La collection de Natalia Chabelskaya

Nos divers articles sur les bals en Russie à la fin de l’époque des Tsars vont sans aucun doute vous donner des idées de costumes ! Le prochain Carnaval de Venise sera sous le signe de la Russie d’antan.

Pour vous éviter de reproduire les choses infâmes que nous avons eu l’occasion de voir l’an dernier, ces grosses dondons en matriochka bleu sale et triste, de très mauvais gout, nous vous emmenons aujourd’hui découvrir une incroyable collectionneuse… que nous avons déjà évoquée le mois dernier.

Natalia Shabelskaya

Pour cela, nous avons choisi de partager une partie de impressionnante collection de Natalia L. Kroneberg, qui est née en 1841 à Taganrog, dans la famille de Léonide Alexandrovitch Kroneberg. En 1862, elle a épousé Pierre Nikolaevich Chabelski, propriétaire terrien dans la province de Kharkov. De ce mariage naquirent trois filles : Varvara (devenue par le mariage Sidamon-Eristavova), Natalia et une troisième fille dont le prénom n’est pas parvenu jusqu’à nous.

 illustrations du livre : Le costume de la Russie sur le graphique 18-20e siècles.

Dans les années 1870, Natalia crée un atelier de broderie dans la propriété de son mari, sur le domaine de "Chupahovka" dans la province de Kharkiv.

Dans le début des années 1880, la famille déménage à Moscou.

Dentelles

A l’occasion de beaucoup de voyages dans toute la Russie, Natalia achètes des antiquités et, petit à petit, constitue une collection. Elle accumule broderies folkloriques russe, dentelles, tissus, chapeaux, vêtements, décorations en os, en métal et en bois. Sa maison était devenue au fil des ans un musée d’antiquités des costumes russes à Moscou. Le catalogue de la collection, réalisé à sa mort, comprend plus de 4.000 articles. Cette collection est la plus grande collection de textiles de Russie de la seconde moitié du XIXème – début XXème siècles.

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En 1902, la famille émigre en France, où, le 17 janvier 1904 Natalia L. est morte.
Elle est enterrée dans le cimetière orthodoxe russe Saint-Nicolas à Nice.

Après sa mort une partie de la collection à été vendue à des collectionneurs privés et a été emmené à l’étranger, et l’autre partie a été transférée à Saint-Pétersbourg au Musée d’Ethnographie.

Une partie des pièces vendues à l’époque de sa mort sont revenues depuis en Russie et font désormais parties des collections des musées de Saint-Pétersbourg à l’Ermitage, au Musée Histoire d’État ainsi qu’au Musée Histoire et Art  de Yaroslavl et au Musée Russe et d’art populaire de Dkorativno.

Collection NS

Exposition Universelle de 1900 à Paris – dans le pavillon de la Russie

Le 14 avril 1900, le président Émile Loubet inaugurait l’Exposition Universelle. Le lendemain, les 216 hectares répartis sur deux sites ouvraient au grand public.

Plan commode de l'exposition universelle de 1900

Les français pouvaient alors découvrir, juste à côté du Trocadéro le pavillon de la Russie enfin digne du grande Empire. En effet, lors de l’Exposition précédente, en 1887 la situation politique entre la France et la Russie était complexe. Elle n’avait pas permis de présenter un Pavillon russe à la mesure de cette grande nation.

Le pavillon de 1900 fait 24 000 m² et a coûté au pays 5 226 895 roubles dont 2 226 895 roubles ont été accordé par le Gouvernement russe et 3 000 000 roubles par les exposants. 1 rouble sous Nicolas II correspond à 237 roubles d’aujourd’hui. Après calculs cela représente 31 368 952 d’Euros !

Le pavillon russe de l'Exposition de 1900

Les Palais Russes ont été construits d’après un projet dessiné par Robert Melzer (l’architecte de la Cour Impériale) dont l’idée était de présenter une ville russe traditionnelle le long du mur du Trocadéro.

Le pavillon s’inspirait d’un mariage architectural entre les Kremlins de Moscou et de Kazan dont les cloches d’une des tours sonnaient réellement.

Le prince Tenichev fut nommé Commissaire Général de la Section Russe par Nicolas II, Konstantin Korovin, un des premiers impressionnistes russes fut chargé de la décoration du pavillon des périphériques russe et du pavillon dédié à l’artisanat russe, Ilia Bondarenko, architecte, a été nommé responsable de la construction du village russe et du pavillon d’artisanat russe. Dmitriy Mendeleev, grand chimiste russe, était vice-président du jury international.

Affiche de l'exposition de la Russie en 1900

Le pavillon d’artisanat russe a été construit en Russie, puis démonté, envoyé à Saint-Petersbourg pour être chargé sur un bateau et envoyé à Paris par la mer.

Le but était de représenter les artisanats de tout l’Empire Russe y compris les régions éloignées du centre. Une commission spéciale fut donc chargée du choix des objets parmi la collection du musée d’artisanat de Saint-Petersbourg pour les exposer en France. 2000 objets ont été choisis dans les musées et 4000 ont été fournis directement par des maîtres- artisans.

L'interieur du pavillon de l'artisanat

Le  pavillon d’artisanat était divisé en plusieurs sections selon le matériaux utilisés ou par thèmes. Il y avait par exemple une section à thème religieux et une historique.

Cette section historique abritait une partie de la fameuse collection de costumes russes de Natalia Chabelskaya.

Une pièce de la collection de costumes russes de Natalia Chabelskaya

Une collections accumulée par une femme étonnante dont nous allons vous parler, au fil des prochains mois, et dont les œuvres, qu’elle avait su accumuler tout au long de sa vie vous offrirons, nous n’en doutons pas, des idée pour réaliser des costumes de grande qualité, inspirés par l’ancienne Russie pour le prochain Carnaval de Venise.

Plan Pratique de l'exposition Universelle de Paris - 1900

Bal à Saint-Petersbourg, 23 janvier 1883

En Janvier 1883, le grand-duc Vladimir Alexandrovitch et sa femme ont organisé un bal dans le «style russe». L’empereur Alexandre III était un ardent russophile très attaché à l’idée du nationalisme russe.

Grand-duc Vladimir Alexandrovitch et sa femme Maria Pavlovna.

23 janvier 1883 chez le grand duc Vladimir Alexandrovitch

Le grand-duc Vladimir Alexandrovitch était vêtu d’un costume de Boyar du XVIIème siècle, en velours vert foncé et garni de fourrure de martre, un chapeau de Boyar, chemise en soie, la ceinture et le col étaient parsemés de pierres précieuses

Grand-duc Vladimir Alexandrovitch

La grande-duchesse Maria Pavlovna avait revêtu un costume de la même époque. Sur sa tête elle avait posé un kokoshnik. Ce kokoshnik, et le manteau de brocart brodé d’or étaient parsemés de pierres précieuses et de perles de couleurs.

23 janvier 1883 chez le grand duc Vladimir Alexandrovitch

23 janvier 1883 chez le grand duc Vladimir Alexandrovitch

23 janvier 1883 chez le grand duc Vladimir Alexandrovitch

L’impératrice Maria Feodorovna était vêtue d’un coûteux brocart d’or orné d’émeraudes, de diamants, de rubis, de perles et d’autres bijoux. Le manteau de brocart à fleurs d’or et garni de manches de fourrure de martre. Elle portait sur la tête une couronne d’argent posée sur un coussin en fourrure de  zibeline parée et ornée de gros diamants, d’émeraudes et de perles de grande taille. L’impératrice Maria Feodorovna disait que sa belle robe était incroyablement étouffante et lourde.

23 janvier 1883 chez le grand duc Vladimir Alexandrovitch

Ce bal a réunis 250 invités de la noblesse qui étaient accueillis, dans le grand escalier, par des serviteurs, également costumés avec des costumes traditionnels des régions de toutes les Russies.

Le bal a commencé avec une polonaise, puis une mazurka.

Ensuite, il y eu le dîner, au cours duquel la musique et la chorale ont interprété uniquement de la musique russe.

Enfin la danse a repris par le fameux cotillon et la fête s’est terminée au delà de 4 heures. L’empereur quitta la soirée après le dîner, et sa femme, comme d’habitude, n’a pas pu résister à participer jusqu’à la fin de la soirée.

Le bal de 1883 à la cour de Russie

Zinaida Beauharnais, grand amour du grand-duc Alexeï Alexandrovitch, était également présente en femme fatale, et le luxe de sa tenue n’avait rien à envier à celui de ses hôtes.  Elle portait une robe de femme de boyard, bleu parsemé de diamants et de perles.

Zinaida Beauharnais

Le bal des Romanov

La cour de Russie était réputée pour sa magnificence. La fête bat son plein en ces 11 et 13 février 1903 dans la grande salle de bal du palais d’Hiver de Saint-Saint-Pétersbourg.

Photo de groupe au bal de 1903

Des milliers d’invités parmi les plus hauts dignitaires de la cour, dont le tsar Nicolas II et son épouse, Alexandra Feodorovna, dansent en costume traditionnel russe du XVIIème siècle. Ils commémorent le célèbre bal qui s’est tenu 20 ans plus tôt. Mais l’élite de l’aristocratie impériale ne sait pas qu’il s’agit du dernier bal costumé des Romanov.

Ces bals en costumes de la "Russie ancienne" ont été des évènements marquants de cette époque.

Tous les participants portaient des costumes inspirés de l’époque du deuxième tsar de la dynastie Romanov, Alexis Mikhaïlovitch (XVIIe siècle). Des costumes d’avant la réforme vestimentaire imposée par Pierre le Grand.

Pour ces bals, les ateliers spécialisés ont produit brocarts et velours vénitiens, tissus d’or et d’argent. Les joyaux, pierres, perles, dentelles, broderies anciennes ont été largement utilisé.

Nous avons retrouvé pour vous de nombreux documents d’époque, ainsi que des informations inédites pour les costumes. De quoi émoustiller votre imagination pour les prochains Carnavals de Venise pour l’année de la Russie en Italie…

Suivez donc attentivement notre blog pour tout apprendre sur les merveilleux costumes de la cour du dernier Tsar de toutes les Russies

ou

Daria au Carnaval de Venise

Daria Zarina

Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler de la belle Daria Zarina lors des soirées de Carnaval au Danieli. Cette blogueuse russe, qui vit à Saint-Petersbourg, a bien voulu nous raconter son expérience vénitienne et sa participation, avec son fils, Platon, au Concorso della Maschera più bella del Carnevale di Venezia 2013.

Après avoir tenté, en vain de voir le Vol de l’ange, comme beaucoup, elle n’a jamais réussi à atteindre la piazza San Marco, encombrée par une marée humaine, Daria et son fils ont participé au concours du plus beau masque du carnaval 2013. Un instant de gloire sur le podium du Grand Théâtre de la piazza, devant une foule compacte.

Daria ne fait pas vraiment partie de ces touristes "déguisés" qui louent sur place et se pavanent. Elle a fait réaliser ses costumes (une robe de bal, pour la soirée au Danieli et un costume allégorique) et celui de son garçon par deux couturières de Saint Petersbourg : Olga Shabalin et Marina Kaurova. C’est elle qui a imaginé les costumes et en a réalisé les croquis.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Mais, avant de pouvoir monter sur le podium et devenir les vedettes sur la piazza, il faut patienter Daria et Platon jouent, lancent des confettis…

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Le petit Platon est déjà bien "habité" par son personnage un peu burlesque, un personnage moderne du Carnaval, né de l’imagination de sa maman. Dès qu’il voit un appareil photo il pose volontiers, même quand il est tout seul.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Les personnages en costumes se succèdent sur la scène, certains sont aussitôt éliminés, d’autre sont sélectionnés pour un second passage.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

"Juste avant nous, des personnages sur des échasses, ils n’ont pas séduit le public" nous dit Daria. Tous ces beaux costumes ont relégué nos amis russes tout à la fin, Daria est nerveuse, Platon carrément gelé.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Enfin, c’est le grand moment, et "on nous demande de nous élancer vers la scène" il faut traverser tout le public. C’est un Brighela qui propose à Daria de les accompagner tout en haut, elle tombe sous le charme du beau masque de la Comedia del Arte.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Sur la scène du grand théâtre, on annonce la venue de deux personnages venus de la Russie. Un Colombine les accueille, tous sont génialement costumés. C’est donc sous une salve d’applaudissements et les acclamations (il y a de nombreux russes, tous admiratifs, dans la foule), que notre belle jeune femme et son charmant bambin s’élancent vers le "tapis rouge".

Daria et Platon au Carnaval de Venise

La présentatrice ne parle pas seulement en italien, mais aussi bien en russe, en anglais, en français et en allemand.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

"Ce bel homme dans un manteau de fourrure dit à toute la population de San Marco, je suis un clown né.
J’ai ensuite été transférée en Xu, disait-il en italien.
Trois Natasha et deux Vova n’auraient pas pu faire plus pour ma motivation.
Dieu lui donne la santé et plus d’argent.

C’est le moment du vote, et nous sommes confiants.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Qualifiés pour la suite, pendant que les candidats se succèdent et sont éliminés.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Au second passage, les votes sont plus confus, il aura fallu revoter pour nous départager, et c’est un autre groupe, tout en or qui a eu la victoire. On nous libère, et nous traversons à nouveau la foule…

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Ce bon Brighela est là pour me consoler, je le garderais bien avec moi, ce gentil garçon.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Et bien, nous n’avons pas été jusqu’à la finale et je n’ai pas eu à me geler plus longtemps. Но как нас утешали)))".

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Nos deux amis étaient très fatigués, et de suite après se promettaient de ne plus jamais recommencer cette expérience… quoique, pour Platon, ce fut un bon moment.

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Daria et Platon au Carnaval de Venise

Traduction de l’article de Daria : Конкурс масок на открытии карнавала.

Ksenia Islamova

Les photos sont de par Ksusha (Ksenia Islamova _ Ксения Исламова), une russe qui vit désormais à Venise, et dont on peut voir également la vidéo qu’elle a réalisée, car est allée avec eux et a filmé du début à la fin :

Le premier chef-d’œuvre de Titien de retour à Venise

A 18 ans, Tiziano Vecellio, dit Titien (1488-1576), peint sa première grande commande. Une Fuite en Égypte imaginée comme un long travelling au coeur d’une forêt idyllique, où la Sainte Famille croise moutons, cerfs, vaches et même un renard. Naïveté du bestiaire, délicatesse de la végétation, douceur des figures encore un peu raides : cette oeuvre de jeunesse est tout simplement exquise.

Tiziano Vecellio, dit Le Titien (1477/90-1576)
La Fuite en Égypte, vers 1508
Huile sur toile – 206 x 336 cm
Saint-Petersbourg, Musée de l’Ermitage
Photo : Musée de l’Ermitage

Le 13 mars 2012 Michael Piotrowski a présenté au public le résultat d’une restauration qui a duré 12 ans. Michael Piotrowski a fièrement montré les résultats d’un long travail de son personnel et a dit que la peinture des débuts du Titien serait envoyée lors d’un voyage dans son pays natal Venise ainsi qu’à Londres, et à son retour aura lieu une exposition au Palais d’Hiver.

Titien a peint Fuite en Egypte en 1507, à l’époque où il travaillait dans l’atelier de Giorgione. L’importance de cette peinture est énorme, estime Irina Artemieva, spécialiste de l’art de l’Europe occidentale de l’Ermitage. C’est la première œuvre de Titien connue de nos jours, ainsi que le premier paysage dans l’histoire de la Renaissance. "La peinture a toujours trouvé ses admirateurs passionnés, notamment Giorgio Vasari qui a été le premier à en parler et le chronographe vénézuélien Carlo Ridolfi", affirme la spécialiste.

A l’époque, Titien fût beaucoup passionné par la peinture "nordique". Selon Vasari, il hébergea chez lui des peintres allemands pour leur apprendre les secrets des paysages.

La Fuite en Egypte fût créée pour le palais d’Andrea Loredan à Venise, mais changea ensuite de possesseur pour des raisons restées inconnues.

En 1768, l’impératrice Catherine II de Russie achète le tableau qui était auparavant dans la célèbre collection du comte Bruhl à Dresde…

En 1999, les restaurateurs du Musée de l’Ermitage, où il est exposé en temps normal, ont commencé un long et méticuleux travail de restauration.

Les études préliminaires ont permis de lever des doutes qui subsistaient sur son authenticité. Lors de la restauration, les experts ont examiné scrupuleusement la toile et toutes les questions sur la paternité ont été résolues. Fait intéressant : après avoir examiné la toile par rayonnement infrarouge, les experts ont conclu que Titien avait d’abord l’intention de peindre un autre sujet : Admiration de l’enfant.

Les restaurateurs, non seulement ont dégagé le tableau des vieilles peintures et des vernis noirci, mais retrouvé l’image originale créée par Titien (le tableau avait fait l’objet d’une restauration au XIXème siècle en utilisant une peinture de qualité inférieure, qui commençait à se décoller). En conséquence, le visage de la Vierge Marie a changé, il est apparu que Joseph, qui avait les cheveux longs, avait été peint presque chauve à l’origine et que l’arbre était différent.

***

A partir de demain, mercredi 29 août 2012, et jusqu’au 2 décembre, le tableau prêté par le Musée de l’Ermitage sera exposé à Venise à la Gallerie dell’Accademia.

Grâce au prêt inédit du tableau par le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, à l’occasion de sa restauration, l’exposition vénitienne propose un dossier monté comme une enquête : les indices sont à dépister dans la vingtaine de tableaux et gravures réunis autour de la pièce principale, réalisés eux aussi à Venise au même moment. Se côtoient les œuvres du vieux maître de Titien, Giovanni Bellini, de ses camarades d’atelier Giorgione et Sebastiano del Piombo, et même de Dürer. Où l’on comprend comment le jeune artiste admire et analyse anciens et contemporains, leur emprunte des éléments ou rivalise avec eux pour finalement s’affranchir de leur influence. Naissance d’un maître, en l’an 1506, à Venise.

"Cité de la Musique" dans le parc Sokolniki

Nous vous invitons à Moscou dans le grand parc Sokolniki, le samedi 1er septembre, pour un festival, entièrement gratuit, organisé par le Département de la Culture de Moscou, qui va mêler musique classique, concerts de gala, et histoire, avec une initiation aux grands bals en costumes d’époques organisée par notre chère amie Elana Tasarova, directrice de Trianon Studio.

Sur la place face à l’entrée du parc, une installation avec des objets historiques pleine de surprises, dont un piano royal vieux de 100 ans qui sera présenté à 13 heures. En des concerts quasiment non stop pendant tout le festival, sur la place près de la fontaine, avec les quatre plus importants orchestres de Moscou :

Une soirée "Piano dans les fleurs", des performances, comme celle, extravagante, des solistes du Théâtre Bolchoï, les lauréats du concours TV "Casse Noisette", un concert de cloches…

Il y aura également des ateliers pour les enfants, autour du thème des instruments de musique, pour les amener à la découverte du monde de la musique classique.

A 17 heures, l’ensemble" Sforzando" (jazz et musique classique) se produira au Proceka de Mai.

… et surtout, des démonstrations de danses historiques, en costume en collaboration avec "Trianon" :

Les visiteurs pourront s’initier aux danses historiques avec les excellents maîtres de danse de l’école "Trianon".

Des costumes seront mis gratuitement à la disposition des participant-e-s.

Департамент культуры Правительства города Москвы
Парк «Сокольники»
Продюсерская компания «Funday»
ПРЕДСТАВЛЯЮТ
Non-stop classic

Первый фестиваль камерных оркестров на открытом воздухе

Non-stop classic пройдет в Парке Сокольники в День города Москвы, 1 сентября 2012. На Главной сцене парка выступят известные камерные ор-кестры Москвы, а также певцы и инструменталисты, артисты Молодежной оперной программы Большого театра, солисты Московского музыкального театра «Геликон-Опера». Центральная фигура праздника — знаменитый пианист, заслуженный артист России Александр Гиндин.

В масштабном (более 4-х часов!) музыкальном марафоне участвуют 4 коллектива:
— Московский камерный оркестр «Времена года» (художественный руководитель и главный дирижер — заслуженный артист России Владислав Булахов);
— Московский молодежный камерный оркестр (художественный руководитель и главный дирижер — заслуженный деятель искусств РФ, профессор Валерий
Ворона);
— камерный оркестр «Московская инструментальная капелла» (художественный руководитель и дирижер — Геннадий Деркач);
— Ансамбль солистов «Эрмитаж».

Коллективы представят широкую панораму музыкальных стилей и жанров — от Барокко и Классицизма до музыки XX века.
Комментирует марафон музыкальный журналист, ведущий радио «Орфей»
Михаил Сегельман.

Фестиваль камерных оркестров станет кульминацией празднования Дня города в Парке Сокольники. Музыкально-театральные, обучающие, интерактивные программы, выставки и презентации пройдут на нескольких площадках парка.

Главные события:
— церемония открытия у Главного входа, выдержанная в стилистике международных кинофестивалей;
— музыкальные мастер-классы для детей и их родителей — увлекательное по-гружение в историю музыкальных инструментов;
— мастер-классы по рукоделию и бальным аксессуарам, завершающиеся костюмированным балом на эстраде «Березки»;
— детская программа на Центральной эстраде, включающая концерт юных та-лантов — стипендиатов музыкального магазина «Свет и Музыка», представление музыкального кукольного театра, интерактивную программу телеканала «Детский»;
— выставка цветочных композиций «Флора и музыка»;
— презентация на Фонтанной площади главного арт-объекта праздника — исторического рояля.

Начало праздника и презентации арт-объекта в 13-00.
Начало Фестиваля камерных оркестров в 16-00.
На все мероприятия ВХОД СВОБОДНЫЙ

Catherine, princesse à San Michele – XV

Vous nous croirez si vous le voulez, mais, un jour, alors que nous étions bien en peine de trouver des éléments qui nous permettraient d’avancer dans cette histoire, nous avons, à San Michelle demandé à la princesse Catherine Troubetzkoy, née Moussine-Pouchkine de nous aider, Klod en français, Olga en russe… et bien c’est à partir de ce jour que, un à un, les fils se sont dénoués et que nous avons trouvées les informations, qui, de pays en pays, nous ont permis de vous conter à notre tour cette histoire, de la façon la plus complète qui soit.

A chaque fois qu’il buttait sur une impasse, Klod s’est rendu à San Michele in Isola, et s’est "entretenu" avec Catherine, et juste après, il accédait à une nouvelle découverte.

En effet, chacun, par le monde, que ce soit en Russie, en France, en Espagne ou en Italie détenait un fragment de la vie de Catherine.

C’est bien grâce à son aide (à l’aide de la princesse Catherina Petrovna Troubetzkoy) que nous avons réussi à tout remettre en place, au bon endroit.

L’aide de Catherine n’aurait été rien sans celle des vivants, et nous devons remercier pour leur aide, aussi infime fut elle (car chaque parcelle de la vérité nous a fait progresser à un moment) :

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Madame Natasha Troubetzkoy et son frère Igor

Monsieur le comte Alberto del Bono

Madame Laure Troubetzkoy

Monsieur Alexandre Troubezkoy

Monsieur André Moussine-Pouchkine

Madame Mireille Forget-Gouy pour son inlassable travail aux Archives Consulaires de Nantes

Aujourd’hui, à San Michele, les tombes ont été restaurées, propre, la tombe de Catherine a retrouvée la blancheur de la pierre d’Istrie.

Quand à la tombe de Maroussia et Eleonore, le marbre rose, veiné à retrouvé également sa splendeur passée.

Si vous passez les voir, respectez deux traditions, la première, bien italienne, sera de déposer quelques fleurs, en disant que vous venez en ami-e-s, de notre part. La seconde, qui relève de la tradition orthodoxe, consiste à nettoyer et bichonner le tombe pour qu’elle reste impeccable. Et si par cas d’autres russes passent par là, vous verrez qu’il en font de même avec les sépultures voisines de Dyaguilev ou Stravinsky, qu’ils connaissent évidemment bien plus que Catherine, notre princesse de San Michele.

Biographie :

"Mémoires d’une danseuse de corde: Madame Saqui", P.Ginisty, Fasquelle edit., Paris 1907.

"Mémoires de A.I. Arnoldi" Moscou, 1972.

"Frère d’Empereur – Le duc de Morny et la Société du Second Empire", F.Lolliée, Paris, 1909.

"Una rusa en España: Sofía, duquesa de Sesto" Anna de  Sagrera (1990).. Espasa-Calpe. ISBN 84-239-2236-7.

"La otra vida de Alfonso XII" Ricardo de la Cierva (1994).. Editorial Félix. ISBN 84-88787-02-2.

"Mujeres del segundo imperio: Sofía Troubetzkoy" Federico Olivan (1949). Diario ABC (28 de diciembre). pág. 19.

"Biografía de José Osorio y Silva"  Biografías y Vidas (2004-2010).

Catherine, princesse à San Michele – VIII

En juillet 1840, pendant quelques semaines, l’Europe sembla être au bord de la guerre, jusqu’à ce que le roi des français, Louis-Philippe Ier mît fin à la crise en rappelant Guizot de Londres pour former un ministère et pour aider sa Majesté dans ce qu’il appelait "ma lutte tenace contre l’anarchie".

Le tsar Nicolas 1er comprend qu’il a besoin, en France aussi, d’informateurs sûrs et discrets pour le tenir au fait de la situation dans le pays. Il fait alors appel, en toute discrétion à Catherine, en échange de la promesse d’une rente substantielle. Quel meilleur espion qu’une maîtresse qui lui est toujours attachée et dévouée ?

Il utilisera le même moyen en d’autres occasions (voir l’histoire de Catherine Bagration)…

Conseil des ministres au palais des Tuileries : le maréchal Soult présente à Louis-Philippe la loi de Régence, le 15 août 1842. Guizot se tient à gauche.Tableau de Claude Jacquand (1803-1878), dit Claudius Jacquand, 1844.

Guizot s’appuie sur le parti conservateur et une opposition divisée, situation accentuée par la dissolution de la Chambre qui renforce les partisans du roi. Ainsi, il considère que toute réforme s’avère être un danger et est inutile. Aussi refuse-t-il toute réforme et accepte encore moins l’idée du suffrage universel direct. Selon lui, la monarchie doit favoriser la "classe moyenne", les notables. Ceux-ci sont réunis par la propriété foncière, une "morale" liée à l’argent, le travail et l’épargne. "Enrichissez vous par le travail et par l’épargne et ainsi vous serez électeur !" Guizot s’acharne à favoriser les propriétaires et à conserver le régime.

En 1946, les affaires de corruption qui entachent le pouvoir, les scandales et les faillites se multiplient. Le système bancaire est en crise, et la récolte de blé est très mauvaise. Les manifestation ouvrières se développent et, souvent tournent à l’émeute.

Dans ce climat, Catherine souhaite protéger sa fille, Sophie. Le tsar lui conseille donc d’écrire à sa famille prétextant la maladie et demandant que Sophie soit accueillie en Russie chez les Moussine-Pouchkine. En attendant, la petite est mise à l’abri dans un pensionnat. Le projet escompté ne se réalise pas, et, informée de la possible mort de Catherine, la princesse Mathilde demande au tsar son accord pour l’adoption de Sophie.

C’est à ce moment que le tsar, qui reçoit régulièrement des informations de la "morte", Catherine, écrit ce qui deviendra l’histoire officielle, celle que nous nous avons déjà racontée : la lettre écrite à l’article de la mort, le voyage de Sophie à travers l’Europe dans la neige, et l’arrivée à Smolny.

En 1846, la Russie organise l’intervention militaire qui réprime le soulèvement de Cracovie et persuade l’empereur autrichien que ce dernier lambeau de Pologne libre doit être rattaché à l’Empire des Habsbourg. En 1848, il se porte au secours du sultan ottoman confronté à la révolte des principautés roumaines de Moldavie et de Valachie. En 1849, il répond à l’appel de l’empereur d’Autriche aux prises avec le soulèvement hongrois en dépêchant un corps de 200 000 hommes qui pousse en quelques mois les insurgés à la capitulation.

Le 22 février 1848, l’interdiction d’un banquet à Paris provoque une manifestation lors de laquelle des protestataires sont tués par l’armée. Des barricades sont alors édifiées dans la ville de Paris.

Le 24 février 1848, la II République est proclamée, et, discrètement, Catherine continue à informer le tsar, qui, comme à son habitude surveille les évènements de près, se préparant à une éventuelle intervention s’il l’estime nécessaire. Ces interventions russes systématiquement dirigées contre le "droit des peuples à disposer d’eux-mêmes" valent à Nicolas Ier le surnom de "gendarme de l’Europe".

Catherine, avec les moyens que lui alloue généreusement le tsar, s’est installé au 15 de la rue Lapérouse, dans un bel hôtel particulier.

C’est dans cette maison, que le naît, le 25 janvier 1850, Marie, fille de Catherine et de Nicolas Vel.

Jusqu’au coup d’état du 2 décembre 1852,  Catherine Moussine-Pouchkine a encore beaucoup de travail pour informer son tsar… les échanges de courriers ne cesseront vraiment qu’après la mort de Nicolas Pavlovich Romanov, le 2 mars 1855.

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Vous souhaitez connaître la suite de la vie romanesque de notre Catherine ?
Alors, rendez-vous dès le prochain mois pour la suite…

Les costumières du Bolchoï

Dans un quartier de Moscou, nous avançons dans une rue étroite (ce qui y est rare !). Olga est très excitée par ce rendez-vous que nous avons obtenus, ce vendredi-là : nous avons été autorisés à visiter les ateliers de fabrication des costumes du Théâtre Bolchoï à Moscou !

Depuis l’extérieur, le bâtiment pourrait ressembler à une école, un institut ou une usine… c’est là que travaillent de nombreuses petites mains pour la création des costumes que porteront danseuses et danseurs, chanteurs et chanteuses du Bolchoï.  Bien que grands, les ateliers sont encombrés. des ateliers relativement modernes, lumineux et spacieux.

On a fabriqué ici des armées de tutus. Le tout premier à été réalisé en 1839 pour la célèbre danseuse italienne Maria Taglioni, la préférée du prince Alexandre Troubetzkoy qui lui acheta la Ca’ d’Oro, sur le Grand Canal à Venise. Elle fut la première à utiliser les chaussons de ballet spéciaux, avec des pointes, une garniture dure en liège.

Jusqu’au siècle dernier, les tutus étaient réalisés en tartane de mousseline que l’on amidonnait avant chaque représentation. C’est en 1957 que la danseuse Maya Plissetskaïa à ramené d’une tournée en Grande-Bretagne un tutu dans lequel était cousu un petit fil métallique,  appelé "stalke" et qui est devenu, depuis la norme en Russie pour rigidifier la mousseline.

Chaque danseuses, chaque chanteuse, chaque artiste possède un mannequin à ses mesures, que l’on adapte au fil du temps, quand, avec l’âge le corps se transforme. Certains deviennent alors un peu étranges, comme ce mannequin, ci-dessus à droite, qui est celui d’une grande diva du théâtre.

Chaque mannequin est dûment répertorié et disponible uniquement pour l’artiste à qui il est destiné.

On a pu admirer le délicat travail de la couture des tutus.

Une grande partie de ce fabuleux travail est encore fait à la main, comme dans les maisons des grands couturiers. les costumes réalisés ici sont des œuvres uniques.

On ne travaille pas ici que pour les spectacles du Théâtre Bolchoï. Les couturières d’exception qui travaillent en ce lieu secret réalisent également de nombreux costumes pour le cinéma ou pour d’autres spectacles.

Ce jour-là, nous avons eu la chance de rencontrer Franca Squarciapino, créatrice italienne qui avait obtenu, en 1990, un Academy Award pour les costumes de "Cyrano de Bergerac" de Jean-Paul Rappeneau avec Gérard Depardieu. Elle a travaillé pour toutes les grandes salles, le Burgtheater de Vienne, Covent Garden, le Metropolitan Opera, l’Opéra National de Vienne, ou l’Opéra de Zurich. Avec son mari, le metteur en scène milanais Enzio Frigerio, ils ont créé à l’Opéra de Paris "Baïadera", où Rudolf Noureev fit sa dernière apparition sur scène.

En toute simplicité elle nous a montré ses cahiers avec les dessins de ses créations, les échantillons de tissus et les notes.

C’est un travail de titan, pour chaque spectacle, que de choisir un style en accord avec le metteur en scène, puis d’imaginer chaque costume, choisir les tissus, les éléments de décorations qui vont le garnir, et cela également pour chaque soliste et tout le corps de ballet.

La siniora Squarciapino connait tous les plus grands artistes, capables de confectionner ce qui sera le plus beau. Elle a même "ses dentelières qui travaillent encore à la main".

Dans un coin, sur une table, des croquis tout frais et une esquisse de chapeau en paille.

Olga ne tiens plus en place, nous sommes privilégiés, de nombreuses questions lui brûlent les lèvres et nous sommes surpris par la simplicité de notre interlocutrice.

Soudain, c’est dans l’atelier une grade effervescence : un danseur vient d’entrer pour un essayage, et tout à coup nous n’existons même plus. Tous se pressent autour de l’artiste (désolé, on a mangé son nom !).

Comme une partie de l’équipe avec madame Squarciapino parle italien, et l’autre partie parle russe, une interprète est présente à chaque instant.

Cet essayage nous a permis de voir comment ces artistes, italiens et russes travaillent ensemble. En réalité, lorsqu’il s’agit de costume et de tissus, ils parlent la même langue, c’est ce que nous avons ressentis également avec nous.

La particularité des vêtements pour les ballets, par rapport à un costume pour le cinéma, c’est que ce sont des vêtements dans lequel l’artiste doit pouvoir travailler. Ainsi, le costume même s’il doit avoir les caractéristiques du vêtement historique d’époque ne doit pas gêner le danseur ou le chanteur dans l’exercice de son art.

Nous remercions pour cette visite extraordinaire le service de presse de la Banque VTB qui est membre du conseil d’administration du "Фонд Большого театра" (Fondation pour le Théâtre Bolchoï) créée en 2002.

Catherine, princesse à San Michele – VII

À l’automne de 1866, José Isidro Osorio y Silva-Bazán dit "Pepe Alcañices" est "tombé" à Paris. Il venait de terminer une sorte de tournée européenne. Il avait été, en premier, en Angleterre, où très souvent il se rendait à la recherche de chevaux pour son écurie espagnole, surtout depuis que son père avait importé dans le pays, la notion de reproduction. Puis il était allé à Baden-Baden, une des stations balnéaires à la mode, où il avait passé un bon moment. Pour couronner le tout, avant de rentrer à Madrid il avait décidé de se donner une petite semaine de repos dans la capitale française.

Pepe a toujours été très bien reçu à Paris. Cela a beaucoup à voir avec sa vie privée, et ses lien avec l’Impératrice des français, bien sûr.

Un après-midi, Pepe est allé à une soirée mettant en vedette Anne de Mouchy.
Le mari d’Anne était le duc de Mouchy, elle était née princesse Anne Murat, fille de Lucien Murat, lui-même fils de Joachim Murat et Caroline Bonaparte.
Par conséquent, notre duchesse de Mouchy était une petite-fille de la Caroline, la sœur cadette de Napoléon Ier.
Lors de la fête Pepe Alcañices remarque la présence d’une femme blonde.
C’est même femme, se souvient-il, qu’il a aperçu quelques jours auparavant sur un magnifique cheval dans le Bois de Boulogne.
Pepe a toujours eu le regard attiré par de jolies femmes à cheval, des montures de grande valeur, de sorte que la blonde ne lui a pas "échappé".
A présent, la retrouver dans la maison d’Anne de Mouchy, fait jaillir une petite lumière dans son cerveau, avant même d’essayer d’organiser des présentations de rigueur.
La femme blonde du bois de Boulogne, c’est Sophie Troubetzkoï, la veuve du duc de Morny.
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Avec un peu de méfiance, Alcañices explique alors à Sophie qu’il l’a vue quelques jours plus tôt dans le Bois de Boulogne, mais n’avait pas osé s’approcher par respect au cas où elle avait oublié qu’ils s’étaient déjà rencontrés, une fois, lors d’un bal lors du second Empire.
Sophie sourit poliment et réponds que rouler dans le Bois de Boulogne est l’une des joies de la vie parisienne.
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Il est clair que Alcañices a été très impressionné, parce que le lendemain il alla rendre visite à la duchesse de Morny, dans sa résidence au 42, avenue Gabriel.
Les rencontres entre Alcañices et Sophie ont été, disons, très, très fréquentes en 1867 …

Sofia Troubeskoy, duchesse de Morny, épousa en secondes noces le 21 mars 1869, à Vitoria en Espagne, José Isidro Osorio y Silva-Bazán (né à Madrid le 4 avril 1825, mort à Madrid  le 30 décembre 1909), duc d’Alburquerque et de Sesto, cousin de l’Impératrice Eugénie.

Par ce mariage, et après l’arrivée de la très belle Isabel II d’Espagne, elle s’est vu octroyer la ceinture de l’Ordre de la Reine Marie Louise d’Espagne qui la fit admettre parmi les plus grandes dames de la péninsule ibérique.

Elle était en fraîcheur avec l’impératrice Eugénie et ce sentiment réciproque devait se refroidir encore après son mariage avec le duc de Sesto, qui était resté, à travers les métamorphoses surprenantes de la destinée d’Eugénie de Montijo, l’idéal sentimental de la belle et fière Espagnole (Assez singulièrement, dans ses Souvenirs manuscrits, qu’elle nous confia, la marquise de Morny, fille cadette du duc et de la duchesse, parlant de l’habitation d’Alcanizes de Sesto, à Madrid, consigne ces détails, dont nous lui laissons l’entière responsabilité : "Cette chambre (la pièce que nous occupions) était celle de mon beau-père, quand il n’était pas marié ; et j’avais souvent entendu dire que l’impératrice Eugénie (bien avant de l’être, naturellement) vint jusque-là réclamer le duc, dont elle était follement éprise. Elle parla plusieurs fois de mourir, à cause de lui ; elle-même vint lui offrir sa main, quand le Président la demanda en mariage. Mais Papa aimait sa sœur (la future duchesse d’Albe) et déclina cette préférence de la comtesse de Téba. Alors, malheureusement pour la France, n’ayant pas eu celui qu’elle désirait, elle accepta l’empereur." (Si le point n’est pas inexact, il prouverait en faveur du désintéressement d’âme d’Eugénie de Montijo, qui aurait haussé le choix de ses sentiments par-dessus les tentations d’un trône.).

Sofia Troubetzkoy est considérée comme ayant introduit le rite de l’arbre de Noël en Espagne quand, en 1870, elle en fit installer un dans son palais, qui faisait l’angle du paseo del Prado et de l’élégante rue Alcala (où fut construit plus tard le siège de la Banque d’Espagne).

En outre, elle a joué le premier rôle dans la célèbre Rebelión de las Mantillas, une manifestation pacifique de femmes de l’aristocratie madrilène contre Amadeo, dont elle fut l’instigatrice. En effet, non seulement elle manifestait ouvertement son soutien aux Bourbons, mais également elle considérait comme son plus grand ennemis Amadeo et son épouse Maria Victoria del Pozzo. Son rejet du monarque était tel, qu’elle avait donné des ordres à ses serviteurs de fermer les portes et les fenêtres du palais au passage du cortège royal.

Pendant ces longues années où ils lutèrent pour le rétablissement des Bourbons, ils montrèrent leur différence et leur originalité.
Pepe créa une milice pour protéger les madrilènes, composée de toutes le couches de la société espagnole de l’époque, qu’il nomma avec humour "Le Bataillon Brandy" Pour se moquer également du bataillon "Eau de Cologne" créé par les nobles d’Espagne.
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Sophie n’arrête pas de militer activement à ce moment-là. Pour échapper à la surveillance de la police dans les réunions qui ont dépassé un petit nombre de participants, elle est assez intelligente pour demander la coopération des épouses des diplomates étrangers. Ainsi, Sophie était certaine d’échapper à la police qui surveillait les réunions qui se tenaient le mercredi chez dame Alphonsine dans la maison de la marquise de Bedmar, vendredi à la maison de la comtesse de Campo Alange et dimanche chez Maria Manuela de Montijo, la mère de l’ex-impératrice Eugénie.
Toutefois, la police a toujours ignoré ce que les dames fomentaient le lundi chez Lady Layard, épouse de l’ambassadeur britannique, le mardi à la maison de la marquise de Bouille, l’épouse de l’ambassadeur français, le jeudi, chez la baronne von Canitz, femme de l’ambassadeur allemand.
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Cette discrète participation des ambassades étrangères a également permis de confirmer la complicité de Sophie Troubetzkoï avec la marquise de Bouillé, la baronne von Canitz ou Lady Layard. Cette même Lady Layard, bien sûr, qui avait créé à Venise un hospice pour les marins et employés anglais de passage à Venise. Hospice qui se situait à la Guidecca, et ou séjourna régulièrement Frederic Rolfe.

Durant cette partie de sa vie elle joua un rôle politique, social et culturel important.

Pendant que son mari s’engageait dans la lutte politique pour la restauration des Bourbons, la duchesse d’Albuquerque à occupé son temps en organisant de nombreuses activités destinées à convaincre de nouveaux partisans. Elle a donc mis en place des rencontres culturelles et des soirées où elle a montré sa puissance sociale. Ces célébrations visaient également à réunir des fonds pour soutenir la cause. Sophie a également été la secrétaire d’un autre important personnage à ce moment, Don Antonio Canovas del Castillo, président du Conseil des Ministres, haut dirigeant et fondateur du Parti Conservateur.

Plus tard, après la mort prématuré du jeune roi Alfonso, il furent bien mal récompensés de leur loyauté par la régente, Crista, qui, par pure jalousie les disgracia et fit détruire leur somptueux palais.

La progression de la maladie fatale à la princesse a été très rapide
Sophie a commencé à se sentir mal en 1896 au début, et en cet hiver très rigoureux, elle a refusé de cesser d’aller au théâtre ou à l’opéra. Elle quittait son palais de Madrid tous les soirs pour être de retour tard dans la nuit. Il  n’y avait rien de particulier à sacrifier à "un rhume" Il semble pourtant, qu’à cette époque, en principe, la cure typiques consistait à de rester au lit ou dans une chaise longue stratégiquement situé à côté d’une cheminée, en prenant des grogs et d’attendre que cela fasse effet. Mais dans la nuit du 17 avril, Sophie a commencé à ressentir un terrible sentiment de suffocation, respirant péniblement, l’air ne se déplaçait pas dans les bronches enflammées de ses poumons. Pepe a été choquée par la scène. Le médecin de la famille ducale, John Summers, a été appelée immédiatement. Il a essayé de donner un diagnostic positif, mais le duc a souhaité un avis plus compétent et fait venir spécialement de Barcelone à Madrid, un célèbre spécialiste de l’époque: le Dr Robert y Yarzábal. Quand il a regardé à Sophie, n’ai aucun doute sur la gravité de la duchesse.
Il a brièvement informé Pepe que sa femme en avait "pour deux mois" au plus.
Le 29 Juin, malgré tout, Pepe et Sophie se rendent en France. Sophie n’avait pas coscience de la gravité de son état, et du diagnostic dévastateur énoncé par le docteur Robert y Yarzábal, elle disait constamment que la brise de Biarritz allait lui rendre la santé A Biarritz, cependant, non seulement son état ne s’est pas amélioré, mais il s’est aggravé, si bien que Pepe a décidé d’installer Sophie à Paris. Elle était tenue au secret de l’avis médical que seul Pepe connaissait, cependant, il en avait parlé ouvertement avec leurs enfants, parents et amis.
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Sofia Troubeskoy, est morte dans son sommeil pendant la nuit du 8 au 9 août 1896.
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C’est sa femme de chambre, Marie, qui l’a trouvé morte, le matin du 9, alors qu’elle apportait le petit déjeuner à sa patronne dans son lit à baldaquin.
Il est probable que Sophie, grande fumeuse, soit morte d’un cancer du poumon. Sagrera n’a pas mentionné cette maladie, mais les références fréquentes à la cysnose et la dyspnée qui affligeaient Sophie nous permettent de penser à la phase finale de cette maladie.
Les funérailles eurent lieu à Saint-Pierre de Chaillot.

La Princesse Sofia Troubeskoy, duchesse de Morny, a été inhumée au cimetière du Père-Lachaise (54ème division), le plus grand à Paris, à quelques mètres de la tombe de son premier mari, le duc de Morny.

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Alors, rendez-vous bienôt pour la suite…

Catherine Bagration au congrès de Vienne

En 1814, Catherine Bragation est au Congrès de Vienne, où l’on dit d’elle que "l’Andromède russe" est en compétition avec la duchesse Wilhelmine de Sagan, "la Cléopâtre de Kurland" les deux femmes ayant été les maîtresses de Klemens Wenzel Lothar von Metternich.

Les deux lionnes ont emménagé dans le luxueux Palais Palm, chacune prenant sa moitié. Charles-Joseph Lamoral,  le prince de Ligne alors au crépuscule de sa vie devient le "maître des plaisirs" du Congrès de Vienne. "C’est une chose étrange qu’on voit ici, pour la première fois, le plaisir conquiert la paix" dit-il à son ami Talleyrand. Auteur du célèbre "Le congrès danse beaucoup, mais il ne marche pas" (en allemand : Der Kongreß tanzt viel, aber er geht nicht weiter), il annonca sa propre mort (dans sa 79e année) par : "il manque encore une chose au Congrès : l’enterrement d’un feldmarschall – je vais m’en occuper."

Les mots de Talleyrand "il faut faire marcher les femmes" et "les femmes, c’est la politique" n’ont jamais été si bien vérifiés qu’à Vienne.

Tous les acteurs du congrès, rois, empereurs, princes, hommes politiques étaient accompagnés de leurs femmes et/ou de leurs maîtresses qui en coulisse jouaient un rôle très important. Non seulement le congrès dansait, mais il intriguait dans les alcôves et les salons. Les rapports de police du baron Hager ne sont que des notes qui relatent intrigues, fêtes et coucheries, en particulier les allées et venues de ces messieurs chez ces dames à toute heure du jour et de la nuit.
Comme le raconte La comtesse Potocka: "Le congrès fut bientôt métamorphosé en cour d’amour, à cela près que chaque matin, les ministres échangeaient des notes diplomatiques dont les souverains prenaient connaissance fort à la hâte, pressés qu’il étaient de voler à leurs plaisirs…"

Talleyrand écrit au roi Louis XVIII : "Après que j’eus quitté Metternich, il se rendit à la Redoute, car c’est au bal et dans les fêtes qu’il consume les trois quart de ses journées."

Catherine Bagration, veuve depuis 1812 du général russe Bagration tombé à Borodino est tout à son affaire dans ce luxurieux environnement. Elle changeait souvent d’amant, était appelée "le bel ange nu" à cause de ses décolletés impressionnants ou "l’Andromède russe" et se montre férue en politique autant que dans les affaires de diplomatie.

Elle avait eu une fille de Metternich, nommée Clémentine. Pour se venger de Metternich, elle raconte tout ce qu’elle sait ou a entendu et ce qui est contre l’Autriche. Elle ne se gêne pas pour raconter les pires horreurs sur Vienne et l’Autriche !

Au moment du congrès, de nombreux messieurs se pressent dans son salon, le parti russe surtout. Certains disent même que son salon est un bordel ! Elle agissait comme une féministe avant l’heure (en Russie elle est l’ancêtre des mouvements féministes), choisissant ses amants, enregistrant leurs confidences.
"Ces deux dames (la Sagan et Catherine Bagration) sont le scandale du congrès, car elles allient la débauche et la politique, ce sont des agents russes et prussiens qui ont trop d’influence sur le congrès elles sont dirigées par le baron Humboldt " dit un confident (anonyme).

Le Tsar Alexandre, qui avait été son ami intime avant la guerre, et le restera ensuite, logeait plus souvent chez Catherine, dont il quittait la chambre au petit matin, "ayant longuement écouté le rapport complet de ses enregistrements."

En fait, il est probable que la tsar Alexandre 1er ait utilisé Catherine, peut être même à son insu, pour lui soutirer les informations qu’elle avait glanées sur les divers oreillers où elle était passée.

Gentz, le secrétaire particulier de Metternich le raconte : "on ne peut lui parler, il est toujours entouré des "dames" de Courlande qu il met au courant des affaires politiques."

"A sept heures, je vais pour le diner chez Metternich. Comme d’habitude, (quand il se trouvait en compagnie de la duchesse de Sagan) il ne m’écoute pas. Toute la clique des putains de Courlande était là. (Die ganze Hurengesippschaft) Metternich a initié ces femmes à tous les secrets politiques, ce qu’elles savent est incroyable. Alors Talleyrand apparaît et me fascine. A la première ébauche contre la déclaration, il semble que le diable le possède, il ne me laisse pas placer un mot…. "

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