La Filovia Mestre – Venezia

Pour certains, La Filovia, c’est une trattoria de Santa Croce, située piazzale Roma, où ils mangent une dernière fois avant de quitter Venise, une fois le Carnaval terminé.

Peu de touristes se posent des questions sur l’origine de ce nom étrange…

La Filovia a été, durant de nombreuses années, le fil d’Ariane qui reliait la cité lagunaire au continent :

Filovia

En 1933, on inaugure la première course entre la Piazza Pastrello à Favaro Veneto et Venise. Sonia Bevilacqua nous a envoyé la photo ci-dessous, où l’on voit son père, le second à gauche, poser, avant le départ de Favaro Veneto, devant le trolley N° 4.

Le tramway sur la Piazza Pastrello à Favaro Veneto

Quelques années avant la Società Anonima Tranvie Mestre-S. Giuliano exploitait encore le service des tramways tirés par des chevaux. Les voyageurs, une fois arrivés piazza Barche, devaient prendre un bateau…

Dès que le pont sur la lagune fut terminé, le choix de relier directement Mestre à Venise fut pris. Et à cette époque de modernité, on choisi des trolley électriques pour remplacer les tramways à chevaux.

Pont sur la lagune

Pour les garnements de l’époque, c’était la coriera co le tirache. Gigio Zanon, qui en faisait partie, se souvient : "Da fioi co la passava par la rampa del Troncheto la ralenatava, alora se tacavimo su le do coverte dei cavi e se fassevimo portar in piassal Roma. Dove che i più mone se fasseva ciapar dai vigili che ne spetava…" Comme le trolley était ralentis par la montée de la rampe de Troncheto, les enfants s’accrochaient à l’arrière et se faisaient transporter jusqu’à piazzale Roma, mais ils devaient s’enfuir avant que les vigiles ne les attrapent.

Filovia

Une autre ligne, également inaugurée en 1933, reliait la Piazza Ferretto, via la Piazza Barche (aujourd’hui du XXVII Ottobre) jusqu’à la Piazzale Roma à Venise, en traversant le nouveau long Ponte Littorio (aujourd’hui Ponte della Libertà). Sur la photo ci-dessous, le filobus Fiat 656 n. 40 en service sur la ligne 3 traverse la piazza Ferretto.

Filovia

Ce fut un succès commercial, et très vite d’autre lignes furent crées, au Lido de Venise, ainsi que des lignes Mestre-Mirano et Mestre-Treviso respectivement en 1937 et 1938.

Un service de nuit fut également mis en place, comme on peut le voir sur ces photos, prises devant la billeterie de la piazzale Roma, et au premier arrêt avant le ponte Littorio.

Filovia

Filovia

La ligne du Lido de Venise a été supprimée en 1966, après les dégâts causés dans la région par des innondations consécutives à la rupture de digues qui protégeaient la lagune.

La ligne Venise-Mestre et celles conduisant à Mirano, Mogliano et Trévise furent abandonnées en Septembre 1968, lorsque il aurait été nécessaire de déplacer certaines parties du caténaire, pour des soucis de viabilité, des travaux que l’ACNIL (organisme gestionnaire du LPT à l’époque) n’a jamais voulu réaliser. Les derniers modèles de trolleys étaient 5 Fiat 2405 Stanga de 1958 articulés, numérotés 201 à 205.

Filovia

Une Renault 4L à l’assaut de Venise

Dans la série "Les grandes idées lumineuses des propagandistes de la cause moderniste" Venise a maintes fois échappée à des dangers si redoutables qu’elle en serait irrémédiablement défigurée.

Ainsi, dans les années 1962, la société française Renault, avait suivi la Fiat qui, preuve à l’appui tentait de démontrer que Venise et circulation automobile n’étaient pas incompatibles.

Ainsi, il fut possible de voir une Renault 4L, la célèbre voiture populaire, circuler dans des lieux prétendus inaccessibles, où la populaire Fiat 500 avait renoncé à s’aventurer.

Heureusement pour nous, cette démonstration de "puissance" des ingénieurs et propagandistes français n’eût aucune suite, il ne nous reste plus que quelques photos extravagantes de la célèbre chèvre des routes dans les calli et sur les ponti de la Serenissime.

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

In magies du passé

Voici, aujourd’hui des images de Venise, rarissimes, qui ont ressurgi d’un passé que nous pensions perdu.

Ce sont des témoignages des balbutiements de la photographie à Venise tels que nous vous les avions déjà fait découvrir dans notre article Exploration de Venise à travers les premiers daguerréotypes.

La première image est un daguerréotype anonyme daté de 1855, qui représente le Pont du Rialto. Il est en assez mauvais état pour le moment, nous espérons qu’il pourra être restauré.

Pont du Rialto, daguerréotype anonyme de 1855

Pont du Rialto, daguerréotype anonyme de 1855

Nous avons également retrouvées deux épreuves photographiques colorisées de la porte d’entrée de l’Arsenal, prises à vingt ans d’intervalle.

Portail de l'Arsenale en 1860

Portail de l’Arsenale en 1860

Portail de l'Arsenale en 1880

Portail de l’Arsenale en 1880

Le repas des pigeons

Le repas des pigeons

Autrefois sur la piazza San Marco, selon une ancienne coutume, un employé de la mairie donnait à manger aux pigeons du grain, deux fois par jour.

C’était aussi l’occasion pour les touristes du siècle dernier de se prendre en photo sur la piazza en cocasse situation. Même des hommes illustres s’y sont essayés.

Nous avions des pigeons partout et j'en faisais une légère grimace de peur.  Mais on a pris le moment où ils étaient envolés. Alice Monet, Venise, 6 octobre 1908

Nous avions des pigeons partout et j’en faisais une légère grimace de peur. Mais on a pris le moment où ils étaient envolés. Alice Monet, Venise, 6 octobre 1908

Les publicitaires d’une célèbre marque de soda américaine, s’emparèrent de cette tradition pour faire, en 1963, un des fameux coups de pub de l’histoire contemporaine.

Les graines furent dispersées sur la place en écrivant en diagonale le nom de la fameuse marque, l’affolement des volatiles et un bon photographe, posté sur le toit du Palazzo Reale, firent le reste.

Cacacola

Mais en fait, ce concept avait déjà été inventé en 1950 par une compagnie d’assurance italienne. Les marchands yankee n’ont jamais rien inventé, on le sait bien…

… et sans vouloir être méchants, la photo de 1950 est bien plus agréable que sa copie américaine. Question de cadrage et d’objectif.

AG assurances

Plus tard, l’idée fut copiée, par une marque de vodka, en couleur, cette fois. Nous nous demandons combien ces entreprises ont payés pour avoir le privilège de nourrir les pigeons de cette façon?

Vodka

Les lois ont changé, et l’on connait aujourd’hui les dégâts que la fiente des pigeons produit sur la pierre des monuments. De nos jours il est rigoureusement interdit de donner à manger à ces oiseaux, les touristes qui s’y aventurent sont régulièrement rappelés à l’ordre par les vigiles municipaux, et risquent une amende.

Le Circo Togni à Venise

Il y a quasiment soixante ans, jour pour jour à un an près, Venise vivait dans une grande effervescence : le 19 juillet 1954, à la gare Santa Lucia, on se préparait à accueillir le train spécial du Cirque National Togni.

Le Circo Togni à Venise

Sur la photo ci-dessus, on peut voir les éléphants traverser le ponte San Giacomo dall’Orio, imaginez quel spectacle ce fut pour les vénitiens à l’époque.

C’était la fin de l’après-midi lorsque le convoi s’immobilisa dans la gare. Les voyageurs de ce train étaient un peu particulier, employant une langue rare, faite de rugissements, barrissements et de hennissements.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

Pour la première fois la ville historique de la lagune serait l’hôte d’un spectacle avec un grand S, et tous les vénitiens étaient là, pour attendre l’arrivée d’une surprise qui promettait de briller non seulement par ses paillettes, mais qui allait créer un événement dont l’histoire se souviendrait forcément. Le cirque devait s’installer sur la campo San Polo, et c’est donc par les rues de la ville, en traversant les nombreux ponts, que le cirque, avec ses cinquante artistes et son importante ménagerie est allée se mettre en place, sous la direction du patron, le patriarche Wioris Togni.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

Dès le matin suivant du 20 juillet, les vénitiens trouvaient le cirque installé sur la campo San Polo, pouvaient venir admirer les animaux et, sous le grand chapiteau, admirer les numéros du spectacle.

On peut imaginer que voir passer des chameaux sur la Piazza san Marco, ou des éléphants dans les rues de la ville flottante, voir des lions, des tigres et des panthères sur le pont du Rialto étaient une chose que Venise n’avait jamais connu. Nos lecteurs connaissent pourtant, à présent, de nombreuses histoires d’éléphants que nous avons déjà évoquées ces derniers jours… en août 1910, le colossal cirque allemand Krone avait débarqué à San’Elena. Mais ce qui fit l’évènement, en ce 19 juillet 1954, ce fut que le cirque tout entier fit la traversée de la cité lagunaire à pied, par les calli, campi et les les ponts.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

Et comme pour respecter fidèlement la plus ancienne des traditions circassiennes, le défilé, dans les rues étroites qui respiraient les gloires artistiques de la Sérénissime République, composé d’artistes et d’animaux permettait d’annoncer les exploits futurs d’un spectacle du passé.

Pour la mémoire collective et pour la petite histoire du peuple vénitien, il nous reste ce témoignage unique, un petit film qui a été tourné en 8 mm par le Professeur Alviano Boaga et monté en 2007 par son fils, Vittorino Boaga. Nous le partageons ci-dessous.

Liens et sources :

Notre article à été inspiré par le partage de la vidéo ci-dessus par Giani Poli, un ami vénitien.

Nous avons traduit partiellement les informations contenues dans l’excellent article de Il Ridotto, et les photos qui illustrent cet article ont été publiées par ce site également.

Nous vous signalons également l’article écrit par notre ami Lorenzo, qui a reçu le même petit film au même moment que nous (début mai dernier), de la même source vénitienne : Quand le cirque Togni était à Venise

On peut voir aussi d’autre photos (à vendre et taguées) ici : Venice Circus 

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

La Riviera di San-Marco

Hier, notre article se terminait sur cette énigme : où somme-nous ?

Cette photo à été prise vers 1890, et montre la terrasse panoramique sur la lagune. La rue qui commence à gauche a pris le nom, le 2 mai 1867 de Strada Garibaldi.

La maison au centre de la photo a fait l’objet d’une restauration, et d’un étrange maquillage, puisque ses fenêtres on prit un aspect néo-gotique de manière à donner à ce qui n’était qu’une modeste masure, l’aspect d’un palais ancien. Les éléments rajoutés proviennent de divers édifices de la lagune vénitienne.

Après la via Garibaldi, il n’y avait plus d’accès en bordure de la lagune. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, la casa della Marinaressa donnait directement sur l’eau. Cette maison, qui comprenait à l’époque cinquante-cinq logements, était réservée, gratuitement, aux marins de la Sérénissime qui s’étaient distingués pour des mérites particuliers.

La promenade en bordure du bassin de san Marco se terminait donc ici, après le ponte alla Veneta Marina. Autrefois ce pont était en bois, et était appelé ponte delle Catene. Puis, il fut construit en pierre à l’époque napoléonienne, et pris ce nom en raison de la base voisine de la Marine Autrichienne. Le caffè Alla Veneta Marina, avec sa vue splendide sur l’île de san Servolo et san Lazzaro et la riva degli Schiavoni, fut célébré dans les vers d’Antonio Lamberti. C’était le lieu privilégié des officiers de marine qui se retrouvaient en compagnie des arsenaloti et des pêcheurs.

C’est donc vers 1935 que l’on songea à prolonger la promenade en bordure de la lagune, et de la relier au quai longeant les jardins construits par Bonaparte.

Sur ce plan nous avons indiqué, en jaune, l’ensemble des quais rajoutés lors des travaux de 1936. Ci-dessous, un plan des différentes étapes du chantier, pompeusement dénommé la "Riviera di San-Marco" :

Le fameux projet, porté par la junte du maire Di Serego Allighieri, de prolonger la riva degli Schiavoni jusqu’aux Giardini, fut confié à l’architecte Duilio Torres, et ce, malgré une vive contestation. En effet, le projet porté par les politiques de cette période troublée, prévoyait la destruction de maisons populaires crasseuses, de ce quartier désigné alors comme malfamatto. Comme si détruire les maisons allait arranger la misère (finalement, les idées idées nationalistes sont toujours restées les mêmes).

On immergea des caissons en ciment pour la formation de la riva, et l’on combla ensuite avec des matériaux divers.

Le ponte della Veneta marina fut démoli. On conserva juste les parapets du pont avec leurs bas-reliefs. La photo ci-dessus est parue dans Il Gazzettino du 22 octobre 1936, pour illustrer un article de OL Passarella "La nuova riviera di San Marco".

Des quartiers populaires ont été rasés et remplacés par des jardins, il ne reste plus d’eux, aujourd’hui que de rares clichés, de l’époque où des familles entières vivaient-là.

Le 23 mars 1937, les autorités fascistes locales et l’ensemble de la classe politique vénitienne inauguraient officiellement la Riva dell’Impero, en hommage aux récentes conquêtes coloniales de l’Italie, et tournaient ainsi définitivement le dos à l’histoire d’un quartier antique de travailleurs des chantiers navals et de de pêcheurs, avec leurs maisons pittoresques.

Le Danieli de nos jours

Avant-hier, nous vous avons montré l’évolution de la riva degli Schiavoni et de son mythique hôtel Danieli.

Aujourd’hui, spécialement pour vous montrer comment est ce même endroit actuellement, c’est au sommet du campanile de san Giorgio Magiore que nous sommes montés.

Voici donc la riva, en ce moment même…

Demain, nous allons encore une fois voyager dans le temps, et découvrir comment un autre quartier de Venise, que vous connaissez tous, s’est transformé de façon radicale.

Pour vous faire languir un peu, voici, ci-dessous, une photo de l’endroit, avant les transformations. Qui saura nous dire où à été prise cette photo ?

Nous vous savons très forts à ce jeu-là, alors, demain 9 janvier, la réponse en images et en détails, et vos réponses, dans les commentaires ci-dessous apparaîtront également.

Des changements sur la riva

Ce n’est certes pas un actualité toute récente, dont nous allons vous parler aujourd’hui, mais de changements qui ont modifiés durablement ce superbe panorama de Venise qu’est la riva degli Schiavoni.

Sur cette photo, la statue équestre de Vittorio Emanuele II n’est pas encore présente. On notera la présence d’une estrade, qui servait à donner des spectacles de burattini, comme c’était très en vogue à l’époque.

On distingue bien les terrasses des cafés : le caffè delle Quatre Colonne, de Demetrio Cazzicali, et le caffè Brigiacco, des frères Giovanni et Cristoforo Brigiacco. Ces deux frères venus de l’Épire, lorsque la Grèce subissait la brutalité ottomane, ouvrirent ce café original, au rez-de-chaussée de l’Hôtel Royal Danieli. Un peu pour se distinguer des autres cafetiers, ils endossèrent l’habit oriental, et ces cafetiers originaux connurent vite un succès mondain. La position privilégié, devant le bassin de San Marco permettait de profiter de la douceur hivernale, et de la fraîcheur estivale.

Sur cette dernière photo, on voit l’ancien ponte del Vin, sans parapet.

En 1822, Giuseppe Dal Niel ouvrit une auberge dans l’antique palais qu’avait fait construire la famille Dandolo au XIVème siècle. Cette noble demeure avait été l’habitation de plusieurs familles patriciennes : les Gritti, les Mocenigo et les Bernardo. La position privilégiée face au bassin de San Marco et la splendide vue, donnère à l’entrepreneur l’idée d’en faire un établissement de luxe. Une des plus prestigieuses auberges de Venise. Il nomma son établissement Hôtel Danieli, puis Hôtel Royal Danieli.

En 1824, Giuseppe Dal Niel acquis le second étage à Elena Michiel, la veuve d’Alivise Bernardo, et, en 1840, la fille adoptive de Dal Niel, Alfonsina Clement racheta le premier étage à Filippo et Mario Nani, les héritiers Mocenigo. L’albergo Danieli a hébergé les plus grandes célébrités de l’Europe du XIXème siècle : Georges Sand et Alfred de Musset, Honoré de Balzac, Charles Dickens, Gabriele D’Annunzio, Richard Wagner…

Sur la photo, on voit qu’il existe des commerces alimentaires donnant sur le quai, et que le ponte del Vin à été refait selon un modèle qui rappelle la forme du ponte della Paglia voisin.

Quelques années plus tard, l’hôtel à récupéré de l’espace au pianoterra (pour y établir l’actuel bar – salon), il ne reste plus qu’un antiquaire et un tabac à l’angle de la calle delle Rasse. Sur la photo, on voit un métier aujourd’hui disparu (du moins sous cette forme) : un vendeur ambulant d’acqua e mistrà.

En 1910, sur un projet de Francesco Marsich, l’albergo Danieli fait l’objet d’une restauration radicale. L’édifice a récupéré de nouveau espaces, tous les commerces ont été éliminés. le portail d’entrée à été modifié, pour atteindre le niveau des fenêtres du premier étage. Plus loin, au dessus du caffè Orientale deux chambrettes ont été détruites pour faire place à un cinéma en plein air, dont on voit l’écran sur le mur mitoyen.

C’est en 1946-48 que, sur un projet de l’architecte Virgilio Vallor, on construisit un agrandissement de l’hôtel Danielli à l’emplacement du caffè des frères Brigiaco. Cette annexe de l’hôtel porte le nom d’Hôtel Danieli Excelsior.

Monument à Giuseppe Garibaldi

Le 2 juin 1882 Giuseppe Garibaldi expirait dans sa maison de Caprera, entouré de sa famille et de Menotti. Victor Hugo déclarait « L’Italie n’est pas en deuil, ni la France, mais l’humanité »

Quatre jours plus tard, le Consiglio Comunale di Venezia décidait d’ériger un monument, sans, bien entendu, recevoir l’accord de l’aile monarchiste qui, en signe de désaccord, boycotte l’initiative. Tous les élus monarchistes au Conseil Municipal se levèrent, laissant leur siège déserté et quittèrent la salle. Mais la popularité du "Héros des deux mondes" fit que le projet fut approuvé à la plus grande majorité.

C’est le sculpteur Augusto Benvenuti qui remporta le concours. Déjà, en 1885, il avait signé le Monumento in onore dell’Esercito Italiano. Le monument qui était autrefois situé sur la Riva San Biagio, et qui, plus tard, a été  déplacé aux Gardini.

Une fois l’œuvre terminée, restait en suspend la question de son emplacement. Plusieurs propositions avaient été faites, de la balustrade du Rio Sant’Anna au campo Santa Maria Formosa. Mais l’idée qui a prévalu fut de placer la sculpture à l’entrée des Giardini sur la via récemment élargie. Entourée d’un bassin, de manière à renforcer l"importance du rocher de l’île de Paprera, sur lequel le héros national scrute la mer. A ses pieds, on n’avait pas oublié de placer le lion, Venise oblige.

"Qui si fa l’Italia o si muore" (Ici, c’est l’Italie ou mourir) à lancé Giuseppe Garibaldi à Nino Bixio lorsque le sort de la bataille de Calatafimi paraissait de nature à favoriser les Bourbon. C’est l’un des épisodes les plus célèbres du Risorgimento, évoqué ici par le peintre Walter Molino.

Le dernier acte de cette histoire s’est terminé le 24 juillet 1887, lorsque le monument à été inauguré lors d’une cérémonie solennelle. L’absence, remarquée, du maire Dante Di Serego Allighieri, absent pour un deuil familial, fit dire à de nombreux malins, que c’était très "providentiel". De fait, ce fut le dernier maire de Venise nommé par le Roi.

En 1921, alors que Vinicio Salvi marchait dans les jardins à le recherche d’escargots, comme il le faisait régulièrement chaque semaine, et alors qu’il s’était approché de la statue du "Héros des deux mondes", il sentit qu’on le tirait par le bras. Suffisamment fort pour le faire tomber à terre. Alors qu’il se relevait, il vit une "ombre rouge" qui s’enfuyait. Quand il raconta cette nouvelle à ses amis, ils se moquèrent, en disant aue l’unique "ombre rosse" qu’il avait vue était à la taverne. A Venise, "une ombre" est un verre de vin rouge servi en vrac dans les bacari.

Plus personne n’y pensait, mais, une semaine plus tard, un couple qui s’était isolé un soir près de la statue, fut perturbé par une "ombre rouge". Puis, ce fut le tour d’un pécheur qui rentra chez lui avec une belle bosse.

Ces évènement répétés alertèrent les carabinieri qui organisèrent, un soir, une patrouille dans le secteur. Alors que la patrouille approchait de la statue, l’ombre rouge apparut, mais, au lieu de se jeter dans l’ombre, elle s’interposa entre les militaires et la statue de Garibaldi. Tous virent alors devant eux un homme en uniforme et chemise rouge (l’uniforme des hommes de Garibaldi). Immédiatement, personne ne le reconnut vraiment. Mais, dans la foule qui avait assisté à cette apparition, se trouvait certains qui l’avaient connu : "ma quelo xe Bepi, Bepi el garibaldin" Giuseppe Zolli, né en 1838, qui, pendant l’expédition des 1000 avait fait la promesse de surveiller les arrières de Garibaldi, même après sa mort.

Tous les habitants du quartier furent si émus, et tous les vénitiens si reconnaissants en ce noble héros. Sous la pression des habitants, la municipalité demanda qu’une statue fut rajoutée à l’arrière du monument, qui représente Giuseppe Zolli qui veille sur son général.

Depuis, il n’y a plus jamais eu d’apparitions fantomatiques, ni aucune agression dans ce secteur.

Source : "Leggende veneziane e storie di fantasmi" de A. Toso

Nous vous ferons désormais visiter Venise, avec un brin de nostalgie, au travers de photographies anciennes de nos collections. Les quartiers oubliés, les monuments disparus, les grands travaux… régulièrement nous vous ferons revivre la Venise de la fin du XIXème et du début du XXème siècle et la vie entre murs et canaux à cette époque.

Nous vous raconterons également quelques Légendes vénitiennes, avec de bonnes histoires de fantômes…

Tous les articles des derniers mois…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 467 followers