La rencontre de Venus et Olympia à Venise

Deux femmes nues, deux icônes incontestées,  sont réunies pour la première fois, au Palais de Doges de Venise, où vous pouvez aller les admirer dans une confrontation qui est un événement exceptionnel, inédit, superbe dans le monde de l’art.

"Olympia" de Manet (1863) et "La Vénus d'Ubin" de Titien (vers 1538) © Photo Nicolas Krief

"Olympia" de Manet (1863) et "La Vénus d’Ubin" de Titien (vers 1538) © Photo Nicolas Krief

Nous vous avions déjà annoncé, il y a quelques jours, l’exposition Manet. Ritorno a Venezia qui a ouvert ses portes le 24 avril dans le Palais Ducal de la cité lagunaire. La peinture de Manet n’a été que peu montrée en Italie de façon significative, et jamais à Venise. Cette exposition vient ainsi combler une lacune en revenant sur les sources italiennes de l’artiste, sur l’impact artistique de ses voyages dans la péninsule et sur sa volonté constante de se confronter aux maîtres transalpins.

Comme nous l’avions expliqué dans notre précédent article, l’exposition vise également à comprendre les raisons et les effets du "retour" de Manet à Venise en 1874, ville qu’il avait découverte vingt ans plus tôt.

Petit succès dans les premiers jours.

Nous pensions trouver une foule immense et devoir faire la queue longtemps avant de pouvoir accéder aux trésors de l’exposition. Quelle ne fut pas notre surprise de nous retrouver quasiment seuls dans les salles, alors que nous étions dans les premiers jours d’un évènement artistique majeur. Décidément, les touristes ne vont pas à Venise pour s’y cultiver, en voilà encore une preuve.

Comme toujours au Palazzo Ducale, l’exposition est "No Foto", et le peu de visiteurs rends l’exploit impossible, nous avions deux surveillants chacun autour de nous. Nous nous sommes donc concentrés sur notre visite, dont le parcours est fort bien pensé. Les illustrations de notre article nous ont donc été aimablement et généreusement fournies par le service de presse du Musée d’Orsay que nous remercions pour son aide.

Sans être une rétrospective classique, Manet. Ritorno a Venezia permet donc d’envisager aussi bien les débuts de l’œuvre que ses développements, sans jamais perdre de vue son ancrage italien. Elle fait ainsi apparaître un aspect peu connu et mal compris de l’art de Manet, trop souvent réduit à son influence espagnole.

L’exposition, dans les appartements du doge, est organisée par la Fondation des musées de la ville de Venise et le musée d’Orsay. Au total, 80 œuvres sont montrées dans cette exposition, 35 tableaux de Manet ont accompagné Olympia au Palais des Doges, ainsi qu’une vingtaine de dessins. Lola de Valence, Le balcon, Le bal masqué, Le portrait d’Emile Zola, Le fifre… Tous sont mis en parallèle avec les peintures de Carpaccio, Guardi, Lotto et autres célébrités de l’art, pour monter que les influences italiennes de Manet sont bien réelles.

Photo Nicolas Krief

Les deux vedettes de l’exposition.

Mais 78 de ces œuvres sont comme éclipsées par la provocante Olympia de Manet peinte en 1863, qui se confronte pour la première fois à son modèle, la sensuelle Venus d’Urbino du Titien, peinte 300 ans plus tôt.

Déjà, du point de vue de l’histoire de ces œuvres, et du génie de diplomatie qu’il a fallu pour les réunir cette exposition est un succès.

Même Mario Monti, Président du Conseil italien, et François Hollande, Président de la République ont été obligés de s’impliquer à titre personnel.

Car les belles ont pris l’habitude de ne point bouger.

La Vénus d’Urbino, peinte en 1538 par Titien, est conservée aux Offices à Florence et elle bouge très rarement.

"La Vénus est sortie une fois d’Italie, a déclaré à l’Agence France Presse Guy Cogeval, président du Musée d’Orsay. Mais quand elle est allée à Tokyo, en 2008, cela a fait un tel scandale qu’on a cessé ensuite tout prêt." À Florence, au Musée des Offices, où le chef-d’œuvre exécuté en 1538 est conservé, le directeur Antonio Natali s’était violemment opposé à ce départ décidé par son gouvernement. L’œuvre était beaucoup trop fragile, assurait-il. Quelque trois cents intellectuels et artistes italiens, y compris le cinéaste Franco Zeffirelli, avaient relayé la plainte, signé une lettre de protestation. Un sénateur s’était même enchaîné aux portes des Offices. En vain.

"Depuis, le principe édicté était que la Vénus ne bouge pas. Il a fallu convaincre Antonio Natali. Cette fois, le déplacement n’était que de trois cents kilomètres. Surtout, la présenter à Venise avait un sens puisque c’est dans cette ville que Titien a peint", souligne encore Guy Cogeval.

Guy Cogeval, qui tenait absolument à cette confrontation inédite, a demandé l’autorisation du président de la République François Hollande pour faire sortir pour la première fois de France l’Olympia de Manet. Cette peinture n’a jamais quitté la capitale depuis qu’elle a été offerte à l’État en 1890 par souscription publique à l’initiative de Claude Monet.

"À titre exceptionnel, et pour la première fois, j’ai demandé le consentement du président de la République pour prêter l’Olympia qui appartient au patrimoine de la France,  J’avais déjà l’accord de la ministre de la Culture, mais j’ai voulu écrire également au président de la République, qui m’a donné une réponse positive."

Un voyage de tous les dangers pour l’œuvre mythique de Manet.

Le transport des œuvres, par camion et par bateau fut également une grande aventure pour les responsables du Musée d’Orsay.

Transport des oeuvres sur la lagune de Venise © Nicolas Krief

 Déchargement des oeuves à Venise © Nicolas Krief – à Fondazione Musei Civici Venezia.

 Transport des oeuvres sur la lagune de Venise © Nicolas Krief – à Fondazione Musei Civici Venezia.

 "Olympia" de Manet en train d'être sortie de sa caisse de transport. © Nicolas Krief – à Fondazione Musei Civici Venezia.

 Accrochage d'"Olympia" de Manet © Nicolas Krief – à Fondazione Musei Civici Venezia.

Le choc de la comparaison

La confrontation entre l’Olympia et La Vénus d’Urbain est un choc visuel sans pareil. Il faut savoir que Le Titien peint la Venus en 1538. C’est probablement Angela del Moro, une courtisane, qui a servie de modèle, nue, allongée sur son lit, lascive, les yeux en amande, la chevelure bouclée, la peau laiteuse. Elle cache son sexe de sa main gauche. A ses côtés dort un chien  - signe de la fidélité – et à l’arrière du tableau, deux servantes cherchent dans un coffre une robe pour vêtir la belle. Le tableau, dit-on, a été commandé par Guidobaldo della Rovere, fils de Francesco Maria della Rovere, duc d’Urbain, pour l’accrocher dans sa chambre de jeune marié et stimuler les ardeurs de sa nouvelle épouse.

Edouard Manet a vu La Vénus d’Urbain à Florence en 1857. Il  en fait une copie et de retour à Paris, il va se nourrir de ce tableau mythologique pour le moderniser, l’adapter à son temps. Olympia, peinte en 1863, représente une prostituée : Victorine Meurent. Elle est étendue sur son lit. Fière, elle nous nargue du regard. Elle aussi a la main gauche appuyée sur son sexe. À ses côtés, un chat noir à la queue bien dressée, qui représente toujours le mal en ce temps-là. A l’arrière, une servante noire vient lui porter un bouquet de fleurs, sans doute offert par l’un de ses amants et protecteurs.

A droite, la belle courtisane semble vous dire "Vene qui, amore…" et tout dans son attitude est une invitation à aller la rejoindre.

A gauche, la somptueuse prostituée avec son "je ne baise plus" vous tance "N’y penses même pas en rêve !" avec cet air froid et hautain des demi mondaines parisiennes du XIXème siècle. .

Voir tous ces Manet et les œuvres des maîtres italiens qui les ont inspirées, dans les appartements privés des Doges, est vraiment une chose inoubliable. Vous avez seulement jusqu’au 18 août pour vivre comme nous cette expérience. 

"Manet. Retour à Venise"
Palais des Doges de Venise
du 24 avril au 18 août 2013

Informations et réservations 041 8520154

Horaires
Tous les jours de  9.00 à 19.00
Vendredi et samedi de  9.00 à 20.00
ultime accès consenti une heure avant la fermeture

Réservations en ligne

Les photographies qui illustrent cet articles ont été réalisées par Nicolas Krief et nous ont été aimablement fournies par le service de presse avec l’aimable autorisation du Musée d’Orsay.

Vénus d'Urbino du Titien

Manet : retour à Venise

Manet. Ritorno a Venezia (Back to Venice) est le nom donné à l’exposition, initiée par la Fondazione Musei Civici di Venezia, qui se tiendra au Palais des Doges du 24 avril au 18 août 2013.

2 Manet Ritorno a Venezia a cura di Stéphane Guégan

1874, année de la première exposition des peintres impressionnistes, est aussi l’année de son troisième voyage en Italie, où il a également retrouvé la ville aimée par Turner et Byron.  Il a immortalisé son séjour dans deux petites toiles représentant le Grand Canal. C’est presque iconoclaste avec l’atmosphère déjà ultramoderne de Guardi à la même époque. Dans ces deux petits tableaux, peint de manière magistrale, qui serviront de modèle pour beaucoup de peintres à Venise au début du XIXe siècle, l’air est si clair qu’ils font chanter les tons de bleu et blanc de sa palette comme jamais auparavant….

Edouard Manet (1832-1883) Le Grand Canal de Venise 1875

Edouard Manet (1832-1883) Le Grand Canal de Venise 1875

Venise rendra hommage au maître lors d’une exposition d’environ quatre-vingt peintures, dessins et gravures, conçue en collaboration avec le Musée d’Orsay à Paris, l’institution qui conserve le plus grand nombre de chefs-d’œuvre de cet artiste extraordinaire.

Sous la direction artistique de Stéphane Guégan, la direction scientifique de Guy Cogeval et Gabriella Belli, l’exposition se présente comme un véritable événement : jamais la peinture de Manet a été présenté d’une manière si significative en Italie, et n’a jamais été abordée sous un aspect critique si caractéristique de son art.

Si Le Déjeuner sur l’herbe et Olympia (1863) sont clairement des variations de Titien et deux exemples splendides exemples de la relation de Manet avec l’art italien, il y a de nombreux autres exemples de la profonde compréhension du patrimoine de Venise, Florence et Rome par le grand peintre.

Le parcours de l’exposition, avec des chefs-d’œuvre comme Le fifre (1866), La lecture (1865-1873), Le balcon (1869), Portrait de Mallarmé (vers 1876), traverse toute sa vie artistique et vous permet de vous ouvrir sur une série d’interprétations libres des peintures anciennes, des fresques et des sculptures que Manet a vu au cours de ses deux premiers voyages en Italie, en 1853 et 1857.

Ce projet à été possible grâce non seulement aux prêts du Musée d’Orsay, mais aussi de beaucoup d’autres institutions internationales telles que le Metropolitan Museum de New York, la Bibliothèque Nationale de France, l’Institut Courtauld de Londres, le Musée des Beaux-Arts de Boston, la National Gallery de Washington, l’Art Institute de Chicago, le Musée des Beaux-Arts de Dijon, le Musée de Grenoble, le Musée des Beaux-Arts de Budapest, le Städel Museum de Francfort, qui se sont joint à l’événement ainsi que de nombreux collectionneurs privés.

Manet. Ritorno a Venezia

Les Macchiaioli 1850-1877. Des impressionnistes italiens ?

Nous vous avons déjà évoqué les Macchiaioli, dont le vénitien Antonio Ermolao Paoletti (Venise, 8 mai 1834 – Venise, 13 Décembre 1912) qui se réunissaient à Florence au Caffè Michelangiolo, ou au Caffè Bardi a Livorno. Nous vous avons également présenté une partie de la prestigieuse collection de Mario Taragoni

… en 2013, le courant artistique des Macchiaioli est à l’honneur au musée de l’Orangerie à Paris et à la fondation Mapfre à Madrid.

The Macchiaioli artistic movement is being honoured at the Musée de l’Orangerie in Paris and the Mapfre Foundation in Madrid in 2013.

Un souffle nouveau sur la peinture italienne.

Ils constituent à Florence, dans les années 1855, un groupe d’artistes révoltés, toscans, mais également venus de toute la péninsule, de Venise à Naples.

Qui sont ces Macchiaioli ? Littéralement des "tachistes", désignation péjorative apparue dans la presse en 1862, puis adoptée par eux-mêmes. Ils donnent un souffle nouveau à la peinture italienne rompant avec le néoclassicisme et le romantisme dominant, renouvelant la culture picturale nationale. Ils sont considérés comme les initiateurs de la peinture moderne italienne.

Cette peinture exerça une importance capitale sur des cinéastes italiens, comme Luchino Visconti et Mauro Bolognini, qui y trouvèrent une inspiration iconographique et un langage particulier de l’image.

Du mercredi 10 avril 2013 au lundi 22 juillet 2013

Adresse

Musée de l’Orangerie
place de la Concorde
Jardin des Tuileries
75001 Paris
Téléphone : 01 44 77 80 07
Fax : 01 42 61 30 82
Contacter par mail Site internet – Musée de l’Orangerie

Métro Concorde
Horaires et tarifs

  • Du mercredi au lundi de 09:00 à 18:00

Tarifs d’entrée :

  • Plein tarif : 7.5 €
  • Tarif réduit : 5 €
  • A partir de 17h, tarif réduit pour tous les visiteurs : 5€

Commissaire : Marie-Paule Vial, directrice, musée de l’Orangerie, Isabelle Julia, conservateur général, Beatrice Avanzi, conservateur au musée d’Orsay, Maria Lopez, conservateur en chef à la Fondation MAPFRE

Printemps vénitien

Nous vous proposons de nous transporter dans le temps, dans les années 1902 ou 1904, et de vivre le printemps à Venise avec le peintre Eugene de Blaas.

Eugene de Blaas

Tout commençait, dans les calli par quelques regards appuyés malgré les quolibets des autres filles qui n’avaient pas eu l’honneur de cette (plus ou moins) discrète distinction.

Brin de cour au puits - Eugene de Blaas 1904

Toujours sous le regard amusé des autres filles du quartier, le galant se risquait à quelques paroles engageantes, près du puits…

La lettre d'amour - Eugen von Blaas 1904

Sérénade - Eugen von Blaas 1910

La cour - Eugen von Blaas

Et cela continuait ainsi tout le printemps… ces relations entre les jeunes gens de Venise et les belles jeunes filles alimentaient alors tous les potins dans le sestiere, ou dans la paroisse.

Jusqu’au jour où le jeune homme prendrait tout son courage à deux mains pour venir demander, à ses parents, la main de sa belle.

Les potins entre amies - Eugene de Blaas

Sur le balcon - Eugene de Blaas

Exposition M. Ocaña à la Puerta de Alcalá

Il fallait se rendre à Madrid pour voir une belle rétrospective vénitienne du peintre madrilène M. Ocaña.

Monument profondément lié à la ville de Madrid, la Puerta de Alcalá fut construite entre 1759 et 1778 sur commande du roi Charles III. Elle faisait partie de son vaste programme d’embellissement de la capitale espagnole. L’actuelle porte remplaça une ancienne datée de 1599. Le projet fut réalisé par Francesco Sabatini, architecte royal et sans doute favori du roi. La structure, de style néoclassique, est celle d’un arc de triomphe romain avec cinq embrasures dont les trois centrales sont en plein cintre et celles des extrémités en linteau. La Puerta de Alcalá est imposante et constitue indubitablement un des symboles madrilènes. Elle est également très populaire. A voir: La structure A proximité: Le parc de El Retiro, la fontaine de La Cibeles, le palais de Linares, le Palacio de Comunicaciones.

Ettore Cadorin

Fils du sculpteur Vincenzo Cadorin, et de Matilde Rochin, Ettore, né le 1er mars 1876 à Venise est le frère du peintre Guido.

Ce sont ses notes autobiographiques qui nous fournissent la plus vaste source d’informations sur cette famille.

Ettore Cadorin a appris l’art de la taille avec son père, puis à l’Accademia, où il a a suivi les cours d’Antonio Dal Zotto. Vers la fin du siècle il entame, par un séjour en Roumanie, de longues pérégrinations à travers le vaste monde et il ne reviendra à Venise que pour de courtes pauses.

A Bucarest, il obtient sa première soumission privée avec le buste du Professor Hasdeu puis avec la couronne en bronze exécutée pour la commémoration de la Dacie à l’Empire romain. Cette couronne a été ajoutée à la base de la colonne Traiana à Rome.

En 1902 il s’installe à Paris où il travaille en collaboration avec René Lalique. Il développe alors une technique qui lui permet d’incruster de l’ivoire dans ses bas-reliefs. De cette période datent ses premiers bas-reliefs, et les portraits de Rosa Montague, Amelia Rosselli, Aldo Rosselli et d’autres…

Les portraits, toujours en léger relief sur ivoire, des princesses Iolanda e Mafalda, réalisés pour la reine Margherita de Savoie (1904) témoignent du succès de cette technique adaptée au romantisme de l’époque.

Il fait ses débuts à la VI Biennale de Venise en 1905. Il présente une sculpture en ivoire, G. Carducci, et surtout son  Sogno qu’il aurait réalisé sous l’influence de Leonardo Bistolfi.

C’est en 1910 qu’il réalise le portrait de Wagner qui se trouve au palazzo Vendramin Calergi et vers la même période le buste de Benedetto Marcello qui est au Conservatoire de Venise.

A partir de 1915 il s’installe définitivement aux États-Unis, les premières années comme professeur à l’Université de Columbia et la  Galerie Reinhardt organise une exposition à New York qui obtient un certain succès. L’œuvre majeure qui porte l’empreinte de l’après-guerre est Monumento ai caduti de la ville d’Edgewater (New Jersey).

A San Francisco, il s’est vu confier la décoration de la Golden Gate International Exposition (1935).

Depuis 1941, il s’installa à Sonoma, également en Californie, où il mourut le 18 Juin 1952.

Les Macchiaioli de Mario Taragoni

Mario Taragoni, financier, économiste, collectionneur d’art est un homme de culture. Il voue  une véritable passion passion la peinture toscane du XIXème siècle. Il vit à Gênes où il dirige la Banca d’America e d’Italia, et a constitué sa collection entre les années trente et les années soixante-dix, en ne sélectionnant que des peintures exécutées à la maturité des artistes.

Il possède un grande quantité d’œuvres des Macchiaioli, qui, comme les Impressionnistes, grâce à l’immédiateté et au charme de leurs peintures continuent de plaire à tous les types de public.

En 2008, une grande exposition des peintures de sa collection était présentée à l’Istituto di Scienze, Lettere e Arti de Venise (Palazzo Cavalli Franchetti)…

Les artistes de la collection Taragoni : Giuseppe Abbati, Giovanni Boldini, Odoardo Borrani, Giovanni Carnovali dit il Piccio, Adriano Cecioni, Serafino da Tivoli, Giovanni Fattori, Egisto Ferroni, Silvestro Lega, Mario Puccini, Antonio Mancini, Raffaello Sernesi, Telemaco Signorini, Armando Spadini.

Giovanni Fattori (Livorno, 1825 – Firenze, 1908)
Tre contadine sedute nel bosco all’ombra, vers 1875

Giovanni Fattori
Pattuglia, vers 1875

Giovanni Fattori
Sosta sotto la pioggia (o Tempo di pioggia), 1885 – 1890

Silvestro Lega (Modigliana, 1826 – Firenze, 1895)
Signora in giardino, 1883

Giovanni Fattori
Marcatura di torelli in Maremma, vers 1887

Giovanni Fattori
Marcatura di torelli in Maremma, vers 1887

Giovanni Fattori
Mandriana trascinata da un bove infuriato. 1895

Giovanni Fattori
Ritratto di Fanny Fattori (o Testa di popolana), 1880 – 1885

Giovanni Fattori,
La preghiera della sera (o L’Ave Maria), vers 1875

Silvestro Lega
Alla villa di Poggio Piano, vers 1889

Silvestro Lega
Donna con scialle rosa

Giovanni Fattori
Il buttero, vers 1900

Giovanni Fattori
La cerca, 1880 – 1881

Silvestro Lega
La signora Clementina Bandini con le figlie a Poggiopiano, 1887

Giovanni Fattori
Bambina in un bosco, vers 1890

Giovanni Fattori
La gramignaia, vers 1866

August von Siegen (c1850-?)

August von Siegen entre dans la catégorie des peintres de genre, d’architecture et védutiste.

On lui connaît de nombreuses vues de villes orientales dont l’architecture fantaisiste et hétéroclite semble indiquer qu’il n’ait jamais voyagé en Orient. Il faut compter, au moins, une dizaine de milliers d’€uros pour acquérir une de ses œuvres.

Jean-Baptiste Pigalle

Bruna Pigalle - Venise

Notre recherche a débuté avec ce tableau (désolés, nous n’avons pas trouvé de reproduction plus grande, si parmi nos lectrices et lecteurs, quelqu’un en possède une…)

Le marchand d’art l’attribuait à Jean-Baptiste Pigalle… or, si c’est un sculpteur célèbre, nous ne lui connaissions aucune peinture, ni aucun voyage à Venise dans sa biographie… Voilà un bien beau mystère à élucider !

Né dans une famille de maîtres charpentiers, Jean-Baptiste Pigalle, (né le 26 janvier 1714, Paris, mort le 21 août 1785, Paris) a commencé sa formation de sculpteur à l’âge de 18 avec Robert Le Lorrain, puis a étudié avec Jean-Baptiste Lemoyne. Son œuvre la plus célèbre est la statue Mercure attachant ses ailes (1744).

Jean Bapstiste Pigalle - Autoportrait - Musée du Louvres

Considéré comme un maître par ses contemporains, son œuvre est à la charnière des courants baroque et néo-classique. D’après une lettre de Diderot à sa femme fin octobre 1773, il est le parrain de la petite-fille de Diderot. En 1803, son nom est donné à une rue de Paris où il avait son atelier et à la place au bout de cette rue, et de là au quartier mondialement connu de Pigalle.

Nous lui avons tout de même, trouvé un lien avec Venise, un lien qui est une longue et étonnante histoire… on peut admirer, parmi ses œuvres, deux bénitiers qu’il fit pour l’église Saint-Sulplice, à Paris.

Bénitier donné à François Ier par la République de Venise, église Saint-Sulpice. Paris (VIème arrondissement), 1907. Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Paris, musée Carnavalet.

Or, pour réaliser ces bénitiers, il a utilisé deux tridacnes géants (Tridacna gigas) qui avaient été offerts par la ville de Venise au roi de France François 1er. Il s’agit du plus grand coquillage du monde : sa coquille peut mesurer 1,5 m et peser 250 kg. Elle ne possède pas de dessin concentrique (écaille). Ils doivent leur nom familier de bénitier à leur utilisation traditionnelle dans les églises catholiques pour contenir l’eau bénite aux portes d’entrée.

Un des deux bénitiers de Jean-Baptiste Pigalle.

A l’époque du roi François 1er, les relations entre Venise et la France sont très étroites, le roi entame le grand chantier de la Renaissance française, et l’influence de l’ambassadeur vénitien Marino Cavalli sera grande dans les choix artistiques du monarque. Dans le même temps, c’est Georges d’Armagnac qui est ambassadeur de François 1er à Venise (il sera peint par Le Titien, en compagnie de son secrétaire Guillaume Philandrier, mais c’est dans une autre histoire…)

Les cadeaux d’ambassade sont donc nombreux.

Gravure du XIXème : FRrançois 1er reçoit des ambassadeurs de Venise un Mmiroir en cadeau

En réalité, le tableau, départ de notre recherche, à été peint par Bruna Pigalle, née dans la vallée d’Aoste en 1933.

En 1960, elle a tenu sa première exposition personnelle, suivie par de nombreux autres, dans les plus importantes villes italiennes. Sa renommée s’est propagée à l’étranger. Elle a participé à plusieurs expositions à Paris, Londres, Helsinki, Bruxelles, Francfort, Zurich, Vienne, Tokyo et New York.

Bruna Pigalle a souvent peint des vues de la belle ville de Venise.

Les Duveneck boys

Né aux États-Unis de parents allemands, Frank Duveneck étudia la peinture à Munich de 1870 à 1873. Il y acquit une grande habileté technique, le sens des matières, des effets de lumière, qu’il utilisa par la suite dans ses tableaux de genre, ses portraits et ses décorations.

Malgré le succès remporté aux États-Unis (commençant avec une exposition à Boston en 1875), il retourna en Europe (1875-1888). Il s’établit à Munich en 1878 pour y fonder une école de peinture, puis à Florence et à Venise (à partir de 1879).

De nombreux élèves américains vinrent y travailler avec lui, les "Duveneck boys" : Willis Seaver Adams (1842-1921), John White Alexander (1856 – 1915), Otto Bacher (1856 – 1909), Joseph de Camp (1858 – 1923), Louis Ritter (1854-1892), HM Rosenberg (1858-1947), Julius Rolshoven (1858 – 1930), Theodore Wendel (1859-1932), Theodore Wores (1859 – 1939)…

Duveneck se lia alors avec John Henry Twachtman (1853 – 1902), John Singer Sargent (1856-1925) et James Abbott McNeill Whistler (1834 – 1903), travaillant l’eau-forte avec ce dernier à Venise (1880).

In Italy, the “Duveneck boys” were closely associated with James MacNeill Whistler and John Singer Sargent.

Sir Frank Brangwyn à Venise

Frank Brangwyn est né à Bruges, en Belgique, en 1867. Puis sa famille a déménagé à Londres en 1875 où il a fréquenté l’école jusqu’en 1879.

A l’âge de 15 ans, il a commencé à travailler pour le peintre William Morris en recevant une formation rudimentaire.

Petit à petit, c’est en autodidacte qu’il persévère dans son œuvre. Alors qu’il a trente ans, tandis que la Grande-Bretagne reste perplexe sur la façon de critiquer son travail, le reste du monde le considère déjà comme la définition de l’art moderne britannique.

En 1905, il est à Venise, comme le prouve cette photographie où il est en bas à droite, en compagnie d’Arthur Covey (au centre derrière) et sir Alfred East (à gauche) sur une gondole en train de dessiner.

De ce voyage dont nous savons (pour le moment) peu de choses, il nous reste quelques dessins, eaux-fortes et peintures…

Marco Basaiti

Marco Basaiti (~1470 – après 1530) est un peintre de l’école vénitienne, considéré comme le rival de Giovanni Bellini.

Originaire des Balkans, sa date exacte de naissance et celle de son arrivée à Venise ne sont pas connues. Il est, toutefois, mentionné à Venise entre 1496 et 1530, car il y travaille autour de 1496 dans l’atelier d’Alvise Vivarini.

Ses tableaux sont le plus souvent des sujet religieux mais il réalise aussi des portraits et il utilise des couleurs vives dans ses tableaux contrairement aux usages de l’époque.

Il termina la pala, avec Saint Ambroise et des saints de l’église des Frari, laissée inachevée par son maître, Alvise Vivarini, en 1503.

Dans ses premières œuvres, et plus encore dans ses deux grands retables de 1510 et de 1516 (Vocation des fils de Zébédée et Prière au jardin des Oliviers, actuellement à l’Accademia), l’influence de Bellini contribue à adoucir la plasticité précise et cristalline héritée du quattrocento.

Sa personnalité le porte à se rapprocher naturellement de la manière de Cima de Conegliano, tandis que l’on constate l’assimilation des idées nouvelles et même celles de Giorgione dans le lyrisme dont il imprègne ses paysages.

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