The merchant of Venice d’Orson Welles

Cette adaptation de la pièce de Shakespeare était au départ destinée à la télévision dans le cadre de la Orson’s Bag pour la CBS. Des problèmes financiers contraignirent Orson Welles à financer lui-même le film qui restera inachevé.

Selon certains, le film ne fut jamais terminé, selon d’autres, il fut entièrement tourné en 1969 puis monté, mais deux bobines disparurent mystérieusement de la société de production. Ce qu’il en reste permet de saisir la manière fragmentée dont Welles a dû tourner le film.

L’histoire s’inspire de l’œuvre de William Shakespeare.

Le marchant Antonio, Pour rendre service à son protégé Bassanio, emprunte de l’argent à l’usurier Shylock. Et il signe une reconnaissance de dette où il autorise son créancier à lui prélever une livre de chair en cas de défaut de paiement.
Ne pouvant honorer sa dette, il voit Shylock venir lui réclamer sa livre de viande.

The merchant of Venice

D’après le critique américain Jonathan Rosenbaum, ce film aurait été totalement tourné puis monté. A la fin de l’été 1969, Welles aurait montré le film à Oja Kodar et sa mère à Rome. Malheureusement, peu de temps après cette projection, deux des trois bobines auraient disparu. Par contre dans le documentaire The one man band, il est affirmé que le montage n’avait pas encore commencé lorsque quelques bobines furent volées. Quoi qu’il en soit ce film reste inachevé et on ne peut en voir que des fragments. Le négatif original existe encore de nos jours, mais il manque le son.

Il fit preuve de ses « ruses » créatives habituelles : quelques plans du carnaval de Venise pour créer l’ambiance et le tournage commencé à Venise fut transféré dans le petit village d’Almata dans la région de Dubrovnik lorsque les difficultés financières ont commencées ; quelques mannequins en bois en guise de figurants pour signifier la foule… Des plongées et contre-plongées savamment utilisées pour rendre la solennité des scènes et de grandes profondeurs de champs pour augmenter les distances…

Le film, dont certains disent qu’il durait 30 à 40 minutes, était une version abrégée de la pièce. Welles avait même éliminé le personnage de Portia après que Oja Kodar, sa maîtresse de l’époque, ait décliné le rôle en raison de sa méconnaissance de la langue anglaise.

Mais au-delà du film, disparu en grande partie, il reste la scène du monologue de Shylock, que Welles tourna plus tard, dans les années 1970, dans le style de ses lectures de Moby Dick ou de The spirt of Charles Lindberg. Cette lecture magnifique lève l’ambiguïté de ce marchand de Venise, qui mettait au centre de l’intrigue l’opposition entre chrétiens et juifs, les uns capables de compassion, les autres seulement animés par la soif de vengeance.

Scenario : Orson Welles, d’après William Shakespeare

Image : Giorgio Tonti, Ivica Rajkovic, Tomislav Pinter

Interprétation : Orson Welles (Shylock), Charles Gray (Antonio), Irina Maleeva (Jessica),  Dorian Bond, Bill Cronshaw, Mauro Bonnani et Nina Palinkas.

(Mauro Bonnani n’était pas un acteur professionnel, mais un éditeur qui travaillait alors sur le Don Quichotte de Welles, tandis que Nina Palinkas était la sœur cadette de Oja Kodar, de son vrai nom Olga Palinkas)

Jean Gabin et Giancolombo dans « La Traversée de Venise »

C’est un film de ce monstre du cinéma que les français ne connaissent pas, et pour cause, il n’a jamais été tourné !

En 1956, Jean Gabin est à Venise où le film La Traversée de Paris de Claude Autant Lara est présenté à la Mostra du cinéma (où il obtiendra le Lion d’Or). Le photographe milanais Gian Battista Colombo, né à Venise en 1921, lui propose alors de réaliser une version vénitienne du film : avec la fameuse valise pleine de viande de porc à la main, Gabin va donc traverser Venise, pour faire plaisir à son ami.

Dans les années 1950, l’importance de la Mostra est finalement reconnue au niveau international. Le festival connaît une période de forte expansion et participe à l’affirmation de nouvelles écoles de cinéma comme les écoles japonaises et indiennes avec l’arrivée des plus grands réalisateurs et des plus grandes stars.

La traversée de Paris a connu un grand succès car il a fait 4.893.174 entrées, le plaça ainsi en 4ème position, du box-office de 1956. Il a reçu plusieurs récompenses notamment la coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine pour Bourvil, le Prix du meilleur film par le syndicat français de la critique du cinéma 1956, le Lion d’or de la Mostra de Venise 1956, le Prix Méliès en 1957 et  la nomination pour Jean Gabin au BAFTA 1957 dans la catégorie « meilleur acteur étranger ».

Gian Battista Colombo était devenu Giancolombo en 1946 à la suite d’une erreur de typographie dans le journal Corriere Lombardo, et il gardera ce pseudonyme le restant de sa carrière. Il travaille pour de nombreux titres, italiens : Europeo, Tempo, Panorama, Settimo Giorno, Oggi, Gente, Grazia, Epoca, Visto, Le Ore di Salvato Capelli, et, à l’étranger : Paris Match, Life, Picture Post, Schweizer Illustriert, Stern, Jours de France, Daily Express.

Giancolombo s’est éteint en 2005, mais sa fille, Suzana, conserve encore l’écharpe en soie bleu que Jean Gabin offrit à son père en remerciement à cette occasion (l’élégance des grands artistes…).

Nous avons souhaité vous montrer les photos de la traversée de Venise, par Jean Gabin, une valise à la main. Nous remercions chaleureusement Susanna Giancolombo qui nous a envoyé des photos inédites malgré tous les problèmes qu’elle a déjà eu avec les téléchargements de photos et leur utilisation illégale.

Jean Gabin devant la basilique San Marco

Jean Gabin sur la piazza San Marco de Venise

Jean Gabin sur la piazza San Marco en 1959

La Traversée de Venise par Jean Gabin

La traversée de Venise par Jean Gabin

Jean Gabin à Venise, photographié par Giancolombo

Jean Gabin à Venise, photographié par Giancolombo

Photographies avec l’aimable autorisation de Giancolombo

Copyright © Giancolombo

Rouge Venise

Ce film a été réalisé par Étienne Perrier en 1988, d’après l’œuvre de Georges Garonne, avec pour acteurs principaux Vincent Spano, Wojciech Pszoniak, Isabel Russinova…

… mais aussi Victor Lanoux dans le rôle du Grand Inquisiteur, Andréa Ferréol qui joue la princesse Hortense, Valérie Mairesse qui est Célia.

 Rouge Venise (1989)

Venise, 1735, le carnaval bat son plein. Les vénitiens essaient de s’étourdir de plaisirs. Carlo Goldoni (Vincent Spano), jeune avocat de 27 ans, ne rêve que de théâtre et ne pense qu’à la pièce qu’il veut monter.

 Rouge Venise (1989)

Mais l’argent est difficile à trouver. Ses deux amis, Antonio Vivaldi (Wojciech Pszoniak) et Jean-Baptiste Tiepolo (Massimo Dapporto), sont plus connus que lui mais sont également à la recherche d’un mécène. Goldoni a enfin réussi à en trouver un, Spinozza, un riche banquier. Malheureusement il est assassiné quand les répétitions commencent et Goldoni, sur qui se portent les soupçons, se trouve en difficulté. Tout s’arrange quand il tombe amoureux d’une très jolie jeune fille, Nicoletta (Isabel Russinova), et que Tiepolo lui présente une protectrice des Beaux Arts : la princesse Hortense. Elle accepte de financer le spectacle de Goldoni mais à son tour elle est tuée. Convaincu à présent de la culpabilité de Goldoni, le Grand Inquisiteur le fait emprisonner puis le relâche car un autre meurtre est commis pendant sa détention.

 Rouge Venise (1989)

Goldoni est désespéré quand Vivaldi vient à son secours et convainc le comte Georgio Torelli de l’aider. Au cours des répétitions, Goldoni démasque le meurtrier qui cherchait à le tuer lui aussi.

Le film est sorti en salles le 29 septembre 1989.

 Rouge Venise (1989)

Comment naît un sujet, avec Zavattini

Cesare Zavattini plaisante avec un gondolier

Cesare Zavattini plaisante avec un gondolier

En 1959, la comédie de Cesar Zavattini Come nascce un soggetto cinematografico est mise en scène au théâtre La Fenice de Venise, dans les années suivantes, la pièce sera reproduite dans de nombreux théâtres européens.

Zavattini travaille pendant cette période avec d’autres réalisateurs, tels qu’Alberto Lattuada, Pietro Germi, Giuseppe De Santis, Luchino Visconti, ou encore René Clément.

En 1954 il entre dans une période de confusion. Vittorio De Sica et lui-même sont peu à peu dépassés par les nouvelles formes de représentation du réel que développent des réalisateurs comme Federico Fellini, Visconti, Michelangelo Antonioni, Marco Bellochio ou Francesco Rosi. Les deux hommes poursuivent leur collaboration jusqu’au décès de De Sica, et Una breve vacanza (1973) est leur œuvre ultime.

En 1982 Zavattini a présenté à la Mostra de Venise La verità (La vérité) et a remporté le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière.

1961 - Cesare Zavattini et Vittorio De Sica à Venise

1961 – Cesare Zavattini et Vittorio De Sica à Venise

Au-delà du bien et du mal (1977)

Au-delà du bien et du mal (Al di là del bene e del male) est un film italien réalisé par Liliana Cavani, sorti en France le 5 octobre 1977. Le titre est adapté de la vie et l’œuvre du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, un des protagonistes du film.

Au-delà du bien et du mal (1977)

Librement inspiré de faits réels de la vie de Nietzsche, Paul Rèe fait connaissance avec la décomplexée Lou von Salomé ; après leur rencontre le garçon décide de l’épouser lui faire oublier Friedrich, mais Lou se sentirait en captivité dans une relation.

Ainsi commence un triangle amoureux entre les trois ; situation est aggravée par la sœur de Friedrich, Elizabeth, qui est amoureuse de son frère, fait tout son possible pour vous l’éloigner de Paul et de Lou, car ils sont juifs et donc « corrompus ».

Distribution
Dominique Sanda : Lou Andreas-Salomé
Erland Josephson : Friedrich Nietzsche
Robert Powell : Paul Rée
Virna Lisi : Elisabeth Nietzsche
Michael Degen : Karl Andreas
Elisa Cegani : Franziska Nietzsche
Umberto Orsini : Bernard Foester
Philippe Leroy : Peter Gast
Carmen Scarpitta : Malvida
Nicoletta Machiavelli : Amanda
Renato Scarpa : Psychiatre
Elisabeth Wiener : Gerta
Clara Colosimo : Trude

Au-delà du bien et du mal (1977)

C’est le film le plus influent de Liliana Cavani.

Personne ; parmi celles et ceux qui s’intéressent à Nietzsche ou Salomé ne peut rester indifférent devant ce film !

L’interprétation de certaines des principales idées de Nietzsche sont bien articulé et les rendent visuellement compréhensibles de telle sorte qu’elles gagnent en profondeur et deviennent encore plus attrayantes.

Liliana Cavani utilise la musique de Mozart d’une manière qui vous prends par toutes les terminaisons nerveuses de votre corps. Le spiritisme, Mozart et une vie juste trop courte forment ensemble une scène qui est écrasante de significations.

Dans ce film, Cavani a également développé un langage cinématographique qu’elle s’applique nulle part ailleurs. Elle utilise les souvenirs picturaux connus de la plupart d’entre nous et joue un jeu sémiotique qui transforme des scènes assez communes en un jeu ambigu, voire à couper le souffle. Le film n’est pas vraiment à recommander à tout le monde, car sans connaissances de base à propos de Nietzsche et de la Belle Époque on ne peut pas profiter de l’histoire. Mais pour vous, ce film sera une révélation.

Al di là del bene e del male (1977)

Une nuit à Venise

Ce film est sorti dans les salles françaises en 1934. Produit par Hunnia Filmgyár et Hunnia-Film, réalisé par Robert Wiene, ce film de 82 minutes en noir et blanc avait pour interprètes :  Tino Pattiera, Tina Eilers, Ella Bombasgogi, Ludwig Stössel, Oskar Sima, Lici Balla, Fritz Fischer.

Eine Nacht in Venedig

Distribué par Kinofa, la version hongroise du film à été présentée pour la première fois le 12 Janvier 1934 avec le titre Egy EJ Velencében, réalisé par Gozza von Cziffra, le film est sorti en salles en Autriche le 26 Janvier, 1934 sous le titre Ein Mädel – Eine Nacht ; et enfin en Allemagne le 21 Mars de la même année sous le titre Eine Nacht in Venedig.

Egy éj Velencében - 1934

Egy éj Velencében - 1934

Le film est inspiré de l’opérette viennoise en trois actes de Johann Strauss fils composée en 1883. Elle fut présentée pour la première fois le 3 octobre 1883 au Neues Friedrich Wilhelmstadisches Theater. Le livret est de Zell et Richard Genée ; l’histoire est tirée d’une pièce de boulevard : Le Réveillon de Henri Meilhac et Ludovic Halévy.

Egy éj Velencében - 1934

Egy éj Velencében - 1934

Egy éj Velencében - 1934

Dans le milieu des années 1930, Venise est l’avant poste privilégié de la production cinématographique européenne. Les touristes français, anglais, allemands ou du nord de l’Europe commencent à venir, et il est bon ton de faire le voyage à Venise depuis les États-Unis. Le cinéma profite de cet engouement pour tourner de nombreux films dans un décors naturel qui rappelle aux spectateurs un séjour passé ou rêvé.

Nous avons retrouvée, dans son intégralité la version hongroise du film :

June Cunningham, 1957

En septembre 1957, l’actrice anglaise June Margaret Cunningham pose en bikini sur la plage du Lido de Venise, en face de l’hôtel Elxelsior.

June Margaret Cunningham sur la plage du Lido de Venise en 1957

Elle est venue à Venise, du 25 août au 8 septembre, pour la Mostra de Cinéma, présidée par le réalisateur français Renée Clair.

La jeune actrice, de 22 ans à l’époque, a joué le rôle de Marlene Hogg dans une comédie The Smallest Show on Earth (Sous le plus petit chapiteau du monde) qui ne crèvera pas l’écran en dehors des îles britanniques.

The Smallest Show on Earth

En 1957, la Mostra consacrera le film  L’Invaincu (Aparajito) de Satyajit Ray qui se verra décerné le Lion d’Or, le New Cinema Award, le prix Fripesci.

L’autre grand vainqueur étant Fred Zinnemann pour Une Poignée de Neige.

Quand à June Cunnigham, elle tournera encore, pendant six ans, dans une quinzaine de films, dont aucun ne connaîtra une réelle notoriété. Après 1963 elle ne fit plus aucune apparition et l’Histoire du Cinéma semble l’avoir totalement oublié.

Il nous reste donc juste une photo sur une plage de Venise…

Le Saint : Intermède à Venise

A Venise, le Saint aide une jeune fille à se débarrasser d’un importune et plonge la tête baissée dans une affaire de racket, de complots et de vengeances.

Le Saint Episode 2/26 - Intermède à Venise

Alors qu’il se promène le soir dans les rues de Venise, Simon vole au secours d’une jeune femme, Cathy Allardyce, agressée par un inconnu. Après une courte bagarre, l’homme, un certain Carlo, qui travaille pour un malfrat nommé Foots Fortunati, parvient à prendre la fuite…

Intermède à Venise

The Saint S05E02 (titre original)

Année 1966

Durée 50 min

  • Réalisateur
    • Leslie Norman
  • Acteurs
    • Roger Moore (Simon Templar) •
    • Clifford Evans (Keith Longman) •
    • Suzan Farmer (Anne Clanraith) •
    • Lois Maxwell (Helen) •
    • William Sylvester (Foots Fortunati) •
    • Quinn O’Hara (Cathy)
  • Scénario
    • Paddy Manning O’Brine
  • Société de Production
    • Bamore •
    • Incorporated Television Company (ITC) •
    • New World Productions

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Casanova et la Tsarine Catherine II

C’est dans le Casanova de 1926, un des plus étonnants films à grand spectacle des années vingts, récemment restauré. Des décors somptueux, une drôlerie canaille, et un rôle sur mesure pour le séduisant Ivan Mosjoukine, dans la Venise libertine du Carnaval (avec ses séquences en couleurs).

Casanova

L’histoire :

Casanova mène grand train et grande débauche dans la Cité des Doges. Choyé par les femmes, poursuivi par ses créanciers, il finit par s’attirer la foudre des maris qui conspirent auprès du Conseil des Dix pour le faire arrêter et condamner.

Casanova

Casanova choisit la fuite, et gagne la Russie via l’Autriche ; il y rencontre la comtesse Mari, et c’est un nouveau coup de foudre. Se précipitant sur ses traces en Russie, il délivre, au passage, la jeune Thérèse du duc de Bayreuth. Il s’introduit à la Cour du Tsar Paul III sous l’identité d’un modiste français qu’il avait dépouillé en chemin, devient un familier de la Grande Catherine et assiste à sa prise de pouvoir contre son époux. La grande Catherine II fête ensuite sa prise de pouvoir par un grand bal, où Casanova retrouve la comtesse et file le parfait amour. L’impératrice se fâche, expulse la belle et convoque chez elle le séducteur, qui y envoie le jeune négrillon donné par l’une de ses anciennes conquêtes, la baronne Stanhope. Se ruant à la poursuite de Maria, le héros se retrouve à Venise en plein Carnaval, il multiplie les aventures au milieu d’un joyeux tumulte.

Poursuivi pour avoir tué en duel un de ses rivaux, le duc de Bayreuth, il est arrêté et enfermé dans les Plombs, la sinistre prison vénitienne. Grâce à ses fidèles amis, Thérèse, aux masques et aux déguisements, il s’évade. Une fois encore, il s’apprête à fuir la ville en s’embarquant sur un navire, à moins que… une belle vénitienne entrevue sur le quai ne lui fasse renoncer pour un temps à son projet d’exil ?

Casanova

Interprètes : Ivan Mosjoukine (Giacomo Casanova), Diana Karenne (Maria Mari), Suzanne Bianchetti (Catherine II), Nina Kochitz (la comtesse Vorontzov), Olga Day (Lady Stanhope), Paul Guidé (Orloff), Albert Decoeur (le duc de Bayreuth), Carlo Tedeschi (Menucci), Jenny Jugo (Thérèse), Rina De Liguoro (la Corticelli), Rudolf Klein-Rogge (le tsar), Madame Sapiani (Barola), Nadia Valdy (une des filles de Barola), Michel Simon (un sbire), Paul Franceschi (un sbire), Jean Delannoy (un seigneur), Alexis Bondireff (un officier), Georges Douking (le géolier), Raymond Bouamerane, Camille Bardou

Casanova 1927 - affiche

Le tournage du film, qui s’étend d’août à décembre 1926, s’effectue en studio (à Billancourt, Boulogne et Epinay) et en décors naturels à Venise, Strasbourg et Grenoble (ces deux dernières villes ayant été choisies pour les extérieurs censés se dérouler en Autriche et en Russie). Tourné en noir et blanc avec des séquences teintées au tirage, selon l’usage de l’époque, Casanova bénéficie aussi d’une séquence somptueusement peinte au pochoir pour la scène du carnaval de Venise. Présenté le 22 juin 1927 à l’Empire, le film sort le 13 septembre 1927 au Marivaux, et reçoit un accueil critique plus tiède qu’escompté. Certes, ses qualités formelles sont reconnues (et comment pourraient-elles ne pas l’être ?) mais les reproches de froideur et de superficialité ne manquent pas.

Casanova 1927 - affiche

Avec cette super-production réalisée avec une débauche de moyens, Ivan Mosjoukine tirait sa révérence à l’écran muet français. L’année suivante, il était à Hollywood croyant donner à sa carrière un nouvel élan, qui fit long feu.

Casanova 1927 - affiche

Après avoir été exploité en France, en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne et aux Etats-Unis (en 1929, alors que le sort du cinéma muet était joué), Casanova disparut définitivement des écrans. Grâce à Henri Langlois, une bobine du film (celle coloriée au pochoir de la séquence du Carnaval) et des morceaux de négatif originaux dormaient dans les réserves de la Cinémathèque française. La grande monteuse Renée Lichtig, appelée à la Cinémathèque par Jean Rouch pour y créer un service de restauration de films au début des années 1980, exhuma ces éléments. Passionnée par Mosjoukine et par l’aventure des Russes de Montreuil, elle entreprit de redonner vie à l’œuvre de Volkoff. Elle mena son enquête dans les autres cinémathèques, et put obtenir des éléments, tous incomplets, de Casanova à la Cinémathèque de Prague et à celle de Rome. Avec l’ensemble du matériel ainsi rassemblé, elle entreprit une reconstruction du film en s’inspirant d’un exemplaire de sa novellisation illustrée parue aux éditions Tallandier.

Casanova

Voir également :

Casanova

Poly à Venise

Qui se souvient de Pippo et Poly à Venise ?

Poly à Venise

Poly à Venise est un feuilleton télévisé français en 13 épisodes de 26 minutes, le premier en couleurs de la série, créé par Cécile Aubry d’après son roman pour enfants,  réalisé par Jacques Pinoteau, et diffusé à partir du 6 septembre 1970 sur la première chaîne de l’ORTF.

Poly à Venise

Pippo, un enfant de Venise, violoniste, se lie d’amitié avec le poney Poly.

Le feuilleton raconte deux histoires, d’après les deux livres Poly à Venise et Poly et son ami Pippo.

Les six premiers épisodes évoquent la rivalité amoureuse entre le gondolier Angelo et le comte Carlo Saborelli envers Gemma, la cousine de Pippo. Poly aide à déjouer le piège monté par le comte pour faire accuser Angelo de vol.

- 1 – A Venise, Pippo, un petit garçon de 7 ans, apprend qu’Antonella, sa maman, est renvoyée de son atelier car elle est malade. Il décide de jouer du violon dans les ruelles de Venise pour gagner de l’argent. Un petit cheval s’approche et frotte son museau sur sa joue…

Poly à Venise - épisode 1

- 2 – Pipo part à la recherche de son nouvel ami en jouant du violon dans les ruelles de Venise. Au son de la musique, Poly accourt et entraine Pipo dans un palais dans lequel il pénètre très à l’aise. Pipo, lui, est repoussé par un domestique, et attend en jouant du violon. Intriguée la Comtesse Lalorelli le fait entrer.

Poly à Venise - épisode 2

- 3 – Antonella, ouvrière à Venise demande comment garder le nouvel ami de son fils. La concierge refuse de le voir dans la cour. Mais le charme de Pipo la fait céder. Gomma, cousine de Pipo, les bras chargés des achats de Carlo, rencontre son fiancé, Angelo le Gondolier, et lui raconte les fantaisies du comte. Angelo désapprouve l’attitude de ce dernier.

Poly à Venise - épisode 3

- 4 – A Venise Gomma supplie son oncle Orlando, d’aider Antonella qui refuse et suggère de faire appel au comte. Pipo est intrigué par la conversation qu’il vient de surprendre et se rend chez la comtesse pour qu’elle l’aide. Angello propose à Antonella de partir à la montagne chez son oncle. Carlo veut se venger.

Poly à Venise - épisode 4

- 5 – A Venise, Carlo veut se venger d’Angelo. Son plan semble réussir, tandis qu’Angelo accompagne Antonella, Pippo et Poly chez son oncle le berger. La police arrête Angelo qui ne comprend pas et clame son innocence. Pippo retourne à Venise avec Poly pour aider Angelo.

Poly à Venise - épisode 5

- 6 – Au commissariat de Venise, Angelo ne comprend rien. Grâce au flair de Poly, Pippo devine toute l’affaire. Il oblige Carlo à avouer son projet malhonnête. Angelo est libre, mais Orlando lui refuse toujours la main de sa nièce.

Poly à Venise - épisode 6

Les sept épisodes suivants se déroulent à la montagne, où la mère malade de Pippo se repose chez le berger Matteo. Une troupe d’enfants contrebandiers est remise sur le droit chemin par les héros, et Pippo rencontre son grand-père le comte Grazzi.

Nous avons retrouvés pour vous deux extraits :

.

Notre version en livre est un collector introuvable de nos jours. Il en existe une édition plus récente que l’on peut encore trouver sur le marché de l’occasion, et dont la couverture est différente :

Édition: Hachette
Date de Parution : 30/11/1994
ISBN : 2010149475 – EAN : 9782010149474

Poly à Venise

Adieu à Venise

Adieu à Venise (titre original : Anonimo veneziano) est un film italien réalisé par Enrico Maria Salerno, avec Florida Bolkan, Tony Musante, sorti en 1970.

Le scénario de Salerno, co-écrit avec Giuseppe Berto : Une jeune femme brune arrive à Venise ; elle a répondu à l’appel de son ancien mari mais redoute cette rencontre. Son mari voudrait reprendre l’enfant né de leur union, dix ans plus tôt, et que sa mère garde jalousement. Elle a refait sa vie avec un industriel de Ferrare. L’enfant vit heureux au sein du nouveau couple – pourtant il demeure, grâce à sa mère, attaché à son père.

Ils errent autour de Venise se remémorant les hauts et les bas de leur mariage, se demandant ce qui a poussé les séparer.

Anonimo veneziano

Enrico Maria Salerno, célèbre acteur de théâtre à l’italienne à l’époque, fait avec ce film ses débuts en tant que réalisateur avec une Venise magnifique, sans touristes, comme toile de fond.

La photographie extraordinaire nous offre la meilleure Venise. Certaines scènes ont également été filmées dans l’ancienne usine Bevilacqua Textiles, où Bolkan était entouré de damas et soieries les plus luxueuses dans une explosion de couleurs.

Anonimo veneziano

La musique d’Alessandro Marcello (1669-1747 et frère de Benedetto) est fascinante. L’adagio pour hautbois rend certaines scènes encore plus romantique.

Anonimo veneziano

Distribution

  • Florinda Bolkan
  • Tony Musante
  • Toti Dal Monte
  • Stelvio Cipriani

Anonimo veneziano

Le film finira tragiquement, mais on ne vous racontera rien de plus… chut !

Anonimo veneziano

Simplement un film à voir et à revoir, rien que pour les belles images d’une Venise telle qu’on l’aime, et qui na pas beaucoup changé, sauf qu’il y a désormais un peu plus de touristes, peut-être…

Comme vous êtes nos lectrices et lecteurs préférés, dans notre grande bonté, nous vous offrons le film, en version originale complète !

Ne vous retournez pas (1973)

Ne vous retournez pas (Don’t Look Now ou A Venezia… un dicembre rosso shocking) est un film italo-britannique réalisé par Nicolas Roeg, sorti en 1973.

Laura et John Baxter perdent leur fillette qui se noie accidentellement. Plus tard, le couple séjourne à Venise pour des raisons professionnelles. Des visions et des rencontres étranges ravivent chez le couple le souvenir de leur petite fille disparue.

Ne vous retournez pas (1973)

Adaptation d’une nouvelle de Daphné Du Maurier, c’est sans doute un des longs-métrage les plus étranges des années 70. Le film s’ouvre sur un drame terrible où le couple formé par Julie Christie et Donald Sutherland perdent leurs fille dans une noyade accidentelle. Dès cette première séquence, le ton s’avère déroutant avec un montage jouant le mimétisme entre les gestes quotidien des parents dans la maison et ceux de la fillette allant vers son fatidique destin. D’emblée cette dilatation inédite du temps qui aura cours tout au long du film se manifeste en distillant des petits indices de l’incident tragique à venir et plaçant déjà une facette prémonitoire mais inéluctable néanmoins face au évènements à venir.

Le fantastique s’insinue dans le film sans obéir à aucun code de genre établi. Film atypique donc puisqu’il s’ingénie à nager à contre courant.

Le film, son étrangeté, peut s’apparenter par certains aspects au réalisme magique flamand, et notamment au film Un soir, un train d’André Delvaux… et peut mettre le spectateur mal à l’aise en lui supprimant tous les repères auxquels il se raccroche habituellement. Et surtout en l’empêchant de prévoir la suite… ce n’est pas seulement un exercice scénaristique mais aussi graphique. Le montage de certaines séquences s’enchaîne ainsi à merveille (la noyade, la scène d’amour…) et confère un aspect esthétique rare à des décors ou des costumes d’une grande sobriété.

On a rarement vu Venise filmée ainsi, la photo grise et vaporeuse de Anthony B. Richmond prolongeant cette sensation de songe dérangeant.

Une véritable expérience filmique donc qui nécessite plusieurs visions pour en saisir toute les nuances, notamment lorsque arrive le terrible final où le titre en forme d’avertissement trouve son explication dans une scène stupéfiante

Distribution :

  • Julie Christie : Laura Baxter
  • Donald Sutherland : John Baxter
  • Hilary Mason : Heather
  • Clelia Matania : Wendy
  • Massimo Serato : Mgr Barbarrigo
  • Renato Scarpa : l’inspecteur Longhi
  • Giorgio Trestini : l’ouvrier
  • Leopoldo Trieste : le gérant de l’hôtel
  • David Tree : Anthony Babbage
  • Ann Rye : Mandy Babbage

Pour vous donner envie d’aller voir ce film, nous vous offrons la dernière scène du film…

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