comédie dramatique de 1929

Tara

Réalisation de Raymond Bernard
Scénario de André Lang et Ladislao Vajda
Directeur de la photographie Jules Kruger
Musique de André Roubaud
avec Camille Bert, Charles Lamy, Paule Andral, Antonin Artaud, Ernest Ferny, Andrew Brunelle, Edith Jehanne, Olaf Fjord, Rudolf Klein-Rogge…

Princess Tarakanova (Knyazhna Tarakanova) produit par Pathe en Russia, en 1910, dirigé par Kai Hansen et Maurice Maitre…

Le marquis Pano Maruzzi

Le marquis Pano Maruzzi (1720 – 1790), banquier de Courfou et attaché à la religion grecque, était venu à Saint-Pétersbourg où il fut décoré, par l’impératrice Catherine II, du cordon de Sainte-Anne en 1764 et du titre de Ministre de Russie à Venise le 10 mars 1768.

Il épousa la princesse Zoie (Zoe) Ghika (de Moldavie) qui avait fui son pays avec sa mère, Luxandra Moruzi, veuve de de Scarlat Ghica (1715-1766), souverain de la Roumanie. Ce portrait de Zoe Ghica a été réalisée en 1777 sur l’ordre de la Grande Catherine, par le célèbre portraitiste suédois Alexandre Roslin, il est actuellement exposé au Musée national de Stockholm .

Alexander Roslin – Princesse Zoie (Zoe) Ghika

Le banquier grec offrit en reconnaissance trente-cinq millions tournois pour financer l’expédition d’Alexis Orloff contre l’empire Ottoman.

Zoe Ghika et Pano Maruzzi eurent trois fils : Pano, Constantino (né à Moscou le 16 septembre 1784) et Lambro qui furent faits marquis, à Venise, par l’Impératrice Maria Teresa par Souveraine Résolution du 30 mars 1819. Il devient, dès lors, assez difficile de démêler si on parle de Pano Maruzzi père, ou de Pano Maruzzi fils, car, de plus, ils furent tout deux « ambassadeurs de la cour de Russie à Venise », et tout deux fait marquis. Seules les dates nous aident à nous y retrouver, après la mort du père, on peut supposer que c’est du fils dont on parle. Toutefois, les éléments biographiques du fils sont épars et souvent confondus avec ceux du père.

Constantin Maruzzi, Grand Prieur de l’Ordre de Malte, est mort à Venise (sans postérité selon M.D. Strudza) le 20 février 1846.

Zoe Ghika et Pano Maruzzi eurent également une fille, Alexandra Maruzzi, née en 1790 qui épousa le comte Sergei Soumarokov (1791-1875). Ils vécurent à Saint-Pétersbourg, sur la Serguievskaya où, en juillet 1829 est née leur fille unique, Elena.

La très belle comtesse Elena Soumarokova fut la dernière descendante de la famille.

Sumarokova_Elena

Pietro Buratti dans un de ses célèbres pamphlets fait, du marquis Pano Maruzzi (le fils aîné, également ambassadeur de la cour de Russie) le héros de l’Elefanteïde.

Le 30 novembre 1825, dans une lettre à M. Strich, Stendhal écrit à son propos : « Le marquis Maruzzi, dont Buratti se moque dans l’Elefanteïde, a quatre-vingt mille livres de rente et jouit à Venise du plus grand crédit ; c’est un roué Russe qui aurait bien pu faire noyer le poète dans quelque canal.« 

Le 16 novembre 1879, Pierre Rousseau écrit dans son Journal Encyclopédique : « Le marquis Maruzzi, qui réside à Venise de la part de cour de Russie, ayant requis, au nom de sa souveraine, le Senat d’accorder l’entrée des ports de cette République aux escadres de cette puissance, il lui a été répondu qu’on ne pouvait s’engager à les recevoir, ni à leur fournir des provisions, la régence devant, avant tout, penser à se ménager la Porte et les autres alliés, et qu’on admettrait jamais plus de trois vaisseaux à la fois.« 

Les historiens pensent que le père, époux de Zoe Ghika, serait le commanditaire à Guardi d’une série de peintures sur la visite à Venise en janvier 1782 du Grand-Duc Pavel Petrovitch et de son épouse Maria Fedorovna, venus « incognitos » sous le nom de comte et comtesse Severny.

Banquet Tsarevich-Pavel-Petrovich- Venise

Sources bibliographiques :

Franco Venturi, Settecento riformatore.

Sergey Androsov, Russian Patrons and Italian Artists in the 18th Century

Carnaval vénitien à Tallinn

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Pour voir les masques de carnaval de Venise les habitants de la Baltique n’ont pas besoin d’aller à Venise ; il suffit de visiter Tallinn au moment de son désormais célèbre Carnaval vénitien organisé par notre ami Vadim.

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

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Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Венецианский карнавал в Таллине

Чтобы увидеть Венецианский карнавал масок, совершенно не нужно ехать в Венецию – достаточно лишь посетить Таллин…

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Ainsi que nous l’avions annoncé dernièrement, il fallait aller tout au nord de l’Europe pour pouvoir participer au tout premier Carnaval de l’année qui soit baigné de soleil et de chaleur (24°C dans le parc, et 30°C sur les plages de la mer Baltique), dans un cadre agréable et rafraîchissant.

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Et par cette belle journée, il y avait beaucoup de monde autour des costumés, pour les admirer lors de leurs prestations, et le immortaliser en photo.

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Beaucoup de photographes également, et il fallait jouer des coudes presque autant qu’à Venise !

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Tatjana Kotenko - Tallinn 2013

Des costumés français avaient fait le déplacement, et ce sont nos amis Marie-Christine et Gilles qui ont même remporté le premier prix.

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Tout le monde, costumés, photographes  et public semblait ravis de cette belle journée, et nous espérons que Vadim, qui a réussi une nouvelle fois la délicate entreprise d’organiser un Carnaval vénitiens dans un pays où ce n’était pas la tradition il y a peu, trouvera encore plus de soutiens, à l’avenir, pour continuer et nous proposer de nouvelles éditions dans les années à venir.

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Carnaval vénitien à Tallinn - Photo Igor S.. - Tallinn 2013

Merci à Tatjana Kotenko, Igor S.  pour le partage de leurs superbes photos.

Olga Vasilyeva (Васильева Ольга Александровна)

Olga Vasilyevna est née à Samara en 1978, et désormais, elle vit à Saint-Pétersbourg.

Olga Vasilyevna

De 1995 à 2000, elle a étudié à l’école d’art dans le département pédagogique de peinture.
De 2000 à 2006 elle est entré à l’Institut de Moscou de la Cinématographie Gerasimov (Московский Институт Кинематографии им. Герасимова). Elle a étudié au département d’art avec pour enseignants Nemensk et Tokarev (Неменского Б. М., Токарева В. А.) et dans l’atelier de l’artiste émérite de Russie, le professeur LJ Novi (Л.Ю. Нови).
Elle est membre de l’Union des artistes russes.

Васильева Ольга - Венеция

Васильева Ольга Александровна, родилась 10 декабря 1978 года в Самаре.

С 1995 по 2000 гг. обучалась в художественном училище на живописно-педагогическом отделении.
С 2000 по 2006 гг. поступила в Московский Институт Кинематографии им. Герасимова. Училась на художественном отделении у преподавателей пр. Неменского Б. М., Токарева В. А., в мастерской художника по костюму у заслуженного художника России, профессора Л.Ю. Нови. Институт закончила с отличием.

Участница многочисленных выставок:
2001 -« Молодые художники России » ЦДХ на Крымском Валу
2001 – Молодёжная выставка МОСХа на Кузнецком мосту
2004 – « Художники театра и кино », МОСХ
2005 – « Эстафета поколений » в Центре непрерывного художественного образования профессора Неменского Б.М
2007, 2008 – сезонные выставки в Союзе Художников СПб
2008, 2009 – молодежные выставки в Союзе Художников СПб
2009 – художники Санкт-Петербурга в Красноярске
2009 -« Осенняя » выставочный зал союза художников Санк-Петербурга
2010 – « Зоокультура » выставочный зал союза художников Санкт-Петрбурга
2010 – вручена благодарность от министра культуры Российской Федерации за успешную организацию и проведение российской экспозиции на ХII Архитектурной Биеннале в Венеции.
2011 – « Весенняя выставка » выставочный зал союза художников Санкт-Петербурга.
2012 – « Весна » и « Осень », сезонные выставки союза художников Санкт-Петербурга.
2012 – « Молодежная выставка » выставочный зал союза художников Санкт-Петербурга на Охте.
2012 – участие в международном пленэре Россия-Кипр « Зелёный шум ».
2012 – юбилейная выставка « 80 лет союзу художников Санкт-Петербурга ».

Член союза художников России.

Mode « Vieux Russes »

Costume traditionnel de Russie de la seconde partie du XVIIIème siècle

Les vêtements féminins traditionnels étaient, aux XVIIIème et XIXème siècles extrêmement variés, mais donnaient lieu à une forte distinction entre les costumes du Nord et ceux du Sud de la Russie.

La sarafane et le kokochnik symbolisent traditionnellement le costume russe. On dit bien, en russe, LA sarafane et LE kokochnik (parfois, en français c’est inversé, comme bien souvent).

Les sarafanes pouvaient être coupées de différentes façons. Au début du XIXème siècle, la plus répandue est la sarafane évasée, coupée en biais et boutonnée sur le devant.

Sarafane

Elle est constituée de trois panneaux, deux devant et un derrière. Les panneaux avant s’agrafent de haut en bas avec des boutons à boucles de dentelle.

Patron d'une sarafane

Dans certains cas, les panneaux des sarafanes étaient assemblés verticalement de manière à former un plissé. Les tissus pouvaient être très variés et fabriqués aussi bien de façon industrielle que de manière artisanale. Les sarafanes en toile, en andinople ou en nankin de couleur unie étaient ourlées, en bas et le long de la fermeture d’un ruban de coton ou de soie. Celles en brocatelle, en velours ou de soies diverses étaient décorée de passementeries et de dentelles, parfois brodées au fil d’or.

1841

1877

Vers le milieu du XIXème siècle apparait la sarafane dite, « à la moscovite », ou « droite », constituée de plusieurs bandes de tissus cousues et froncées en haut. Les fronces sont bordées d’un ruban. De fines bretelles sont attachées à la poitrine et dans le dos.

1880

La ceinture était un élément obligatoire du costume et se portait à la taille, par dessus la sarafane. Souvent, pour protéger le tissus onéreux, la ceinture était placée juste sur la chemise en dessous de la sarafane.

Chemise

Les chemises avaient des manches larges et longues, atteignant le sol et resserrées et froncées aux poignets, ce qui les rendait bouffantes. Les chemises de fêtes étaient fabriquées avec du tissus onéreux, notamment de la brocatelle, de la soie ou de la mousseline. Souvent, les poignets étaient décorés avec une manchette en carton recouverte de tissus précieux tel qu’un brocard de velours ou de la soie brodée de fil d’or, de nacre ou de perles. Parfois, les manches comportaient un trou au niveau du poignet, et dans ce cas, elles retombaient jusqu’au sol. C’était le cas pour les robes de mariées du Nord de la Russie. Ainsi, selon la tradition, la future marié allait et venait dans la maison en se lamentant sur sa fin de vie de jeune fille tout en balançant ses longues manches.

Par dessus la sarafane on mettait un tablier.

Tablier

Dès le XVIème siècle était répandu, chez les boyards, un léger gilet droit à bretelles. Ces petites pelisses s’appelaient douchegreika (chaufferette de l’âme) et pouvaient être en velours, panne de soie, damas, brocart, ornées de crépines d’argent ou de fourrures.

Douchegreika

Dans les villes, dès le XVIIème siècle, on portait également le chougaï, sorte de gilet à manche longues.

chougaï

Au XIXème siècle, les chougaïs peuvent avoir des longueurs différente : jusqu’aux hanches ou jusqu’aux genoux. Cette veste avait un col ample, souvent amovible. Ils étaient généralement fait de brocarts ou d’une étoffe de soie façonnée de manière complexe. Les bords du col, des manches et le bas de cette veste étaient décorées de franges de fils de métal précieux. Elles étaient doublés d’ouate ou de fourrure.

Pour les saisons froides, il y avait des capes, comme la yepanetchka, une courte cape sans manches, les pelisses ou des caftans, ou encore des manteaux doublés de fourrure. La tête était alors recouverte d’une chapka en fourrure avec un châle.

Les jeunes filles portaient la sarafane avec des coiffures ouvertes, comme un bandeau ou une couronne. Ces coiffures étaient le plus souvent décorées avec des perles ou de la nacre, attachées devant au niveau du front, tandis que derrière, elles comportaient des bandes de tissus précieux qui descendaient le long du dos.

Couron

Dans certaines régions, on trouvait des coiffures nuptiales, comme la kourouna, portée dans la région de la Vologda.

Les femmes portaient une coiffure rigide appelée kokochnik.

Ils étaient très différents en terme de structure, forme et décorations, mais ils étaient toujours bien serrés autour de la tête et recouvraient les cheveux. La partie avant était souvent décorée de filets décoratifs en perles ou en nacre. Les mêmes éléments décoraient les parties temporales.

Kokochniks

Les kokochniks étaient fabriqués par des artisans spécialisés ou dans les monastères. Les matières utilisées était des tissus précieux, comme le brocard, le velours et la soie. On décorait abondamment avec de la passementerie, des perles, de la nacre, des pierres précieuses, les pièces métalliques incrustées de verre. Les broderies au fil d’or ou d’argent étaient aussi utilisée.

On portait ces coiffes avec un foulard, un un châle, un voile en mousseline ou en soie. Parfois la coiffure comportait deux foulards. En général il s’agissait de foulards en soie richement décorés de broderies d’or.

Châle

A l’extérieur on portait des chaussures en cuir, et, à la belle saison, des laptis, sortes de chaussures ancestrales, tressées avec des lanières d’écorce de tilleul de bouleau ou d’orme. Elles étaient facile à fabriquer mais d’une durée de vie courte.

Laptis

Les jeunes filles et les jeunes femmes, à l’occasion de toutes les fêtes, portaient toujours des bijoux. Boucles d’oreilles, colliers de nacre, de verre ou des chaînes de métal précieux, parfois agrémentées d’une croix. Certains, comme l’ocheïnik étaient assez spécifiques. Les femmes portaient aussi le yazyk, sorte de plastron souple orné de broderies d’or, le perles et de verre.

Les kosnikis, étaient des décorations portées au bout des nattes, essentiellement destinées au jeunes filles.

kosnikis

Il s’agit d’un pendentif rigide en forme de triangle ou de cœur, fabriqué sur une base en carton, recouverte de tissus précieux, brodés de fils d’or, avec de la nacre, des perles, et des franges de métal précieux ou de dentelle.

Photo ancienne, femmes en habits de fête

Le costume populaire russe

La Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent présentait, du 18 mars au 23 août 2009, en collaboration avec le musée Ethnographique de Russie, une exposition consacrée aux costumes populaires russes des XIXème et XXème siècles.

Le costume populaire russe 18 mars - 23 août 2009

Portés à l’occasion de fêtes saisonnières ou de mariages, ces costumes russes représentent merveilleusement bien la tradition populaire, renforcée par des jeux subtils de superposition et de nuances de couleurs.

Le costume populaire russe

Le costume populaire russ

Le costume populaire russ

Le costume populaire russ

Le costume populaire russ

Le costume populaire russ

Une série de photographies de la collection de Natalia Shabelskaya (fin XIXème, début du XXème siècle) étaient également exposée. Ces photos sont un excellent témoignage de la richesse de ces costumes et de leur mise en scène.

Suite à cette exposition, Karina Solovieva et Hélène Madlevkaya publiaient avec le soutien de la Fondation, un livre reprenant cette série de photos

Collection Chabelskaya
une Russie fin de siècle
portraits de femmes en costume traditionnel

Collection Chabelskaya : Une Russie fin du siècle : portraits de femmes en costume traditionnel

Ce sont des portraits de femmes russes, de tout âge, à l’époque des Tsars. Elles ont revêtu leurs plus beaux vêtements pour être photographiées.

Adolescentes, jeunes femmes ou grands-mères, elles posent devant l’objectif d’un photographe anonyme, le regard fixé au loin, graves et dignes sans jamais paraître empruntées. Ces images hors du temps, baignées par la magie d’un certain exotisme et par la beauté de ces femmes vêtues comme des princesses, sont de précieux témoignages sur la Russie des tsars. Ces portraits de femmes russes font partie de l’exceptionnelle collection Chabelskaya, initiée par une mère, Natalia Chabelskaya, puis continuée par ses deux filles, photographies inédites du Musée d’ethnographie de la Russie à Saint-Pétersbourg.

Les filles de Natalia L. Chabelskaya ont elles même posées devant l’objectif du talentueux photographe de l’époque.

Varvara P. Chabelskaya, princesse Sidamon-Eristova, l’aînée :

Province de Nijni-Novgorod, Russie centrale

Province de Nijni-Novgorod, Russie centrale

Natalia P. Chabelskaya, la plus jeune :

Province de Pskov, Russie du Nord

Province de Pskov, Russie du Nord

Outre les deux sœurs, les brodeuses de l’atelier ont également servi de mannequins.

Peasant art in Russia

Dans le livre Peasant art in Russia écrit par Charles Holme et publié en 1912 on retrouve une version colorisée de quelques photos des deux sœurs Chabelskaya :

Natalia Chabelskaya dans le livre "Peasant art in Russia"

Natlia Chabelskaya dans le livre "Peasant art in Russia"

Varvara Chabelskaya dans le livre "Peasant art in Russia"

Comme leur mère, les deux filles ont émigrées en France, Varvara début 1925, et sa sœur Natalia, alors gravement malade l’été suivant. Comme leur mère, elles rêvaient du retour en Russie de le partie de la collection qu’elles avaient emmené avec elles en France. Elles espéraient que l’ensemble de leur collection, œuvre de toute une vie serait apprécié dans la Mère Patrie.

Elles sont mortes, comme leur mère, à Nice, et la reconnaissance n’est venue que bien des années plus tard.

Femmes en costumes populaire russe

Publicités Liebig

Images publicitaires de la société Liebig dans une série sur les costumes folkloriques russes, utilisée en Allemagne en 1906.

Fifurines Liebig - série sur la Russie

Le baron Justus Von Liebig avait lui-même choisit d’adopter le système des images pour promouvoir son extrait de viande. D’un côté, on pouvait voir une image, et au dos, une « réclame » pour les produits de la société allemande, et le fameux « jus extrait de viande » qui avait rendu la marque célèbre.

La première série de seize images, représentait l’usine d’extrait de viande située dans Frai Bentos. Une autre série de douze, suivit immédiatement, la même année, en 1872. Inutile de préciser que ces premières séries, devenues très rares, sont devenues la proie des spéculateurs au détriment des collectionneurs.

En effet, les images publicitaires Liebig font l’objet d’un véritable culte de collectionneurs partout en Europe.

Liebig

Liebig

Vladislav Nagornov

Vladislas Nagornov est né en 1974 à Penza.

A seize ans, il rejoint l’Académie Savitsky de Penza avec le peintre allemand Jakov. En 2001 il obtient son diplôme à l’Académie Ilya Glazounov des Beaux-arts.

Russian Artist Vladislav Nagornov

Sa spécialisation dans les sujets historiques exige une forte discipline pour recréer les personnages, les costumes, les détails de la décoration et des sujets narratifs.

Russian Artist Vladislav Nagornov

Il a suivi l’influence d’artistes comme Ilya Repine, Sourikov et Ivanov, entre autres.

Russian Artist Vladislav Nagornov

Nagornov est membre de l’Union des artistes russes depuis 2001.

Russian Artist Vladislav Nagornov

Russian Artist Vladislav Nagornov

Russian Artist Vladislav Nagornov

Ses œuvres figurent dans des collections privées et corporatives en Russie et à l’étranger.

Russian Artist Vladislav Nagornov

Russian Artist Vladislav Nagornov

Russian Artist Vladislav Nagornov

Vladislav Nagornov a également traité d’autres sujets, avec autant de bonheur…

Russian Artist Vladislav Nagornov

Costume traditionnel de Tver

Nous vous avons déjà présenté la collection de Natalia L. Chabelskaya, présentée pour le première fois en France lors de l’Exposition Universelle de 1900 à Paris.

Souvenez-vous des photos anciennes que nous vous avions présentées, puis des coiffes traditionnelles dont nous vous avons parlé le mois dernier. Lors de nos recherches, nous avons étudié plus en détails certains costumes de cette collection. Nous pourrions vous en parler très longtemps tant il y a de richesses à exploiter dans l’héritage de Natalia Chabelskaya.

A quelques mois du Carnaval de Venise, nous allons évoquer plus en détail un costumes traditionnel qui était porté dans la région de Tver.

Costume de la province de Tver

Costume de la province de Tver

La ville de Tver est située au confluent de la Volga et de la Tvertsa.

Costume de la province de Tver

La coiffure en lin et soie, de Tver est lourdement ornée de perles, de nacre et de pierres plus ou moins précieuses.

Coiffe de la région de Tver

La coiffe qui date du premier quart du XIXème siècle fait 15,2 x 21,6 centimètres, et fait désormais partie de la Collection Musée du costume au Metropolitan Museum of Art, depuis 2009, suite à un don de Mme Edward S. Harkness en la mémoire de sa mère, Elizabeth Greenman Stillman.

Coiffe de la région de Tver

Ainsi qu’on peut le voir sur la photo d’époque, ou sur l’image ci-dessus, elle se portait avec un châle en soie richement brodée.

Coiffe de la région de Tver

Coiffe de la région de Tver

Coiffe de la région de Tver

Les coiffes, ou kokoshniks étaient ornés avec abondance, comme tout type de vêtement de fêtes en Russie. Ils ont le plus souvent fait de damas tissé avec des fils métalliques dorés ou en velours avec des broderies d’or.

Les éléments décoratifs utilisés dans les coiffes étaient représentatifs des régions dans lesquelles elles ont été faites. Les kokoshniks du Nord ont été embellis avec des perles des rivières, qui étaient abondantes dans ces zone, et tissées tout en duvet d’oie, la laine et les broderies étaient plus populaires dans le Sud.

Parfois, ces coiffures de la région de Tver pouvaient être d’une très grande richesse.

Первая половина XIX века. Жемчужный головной убор с «шишками», кисейным, расписным золотым шитьем платом. На сарафан надета епанечка, украшенная золотым галуном.

Le vêtement était un sarafane (en russe: Сарафан) : un vêtement féminin populaire. Il s’agit d’une robe droite sans manche. Ce vêtement était porté par les filles et les femmes des villages du nord, et du centre de la Russie, ainsi que dans les régions de la Volga, jusqu’au début du XXème siècle.

Nous n’avons pas, semble-t’il retrouvé le modèle exact de la collection, du moins celui présenté sur la photo. Voici d’autres sarafanes de la même région :

Sarafane

A Gauche:  tenue de cérémonie du nord de la Russie, XVII et XIXème siècles.
A droite: tune de cérémonie de la province de Nizhny Novgorod Province, XIXème siècle.

Sarafane

A gauche: tenue de Cérémonie de la province de Tver, XIXème siècle.
A droite: tenu cérémonie de jeune fille, de la région d’Olonetsk, XIXème siècle.

La richesse de ces costumes réside également dans les nombreux détails, ainsi qu’on peut le voir dans le livre Русский народный костюм (Le costume folklorique russe) de L. Efimovoy, sorti en 1989.

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Le costume folklorique russe

Titre: costume folklorique russe. Le Musée historique d’Etat
Auteur: L. Efimova
Editeur: Russie soviétique
Année: 1989
Pages: 314

Русский народный костюм. Государственный Исторический музей

La vaste collection de costume russe, photos en couleurs des costumes et de l’ensemble des pièces individuelles, avec des photos de la vie folklorique et catalogue détaillé des choses. Les meilleurs albums de costume folklorique. Expositions costumes de la collection du Musée historique d’Etat. Reste un modèle pour tous ceux qui s’occupent de ce problème.

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Nous vous avons déjà parlé depuis plusieurs mois de la fabuleuse collection réunie par Natalia Chabelskaya, présentée pour la première fois en 1900 en France, lors de l’Exposition Universelle, puis, plus récemment, lors d’une exposition à la fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent.

Le mois dernier, nous vous avons présenté une sélection de costumes reproduits sur des photos anciennes.

Aujourd’hui, nous vous proposons une revue d’un des détails important du costumes russe traditionnel : la coiffe.

Autrefois, les femmes mariées devaient couvrir leurs cheveux, pour ne pas courir de risque de se faire ensorceler. C’est de cette croyance qu’est venue la tradition de porter une coiffe, appelée dans certaines région « kokochnik« .

Sur le front, on laissait pendre des décorations de perles et de pierres précieuses.

Les kokochniks étaient réalisés avec des tissus précieux : soies, velours, brocards, ornés de pierres précieuses et de perles, brodés d’or et décorés avec des galons.

Pour les jeunes filles non mariées, le port d’une « venietz » était permis. Cette sorte de couronne laissait paraître la chevelure.

Une partie des coiffes ci-dessous paraissent dans les photos anciennes que nous vous avons déjà montrées. Mais nous vous les présentons cette fois en détail et en couleur. Une partie de ces coiffes font partie des collections du Metropolitan Museum of Art de Brooklyn.

Début du XIXème siècle.

Début du XIXème siècle.

Début du XIXème siècle.

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Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

La collection de Natalia Shabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Coiffes traditionelles et kokochniks de la collection de Natalia Chabelskaya

Le dernier bal impérial des 11 et 13 janvier 1904

Les 11 et 13 Février 1903 a été donné le dernier bal de la cour impériale russe dans le Palais d’Hiver, bal dont la préparation a nécessité plusieurs mois.

Vasily Sadovnikov: Vue du Palais d'Hiver dans les Nuits Blanches, 1856.

Les invitations ont été envoyées bien avant le bal, avant Noël, pour donner le temps de choisir et de préparer robes et habits. Mais comme au palais on ne savait pas qui était à Saint-Pétersbourg, les invités devaient se pré-inscrire auprès du Grand Chambellan.

Être invité au bal du tsar s’avérait une mission difficile. L’argent et les connaissances n’aidaient pas. Pour cela, il fallait être un officier supérieur, un proche de la famille impériale ou un diplomate étranger (et encore, les étrangers n’étaient invités que pour le 13 janvier). Certains avaient le rare privilège d’être invité personnellement par le tsar. Seuls les hommes étaient invités.

Grand Duc Alexei Alexandrovich

Les invités pouvaient venir avec leur femme et leurs filles. Mais pas avec leurs fils qui pouvaient être invités en fonction de leur mérite indépendamment de leurs pères.

Certains officiers, notamment de la Garde, formaient une catégorie à part. Pour eux, c’était un service. Le chef du régiment nommait des candidats et leur donnait des instructions très précises « Pour vous, ce n’est pas la fête, c’est un travail. Dansez avec des dames, amusez-les. Ne restez pas en groupe. Рассыпайтесь… Рассыпайтесь… Поняли ? » Il y avait un antécédent ; lors d’un bal précédent un officier avait dansé uniquement avec une seule dame, la princesse Ekaterina Dolgorukaya, la future femme du tsar Alexandre II. Après le bal, l’officier et son régiment avaient été punis « Разве ты не знаешь, каково ее положение при дворе ? – распекали юношу после бала. – Ты позоришь полк… Ступай и намотай себе на ус... » .

Grand Duc Boris Vladimirovich

Tous les participants devaient porter des costumes inspirés de l’époque du deuxième tsar de la dynastie Romanov, Alexis Mikhaïlovitch (XVIIème siècle). Des costumes d’avant la réforme vestimentaire imposée par Pierre le Grand : boyards et nobles, gouverneurs, intendants, militaires et artilleurs de l’époque, fauconniers, citadins, etc. Même les serviteurs et laquais de la cour étaient costumés comme au XVIIème siècle, dans des tenues de toutes les contrées de toutes les Russie.

Madamme M.F. Belyaeva

Ce fut un grand événement dans la vie de la société de Saint-Pétersbourg comme on n’en avait pas connu depuis très longtemps. On se mit à regarder les portraits de famille, à visiter les galeries de peintures, à étudier les gravures anciennes. L’activité fut grande dans les ateliers des costumes de théâtre, chez les tailleurs et les modistes. On fit venir de Moscou des tissus d’or et d’argent, brocarts et somptueux velours vénitiens. Des personnes se rendaient exprès à Moscou pour visiter une exposition consacrée aux vêtements, joyaux et étoffes de la Russie antérieure au XVIIème siècle. C’était féérique, beaucoup d’anciens costumes nationaux, décorés de fourrures rares, des brillants magnifiques, des pierres précieuses. Ce jour la, des bijoux étaient en quantités incroyables.

Princesse Olympiada Alexandrovna Baryatinskaya

Les costumes de la famille impériale ont été faits d’après des esquisses du peintres Sergei Solomko, et ils ont couté des fortunes. Certains costumes sont toujours conservés dans les fonds de l’Ermitage (ils ont fait l’objet d’une exposition en 2003). Ils sont venus de différents musées, des palais et des résidences de la noblesse de Saint Petersbourg. D’autres costumes et accessoires sont au Kremlin de Moscou.

Princesse Maria Nikolaevna Vasilchikova et sa fille, la Princesse Sofia Sergeevna

Au bal, les robes, sans décolleté, étaient relevées par l’ancienne coiffure russe, le kokoshnik, en forme de grande auréole, richement brodé d’or et d’argent et serti de pierres précieuses et joyaux de famille, souvent pesamment broché d’or. Les cheveux des dames mariées étaient cachés, tandis que ceux des jeunes filles étaient ramassés en deux longues tresses parfois entrelacées de rubans et perles.

Maria Nikolaevna Voeykova

Les robes des dames étaient le sujet de discussions. Si une dame avait une robe trop neuve et trop chère, on pensait d’elle qu’elle faisait partie des nouveaux riches, des parvenus. Les vraies aristocrates ne portaient jamais des nouvelles robes, car au bal, il y avait trop de monde, on ne pouvait pas porter la robe avec facilité, donc, elle pourrait être froissée ou abimée. Les traines étaient interdites, sauf pour les dames de la cour, qui devaient porter des robes conformes à l’étiquette (voir notre article). Sur ces robes spéciales « de cour » avec un grand décolleté et une traine, elles mettaient un chiffre (un monogramme) en brillants et pierres précieuses à gauche du corset. C’était le signe distinctif pour les dames d’honneur de la cour du tsar.

Princesse Zinaida Nikolaevna Yusupova

Le 11 février 1903.

La soirée donnée dans une grande salle du palais d’Hiver, avec un concert au thèâtre de l’Ermitage où l’on a joué un extrait de l’opéra de Modeste Moussorgsk Boris Godunov chanté par Fiodor Ivanovitch Chaliapine.

Puis, Riccardo Eugenio Drigo, compositeur et chef d’orchestre italien qui travailla longtemps au Théâtre Mariinsky à Saint-Pétersbourg dirigea Le lac des cygnes de Thaikovsky avec la danseuse Anna Pavlova.

Après le spectacle on dansa la mazurka, puis un grand diner fut servit avant le bal qui dura très tard dans la nuit.

Nadezhda Dmitrievna Vonlyarlyarskaya

Le 13 février 1903.

Quelques jours plus tard, la fête fut reprise une deuxième fois au profit du corps diplomatique, dans une salle plus grande du Palais d’Hiver. Tous les représentants des pays étrangers et leurs familles étaient invités : ainsi les filles des ambassadeurs des pays d’Europe occidentale eurent-elles l’occasion unique de danser avec des nobles russes des siècles passés.

D’habitude il y avait de 200 à 700 personnes qui participaient aux bals. Mais ce soir du 13 février 1903, 3000 personnes ont assisté au bal et aux festivités.

Christopher Platonovich Derfelden

Il avait neigé sur Saint-Pétersbourg ce jour-là et il faisait un froid intense. Le Palais d’Hiver s’était voilé de blanc, comme une dentelle sur le marbre. A côté de la colonne d’Alexandre, en face du palais, avait fait de grands feux. Des carrosses et des voitures se présentaient. Les officiers arrivaient à cheval, les cheveux étaient couvert de tissus bleu. Du jamais vu. Du grandiose. Sous les manteaux de fourrure, de sublimes vêtements restituaient le faste de la cour de Russie au XVIIe siècle, car, en souvenir du temps des boyards, les invités étaient tenus de porter des costumes de l’ancienne Russie.

Vasiliy Dolgorukov

Les invités venaient vers 20h30, impossible d’être en retard. Chacun savait à quelle entrée du palais il fallait se présenter.

Tout était prévu selon l’étiquette, bien prévu d’avance, pour éviter le chaos avec 3000 personnes dans un palais immense.

Les invités montaient le grand escalier entre deux rangées de cosaques.

Grande Duchesse Elizabeth Feodorovna

Les dames en manteaux de zibeline, sans chapeau sur la tête, car les femmes mariés devaient porter des diadèmes ou la coiffe traditionnelle, le kokochnik, les jeunes filles une coiffure avec des fleurs sur la tête. On attachait les cartes de visite de chaque invité à leur manteau et les laquais du palais les portaient au vestiaire. Alors apparaissaient les robes, somptueuses, le talent, le goût, le style de la fameuse couturière moscovite Lamanova étaient extraordinaires. Elle était le génie russe de l’élégance.

Большой бал в Николаевском зале

L’arrivée du tsar et la tsarine fut le point culminant de la soirée.

La tsarine aimait les parles, son collier lui arrivait jusqu’aux genoux, elle avait décoré ses cheveux avec un diadème en forme de mitre, couvert d’émeraudes. « L’Empereur avait grande allure en tsar de Moscou, vêtu de brocart écarlate, orné de fourrures et de joyaux. Il paraissait moins grand que son épouse, qui portait une tunique de drap d’or avec des broderies d’argent, et comme coiffure une sorte de mitre byzantine qui rehaussait encore sa taille… » raconte la princesse Varvara Dolgorouki.

Olga Mikhailovna Zografo

Derrière une grille en or l’orchestre de la cour du tsar, également en costumes des musiciens du tsar Alexei Michailovitch, jouait une ouverture de Tchaïkovski, les portes s’ouvrirent, tout le monde fit la révérence. Tous les invités se bousculaient, se poussaient du coude, pour apercevoir la famille impériale, on reconnaissait l’empereur Nicolas II dans le costume du tsar Alexis Mikhaïlovitch, l’impératrice Alexandra Fédorovna portant un costume inspiré de celui de la tsarine Marie Ilinitchna Miloslavskaïa (voir notre article).

Le tsar Nicolas II et son épouse en costume ancien.

Puis il fut joué la classique polonaise d’ouverture. Et les règles étaient strictes : le tsar et la tsarine ouvraient la danse, puis des princes avec des femmes de diplomates, puis les ambassadeurs avec des grandes princesses. Les autres n’avaient pas le droit d’y participer. Après la première danse, on changeait de dame, mais toujours d’après les rangs.

Natalia Ivanovna Zvegintsova

Puis l’orchestre joua une série de valses. Un jeune lieutenant du régiment des Chevaliers-Gardes et la comtesse Nadia Tolstoï, sa partenaire désignée bien à l’avance par l’impératrice, ouvraient la danse. Mais tout le monde ne pouvait pas participer aux danses. Beaucoup de gens étaient debout le long des murs. Comme il y avait beaucoup de monde, et que tout le monde voulait regarder les danseurs, l’espace pour évoluer devenait de plus en plus petit. Alors « … j’invitais une dame assez grande pour danser et nous avons fait reculer des spectateurs » (mémoires du général Mossolov).

Светский бал в традициях начала XIX века

Ceux qui ne dansaient pas parlaient et mangeait un peu. Les laquais apportaient des douceurs, de la glace, des boissons. Dans les salles voisines, il y avait aussi des zakuskis.

Il y eût la mazurka, puis on passa au diner.

Великая княгиня Мария Павловна с фрейлинами

Les invités étaient répartis en deux grandes catégories : ceux qui mangeaient dans la même salle que le Tsar, ce qui était un grand privilège … et les autres.

A la table du Tsar, centrale et bien visible par tous, les places à table étaient bien fixées par le protocole. Le Tsar, en face de lui, le chef du corps diplomatique, à gauche du tsar l’héritier du trône. Les princesses ont été placés entre les diplomates et les personnes de premier rang de la cour.

Tout autour, il y avait douze tables rondes, qui occupaient toute la salle. le Tsar, comme d’habitude mangea peu, mais alla saluer ses invités, d’une table à l’autre. S’il voulait passer un peu plus de temps à côté de quelqu’un, on lui apportait une chaise.

Pendant tout le temps du diner, les musiciens ont accompagné une chorale qui a chanté des chansons russes.

Après le diner, le Tsar et la Tsarine invitèrent les convives dans la salle de Nicolaï pour continuer le bal (d’où son nom de Nicolaïevski bal – Николаевский бал). La première danse après le repas fut le cotillon, suivi de valses, de quadrilles, de mazurkas…

Николаевский зал

Le clou du bal fut une série de trois danses russes exécutées par vingt-quatre couples. Ces chorégraphies avaient donné lieu à des répétitions préalables, dont une générale en costumes, le 10 février, devant la Tsarine.  C’est la comtesse Betsy Chouvalov, maîtresse de maison incomparable et femme de grand goût, qui avait conçu l’idée de ces danses, préparées spécialement pour ce bal par le metteur en scène Felix Adam Valerian Krzesiński (dont la fille Mathilde était la maitresse du tsar ! … elle l’appelait Niki).

Après avoir dansé toute la nuit, lorsque l’orchestre de la Garde joua la dernière mesure, aucun convive ne sentit le rideau tomber définitivement.

Большой бал в Николаевском зале

Quand tous les invités furent partis, le ministre de la cour, tout le personnel et la garde, se rendirent au dernier étage ou le diner leur fut servi. Les lumières étaient éteintes. Plus jamais des fleurs ornèrent aussi massivement les salons du Palais d’Hiver, plus aucune musique de danse ne se joua sous ses lambris magnifiquement peints. Les temps de grandeur étaient passés. Il n’y eut plus jamais de bal au Palais d’Hiver !

Retrouvez tous nos articles précédents sur le dernier Bal Impérial :

Le bal des Romanov

Le dernier bal impérial – Le Bal de l’Ermitage

Le dernier bal impérial – Le Tsar Nicolas II et l’impératrice Alexandra Fiodorovna

Le dernier bal impérial – invités et costumes

Le dernier bal impérial – Bal « vieux russes »

Le dernier bal impérial – Chaliapine chante Boris Godounov

Les dames de la cour de Russie

Et, également :

Bal à Saint-Petersbourg, 23 janvier 1883

 

Natalia Chabelskaya – photos anciennes

Les pavillons de la russie à l'expoisition Universelle de 1900

Lors de l’Exposition Universelle de 1900, les pavillons russes ont montré aux Parisiens et aux visiteurs de la capitale française quelques pièces de la collection unique de costumes russes qui avaient été apportés par le Musée privé du vieux Moscou et recueilli par Natalia Shabelskaya.

Cette présentation s’accompagnait d’une série de photos de ces costumes portés par de belles jeunes filles russes de la fin du XIXème siècle.

Ces photos font désormais partie de la collection du Musée russe d’ethnographie.

Province de Pinza, Russie du Sud

Province de Penza, Russie du Sud

Province de Penza, Russie du Sud

Province de Penza, Russie du Sud

Province de Penza, Russie du Sud

Province de Penza, Russie du Sud

Province de Ryazan, Russie du Sud

Province de Ryazan, Russie du Sud

Province de Smolensk, Russie de l'Ouest

Province de Smolensk, Russie de l’Ouest

Province de Vladimir, Russie centrale

Province de Vladimir, Russie centrale

Province de Vladimir, Russie centrale

Province de Vladimir, Russie centrale

Province de Moscou, Russie centrale

Province de Moscou, Russie centrale

Province de Moscou, Russie centrale

Province de Moscou, Russie centrale

Province de Moscou, Russie centrale

Province de Moscou, Russie centrale

Province de Kusrk, Russie du Sud

Province de Kusrk, Russie du Sud

Province de Kusrk, Russie du Sud

Province de Kusrk, Russie du Sud

Province de Kusrk, Russie du Sud

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Province de Tula, Russie du Sud

Province de Tula, Russie du Sud

Province de Tula, Russie du Sud

Province de Tula, Russie du Sud

Province de Tula, Russie du Sud

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Russie du Nord

Russie du Nord

Russie du Nord

Russie du Nord

Province d'Orel, Russie du Sud

Province d’Orel, Russie du Sud

Province de Tver, Russie du Nord

Province de Tver, Russie du Nord

Province de Tver, Russie du Nord

Province de Tver, Russie du Nord

Province de Kostroma, Russie centrale

Province de Kostroma, Russie centrale

Province de Kostroma, Russie centrale

Province de Kostroma, Russie centrale

Province de Kostroma, Russie centrale

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Province de Yaroslav, Russie centrale

Province de Yaroslav, Russie centrale

Province de Voronezh, Russie du Sud

Province de Voronezh, Russie du Sud

Province de Kaluga, Russie centrale

Province de Kaluga, Russie centrale

Province de Pskov, Russie du Nord

Province de Pskov, Russie du Nord

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