Buel del Lovo est une île de la Lagune de Venise située au fond du canal de Mazzorbo juste en face de l’aéroport de Venise – Marco Polo.
Son nom (en italien Budello del lupo) fait très certainement référence au passage tortueux qu’il faut emprunter pour l’atteindre (dans le dialecte vénitien "Buel del Lovo" signifie entrailles du loup). L’île s’étend sur 0,7 hectares soit environ 0,01 km².
Cette ancienne batterie faisait partie d’une ligne de défense entre Venise et la terre ferme vers Mestre : sept batteries polygonale alignée (plus tard huit) à une faible distance de la côte. Ces batteries ont été construites sur la plate-forme peu profonde de la lagune, souvent près de l’intersection des canaux.
Dans une lettre du Provveditore alla Lagune, Zuanne Zusto, en référence dès l’année 1796, il indique que sept fortins en bois ont été construits pour protéger Venise.
Cette batterie fut abandonnée en 1865. puis, en 1883, on trouve écrit que toutes les batteries sont en activité, et qu’elles sont construite en terre et protégées par des bastions, équipée de casernements et poudrière.
En 1900, les documents du siège autrichien à Vienne montrent l’existence de deux types de batteries dans la lagune. De tailles légèrement différentes, mais d’une forme identique (sept côtés courts que donnent la forme d’un croissant et un côté long) avec des profilés, casernements, place de parade et poudrière tandis que les berges sont protégées par un récif artificiel
Depuis longtemps siège de postes militaires, c’est donc un véritable fort (appelé San Marco) qui fut actif jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Les bâtiments du complexe furent adaptées dans les années 1960 afin d’accueillir un établissement pour la conservation et la mise en boîte du poisson. L’île, isolée des grandes voies de relai maritime, fut abandonnée quelques années plus tard et on pouvait encore voir les vestiges des bains et des cuisines.
Les bâtiments restaurés sont aujourd’hui adaptés à l’usage résidentiel depuis la vente de l’île en 1990. C’est de nos jours une propriété privée.
La Motta di San Lorenzo est une petite île (0,61 ha) de la lagune nord de Venise, non loin de la Motta Cunici, dans un marais salant situé à environ 2 km à l’est de l’ossuaire de S. Arian, près de l’île de S. Cristina et le canale de S. Felice.
En Vénétie motta signifie "colline", l’île ressemble à un petit monticule qui se dégage des eaux de la lagune.
Autrefois partie de Caltrazio, elle même appartenant à l’ancienne ville d’Ammiana, elle a sombré dans la lagune en même temps qu’elle.
Parmi les bâtiments qui étaient construit sur cette terre, en particulier le monastère de San Lorenzo, il ne subsiste seulement que des traces de fondations. La dernière construction encore debout, un chapiteau, a été emporté par les innondations en 1966 .
L’île a fait l’objet d’une recherche archéologique animée par deux campagnes différentes (fin des années 1960 et 1990) dont les résultats ont été révisés en 2007 par le Laboratoire d’Archéologie Médiévale de l’Université Ca’Foscari.
Les premiers résultats montrent un occupation dès la fin la période romaine. Du IIIème siècle, en particulier, on a retrouvé une bande de trottoir, peut-être appartenant à une villa. Cependant, il reste à comprendre quelle était l’utilisation effective de l’île à cette époque.
Entre le IVème et le VIème siècle on a élevé sur l’île ce que les chercheurs ont d’abord imaginé être une structure militaire (la Castron mentionnée par Costantino Porfirogenito) : elle se compose de deux tours carrées unies par un mur de plus de 60 mètres de long. Cependant, la proximité d’un cimetière en usage entre les VIème et IXème siècle et de l’orientation est-ouest des structures suggèrent plutôt l’église de San Lorenzo dont la chronique indique qu’elle à été fondée au VIIème siècle (ou que le fortin à été transformé en église par la suite).
En 1185 on a construit dans la partie nord-ouest de la motte un monastère de bénédictines. Les structures du couvent ont été identifiés par la recherche, même si elles sont difficiles à interpréter. Ces deux parties de murs en pierre et en altinelle orientés est-ouest et probablement relié à deux autres sections orientées nord-sud (qui actuellement ne peuvent pas être étudiée, car elle sont submergées). Sur la base de ces éléments, on peut supposer que l’arrivée des religieuses a eu lieu alors que l’île était presque dépeuplé, elles quitteront l’île en 1439. En fait, entre les XIIème et XIIIème siècles à travers toute la lagune nord, les divers peuplement ont connu un grave déclin démographique, que l’on a tenté de remédier par l’installation de certaines communautés monastiques. Cette politique de récupération n’a pas donné les résultats attendus et entre le XIIIème et le XVème siècle tous ces endroits ont été définitivement abandonnés.
Voilà notre destination de ce jour : San Giorgio in Alga est une île de la Lagune de Venise située entre la Giudecca et Fusina, d’une superficie légèrement supérieure à 0,15 km².
On la devine depuis le campanile de San Giorgio Magiore, et reste d’un accès relativement (trop, peut-être) facile en barque.
Mais pendant que nous approchons de notre objectif, laissez nous vous en raconter l’histoire…
Francesco Guardi, peintre influencé par Canaletto et ses vues idéales de la ville de la lagune, avait l’habitude de réaliser des dessins préparatoires pour ses toiles. Une grande collection de ceux-ci et de notes est conservée au musée Correr de Venise. Dans cette peinture, Guardi propose une vue du canal de la Giudecca et du quai des Zattere, avec les églises San Biagio et Santa Marta, et au fond, derrière l’île de San Giorgio in Alga, les monts Euganéens. Les couleurs employées et la lumière sont d’excellents exemples de la peinture vénitienne du XVIIIème.
Cette île fut le siège de nombreux monastères : celui des bénédictins créé en l’an 1000 puis celui des Canonici Regolari di San Giorgio in Alga, ordre fondé en 1397 dans lequel se formèrent les futurs papes Eugène IV, Grégoire XII et Laurent Justinien. Ces chanoines séculiers de San Giorgio in Alga s’installent sur l’île en 1404. Ils sont pour la plupart jeunes, charismatiques sans effervescence, ils ont choisi leur vie ensemble, consacrée au renouvellement de la vie pastorale à la ville et sur le continent. Le monastère abrita alors Gabriele Condulmer, qui deviendra le pape Eugenio IV ; Antonio Correr qui sera nommé cardinal ; Ludovico Barbo qui sera le réformateur des bénédictins de Santa Giustina à Padoue, puis évêque de Trevise ; enfin San Lorenzo Giustiniani qui sera évêque de Castello. Devenant ainsi le premier Patriarche de Venise, quand en 1451 le titre patriarcal passera de Grado à Venezia.
Le 11 juillet 1716, un terrible incendie et détruisit l’église, le monastère et la célèbre bibliothèque, qui avait été créée par la cardinal Antonio Corraro, ainsi qu’une grande partie du complexe. Des tableaux de grands maîtres comme Vivarini, Bellini ou Veronese (San Giorgio davanti a Diocieziano) furent la proie des flammes, une Nativita de Giambattista Cima da Conegliano a disparue à ce moment. Seule fut préservée, comme par miracle, la cellule de Saint Lorenzo Giustiniani qui est restée intacte au milieu des cendres.
À partir de l’incendie qui survint en 1716 (certains historiens écrivent 1717) l’île tomba en désuétude. En 1799, elle fut le siège d’une prison politique avant d’être complètement abandonnée.
En 1847, l’île fut transformée en fort par les autrichiens.
Six canons anti-aériens de 102/35.Fabriqué par les établissements militaires de Terni, ils avaient une portée maximale de 11 700 m.
Durant la seconde Guerre mondiale, l’île a servi pour l’installation d’une batterie anti-aérienne. Pendant cette période, l’île a été la cible de violents bombardements. Il reste encore des bunkers en béton de cette période.
Le patriarcat est redevenu en possession de San Giorgio in Alga, achetée pour 1.800.000 livres en 1961, mais, en 1973 il l’a donnée à la ville de Venise.L’île a été la première propriété militaire à redevenir un bien public. Les murs étaient à peu près intacts à cette époque. Sur le coin du Nord-Est pouvait encore voir la statue d’une Vierge du XVIIème siècle. Au-dessus de l’arc en pierre d’Istrie qui donnait accès à la remise à bateaux près du débarcadère, se dressait une croix en marbre polychrome.
Il y avait des vignes et des verger, où les promeneurs pouvaient pique-niquer.
Cinquante ans ont passé depuis que j’ai débarqué pour la première fois à San Giorgio en compagnie de mon père. Je sens encore l’odeur des pêches blanches, des cerises… j’ai encore en mémoire les images d’une île accueillante, sympathique et propre.
Les pêcheurs ont disparus (on péchait autrefois ici de superbes anguilles) et la végétation spontanée semble bien avoir pris le dessus. Nous avions entendu parler de biens volés, de contrebande, d’armes qui pourraient y être cachées. Les personnes "normales" ont cessé d’y aller en excursion et l’ile à été eb proie à la désolation.
De la même manière que nous l’avons déjà constaté sur d’autre îles abandonnées, ce territoire autrefois idyllique est devenu une poubelle à ciel ouvert, victime des vandales de toutes sortes.
Nous accostons, le cœur serré.
Voir, sur ce spectacle lamentable l’article et les photos de Fausto, dans Alloggi Barbaria.
A l’occasion d’un concours d’architecture, Giancarlo Bertocchini et Maria Gabriella Ruggiero ont imaginé ce projet de restauration et de mise en valeur de l’île de San Giorgio in Alga fait partie de la politique beaucoup plus large de la préservation et le renouvellement de Venise et sa lagune.
L’idée derrière le projet est de construire sur l’île de San Giorgio in Alga un centre inter-culturel et dans le même temps, de rétablir le monastère bénédictin qui se trouvait là depuis le XIème siècle, dont il ne reste aujourd’hui que quelques ruines qui racontent en filigrane le complexe monastique et son passé glorieux dans l’histoire de la ville, tant pour les faits que pour les personnages qui ont marqué les fortunes changeantes de l’île.
L’objectif principal à travers la mise en œuvre du Centre Inter-Culturel, est de créer dans la ville de Venise un lieu de rencontre international dédiée à des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les religions du monde et les cultures de la Méditerranée, qui est non seulement lieu privilégié de méditation et de prière, mais aussi un espace ouvert et utilisable par les citoyens et les visiteurs de la ville lagunaire.
La petite île de la Madonna del Monte, d’une superficie de 5365 m², se trouve entre San Giacomo in Paludo et Mazzorbo, le long du canal Scomenzera San Giacomo qui relie Murano et Burano. Vous êtes donc tous passé à côté de cette île abandonnée, en allant à Burano en vaporetto. Elle est à six kilomètres des Fondamente Nove.
En fait, le territoire se compose de deux îlots autrefois reliés par une étroite bande de terre qui se révèle parfois lors des marées les plus basses.
En 1303 quattre sœurs bénédictines, ont érigé dans cette bande de terre, un monastère dédié à Saint-Nicolas, d’où l’ancien toponyme de San Nicolò della Cavana.
Après la mort des nonnes, ,dans la misère et sans qu’elles aient trouvé de successeurs, le monastère fut abandonné en 1432, vu la pauvreté du lieu, ses actifs furent transférés au couvent de Santa Caterina de Mazzorbo. L’île restait désolée pendant environ deux siècles, retournant à l’état de marais, et les bâtiments ont été détruits. Puis, deux ermites virent s’y installer et vivre selon la règle de Saint Paul. ainsi, pendant tout un siècle, l’île fut le refuges de moines ermites qui s’y succédèrent. Le 11 juillet 1712, le vénitien Pietro Tabacco obtint, par décret du Sénat, l’utilisation de l’île et y fit construire, sur les ruines du monastère, une église dédiée à Sainte Marie du Rosaire consacrée par l’évêque de Torcello, Marco Giustiniani. Ce fut la période la plus faste de l’île où des messes quotidiennes, dédiées aux défunts, attiraient de nombreux fidèles.
Depuis cette époque, l’île fut communément appelée Monte del Rosario ou Madonna del Monte.
Le petit bâtiment a été démoli au milieu du XVIIIème siècle pour faire place à une poudrière, dont subsistent les ruines.
Des deux îles voisines, reliées par une étroite bande de terre protégée par une clôture des origines, il ne reste que bien peu.
Au cours de la dernière guerre, une tempête a détruit le lien entre les deux îles et à la fin de la guerre l’île a finalement été totalement abandonnée.
Aujourd’hui, l’île est une propriété privée et déserte, et elle est dans un état de délabrement qui fait pitié. Elle a fait l’objet de nombreuses propositions pour sa restauration et un usage futur, mais son sort dépendra de ses actuels (et / ou futurs) propriétaires.
Après avoir quitté Murano en direction du nord, le vaporetto ralentis à proximité d’une île, qui se trouve le long du canal Scomenzera San Giacomo qui relie Murano à Burano, juste avant l’île désolée de la Madonna del Monte. Cette île a une superficie de 12 496 m².
Relativement préservée, Saint Jacques des Marais possède une longue et riche histoire.
Sur l’île, comme sur plusieurs autres îles de la lagune, on retrouve des tessons antiques, ou de l’époque romaine, qui ne peuvent s’expliquer que par un habitat permanent sur l’île dès cette période (Benedetta Rossignoli : L’Adriatico greco. Culti e miti minori, Rome 2004).
En 1046, alors que le doge Orso Badoer II possède l’île, il la concède à Giovanni Trono de Mazzorbo afin qu’il y construise un monastère dédié à Jacques de Zébédée, accueillant les vagabonds et les pénitents. Dans le Haut Moyen Age il y avait un hospice pour accueillir les pèlerins en Terre Sainte.
En 1238, le couvent passe entre les mains des moines cisterciens qui l’abandonneront en 1440 pour se réfugier à l’abbaye de Santa Margherita sur l’île de Torcello.
Puis, ce sont les franciscains qui y ont vécu. En 1456, lors de la grande épidémie de peste, l’île fut temporairement utilisée comme lazaret et léproserie. Après la peste de 1456, l’ensemble monastique à été restauré avec des éléments provenant du monastère de l’île di Ammiana qui avait été démoli. En 1459, le pape Pio II donne son accord au Sénat pour que le monastère soit confié au frère Francesco da Rimini.
Au XVIème siècle s’y installèrent les cordeliers (Conventuali dei Frari di Venezia), ordre qui fut supprimé en 1769. A cette époque, il ne restait plus sur l’île qu’un seul religieux qui célébrait les fêtes et les processions dans la lagune, offrant toujours l’hospitalité aux voyageurs de passage ou accueillant les marins lors des tempêtes.
Toutefois, l’île s’est toujours retrouvée à combattre les éléments naturels et surtout l’érosion des berges. C’est pourquoi à plusieurs reprises, les moines furent sollicités afin de restaurer l’île et le complexe religieux
Dans les dernières années de la République, l’île était habitée par des laïcs et des mendiants qui demandaient l’obole aux barques de passage avec une longue perche (Voir à gauche, sur la gravure de A. Visentini de 1777, ci-dessus) En 1810, les édits napoléoniens supprimèrent le monastère qui fut alors détruit.
Sous la domination autrichienne l’île a été transformée en une forteresse armée de canons, d’après un projet des architectes Gregori et Ganassa. L’armée italienne l’a ensuite utilisé l’île comme dépôt de munitions. Jusqu’à 1961, le bâtiment à l’abandon a été utilisé à nouveau comme un poste militaire. L’installation militaire doit être restauré. Utilisée jusqu’en 1961 comme un poste militaire privilégié, l’île voit aujourd’hui se poursuivre la protection de son environnement marin tandis que sur l’île, tout n’est désormais plus que ruines.
C’est actuellement un site de recherche archéologiques qui dépends de l’Università di Venezia Dipartimento di Scienze dell´Antichità e del Vicino Oriente Insegnamento di Archeologia Medievale, recherches sous la direction du professeur Sauro Gelichi.
Dès 2002 des fouilles ont commencé sur l’île, qui ont permis de retrouver dans le nord-est de l’île, les fondations du monastère.
A l’est, déjà sous l’eau, il existe d’autres structures qui ont probablement un lien avec le monastère. Les moines et les nonnes semblent avoir construit des canaux, ainsi que les voies de cocciopesto (mélange de chaux et de fragments d’argile), l’église du XVIème et le monastère médiéval ont été découverts. Il est évident qu’ils devaient être entourés de murs, construits pour protéger les bâtiments et afin de contrer la montée des eaux.
En 2003, l’ancien cimetière a été fouillé, et deux corps bien conservés ont été découverts. Les deux hommes de 35 à 40 ans, environ 1,75 m de haut, ont été enterrés ici. En outre, on a trouvé une fosse à déchets, les plus anciennes pièces datant du XIIIème siècle.
La "Cavana dell´ortolano" mentionnée par Corelli a été découverte, qui permet d’imaginer l’existence d’un port de plaisance et d’un chantier de réparation , à partir du XIIème et jusqu’au XVIIème.
D’après le témoignage de Coronelli, on sait qu’il y avait trois autels dans l’église, le majeur dédié à Saint Jacques, l’un à Marie et l’autre aux Saints Jean-Baptiste, François, Antoine et Bernard. Il est fait mention également, d’une chapelle dédiée à San Nicolò di Bari dont la statue était flanquée des Saints François et Antoine. Sur la statue de bois, il y avait une inscription du Cardinal Ludovico Donà, franciscain assassiné sur ordre du pape Urbain VI en 1385.
L’île possédait une spacieuse cavana couverte avec une loggia, destinée à accueillir les marins en détresse. 0 l’intérieur, un oratoire avec un bas relief en bois de San Antonio abbate.
Carlo Beltrame, B. Baudo, D. Calaon: Area 1000 e 2000: la chiesa di San Giacomo e il monastero delle fasi medievali e tardomedievali, in S. Gelichi, F. Baudo, C. Beltrame, D. Calaon, S. Smith: Isola di San Giacomo in Paludo (laguna nord, Venezia): gli scavi delle campagne del 2003 (SGP03a, SGP03b), in: Quaderni di Archeologia del Veneto 20 (2004) 160-177.
Ernesto Canal: I ritrovamenti ceramici attici e di epoca romana in San Giacomo in Paludo, un isola da recuperare. Testimonianze di storia e archeologia di un’isola della laguna veneta, Ausstellungskatalog Venedig 1988, S. 39-42.
Sauro Gelichi: Archeologia e monasteri nella laguna veneziana: San Giacomo in Paludo, in: R. Fiorillo, P. Peduto (Hrsg), III Congresso Nazionale di Archeologia Medievale, Salerno 2003, S. 243-270.
Sauro Gelichi, Fulvio Baudo, Diego Calaon, Carlo Beltrame: Isola di San Giacomo in Paludo (laguna veneziana). Attività di ricognizione, rilievo, scavo e studio stratigrafico degli elevati, in: Anna Paola Zaccaria (Hrsg.): Le missioni archeologiche dell’università Ca’ Foscari di Venezia, Venedig 2004, S. 97-110.
Voir également l’article et les photos de Fausto dans son blog Alloggi Barbaria
Notre destination ce mois-ci sera, cap au sud, vers une île qui n’est pas vraiment abandonnée par tout le monde, même si, depuis 1968 plus personne ne vit sur ce lopin de terre au milieu des eaux. Les magnifiques bâtiments ne sont pas encore dans l’état de décrépitude qui caractérise bien d’autres iles désertes de la lagune…
… pour combien de temps encore ?
L’île où nous allons était autrefois appelé Popilia, probablement en raison de sa végétation (du latin populus "peuplier") ou par rapport à la Via Popilia-Annia, construite par le consul romain Publio Popilio Lenate. Sur les cartes centenaires l’île est également nommée Poveggia.
Après l’invasion lombarde du VIème siècle et la destruction de villes de la terraferma (dont Padova et Este) l’île devient un refuge en 421. Les habitants de Popilia ayant joué un rôle important dans la défense du duché de Venise, ils jouiront par la suite de certains privilèges comme l’exonération d’impôts, le service militaire et le service de l’aviron dans les galères.
En 864 deux cent familles fidèles de Pietro Tradonico, qui a été tué, à la suite d’un complot des patriciens vénitiens, s’installèrent sur l’île. La petite ville devint rapidement prospère, à la fois économiquement et démographiquement. En moins d’un siècle Poveglia agrandie est devenue riche.Enfin elle devint une république autonome en 1378, soulevant des préoccupations de la Sérénissime, qui a décidé comme mesure visant à affaiblir le pouvoir de Poveglia de faire une «décentralisation» de la population.De nombreux habitants ont été exilés, et ces événements ont entraîné un conflit : "la guerre de Chioggia".
Après la guerre, il restait peu de choses de l’ancienne splendeur.
La surface de l’île a diminué de moitié en raison des tempêtes, des tremblements de terre et de l’érosion, puis elle est passée sous l’autorité du maire de Malamocco. En 1468,on a construit des entrepôts et des chantiers navals, transformant l’île en un lieu de quarantaine pour les navires et les marchandises.
Au XVIème siècle, on a tenté en vain d’attirer l’ordre des Camaldules pour y construire un monastère. Pas plus approprié pour le repeuplement après le transfert en 1777 sous l’autorité du magistrato alla Sanità, entre 1793 et 1805, on y a installé un hôpital.
En 1805 l’île est devenue un hôpital militaire, pour accueillir les malades de la peste, et ainsi, empêcher la propagation de la maladie.
Dans la fin du XIXème siècle a été de nouveau utilisée comme station de quarantaine pour le transport maritime, en prenant le nom Lazzaretto Nuevo. Puis les français et les autrichiens y ont réinstallé un hôpital, plus grand, qui a fonctionné comme refuge pour les personnes âgées alitées jusqu’en 1968, quand l’ensemble du complexe a définitivement fermé.
Sur l’île se trouvait autrefois une église dédiée à San Vitale, qui possédait un crucifix célèbre (aujourd’hui conservé dans l’église de Malamocco) et un tableau de Titien, mais en 1806 elle a été fermée et finalement détruite. Il n’en reste plus aujourd’hui que le campanile transformé en phare.
L’île a été abandonnée en 1968 et est maintenant en très mauvais état.
Aujourd’hui, l’île est utilisée pour l’agriculture (surtout la viticulture) et n’est pas accessible aux touristes.
Comme tout endroit mystérieux qui se respecte, Poveglia a ses légendes…
Poveglia jouit d’un passé peu enviable et est considérée, pour certains, comme un endroit réputé pour des phénomènes paranormaux.
Une légende raconte que l’île accueille toujours les esprits de ceux qui ont été amenés pour mourir à Poveglia pendant les années de peste et de toute personne qui vient près de l’île durant la nuit peut entendre les gémissements et voir les âmes qui errent dans l’île.
Dans les années où s’est répandu à Venise la terrible épidémie de peste noire, la ville est rapidement devenue une usine à cadavres.
Les vénitiens, dans une tentative pour y remédier, ont décidé d’utiliser Poveglia comme une sorte d’hôpital-mouroir, portant sur l’île non seulement les corps, mais aussi la mort, et quand la crainte de la maladie a dégénéré en hystérie, même les gens qui ont montré que les premiers symptômes ont été violemment arrachés de leurs maisons et emmenés à Poveglia, d’où ils ne reviendraient pas. Il y a lieu de croire que plus de 160 000 personnes seraient mortes sur cette île tout au long de son histoire.
Sur le sol de l’île est donc possible de trouver des restes humains.
En 1922, un hôpital psychiatrique fut bâti sur l’île. Il y avait des rumeurs persistantes à l’effet que des patients, après leur arrivée, voyaient des esprits tourmentés, victimes de la peste. Le médecin résidant enquêta sur ces phénomènes en conduisant des lobotomies et des expériences médicales. D’après des témoignages, celui-ci aurait été victime des mêmes phénomènes : il commencé à voir les esprits des victimes de la peste qui, selon les témoins, un jour, l’ont amené à grimper au clocher, le poussant à se jeter dans le vide, selon le témoignage d’une infirmière le psychiatre n’est pas mort immédiatement mais, il a été enveloppé par une brume qui se glissa dans ses narines et l’étouffa.
Après ces incidents, l’hôpital fut abandonnée et demeure inhabitée depuis.
Bien que fermée aux touristes, il ya quelques années une famille a pu obtenir la permission de la visiter pour l’évaluer comme un site possible d’une résidence de vacanciers, mais avant la nuit, ils l’ont quitté brusquement sans explication. La seule chose que nous savons, c’est que sur le visage de la fille il y avait une lacération qui a exigé quatorze points de suture.
On y entend souvent sonner, paraît-il, la cloche du campanile, déposée en 1913…
Actuellement, les projets pour cette île tournent autour d’un centre écologique et archéologique, mais aucune visite n’est prévue pour les curieux. Des travaux de restauration avaient été engagés, comme en attestent les échafaudages présents autour des bâtiments et du campanile. mais ils semblent ne pas avancer, et il y a bien longtemps que personne n’a vu un ouvrier travailler ici.
Bien qu’interdite d’accès, l’île attire toujours des curieux en mal de sensations fortes et des "chasseurs de fantômes" venus du monde entier. Les fous ne sont plus amenés ici, ils y viennent tout seuls…
et pour voir la suite des aventures de ces chasseurs de fantômes :
Carbonera est une île de 5.867 m² de la Lagune Vénète. Elle est située au nord de Murano, à environ 1,2 km de la côte de Tessera (zone de l’aéroport Marco Polo), abandonnée depuis plus de 30 ans …
Un lieu sauvage où la nature a repris ses droits : un endroit pour les fous, les poètes ou les riches ou … ?
L’île était l’une des sept îles importantes utilisées par la Sérénissime dans son système militaire de défense entre Mestre sur le continent et la lagune, basé sur des fortins.
L’île de Carbonera ancienne batterie, faisait partie d’une ligne de défense alignant sept îles polygonales (devenues huit plus tard).
Ces îles sont : Fisolo, Campana, Ex Poveglia et Trezze dans la lagune sud ; Campalto, Tessera, Carbonera, Buel del Lovo ou Batteria San Marco dans la lagune centrale et nord. Ces îles ont été construites sur des plateformes placés sur les hauts fonds lacustres ou des marais, souvent près de l’intersection des canaux.
Les bâtiments, d’origine très simples, ont été renforcés pendant l’occupation autrichienne, avant de devenir ensuite une zone militaire italienne. Durant cette période, l’île a accueilli une station de radio-télégraphe de la Marine (on peut encore voir la base des antennes).
1797 – Extrait d’une lettre au Provveditore alla Lagune ed ai Lidi, noble Zuanne Zusto, se référant à 1796, qui indique que sept fortins en bois ont déjà été construits pour défendre la ville de Venise. 1848 – Divers rapports indiquent que la Batterie di Campalto, ainsi que Tessera et Carbonera, ont déjà été construites en terre. Il semble qu’à cette occasion le positionnement de l’île a été modifiée pour permettre l’alignement avec les batteries de San Marco et Tessera (Buel del Lovo). 1883 – Toutes les batteries sont construite en terre battue ainsi que les remparts, les casernes et les poudrières. 1900 – Les documents du Quartier Generale Austriaco di Vienna informent de l’existence de deux types de batteries en terre de tailles légèrement différentes mais de forme identique (sept petits côtés définissant une forme semi-circulaire et un côté long) avec les profils, les casernes, la poudrière, tandis que les berges sont protégées par un récif artificiel. Au début du XXe siècle – l’île devient une station de radio télégraphe de la marine italienne. Les bâtiments de cette période sont encore visibles. Dans les années 60 – L’île a été transformée par les propriétaires du lieu de résidence et de villégiature. Puis, l’île à été achetée par Maximilian Billing, un riche allemand (propriétaire d’une célèbre marque de liqueur), qui l’a converti en complexe hôtelier de luxe avec une piscine d’eau salée. 1999 – La mort du propriétaire a marqué le destin de l’île, qui a été abandonnée, laissée en proie à la végétation et au pillage. L’île est totalement déserte et les bâtiments sont en ruines.
Le porche, datant de la Seconde Guerre mondiale est dans un grave état de dégradation et de délabrement. La piscine est devenue une sorte de dock-dépotoir où se trouvent des épaves de bateaux coulés. Dans le nord-est de l’île, se dresse un petit bâtiment, précédemment utilisé pour le stockage, où l’on peut voir ce qui reste d’un véhicule amphibie.
Lors de son vivant, Maximilian Billing avait laissé une dette à son comptable de près de 900 millions de lires, qui, le temps passant, sont devenues plus d’un million d’€uros. L’île à été saisie au héritiers et vendue aux enchères à une de ces nombreuses "sociétés" italiennes qui font de l’immobilier un moyen de spéculation, et de blanchiment d’argent sale. Aujourd’hui, l’île est proposée à la vente pour 7 500 000 d’€uros (soit quatre fois le prix d’achat de l’an dernier, sans avoir rien fait).
Une autre petite île de la lagune possède une longue histoire, c’est celle de san Spirito.
La trace la plus ancienne laissée à propos de l’île de San Spirito remonte à l’installation des Chanoines Réguliers de Saint Augustin, en 1140. Deux siècles plus tard, il furent chassés pour leur conduite qui ne respectait plus la règle religieuse. Par la suite, l’île a accueilli des Cisterciens qui avaient fui Chioggia après le déclenchement de la guerre du XIVème.
Sur la gravure ci-dessus, d’Antonio Vicentini, parue en 1777 dans l’Isolario Veneziano, on voit, au centre de l’image, l’église sansovinienne construite en 1505.
En 1430, les ermites ont fait construire leur église, sur des plans de Sansovino, et l’ornèrent avec des œuvres de Titien, Giuseppe Salviati et Palma le Vieux. Quand cet ordre s’éteignit, leurs actifs furent utilisés pour financer la guerre de Candie, et de nombreuses œuvres furent transférées à l’église de la Salute, en 1656, sur ordre du Sénat.
A cette époque, l’île a abrité des moines Mineurs Observants provenant de la perte de Candie.
Santo Spirito a alors été aménagé pour abriter les nonces et les ambassadeurs venus en visite à Venise.
Par la suite, l’île à été saccagée par les troupes napoléoniennes, puis transformée en garnison. Comme on peut le voir sur la gravure de Chevalier ci-dessous, de nombreux bâtiments furent détruits. L’église du Sansovino à été privée de sa partie supérieure. Sur la gauche on peut voir la poudrière et la maison des officiers. L’ancien couvent, à droite, hébergeait la soldatesque.
L’île, définitivement abandonnée en 1960, fut l’objet de toutes les avanies habituelles, et, ces dernières années était dans un état de décrépitude tel, la rendant presque impossible à visiter.
Le ponton était devenu pratiquement impraticable, rendant l’accès plus que délicat. L’édifice le mieux conservé était la maison de type colonial. Le 24 septembre 1970 disparaissait mystérieusement la belle vera da pozzo de l’époque Renaissance qui représentait saint Michel Archange. Dans l’église, les parements en marbre du sol et des murs, avec les motifs du Chemin de croix ont également disparus.
Entre 2002 et 2003 l’île fut vendue par les Domaines, pour la somme de 45 millions de lires, à un "groupe d’hommes d’affaires" padovans, qui se sont réunis dans une société immobilière dénommée Poveglia.
Moins de dix ans plus tard, ces spéculateurs, qui n’ont rien fait pour réduire le délabrement de leur propriété tentent de la revendre avec une énorme plus-value.
Leur propagande indique que l’île, à mi-chemin entre la Giudecca et le Lido, est un joyau à récupérer. L’île, comme nous l’avons déjà dit, n’est pas en bon état, mais la beauté de Venise saura sûrement séduire quelque investisseur étranger. Sans oublier le fait qu’elle se trouve dans un emplacement stratégique, à une promenade en bateau de dix minutes de la Piazza San Marco et cinq du Lido. Le prix n’a pas été divulgué, mais il est supposé très élevé : la possibilité de construire à Venise est devenue une rare occasion. Massimo Saporito, directeur des investissements de Collier International, la société chargée de la vente a déclaré : "Nous sommes en train de sonder les investisseurs potentiels."
Ci-dessous, une maquette présentée dans la propagande le l’offre de vente :
Nous vous avons déjà comté l’histoire de l’isola de San Secondo, ce petit bout de terre devenue sauvage tout près du ponte della Liberta, en entrant dans Venise.
Visiblement, ce que nous vous avons fait découvrir vous a séduit, et vous nous en avez demandé plus !
N’ayant encore pas eu l’occasion d’aborder sur le rivage de l’île pour vous montrer son état de délabrement actuel, c’est dans les archives et dans les bibliothèque que nous avons retrouvé des images d’un passé glorieux, puis de son déclin et de son retour à la nature.
En 1696, sur le plan de Vincenzo Coronelli, on voit une vue détaillée des bâtiments qui composaient le complexe du monastère, nouvelle église, campanile de forme cylindrique et jardins, et, sur la droite, la tourelle carrée où la République conservait ses explosifs.
L’île est représentée du Levant, du Midi et du Ponant. Les divers édifices sont bien identifiés : Forestaria (lieu d’accueil des invités), Couvent, Tour de la poudrière, Campanile, Église…
Sur le dessins d’Antonio Visentini, réalisé en 1777, on découvre le nouveau campanile construit pour remplacer celui cylindrique, démolis. Ce dessin est reproduit par l’artiste dans son Isolario Veneziano.
Cette gravure de Francesco Tironi (que nous avions inclus dans notre précédent article, mais que nous avons reproduit d’après original, donc plus précis et de meilleure définition) date de 1779. Elle a été réalisée pour la fameuse édition de l’éditeur Teodoro Viero : 24 vedute di isole della laguna. L’ile est restée ainsi jusqu’à la démolition des édifices religieux en 1824.
San Secondo, telle qu’elle apparaissait encore au milieu du siècle dernier, vue d’avion. Déjà, l’érosion, le moto ondoso et les incivilités avaient fait des ravages. De nos jours, c’est l’existence même de l’île qui est en jeu.
Démise de sa fonction militaire, San Secondo a été habitée par des familles de jardiniers-pêcheurs. La photographie ci-dessus nous remet en mémoire le gel exceptionnel de la lagune en 1929, où l’on voit quelques membres de la famille Gambirasi qui cheminent sur la lagune gelée. La photo a été prise par Renzo Gambirasi.
Déjà, en 1788, frère Cherubino Zeli relatait une période de gel extrême dans cette partie de la lagune, fortement exposée à la bora. "La neige a commencé à tomber le 14 décembre, et l’eau était si froide et claire, que, au matin du 21, le lagon était recouvert d’une épaisse couche blanche de neige sur la glace". Les arsenaloti travaillèrent en vain à dégager des canaux praticables dans la glace. Finalement, pendant cette période, il était plus aisé de traverser la lagune à pieds pour aller de Venise à Mestre, que de tenter de relier la terraferma en barque.
Un autre épisode de gel intense est connu en 1864, mais les dominicains avaient quitté l’île depuis longtemps et aucun document militaire ne semble relater l’évènement.
Nous avons également retrouvées des photographies qui datent du siècle dernier et qui montrent quelques vestiges des fortifications utilisées jusqu’en 1848 par les autrichiens :
L’intérêt que vous avez manifesté pour ce petit bout de terre perdu au milieu des flots nous a donné envie de vous présenter les îles, plus ou moins abandonnées, souvent vendues comme des filles soumises par des vieilles maquerelles (que ce soit la ville de Venise qui vends ses bijoux de famille, ou des sociétés, plus ou moins liées à la Camora ou à la Mafia, qui blanchissent ainsi l’argent sale).
Désormais, le douzième jour de chaque mois, nous embarquerons vers un bout de terre perdu au milieu des flots. Nous vous raconterons l’histoire de ces lopins de terre, et leur destinée…
Vous avez probablement déjà remarqué, en arrivant à Venise, une île, sur la gauche du Ponte della Liberta, un île qui semble volontairement abandonnée aux oiseaux et à la faune sauvage de la lagune.
Ce petit bout de terre vierge qui se nomme Isola di San Secondo n’a pas toujours été une île déserte.
En fait, la première trace de vie qu’il nous soit resté à propos de cette île remonte à 1034. On y construit une église et un couvent de religieuses. L’église abrite une image sacrée de Saint Erasme, dont on dit qu’elle fut d’abord exposée accrochée à un pieu enfoncé dans l’eau pour protéger les pêcheurs lors des tempêtes.
En 1237, on apporte sur lîle le corps de Saint Second d’Asti, et la légende dit que lorsque le corps du Saint à été posé sur le sol de l’île, une source d’eau pure à jaillis à cet endroit, eau qui se serait avéré miraculeuse. C’est à cette époque que l’île à pris le nom du Saint.
Sur la carte de Jacopo Barbari, qui date de 1500, on voit une tour circulaire. Les pères Dominicain s’installèrent en 1533, et en 1566, pendant la peste, l’île à été utilisée comme hôpital. Puis, dès 1569, on y installa une poudrière.
Sur le plan de Vincenzo Coronelli, on voit une vue détaillée des bâtiments qui composaient le complexe du monastère, nouvelle église, campanile de forme cylindrique et jardins, et, sur la droite, la tourelle carrée où la République conservait ses explosifs.
Il y avait également des Cavana qui abritaient les bateaux des moines, mais également destinées à abriter les voyageurs lors des tempêtes.
L’église fut restaurée en 1608, et les Dominicains restèrent là jusqu’au 28 juillet 1806, date de leur départ au couvent Jésuite.
Dès 1797, alors que les troupes françaises et autrichiennes s’affrontaient dans la région, le sénat avait armé une grosse batterie sur l’île. Ce fut une des dernières décisions du doge Ludovico Manin avant son abandon, le 12 mai 1797.En 1806, l’île devint propriété de l’Etat Français, domaine de la marine. Le corps du saint et quelques tableaux ont été transportés à l’église des Jésuites, le retable a été placé dans l’église du Saint-Esprit, et le reste a disparu ou à été détruit.
L’église à été démolie en 1824 et l’île devint une garnison militaire, par la volonté autrichienne. En quelques jours, tout à été fait pour effacer à jamais le souvenir même de près de huit cents ans de vie et les activités de la petite communauté monastique.
L’île a joué un important rôle défensif pendant le siège de Venise en 1848 et 1849. Elle l’est restée dans cette vocation militaire confirmée par le royaume d’Italie, jusqu’en 1961.
Toutefois, délaissée bien avant, de 1904 à 1936, elle avait été louée à des familles pour y assurer un entretiens minimum et éviter le vandalisme. Puis, en 1937, elle a été confiée à la société Junghans pour y stocker des munitions. Après la guerre elle fut à nouveau proposé à des familles. Mais le manque d’entretien mange chaque jour un peu plus cette île. A l’époque du monastère, elle faisait un peu plus de deux hectares, et de nos jours, à peine 0,13 km² ! Il ne reste guère plus de traces des ruines des bâtiments, la nature a repris ses droits.
En 2001, des promoteurs y ont imaginé une grande marina très haut de gamme, pouvant accueillir des bateaux de plaisance de 20 mètres et plus. La jet set ayant boudé le projet, il n’a jamais vu le jour.